Les Loups et les Brebis
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| Les Loups et les Brebis | ||||||||
Gravure de Michel Aubert d'après Jean-Baptiste Oudry, édition Desaint & Saillant, 1755-1759. | ||||||||
| Auteur | Jean de La Fontaine | |||||||
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| Pays | ||||||||
| Genre | Fable | |||||||
| Éditeur | Claude Barbin | |||||||
| Lieu de parution | Paris | |||||||
| Date de parution | 2016 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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Les Loups et les Brebis est la treizième fable du livre III de Jean de La Fontaine située dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668.


Texte
LES LOUPS ET LES BREBIS
[Ésope[1] + Isaac Nicolas Nevelet]




Après mille ans et plus de guerre déclarée,
Les Loups firent la paix avec les Brebis.
C'était apparemment le bien des deux partis :
Car, si les Loups mangeaient mainte bête égarée,
Les Bergers de leur peau se faisaient maints habits.
Jamais de liberté, ni pour les pâturages,
Ni d'autre part pour les carnages :
Ils ne pouvaient jouir, qu'en tremblant, de leurs biens.
La paix se conclut donc ; on donne des otages :
Les Loups, leurs Louveteaux ; et les Brebis, leurs Chiens.
L'échange en étant fait aux formes ordinaires,
Et réglé par des commissaires (1),
Au bout de quelque temps (2) que Messieurs les Louvats (3)
Se virent Loups parfaits et friands de tuerie (4),
Ils vous prennent le temps que (5) dans la bergerie
Messieurs les Bergers n'étaient pas,
Étranglent la moitié des Agneaux les plus gras,
Les emportent aux dents, dans les bois se retirent.
Ils avaient averti leurs gens secrètement.
Les Chiens, qui sur leur foi (6), reposaient sûrement,
Furent étranglés en dormant :
Cela fut sitôt fait qu'à peine ils le sentirent.
Tout fut mis en morceaux ; un seul (7) n'en échappa.
Nous pouvons conclure de là
Qu'il faut faire aux méchants guerre continuelle.
La paix est fort bonne de soi (8) :
J'en conviens ; mais de quoi (9) sert-elle
Avec des ennemis sans foi ?