Mesembriornis
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Mesembriornis est un genre d'oiseaux de la famille fossile des Phorusrhacidae, apparentée à celle des Cariamidae actuels (Cariama huppé et Cariama de Burmeister), qui vivaient en Amérique du Sud à la fin du Miocène et au Pliocène, il y a environ 6,8 à 3 millions d'années[1]. On n'en connaît que deux espèces, l'espèce type Mesembriornis milneedwardsi et Mesembrionis incertus.
Découverte
Le nom valide complet (avec auteurs) de ce taxon est Mesembriornis Moreno, 1889[2]. Le nom de genre, Mesembriornis, signifie « oiseau du sud » en référence à sa découverte dans le sud de l'Argentine, tandis que le nom de l'espèce type rend hommage au médecin, zoologiste et paléontologue français Alphonse Milne-Edwards[3]. Tandis que la seconde espèce Mesembriornis incertus signifie oiseau du sud incertain ou douteux[4].

Mesembriornis a été décrit pour la première fois par le paléontologue argentin Francisco Moreno lors de la « Guerre des os argentins » qui l'opposa à Florentino Ameghino en 1889, à partir d'un corps vertébral cervical ainsi que de la section proximale d'un tibiotarse et d'un péroné droits (MLP-140-142)[5]. L'espèce fut nommée Mesembriornis milneedwardsi[5]. Dans le même article, Moreno créa un nouveau genre et une nouvelle espèce, Paleociconia australis, qu'il pensait être une cigogne fossile, à partir d'un tarsométatarse distal gauche[5],[6]. Cette espèce est depuis considéré comme un synonyme de Mesembriornis milneedwardsi, et Moreno a également attribué par inadvertance un fémur de M. milneedwardsi à un autre de ses taxons, Driornis pampeanus[6]. Tous les fossiles ont été collectés dans les strates de la formation de Monte Hermoso, dans la ville de Monte Hermoso, province de Buenos Aires, en Argentine[6],[7]. Deux ans plus tard, en 1891, Moreno et son collègue Alcides Mercerart ont décrit deux autres espèces de Mesembriornis, aujourd'hui considérées comme synonymes du genre Phorusrhacos : Mesembriornis studeri et Mesembriornis quatrefragesi[5],[6],[7]. Le spécimen type de la première espèce comprenait notamment des fragments de crâne et de mandibule. Ce n'est qu'en 1914 que des fossiles supplémentaires de Mesembriornis furent décrits parle paléontologue italien Gaetano Rovereto, qui estimait que le nom de genre Mesembriornis était un nomen nudum et devait être remplacé par le nom de genre Hermosiornis. Il créa même la famille des Hermosiornidae pour ce genre et les deux espèces qu'il y attribua, Mesembriornis milneedwardsi et Mesembriornis (Paleociconia) australis[8]. Rovereto attribua à M. milneedwardsi (MACN-5944) un squelette presque complet, dépourvu de crâne, qui pourrait en réalité provenir du même individu que l'holotype (MLP-140-142)[6],[9]. Rovereto pensait également qu'« Hermosiornis » était l'ancêtre des Cariamas actuel et le descendant de Psilopterus, ce qui est depuis réfuté[6],[8]. La seule autre espèce valide de Mesembriornis a été décrite dans le même article sous le nom de Prophororhacos incertus, à partir d'une vertèbre dorsale, d'un fragment de membre postérieur droit et de divers éléments post-crâniens découverts dans les strates du Miocène supérieur au Pliocène inférieur de la formation d'Andalgala, dans la province de Catamarca, en Argentine[6]. Plusieurs autres fragments post-crâniens d'un individu initialement attribué à Procariama appartiennent également à Mesembriornis incertus[6],[8]. Le crâne de Mesembriornis n'a été décrit qu'en 1946, lorsque le paléontologue uruguayen Lucas Kraglievich a nommé une autre espèce d'« Hermosiornis », Hermosiornis rapax, à partir d'un squelette presque complet (MMP-S155) comprenant une mandibule et un fragment de crâne, mais dont les membres étaient incomplets[6]. Les fossiles décrits par Rovereto et Kraglievich ont été trouvés dans la formation de Chapadmalal, datant du Chapadmalalien du Pliocène supérieur[6],[10].
Phylogénie
D'après Degrange et al. (2015), le genre Mesembriornis a été identifié comme faisant partie de la sous-famille des Mesembriornithinae[11],[12]. L'arbre phylogénétique suivant montre les relations internes des Phorusrhacidae à l'exclusion de Brontornis, telles que publiées par Degrange et ses collègues en 2015, ou Mesembriornis est membre de la sous-famille des Mesembriornithinae auxquelles appartient Procrariama et Llallawavis[11] :
| Cariamiformes |
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Liste des espèces
Selon Paleobiology Database (11 janvier 2026)[2] :
- †Mesembrionis milneedwardsi Moreno, 1889 - espèce type
- †Mesembrionis incertus Rovereto, 1914
Description

Mesembrionis incertus ressemblait beaucoup à Patagornis et Andalgalornis soit une taille d'environ 1,4 mètre de haut[6]. Mesembrionis milneedwardsi, en revanche, était au moins 20 % plus grand et plus lourd[6]. Le poids de cette espèce est estimé à 70 kg et une hauteur d'environ 1,7 mètre[6]. Le maxillaire supérieur est relativement bas, surtout en son milieu, et allongé rostralement[6]. La symphyse mandibulaire est courte et assez basse[6]. Sur le tibiotarse, le condyle interne est saillant et recourbé du côté proximal, formant ainsi un angle plus aigu avec la diaphyse[6]. Ce genre est le plus élancé de tous les Phorusrhacidés, son tarsométatarse atteignant 80 à 85 % de la longueur du tibiotarse[6]. La trochlée médiane est étalée à son extrémité distale, sa largeur étant égale ou supérieure au plus petit diamètre de la diaphyse[6].
Une étude intitulée « Terror Birds on the Run » a mesuré la vitesse de course de ses oiseaux en 2005[13],[14]. Cette étude a calculé les vitesses des phorusrhacidés Patagornis, Mesembriornis et d'un phorusrhacidé géant indéterminé du Quaternaire d'Uruguay[13]. L'article a abouti à une estimation pour Mesembriornis d'une vitesse de 27 m/s soit 97 km/h, l'une des vitesses les plus élevées calculées pour un vertébré terrestre, comparable à celle du guépard[13],[15].Cette estimation est confortée par la robustesse des fossiles conservés, la largeur de la partie médiane de la diaphyse tibiale étant de 3,2 cm[6],[13]. Cependant, les auteurs de l'article ont souligné que cette estimation pourrait être surestimée et que les membres servaient probablement plutôt à repousser les proies[13]. Une vitesse aussi élevée que celle estimée aurait pu être très avantageuse dans l'environnement où vivait Mesembriornis, caractérisé par la présence de nombreux mammifères et oiseaux carnivores tels que Borhyaena, Phorusrhacos et Cladosictis[13]. Compte tenu des similarités anatomiques et écologiques avec le Messager sagittaire moderne, les phorusrhacidés utilisaient probablement des coups de pied pour tuer leurs proies ou défendre leurs carcasses[13]. Les coups de pied pouvaient également servir pour se défendre[13]. Blanco et al. (2005) ont également constaté que les grandes griffes, incurvées et comprimées latéralement, de Mesembriornis sont similaires à celles des rapaces modernes[13].