Petit séminaire de Montfaucon
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| Fondation | 1814 |
|---|---|
| Dissolution | 1907 |
| Pays | France |
|---|
| Coordonnées | 44° 41′ 20″ nord, 1° 33′ 43″ est |
|---|---|
L'ancien petit séminaire de Montfaucon était un établissement d'enseignement religieux établi en 1814 dans le département du Lot. Il fut fermé en 1907 et ses bâtiments furent utilisés en 1914 comme casernement pour 2 000 prisonniers allemands, puis comme sanatorium traitant la tuberculose en 1917, et finalement comme hôpital à partir de 1945.
La révolution française avait réprimé le clergé et désorganisé ses missions d'enseignement : perte de ses ressources par la suppression de la dîme ; confiscation de ses biens vendus comme biens nationaux ; suppression des ordres religieux. En 1801, Napoléon Bonaparte par le concordat légalise le clergé séculier qui reste sous son contrôle. La première Restauration en 1814 permet un retour progressif de l’influence religieuse sur l’éducation[1].
L'ordonnance du autorisa le clergé à gérer les écoles secondaires[2]. Monseigneur de Granville, évêque de Cahors, chargea Guy Larnaudie, vicaire de la paroisse Saint-Barthélémy, de trouver un lieu pour établir le futur petit séminaire. Cet habile négociateur, qui avait été marchand de bestiaux, se rendit à Montfaucon où il fut favorablement accueilli par le maire, M. Lauvel et par l'abbé Martin le curé du lieu, qui offrit son petit pensionnat de 10 à 15 élèves. Ce lieu isolé inquiéta l'évêque qui n'accorda que 1 500 francs au démarrage du projet[3].
Les bâtiments du petit séminaire se trouvent à la place d'un ancien petit fort sur une colline de moyenne élévation[1].
L'évêque, Mgr de Grainville, adressa à tous les curés de canton du diocèse de Cahors, le , une circulaire manuscrite annonçant la création du petit séminaire; Elle les invitait à y envoyer le plus possible d'élèves pour la rentrée décalée au pour des raisons administratives. Ce courrier était accompagné d'un prospectus mentionnant : les dates de la scolarité (- ) ; les tarifs de 30 francs/mois pour les internes non compris le linge, la blanchisserie, le lit et 5 francs/mois pour les externes ; que les matières ne seront pas qu'ecclésiastiques et pourraient servir en cas où l'élève s'orienterait vers une carrière libérale après les deux premières années[1].
Guy Larnaudie fut le premier supérieur du petit séminaire. Il dut recruter trois prêtres comme professeurs : MM. Bosc, Pauty et l'abbé Cadiergues La rentrée des 24 premiers pensionnaires et externes eut lieu le . Les effectifs ne cessèrent de croître, près de 50 l'année suivante, 80 pour l'année scolaire 1817 et 100 à la rentrée 1818, répartis en 6 classes allant de la 7ème à la seconde plus une classe de rhétorique. Les enseignements étaient répartis : en classe de grammaire pour les plus jeunes consistant en l'apprentissage du latin ; en humanités de la 4ème à la seconde pour l'étude de la littérature ancienne ; en finalement la philosophie antique (Platon et Aristote) pour les plus âgés. Le premier professeur de philosophie fut M. Dérruppé[1].
Conforté par ce succès, Guy Larnaudie fit agrandir et aménager les salles d'études et les logements des enseignants. Pour cela, il réalisa de nombreuses acquisitions de 1819 à 1821 : l'ancien prieuré, trois maisons, une partie de la rue del Claux. En 1828, le petit séminaire comptait 253 inscrits dont 150 externes[3]. Les professeurs étaient payés par le grand séminaire de Cahors[1].
Le directeur était fortement soutenu pour les constructions par le maire M. Lauvel qui avait avait fait voter au conseil municipal un arrêté imposant aux habitants : de faire extraire, préparer et transporter les matériaux, de contribuer par des journées de travail bénévoles aux déblaiements et terrassements. Les récalcitrants étaient menacés de comparaître devant le tribunal de Police. Le directeur se montrait en retour généreux envers les plus pauvres en leur prodiguant des aumônes quotidiennes[1].
Un conflit se produisit entre le curé du village, l'abbé Martin, et l'abbé Larnaudie, à propos de l'utilisation du seul lieu de culte du village. Le vieux curé se trouva discrédité suite à une rumeur impliquant une femme du village. Il ne trouva aucun soutien auprès du directeur, ce qui précipita sa mort le . Après 2 années d'intérim, le directeur devint aussi le curé de Montfaucon, ce qui régla le problème[1].
Épuisé par son travail, l'abbé Larnaudie s'éteignit dans son village natal de Saint-Simon le , à l'âge de 56 ans[3].
- 1816
- 1819
- 1829
Règlement
La vie du petit séminaire étaient régie par trois règlements intérieurs : très succincts pour les directeurs et encadrants et exhaustifs pour les élèves.
Pour les encadrants qui sont des prêtres, il est demandé le respect strict de la hiérarchie et du directeur, les devoirs de contrôles ainsi qu'une attitude ferme et respectueuse envers les élèves en les traitant avec douceur et avec égard. Pour les élèves, il est exigé une conduite exemplaire, une aptitude à se destiner à l'état ecclésiastique, la capacité de pouvoir commencer l'étude du latin, et de très nombreuses obligations religieuses[1].
L'abbé Vayssié rapporte cependant que le premier directeur « utilisait auprès des élèves difficiles des arguments frappants et avait la main rude ». Les tâches d'entretien courantes étaient assurées par les élèves[1].
Enseignement et rayonnement

Son successeur de 1829 à 1858 fut M. Derruppé, prêtre issu d'une famille aristocratique de Luzech. Ce dernier fixa les principes de l'enseignement à respecter par les professeurs[3] :
- contribuer à l'avancement spirituel des élèves ;
- exercer leur enseignement avec méthode : corriger soigneusement les devoirs, encourager l'émulation, ne pas tomber dans la routine ;
- former les élèves aux bonnes manières, leur éviter les paroles offensantes, agir par la douceur plutôt que par la crainte.
Le nombre de matières enseignées se diversifia. En 1828, M. Derruppé donnait en latin, pendant son cours de philosophie, quelques leçons de mathématiques et de physique aux élèves les plus âgés. Cependant l'enseignement de cette matière reste focalisé sur le système de La Mennais : Les preuves de l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'âme. En 1830, le grec ancien apparaît, En 1838, les cours d'histoire et de mathématiques sont séparés. En 1840, la musique en plus du chant liturgique et dessin sont enseignés. En 1832, une bibliothèque est mise à disposition des élèves. En 1869, un médecin était attaché à l'établissement. Après 1853, des cours d'histoire contemporaine apparaissent suite au décret impérial[1].
En 1830, comme les élèves affluaient (plus de 200 externes), M. Derruppé choisit comme économe M. Bonhomme, professeur de rhétorique et fils de paysan de la région de Lacapelle-Marival. Ce dernier eut la tâche de construire un grand bâtiment tourné vers le sud qui fut terminé en 1837 et fut rapidement insuffisant. Une première aile fut ajoutée dès 1845. Après de nombreuses acquisitions le petit séminaire disposa d'un enclos de deux hectares[3].
- 1832
- 1837
- 1845
Les effectifs du petit séminaire dépassèrent ceux du lycée de Cahors. Son prestige s'étendit : "On sortait de Montfaucon comme aujourd'hui, en Angleterre, on sort d'Oxford" écrivit, après 1945, Jean Calvet, recteur émérite de l'institut catholique de Paris[3].
Le , M. Derruppé fut nommé vicaire général du diocèse de Cahors en plus de son poste.
En 1848, M. Bonhomme conclut, en son nom propre l'achat avec Mme Lapize de la ferme de Vernel située à moins de 2 km au nord-est du petit séminaire. La ferme fut déficitaire et fut l'objet d'un procès en 1859 avec un héritier de la vendeuse et après cinq années de procédures, les parties trouvèrent un compromis consistant au versement par le petit séminaire d'un dédommagement. M. Bonhomme omit de rendre compte de sa gestion à l'évêque Mgr Bardou. La situation pécuniaire fut jugée extrêmement embarrassante. Le , ce dernier quitte le petit séminaire pour devenir chanoine de la cathédrale de Cahors. M. Derruppé prit la direction des communautés religieuses du diocèse et décéda le [1].
En 1858, Émile Carayol, prêtre, ancien élève, professeur de rhétorique natif de Livernon, prit la direction de l'établissement. Il rétablit l'équilibre financier par une bonne gestion et par des rentrées d'argent : don en 1859 d'un bienfaiteur, transaction en 1862 pour la ferme de Venel, et succession de l'évêque. En effet, En 1862, Mgr Bedou avait racheté le château de Mercuès à titre privé et l'avait donné au petit séminaire qui l'avait revendu en 1867 au nouvel évêque, Mgr Grimardias, pour 40 000 Francs[4].
En 1867, sous la supervision de l'abbé Jean-Baptiste Chevalt, il fit édifier une nouvelle chapelle et en 1871 débuta la construction de l'aile Sud-Ouest.
L'abbé Carayol tombe malade en 1870 et part en retraite en août 1875 et meurt le . Son successeur est M. Magne, qui fit agrandir la partie centrale vers l'est pour accueillir 267 élèves[3].
Le petit séminaire possède alors des vergers, une porcherie et de nombreux employés : boulanger, boucher, cuisinier...
- 1867
- 1871
- 1906
Derniers travaux puis fermeture

De 1881 à 1889, les effectifs déclinèrent jusqu'à 200 élèves. En 1900 une épidémie de grippe provoqua le décès de quatre élèves. Mais les travaux d'extension se poursuivirent par l'édification d'une grande aile au Sud-Est[3].
La loi de séparation des Églises et de l'État de 1905 sonna le glas pour le petit séminaire qui devait revenir à l'État en 1906. La rentrée 1906 ne vit que 83 élèves. Le l'établissement fut mis sous séquestre par la préfecture. Le , le commissaire de police de Gourdon ordonna l'évacuation des lieux dans les 24 heures. Le 22 à 7 heures, 75 gendarmes expulsèrent les 4 ou 5 prêtres retranchés dans les bâtiments.
L'établissement fut transféré à Gourdon en 1907[5].
Le , le petit séminaire fut placé sous la garde d'un ancien gendarme qui reconvertit les lieux en un élevage de volailles. Le , la commune estima ne pas avoir les moyens d'entretenir les bâtiments. Ils furent attribués au département
En , pendant la Première Guerre mondiale, les locaux servirent de casernement à 2 000 hommes et, début 1915, 40 prisonniers allemands y furent détenus. Ces derniers furent employés aux premiers travaux d'adduction d'eau et à la démolition de la chapelle située dans la cour. En 1917, les autorités émirent un avis favorable pour la transformation des locaux en station sanitaire pour soldats blessés aux poumons puis en hôpital[3].