Phare du Colombier
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| Coordonnées | |
|---|---|
| Localisation |
| Construction |
1859-1860 |
|---|---|
| Automatisation |
oui |
| Gardienné |
oui |
| Visiteurs |
non |
| Hauteur |
7 m |
|---|---|
| Élévation |
28 m |
| Matériau |
| Portée | |
|---|---|
| Feux |
Feu directionnel blanc à 4 occultations toutes les 12 s. |
Le phare du Colombier (aussi dit « feu antérieur du Colombier ») est un phare en France. Il se trouve en pleine ville, avenue des Hortensias[1] à Perros-Guirec[2],[3] (canton de Perros-Guirec)[1], une commune située sur la Côte de granit rose[3] dans le département des Côtes-d'Armor (22)[2],[3], en région Bretagne[4].
Le Colombier est situé au sud-ouest de la rade de Perros-Guirec, sur un coteau boisé[2],[1],[5], sur les hauteurs de Pont-Couennec[6], au point culminant du mamelon situé entre le Colombier et le ruisseau du Pont-Couennec, au-dessus du carrefour du Vieux Moulin et de Pont-Couennec[1],[5]. Le phare se trouve à proximité du manoir de Pont-Couennec[4], qui possède un colombier de la fin du XVIe siècle, l'un des plus grands du Trégor, en parfait état de conservation.
C’est une maison-phare (ou « phare amer[1],[2],[5],[3]) de plan carré symétrique (8 sur 8 mètres)[1],[5], de 7 mètres de hauteur totale[1],[2],[5] et d’une surface habitable de 77 m2 avec l’étage[7]. Elle est construite en maçonnerie lisse (moellon) et peinte en blanc, sauf les chaînes d'angles qui sont en pierre de taille apparente (du granite gris)[1],[2],[5]. Le bâtiment comprend de nombreuses ouvertures (une porte et quatre fenêtres) sur les façades Est et Ouest. Il possède un toit à deux pans, avec couverture en ardoise. L'étage de combles est aménagé avec une chambre mansardée[1],[5]. C’est à l'intérieur de l'étage que se situe l'appareil d’éclairage historique, qui est dirigé vers une ouverture en Œil-de-bœuf[7] à la partie supérieure du pignon nord[1],[2],[5],[3]. Sur ce pignon, en-dessous de l'œil-de-bœuf, le nom du phare est peint en grosses lettres de couleur brune : « LE COLOMBIER »[1],[2],[5],[7].
Outre la maison-phare elle-même, un appentis au toit pentu, à usage de cellier et de buanderie, s'appuie sur le mur pignon de la façade Est. Une véranda y a été adossée. Il y a aussi un petit bâtiment, datant de 1890, pour les toilettes. Le terrain sur lequel se trouvent ces bâtiments est entouré d'un mur d'enceinte en maçonnerie. Ce mur d'enceinte englobe un petit bâtiment carré, servant de magasin à huile[1],[5].
Ce type de phare avec logement (« maison-phare ») apparait après 1848, lorsque les gardiens de phares, auparavant bénévoles (ou désignés d’office), deviennent des fonctionnaires. À partir de cette date, l’État a désormais l’obligation de loger les gardiens de phare. Ces maisons sont construites sur un schéma standard[3].
Les caractéristiques du feu blanc sont un groupe de quatre occultations toutes les 12 secondes. Depuis 1883 il comporte un réflecteur parabolique. Il est alimenté à l’électricité en 220 Volts, et branché sur le réseau EDF depuis 1937. Il est situé à 5 mètres au-dessus du sol, mais 28 mètres au-dessus du niveau de la mer (en prenant comme référence le niveau des plus hautes marées)[1],[5].
Le phare du Colombier constitue le feu antérieur d’un alignement à 224,5° avec le phare de Kerprigent, à 2 865 mètres en retrait dans les terres, alignement qui balise la passe de l'Est donnant accès au port de Perros-Guirec[1],[2],[5],[3],[6],[8].
Historique
Les progrès de l'hydrographie au XIXe siècle, en particulier grâce aux travaux de Charles-François Beautemps-Beaupré (1766-1854), permettent d'établir précisément sur la côte des feux en alignement (sur le principe de triangulation) et en mer des tourelles sur les roches dangereuses. L’établissement de sondes en 1837, et une cartographie fiable de la côte du Trégor, permettent de proposer scientifiquement les meilleurs mouillages. Dès 1810, le maire de Perros-Guirec réclamait au préfet maritime de Brest de faire poser des balises à Roc'-Hue (sur lequel le navire Grandville avait failli faire naufrage) et à la Roche-Bernard. Des balises sont bien posées en 1821, mais à Tréguier. Dans le même temps, trois navires sont perdus au large de Perros-Guirec, naufrages qu’on attribue à l'absence de balises pour indiquer les rochers et les écueils. En 1837, la carte marine des entrées de « Perros et du Port-Blanc » est enfin réalisée, elle est éditée quelques années plus tard dans le Pilote français[1],[5].
En 1856, les ingénieurs des Ponts et Chaussées, alors sous l’autorité du directeur des Phares Léonce Reynaud, conçoivent le projet de quatre feux sur le littoral pour signaliser les deux passes de l’Est et de l’Ouest de la baie de Perros-Guirec, permettant ainsi l'accès au port de Perros-Guirec même de nuit[8],[9],[10]. Il y avait bien des amers de jour, mais ils étaient jugés insuffisants de nuit[11]. Cette même année 1856, le lieutenant de vaisseau Charles Émile Guépratte, commandant le cotre Lévrier, effectue les travaux de relèvements permettant de déterminer l’emplacement idéal des feux[12]. Ce seront les petits phares[11] dits « de 4e ordre » de Nantouar et de Kerjean à Louannec, de Kerprigent et du Colombier[9],[10],[11].
Tous les bâtiments sont construits sur un même type (maison-phare) décliné en fonction de la hauteur de la tour, sur des plans dessinés par les ingénieurs Dujardin et Delarue du service des phares et balises. Un bâtiment annexe, parfois accolé à la tour, constituait les locaux d´habitation des gardiens de phare[12],[9],[10].
Le phare du Colombier a été construit en 1859-1860 par l'entreprise Prigent, et mis en service le 1er août 1860[1],[2],[5],[3],[6],[8],[7]. C’est alors un feu fixe blanc. En 1883, il est muni d’un réflecteur parabolique[2].
En 1889, un rapport propose la construction de magasins à huile séparés du logement dans différents phares à terre des Côtes d'Armor : le Rosédo, le Paon, Coatmer, Port-la-Chaîne, Saint-Antoine, le Colombier, Kerprigent, Kerjean, Ploumanac'h et Nantouar. En effet ce magasin était placé à l'intérieur du logement de la famille du gardien de phare, ce qui pouvait amener des incendies causant la destruction de la maison et du phare lui-même. Pour les phares du Rosédo, du Paon, de Coatmer, de Nantouar, du Colombier, le projet propose aussi la construction de toilettes[9],[10].
Le feu est électrifié en 1937[1],[2],[5],[7], devenant un feu blanc à occultations toutes les 12 secondes[2]. Avant cette électrification, le gardien du phare du Colombier était chargé du ravitaillement en combustible des autres phares côtiers, depuis le phare de Beg Leger jusqu'à ceux de la presqu'île de Pleubian. Ce ravitaillement devait être effectué tous les trois mois. Il fut assuré même durant la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, les troupes d'occupation allemandes faisaient éteindre ou rallumer les feux en fonction de leurs besoins. La guerre a épargné les maisons-phares de la côte du Trégor, contrairement à beaucoup d’autres phares français. Les phares du Colombier et de Kerprigent sont remis en marche après la Victoire, le 20 novembre 1945[1],[5].
La maison-phare conserve un gardien jusqu’en 1986. En 2009, le service des Phares et balises, n’ayant plus les moyens d’entretenir le bâtiment qui tombait en ruine, installe dans le jardin[7] un feu automatique sur un pylône[1],[5],[8], qui nécessite seulement le passage, quatre à cinq fois par an, d’un technicien pour le maintenir en bon état de marche[7]. La maison-phare est alors remise au service des Domaines de l'État qui l’a vendue aux enchères en 2010 à la chambre des notaires de Saint-Brieuc. La mise à prix était fixée à 100 000 € et elle a été vendue pour 00 xx240000 € à un particulier qui n'a pas voulu que son identité soit dévoilée[6],[7]. Sept ans plus tard, la maison-phare (toujours en mauvais état et nécessitant d’importants travaux) a été remise en vente en 2017 par une annonce en ligne sur le site Le Bon coin, pour un prix de 450 000 €[7].
Notes et références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 Prigent Guy, « Phare dit feu antérieur du Colombier, avenue des Hortensias (Perros-Guirec) », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 « Perros-Guirec - Alignement 224.5° », sur Phares & Feux des côtes de France (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Oldcrowexpress, « phare du Colombier Archives », sur Phares et Radio de F5OHH, (consulté le ).
- 1 2 « Le Colombier », sur Mapcarta (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Prigent Guy, « Phare dit feu antérieur du Colombier, avenue des Hortensias (Perros-Guirec) », sur Inventaire Général du Patrimoine Culturel, (consulté le ).
- 1 2 3 4 « Enchères. La maison-phare Le Colombier vendue à 240.000 EUR », sur Le Télégramme, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Amélie Thomas, « 450 000 € pour acquérir la maison-phare du Colombier », sur actu.fr, (consulté le ).
- 1 2 3 4 admin, « Perros-Guirec - Passe de l’Est - Ancien feu du Colombier », sur PLEINS FEUX SUR LES PHARES, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Guy Prigent, « Phare, feu de Nantouar (Louannec) », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, (consulté le ).
- 1 2 3 4 Guy Prigent, « Phare, feu de Nantouar (Louannec) », sur Inventaire Général du Patrimoine Culturel, (consulté le ).
- 1 2 3 « Près de Lannion, les histoires du phare de Nantouar attirent les visiteurs », sur Le Télégramme, (consulté le ).
- 1 2 Guy Prigent, « Phare, feu de Kerjean (Louannec) », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, (consulté le ).
Bibliographie
- Dreyer, Francis, Les maisons-phares. In Phares et balises, sous la dir. de Guy Prigent. Catalogue de l´exposition présentée au Château de la Roche-Jagu, 2002, Rennes, Éditions Apogée, , p. 42-46.