Pollution de l'eau en Haiti
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La pollution de l'eau en Haiti est devenue un enjeu considérable pour le pays. Les principales causes de cette pollution étant des déficiences majeures au niveau de la collecte des déchets solides et une absence ou dysfonctionnement des systèmes d'assainissements des eaux usées à travers le pays. En plus, l’accroissement considérable de la population couplé à une absence totale de planification urbaine par l’État entraîne une dégradation massive de l’environnement du pays tout en agissant sur la qualité de l'eau disponible[1]. En conséquence, les eaux de surface et les eaux souterraines peu profondes sont de plus en plus contaminées par des micro-organismes comme les bactéries, les protozoaires et les virus exposant homme, femme et enfant au choléra, à la typhoïde, à la cryptosporidiose et toutes sortes de maladie d’origine hydrique[1],[2].
Eaux usées non traitées
Haïti ne dispose pas de système collectif pour la collecte et le traitement des eaux usées. L'assainissement, quand il existe en Haïti, est de nature autonome ou le particulier a la responsabilité de la gestion et évacuations des eaux qu’il produit[3]. En conséquence, les eaux grises finissent généralement dans des canaux de drainage à ciel ouvert qui n'ont été dimensionnés que pour l’évacuation des eaux pluviales. D'autre part, lorsque les canaux de drainage n’existent pas, elles sont alors évacuées à même le sol à proximité des maisons, ce qui favorise la contamination par ruissellement et infiltration des eaux de surface et de la nappe phréatique[4],[3].
Pour ce qui est des eaux noires le constat est accablant : en Haïti seule 26 % de la population a accès à des systèmes sanitaires améliorés, soit 34.5 % en milieu urbain et 17 % en milieu rural[3]. Plus de la moitié de ces sanitaires n’ont pas été construits sur des fosses septiques et ils ne sont pas régulièrement vidangés. De plus, la vidange des systèmes sanitaires, quand elle se fait, est le plus souvent réalisée par des vidangeurs manuels et les excrétas sont tout simplement jetés dans des canaux ou dans des cours d'eau[3],[5]. En effet, le pays dispose d’un seul centre de traitement d’excrétas fonctionnel doté d’une capacité de 500 m3 par jour, pour une population de près 12 000 000[6] d’habitants et une superficie de 27750 km2 [5].
Autres
Haïti a connu une croissance démographique considérable ces dernières années en plus d’une urbanisation non planifiée du milieu rural vers les espaces urbains, plus particulièrement vers la région métropolitaine de Port-au-Prince, ce qui entraîne la formation de nombreux bidonvilles dépourvus de tout accès aux services les plus basiques[1],[7]. Or, ces espaces sont de grands producteurs de déchets solides qui finissent généralement dans les ravines, les coins de rue, au bord des routes et d’autres espaces ouverte. En effet, des études réalisées sur la problématique de la gestion des déchets à Port-au-Prince ont montré que 87.7 % des ménages les plus pauvres utilisaient les ravines comme lieu d’élimination des déchets[7].
Toutes ces mauvaises pratiques d’assainissement combinées à des aquifères peu profonds et des roches fracturées entraînent la contamination généralisée, soit par ruissellement et/ou infiltrations d’effluents pollués, des ressources en eaux souterraines et de surface du pays[5],[7].
