Prise de Lubumbashi
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| Date | |
|---|---|
| Lieu | Lubumbashi, Zaïre |
| Issue | Victoire décisive rebelle |
| Peneloa Molanda |
| 21e brigade des FAZ Division spéciale présidentielle |
Armée populaire de libération du Congo/Armée patriotique rwandaise Tigres katangais Armée zambienne |
| Coordonnées | 11° 40′ 11″ sud, 27° 29′ 00″ est | |
|---|---|---|
La prise de Lubumbashi a eu lieu en lors de la première guerre du Congo, dans le sud du Zaïre (actuelle république démocratique du Congo). Les rebelles de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) prennent la ville de Lubumbashi défendue par les forces armées zaïroises (FAZ) fidèles au président Mobutu Sese Seko.
La cité, capitale de la province minière du Katanga, est ciblée par les rebelles après leur conquête de l'est du Zaïre. Soutenus par leurs alliés rwandais, les troupes de l'AFDL sont rejointes par des exilés katangais venus d'Angola. Aérotransportés en Zambie, les rebelles prennent à revers les défenses de la ville et mettent en fuite les FAZ démoralisées. La prise de la ville augmente la légitimité de Laurent-Désiré Kabila, chef de l'AFDL, dans son avancée victorieuse jusqu'à la prise de Kinshasa le .
Dans les années 1990, la dictature du maréchal Mobutu, mise en place en république démocratique du Congo en 1965 (en), s’essouffle. Le système oligarchique mis en place a ruiné le pays et ses alliés occidentaux ont cessé de le soutenir[1]. Pendant ce temps, le régime hutu au pouvoir au Rwanda s'effondre face à une offensive du Front patriotique rwandais de Paul Kagame. Auteurs d'un génocide contre les Tutsi, les extrémistes Interahamwe se réfugient au Zaïre[2],[3],[4]. Le Rwanda décide d'éliminer cette menace à ses frontières et s'allie avec différents rebelles congolais opposés à Mobutu, regroupés autour de Laurent-Désiré Kabila[2].

En octobre 1996, après des incidents au Kivu avec l'ethnie rwandophone Banyamulenge, le Zaïre est attaqué par les rebelles regroupés au sein de l'AFDL, soutenue et encadrée par le Rwanda[6]. Les rebelles et l'Armée patriotique rwandaise chassent les FAZ fidèles à Mobutu de l'est du Zaïre[7]. Une tentative de contre-attaque loyaliste à Kisangani échoue en mars 1997. Les soldats gouvernementaux, peu motivés, ne parviennent pas à stopper l'avancée rebelle[8].
Toujours sous contrôle des FAZ en avril 1997, Lubumbashi est la deuxième ville du pays et la capitale de la province du Katanga, alors appelé Shaba. La ville est riche de ses mines de cuivre et de cobalt et est le dernier objectif stratégique de l'AFDL avant la capitale Kinshasa[9].
Le Shaba est également la région d'origine de Laurent-Désiré Kabila[10]. Enfin, la province avait fait sécession en 1960 et formé l'État du Katanga. L'indépendance est perdue en 1963 mais la province garde une tradition autonomiste face au centralisme du régime de Mobutu[11].
Forces en présence

En 1990, Lubumbashi est le siège de la 21e brigade d'infanterie « Léopard » des FAZ, environ 800 hommes sous les ordres du colonel Nsau Nzuzi[12]. Elle est constituée de deux bataillons d'infanterie et d'un bataillon de soutien aux capacités de combat limitées[13]. Des mortiers lourds de 120 mm sont déployés dans la ville mais ne joueront aucun rôle dans les combats[2]. Des unités de la garde civile zaïroise et de la division spéciale présidentielle (DSP) rejoignent la défense de la ville[14], ces dernières sous les ordres du colonel Nsimba Kinene[12].
L'Armée populaire de libération du Congo, les forces armées de l'AFDL[15], est épaulée par les combattants de l'armée patriotique rwandaise[6]. Les rebelles sont également rejoints par les Tigres katangais, force issue d'exilés de la gendarmerie katangaise. La troupe katangaise est sous le commandement de Sylvain Mbumba[16]. Ils rejoignent Ndola en Zambie par avion et prennent Lubumbashi en tenaille par l'ouest, transportés par des camions de l'armée zambienne[15]. 1 000 soldats zambiens auraient également participé aux combats selon le journal sud-africain The Sunday Independent (en)[17]. Le colonel rebelle Ntambo Mutchaïl reconnait l'usage d'enfants-soldats (kadogos)[18]. L'armement lourd des forces pro-Kabila se limite à des lance-roquettes et mortiers[15].


