Massacre de Tingi Tingi
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| Massacre de Tingi-Tingi | |
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Tingi-Tingi, |
| Victimes | Réfugiés, principalement des Hutus du Rwanda |
| Morts | entre 25 000 et 190 000 |
| Blessés | Non dénombrés |
| Disparus | Inconnus |
| Auteurs | Forces militaires coalisées avec Kabila |
| Motif | Pacification et sécurisation |
| Coordonnées | 0° 47′ 27″ nord, 26° 38′ 37″ est |
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Le massacre de Tingi-Tingi est une tuerie de masse survenue le à Tingi-Tingi, dans l'est du Zaïre.
Ce massacre s'inscrit dans le contexte de l'avancée des forces des forces de l'Armée patriotique rwandaise (APR) et l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) qui accompagnent Laurent-Désiré Kabila dans sa prise de pouvoir au Zaïre[1], et durant laquelle les soldats de l'APR et l'AFDL se livrent à la destruction des camps de réfugiés, et perpètrent des massacres indiscriminés de Hutus[note 1].
En 1994, après le génocide des Tutsis au Rwanda, des centaines de milliers de Hutus fuient vers l'est du Zaïre, craignant des représailles du Front patriotique rwandais (FPR), la rébellion Tutsi dirigé par Paul Kagame qui vient de prendre le contrôle de Kigali. Parmi les réfugiés se trouvent aussi les principaux acteurs du génocide : le gouvernement Kambanda, les anciennes Forces armées rwandaises (ex-FAR) et les milices interahamwe. Cet afflux de personnes déstabilise la région, déjà marquée par des tensions politico-ethniques[3],[4],[5]. Les Hutus deviennent majoritaires dans le Nord-Kivu, entraînant des conflits entre groupes ethniques[6]. Fin 1995, des affrontements violents éclatent, ciblant notamment les Tutsis congolais, ce qui provoque l'exode de milliers d'entre eux vers le Rwanda[7],[8].
En 1996, face à l'incapacité du Zaïre et de la communauté internationale à résoudre la question de la présence de génocidaires dans les camps de réfugiés, ainsi qu'aux menaces des forces génocidaires utilisant ces camps comme bases pour attaquer le Rwanda, Paul Kagame ordonne des incursions militaires au Zaïre. Ces actions marquent le début de la première guerre du Congo. L'Armée patriotique rwandaise (APR) et l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), une rébellion banyamulenge avec à sa tête Laurent-Désiré Kabila, mais en réalité orchestrée et dirigée par le Rwanda[9],[10], détruisent les camps de réfugiés de l'est du Zaïre[11] et massacrent indistinctement les Hutus rwandais et congolais, y compris des civils, hommes, femmes, vieillards et enfants[note 1],[9],[10],[12].
Début 1997, environ 120 000 réfugiés, qui ont fui les attaques par les ADFL/APR des camps de la région de Bukavu, dans le Sud-Kivu, s'installent dans un camp de fortune à Tingi-Tingi[13],[14], tandis que 40 000 autres Hutus rwandais, dont une majorité d'ex-FAR/Interahamwe, se dirigent vers le village d'Amisi, situé à 70 kilomètres à l'est[14]. Les ex-FAR/Interahamwe utilisent le camp de Tingi-Tingi comme base pour recruter et entraîner des forces en vue de lancer une contre-offensive avec les Forces armées zaïroises (FAZ) contre les troupes de l'AFDL/APR[14]. Le , l'AFDL/APR prend le camp d'Amisi, forçant les réfugiés à fuir vers Lubutu, près de Tingi-Tingi[14]. Les derniers affrontements se déroulent à Mukwanyama, avant que les ex-FAR/Interahamwe ne se dispersent[14]. Le , les réfugiés fuient Tingi-Tingi face à l'avancée de l'AFDL/APR, mais sont bloqués au pont Lubutu par les FAZ[14].