Corneille Nangaa
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| Corneille Nangaa Yobeluo | |
Corneille Nangaa Yobeluo | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Président de la Commission électorale nationale indépendante | |
| – (6 ans, 3 mois et 1 jour) |
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| Prédécesseur | Abbé Apollinaire Malu Malu |
| Successeur | Denis Kadima |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Bogbayo (RDC) |
| Nationalité | Congolaise (RDC) |
| Parti politique | Alliance fleuve Congo |
| Diplômé de | Université de Kinshasa |
| Profession | Homme politique |
| modifier |
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Corneille Nangaa Yobeluo, né le à Bogboya en territoire de Wamba, dans la province du Haut-Uele en République démocratique du Congo est un homme politique et un rebelle congolais[1].
Président de la Commission électorale nationale indépendante de 2015 à 2021, il est depuis 2023, le leader de la coalition politico-militaire nommée Alliance fleuve Congo (AFC), dont fait partie le Mouvement du 23 mars (M23), des partis politiques et une dizaine d'autres groupes armés, une plateforme qui a lancé une nouvelle insurrection en dans l'est de la RDC.
En 2018, en tant que président de la CENI, il a orchestré le vote très critiqué qui a donné le pouvoir au président Félix Tshisekedi[2] En 2023, il révèle l'existence d'un accord secret entre le président sortant Joseph Kabila et Félix Tshisekedi ayant permis l'arrivée au pouvoir de ce dernier. Il fonde son propre parti politique, l'Action pour la dignité du Congo et de son peuple (ADCP), et se déclare candidat à l'élection présidentielle de décembre 2023. Cependant, quelques mois après, il quitte la RDC et fonde l'Alliance fleuve Congo (AFC), une plateforme politico-militaire incluant des groupes armés comme le M23[1].
En , Corneille Nangaa est condamné à mort par contumace par un tribunal militaire congolais pour sa participation à la rébellion du M23.
Son frère, Christophe Baseane Nangaa, est un homme politique, gouverneur de la province du Haut-Uele de 2019 à 2024[3].
Parcours

Corneille Nangaa est détenteur d'un diplôme de licence en sciences économiques à l'université de Kinshasa. Bilingue (français et anglais), il parle aussi parfaitement le lingala et le swahili. Corneille Nangaa est un protestant laïc de l'Église du Christ au Congo[4].
Sur le plan international
En 2007, Corneille Nangaa a conduit l'installation du réseau du savoir électoral en Afrique centrale au sein des organes de gestions des élections de neuf pays de la région d'Afrique centrale[5].
Il travaille également dans l'assistance technique électorale en tant que fonctionnaire international et consultant auprès de l'International Foundation for Electoral Systems (en)(IFES), de l'Institut international pour la démocratie et l'assistance électorale (IDEA) et du Programme des Nations unies pour le développement dans une dizaine de pays africains[5].
Sur le plan national
En 2005, Corneille Nangaa commence sa carrière dans le domaine des élections en tant que superviseur technique national de la Commission électorale indépendante (CENI).
En 2013, avant d'être nommé secrétaire exécutif national adjoint de la CENI, il est directeur de programme à l’École de formation électorale en Afrique centrale (EFEAC)[5].
Le , il est désigné par consensus par les confessions religieuses comme président de la Commission électorale nationale indépendante pour remplacer l'abbé Apollinaire Malu Malu[5],[6].
Le , Corneille Nangaa prend ses fonctions de président de la Commission électorale nationale indépendante à Kinshasa[7], poste qu'il occupe jusqu'en .
L'élection présidentielle de en république démocratique du Congo est hautement controversée[8], Félix Tshisekedi et Martin Fayulu revendiquant tous deux la victoire[9]. En tant que président de la Commission électorale nationale indépendante, Corneille Nangaa est considéré comme principal responsable[10].
En , les autorités américaines accusent des responsables de la CENI, le vice-président de la CENI Norbert Basengezi, son fils Marcellin Mukolo Basengezi, et Corneille Nangaa, de détournement de fonds à la suite du processus électoral de 2018[11].
Ils sont sanctionnés par le département du Trésor des États-Unis pour corruption (en particulier dans l'achat des machines de vote dont les prix sont surévalués de 100 millions de dollars et dans l'achat de juges de la Cour suprême) et obstruction à la bonne tenue du scrutin (spécifiquement les imputations de retard volontaire pris dans l'organisation du scrutin pour remplacer Kabila)[12]. Le département du Trésor considère que ces sommes détournées ont servi à financer la campagne d'Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat soutenu par Kabila (lequel ne peut constitutionnellement se représenter)[13].
Corneille Nangaa, sanctionné financièrement pour ces accusations, a toujours nié toute allégations portées contre lui et a demandé une réévaluation de ces sanctions[14].
En , avec l'appui de son avocat américain, il dépose une plainte devant la Cour de district pour le district de Columbia pour contester la validité de ces sanctions et faire valoir ses droits, tout en continuant de clamer son innocence présumée jusqu'à ce qu'une éventuelle culpabilité soit prouvée devant un tribunal compétent[15].
Le mandat de Corneille Nangaa à la présidence de la CENI expire en mais en l'absence de nomination d'un successeur, il reste en fonction[16].
Au terme d'un processus controversé, Denis Kadima est élu président de la CENI en remplacement de Nangaa en [10],[17].
En , Nangaa effectue une déclaration officielle de patrimoine dans laquelle il liste plusieurs sociétés dont une plantation de cacao, une palmeraie et un terrain minier[3].
En , Corneille Nangaa annonce sa candidature à l'élection présidentielle de décembre 2023[18],[19] et fonde le parti politique nommé Action pour la dignité du Congo et de son peuple (ADCP) officiellement présenté le à Kinshasa[20].
En , Corneille Nangaa accuse Félix Tshisekedi d'avoir « menti » en niant l'existence d'un accord électoral qu'il aurait signé avec Joseph Kabila lors de l'élection présidentielle de 2018. Nangaa affirme être un des co-rédacteurs de cet accord signé avant la publication des résultats et visant à une passation pacifique du pouvoir[21].
Nangaa n'est finalement pas candidat à l'élection présidentielle de 2023. Mais le , quelques jours avant l'élection, il annonce, depuis le Kenya, la création d'une coalition politico-militaire nommée Alliance fleuve Congo (AFC). Le but revendiqué de cette coalition est de « refonder l'État » congolais, la prise de pouvoir par la lutte armée n'étant pas exclue. Parmi les membres de cette coalition se trouve le groupe armé Mouvement du 23 mars (M23) qui lutte, avec le soutien du Rwanda contre les Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC) dans le Nord-Kivu et la milice banyamulenge Twirwaneho qui est active au Sud-Kivu[22]. L'annonce de la fondation de cette coalition engendre une crise diplomatique entre le gouvernement de la RDC et celui du Kenya ; les États-Unis critiquent aussi cette annonce, faisant part de leur « profonde préoccupation »[23],[24],[25].
En , Nangaa et 25 autres personnes dont : Délion Kimbulungu (son ancien collègue de la CENI), Bertrand Bisimwa, Sultani Makenga, Willy Ngoma et Lawrence Kanyuka. Ils sont tous jugées par un tribunal militaire à Kinshasa pour leur participation à l'AFC/M23 et pour « crime de guerre ». Ils sont tous condamnés à la peine de mort. Toutefois, 21 des 26 accusés, dont Nangaa, sont en fuite[26],[27].
En , le gouvernement congolais saisit la justice pour obtenir la dissolution de l'ADCP[28].