Promotion 1957-1959 de l'École nationale d'administration

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La promotion 1957-1959 de l'École nationale d’administration, dite promotion Vauban, est la quinzième promotion d'élèves depuis la création de l'École nationale d'administration en 1945. Elle porte le nom de Sébastien Le Prestre de Vauban, ingénieur et architecte militaire français.

La promotion Vauban est remarquée pour le nombre élevé d'élèves ayant par la suite accédé à des postes clefs de la République, parmi lesquels le futur président de la République Jacques Chirac, le directeur du Trésor Jean-Yves Haberer et le ministre Bernard Stasi. Il s'agit d'une des plus petites promotions de l'histoire de l'école, avec 56 élèves. Enfin, cette promotion s'est étalée sur la Quatrième et la Cinquième République.

Concours d'entrée

Le jury du concours d'entrée est présidé par Louis Joxe. Il est composé d'une dizaine de hauts fonctionnaires et professeurs d'université[1]. Cinquante-six étudiants sont sélectionnés, ce qui en fait la plus petite promotion de l'histoire de l'école[2]. Au concours externe, 28 postes sont ouverts, pour 272 candidats[3].

Plusieurs étudiants font leur service militaire avant le début de la scolarité. Un étudiant, Bertrand d'Ussel, meurt sous les drapeaux en Algérie[3]. Un autre, Philippe Rouvillois, est blessé par balles et laissé pour mort, quoique finalement sauvé par un interne en médecine, et sortira major de la promotion[2].

Début de scolarité

La promotion Vauban débute en janvier 1957. Elle est la seule promotion de l'ENA à chevaucher la Quatrième et la Cinquième République[3]. Les élèves votent dès janvier pour déterminer leur nom de promotion, quoiqu'en l'absence d'une quinzaine d'étudiants retenus sous les drapeaux. Les noms de Commune de Paris, Stendhal, Saint-Just, abbé Grégoire et Carnot sont proposés. Sont en finale Saint-Exupéry et Vauban[3]. Le nom de Vauban est finalement retenu.

Les professeurs d'économie professent cette année-là l'impossibilité du redressement de la balance courante française, qui est contredite quelques mois plus tard par la relance de Jacques Rueff[1]. Les étudiants qui n'ont pas suivi d'études de licence de droit sont contraints de suivre des cours en faculté de droit. Seul Jacques Chirac en est exempté, sur décision du directeur Henri Bourdeau de Fontenay, admiratif de son état de service en Algérie[1].

Stages

À l'issue de leur stage de six mois en préfecture, les étudiants rédigent un mémoire sur une politique publique locale de la préfecture. Jacques Chirac obtient la pire note de la promotion. Les cours reprennent alors dans les locaux de l'établissement. Jacques Chirac décrit une atmosphère de compétition étouffante[1],[2].

Les étudiants ne prennent toutefois pas leur poste immédiatement. Ils sont envoyés en Algérie en juin 1959 pour servir de renfort dans les missions de maintien de l'ordre. Les étudiants qui ont préalablement réalisé leur service militaire sont exemptés[1].

Sociologie

La moitié des impétrants ont été recrutés par concours externe. Un polytechnicien est admis par passerelle. La promotion compte cinq femmes[3].

Les étudiants issus du concours externe ont une moyenne d'âge de 25 ans, contre 29 ans pour ceux issus du concours interne. La plupart des fonctionnaires sont mariés, tandis que les étudiants issus du concours externe sont presque tous célibataires[3].

La moitié des fonctionnaires sont fils ou filles de petits fonctionnaires (secrétaires d'administration, percepteurs, receveurs PTT, employés de la SNCF), tandis que la majorité des étudiants recrutés par concours externe sont nés dans la bourgeoisie[3].

Carrières

Les carrières des anciens de la promotion Vauban sont particulièrement rapides, et ont mené à des postes importants au sein de la République française et de sa vie politique nationale[4],[5]. Jacques Chirac devient directeur de cabinet de Georges Pompidou à l'âge de 30 ans, Jean-Yves Haberer devient conseiller du ministre de l’Économie Michel Debré à 33 ans avant de prendre le contrôle du Crédit lyonnais, Bernard Stasi devient ministre sous la présidence de Pompidou, etc[5]. Certains anciens ont même travaillé à l'ENA durant leur carrière[6].

Dans L'ENA, la société, l’État (1985), Jean-François Kesler analyse la trajectoire des membres de la promotion Vauban[7]. 11 anciens élèves sont « directeurs-adjoints, chefs de service, inspecteurs généraux, etc. après une carrière normale » ; 17 « appartiennent à un grand corps de l’État, mais ne l'ont jamais quitté » (parmi lesquels les préfets et les ambassadeurs) ; 8 « occupent ou ont occupé des emplois discrétionnaires de premier plan, ils jouent ou ont joué un rôle important dans l'administration, dans les cabinets ou dans les entreprises ; s'ils sont membres d'un grand corps [...] ils ont exercé des responsabilités à l'extérieur » ; 7 sont des « grands commis de l’État ou des dirigeants d'entreprises dont le poids dans la Nation est ou a été très important » ; 2 ont un « destin national » ; 5, enfin, sont non classés[7].

Liste des élèves

Voir aussi

Notes et références

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