Psaume 5
psaume
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Le psaume 5[1] est attribué à David. Il exprime la plainte du juste contre les impies.

Texte
N.B. S’il y a conflit de numérotation des versets entre l’hébreu et le latin, c’est l’original hébreu qui prévaut et la traduction française le suit. Par contre, le latin ne se plie pas à la numérotation affichée. Les numéros de versets s'appliquent au texte latin, mais la traduction est décalée par endroits.
| verset | original hébreu[2] | traduction française de Louis Segond[3] | Vulgate[4] latine |
|---|---|---|---|
| 1 | לַמְנַצֵּ֥חַ אֶֽל־הַנְּחִיל֗וֹת מִזְמ֥וֹר לְדָוִֽד | [Au chef des chantres. Avec les flûtes. Psaume de David.] | [In finem, pro ea quae hereditatem consequitur. Psalmus David.] |
| 2 | אֲמָרַ֖י הַאֲזִ֥ינָה ׀ יְהֹוָ֗ה בִּ֣ינָה הֲגִיגִֽי | Prête l’oreille à mes paroles, ô Éternel ! Écoute mes gémissements ! | Verba mea auribus percipe, Domine; intellege clamorem meum. |
| 3 | הַקְשִׁ֤יבָה ׀ לְק֬וֹל שַׁוְעִ֗י מַלְכִּ֥י וֵאלֹהָ֑י כִּֽי־אֵ֝לֶ֗יךָ אֶתְפַּלָּֽל | Sois attentif à mes cris, mon roi et mon Dieu ! C’est à toi que j’adresse ma prière. | Intende voci orationis meæ, rex meus et Deus meus. Quoniam ad te orabo, Domine : |
| 4 | יְֽהֹוָ֗ה בֹּ֭קֶר תִּשְׁמַ֣ע קוֹלִ֑י בֹּ֥קֶר אֶעֱרׇךְ־לְ֝ךָ֗ וַאֲצַפֶּֽה | Éternel ! le matin tu entends ma voix ; le matin je me tourne vers toi, et je regarde. | mane exaudies vocem meam. Mane astabo tibi, et videbo |
| 5 | כִּ֤י ׀ לֹ֤א אֵֽל־חָפֵ֘ץ־רֶ֥שַׁע ׀ אָ֑תָּה לֹ֖א יְגֻרְךָ֣ רָֽע | Car tu n’es point un Dieu qui prenne plaisir au mal ; le méchant n’a pas sa demeure auprès de toi. | quoniam non Deus volens iniquitatem tu es. Neque habitabit juxta te malignus, |
| 6 | לֹֽא־יִתְיַצְּב֣וּ ה֭וֹלְלִים לְנֶ֣גֶד עֵינֶ֑יךָ שָׂ֝נֵ֗אתָ כׇּל־פֹּ֥עֲלֵי אָֽוֶן | Les insensés ne subsistent pas devant tes yeux ; tu hais tous ceux qui commettent l’iniquité. | neque permanebunt injusti ante oculos tuos. Odisti omnes qui operantur iniquitatem ; |
| 7 | תְּאַבֵּד֮ דֹּבְרֵ֢י כָ֫זָ֥ב אִישׁ־דָּמִ֥ים וּמִרְמָ֗ה יְתָ֘עֵ֥ב ׀ יְהֹוָֽה | Tu fais périr les menteurs ; l’Éternel abhorre les hommes de sang et de fraude. | perdes omnes qui loquuntur mendacium. Virum sanguinum et dolosum abominabitur Dominus. |
| 8 | וַאֲנִ֗י בְּרֹ֣ב חַ֭סְדְּךָ אָב֣וֹא בֵיתֶ֑ךָ אֶשְׁתַּחֲוֶ֥ה אֶל־הֵֽיכַל־קׇ֝דְשְׁךָ֗ בְּיִרְאָתֶֽךָ | Mais moi, par ta grande miséricorde, je vais à ta maison, je me prosterne dans ton saint temple avec crainte. | Ego autem in multitudine misericordiæ tuæ introibo in domum tuam ; adorabo ad templum sanctum tuum in timore tuo. |
| 9 | יְהֹוָ֤ה ׀ נְחֵ֬נִי בְצִדְקָתֶ֗ךָ לְמַ֥עַן שׁוֹרְרָ֑י (הושר) [הַיְשַׁ֖ר] לְפָנַ֣י דַּרְכֶּֽךָ | Éternel ! conduis-moi dans ta justice, à cause de mes ennemis, aplanis ta voie sous mes pas. | Domine, deduc me in justitia tua : propter inimicos meos dirige in conspectu tuo viam meam. |
| 10 | כִּ֤י אֵ֪ין בְּפִ֡יהוּ נְכוֹנָה֮ קִרְבָּ֢ם הַ֫וּ֥וֹת קֶֽבֶר־פָּת֥וּחַ גְּרֹנָ֑ם לְ֝שׁוֹנָ֗ם יַחֲלִיקֽוּן | Car il n’y a point de sincérité dans leur bouche ; leur cœur est rempli de malice, leur gosier est un sépulcre ouvert, et ils ont sur la langue des paroles flatteuses. | Quoniam non est in ore eorum veritas ; cor eorum vanum est. Sepulchrum patens est guttur eorum ; linguis suis dolose agebant : |
| 11 | הַ֥אֲשִׁימֵ֨ם ׀ אֱֽלֹהִ֗ים יִפְּלוּ֮ מִֽמֹּעֲצ֢וֹתֵ֫יהֶ֥ם בְּרֹ֣ב פִּ֭שְׁעֵיהֶם הַדִּיחֵ֑מוֹ כִּי־מָ֥רוּ בָֽךְ | Frappe-les comme des coupables, ô Dieu ! Que leurs desseins amènent leur chute ! précipite-les au milieu de leurs péchés sans nombre ! Car ils se révoltent contre toi. | judica illos, Deus. Decidant a cogitationibus suis ; secundum multitudinem impietatum eorum expelle eos, quoniam irritaverunt te, Domine. |
| 12 | וְיִשְׂמְח֨וּ כׇל־ח֪וֹסֵי בָ֡ךְ לְעוֹלָ֣ם יְ֭רַנֵּנוּ וְתָסֵ֣ךְ עָלֵ֑ימוֹ וְֽיַעְלְצ֥וּ בְ֝ךָ֗ אֹהֲבֵ֥י שְׁמֶֽךָ | Alors tous ceux qui se confient en toi se réjouiront, ils auront de l’allégresse à toujours, et tu les protégeras ; tu seras un sujet de joie pour ceux qui aiment ton nom. | Et lætentur omnes qui sperant in te ; in æternum exsultabunt, et habitabis in eis. Et gloriabuntur in te omnes qui diligunt nomen tuum, |
| 13 | כִּֽי־אַתָּה֮ תְּבָרֵ֢ךְ צַ֫דִּ֥יק יְהֹוָ֑ה כַּ֝צִּנָּ֗ה רָצ֥וֹן תַּעְטְרֶֽנּוּ | Car tu bénis le juste, ô Éternel ! tu l’entoures de ta grâce comme d’un bouclier. | quoniam tu benedices justo. Domine, ut scuto bonæ voluntatis tuæ coronasti nos. |
Thème du psaume

Le psaume 5 entre dans le genre littéraire de la prière du matin, car le matin était très important dans les religions du Proche-Orient ancien. D'où le verset 4. Les mots parole ou voix montrent bien qu'il s'agit d'une prière faite à un Dieu qui écoute. Le psalmiste décrit ensuite la figure du méchant, qu'il nomme de multiples manières. A contrario, le juste aime Dieu. Notons que ce n'est pas par sa droiture qu'il peut entrer dans le Temple de Dieu, mais par l'amour de Dieu sur ceux qui l'invoquent. Puis le psalmiste décrit le gosier du méchant, en insistant sur le mal qui sort de ses entrailles. C'est pourquoi leur bouche est un sépulcre béant. Le psalmiste termine par une action de grâces étendue à tous ceux qui se confient en Dieu.
Usages liturgiques
Dans le judaïsme
Le verset 8 du psaume est le second verset de la prière Ma Tovu, qui manifeste la révérence pour les synagogues et les lieux d'adoration[5].
Dans le christianisme
Chez les catholiques
Depuis la règle de saint Benoît, fixée vers 530, ce psaume était exécuté lors de l'office aux laudes du lundi (chapitre XIII)[6],[7].
Dans la liturgie des Heures actuelle aussi, le psaume 5 est récité ou chanté aux laudes, le lundi de la première semaine[8].
Voir aussi
Liens externes
- Le commentaire du psaume 5 sur le site BibleEnLigne,
- Le commentaire du psaume 5 sur le site Spiritualité2000.
Bibliographie
Nombreux sont les auteurs qui ont commenté les psaumes. Voici quelques ouvrages parmi les plus connus, classés par ordre chronologique :
- Commentaires sur les psaumes, d’Hilaire de Poitiers, IVe siècle, Paris, Éditions du Cerf, 2008, collection sources chrétiennes no 515
- Basile de Césarée, Magnifiez le Seigneur avec moi ! Homélies sur les Psaumes (extraits), Introduction, traduction et notes par Luc Brésard, o.c.s.o., (Foi vivante, 387 – Les classiques), Paris, Cerf, 1997, (ISBN 2-204-05643-X)
- Commentaires sur les psaumes, de saint Jean Chrysostome, IVe siècleŒuvres complètes, M. Jeannin (dir. trad.), tome sixième. Commentaires sur les Psaumes et sur Isaïe – Homélies sur divers textes – Synopse de l'Ecriture sainte, Arras, Sueur-Charruey, 1887
- Discours sur les psaumes, de saint Augustin, IVe siècle, 2 vol., collection « Sagesses chrétiennes », Éditions du Cerf
- Séfer Tehilim, de Rachi, XIe siècle
- saint Thomas d’Aquin, Commentaire sur les Psaumes (jusqu'au psaume 52) (1273), Introduction, traduction, notes et tables par Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, osb, Paris, Cerf, 1996, (ISBN 2-204-05267-1).
- Jehan Calvin, Commentaires sur le livre des Pseaumes (1557), Avec une table fort ample des principaux points traités Commentaires, tome premier, Paris, Ch. Meyrueis et Co., 1859.
- Alphonse Maillot et André Lelièvre, Les Psaumes. Commentaire – Première partie, Genève, Labor et Fides, 1961.
- Commentaire juif des psaumes, d’Emmanuel, Éditions Payot, 1963.
- rabbin Avrohom Chaim Feuer, Tehilim – Les Psaumes (1977). Traduction et commentaires fondés sur les sources talmudiques, midrachiques et rabbiniques, Tamar Ittah (trad.), Volume I, 2e éd., 2e réimpr., (La Bible commentée), Paris, Colbo, 1990.