Quatrième vague féministe

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Des militants de la quatrième vague féministe à l'occasion de la Journée Internationale des femmes à Londres en 2017.

La quatrième vague féministe est la résurgence de l'intérêt pour le féminisme qui commence à se manifester autour de 2012. Elle est associée à l'utilisation des médias sociaux notamment Twitter. Les questions que se posent les féministes de la quatrième vague tournent surtout autour du harcèlement dans la rue et au travail, des agressions sexuelles sur les campus universitaires et de la culture du viol. Plusieurs scandales galvanisent le mouvement, notamment le viol collectif de New Delhi (2012), les allégations d'abus sexuels contre Jimmy Savile (2012) et, par la suite, contre Bill Cosby (2014) et Harvey Weinstein (2017) — dont l'affaire mène à l'effet Weinstein —, la tuerie d'Isla Vista (2014), le procès de Jian Ghomeshi (2016), les scandales sexuels de Westminster (2017), et finalement le mouvement #MeToo, ou #BalanceTonPorc en français (2017)[1],[2].

Des exemples de campagnes menées par la quatrième vague féministe incluent le Everyday Sexism Project[3], Ni una menos ("Pas une de moins", en français), No More Page 3, Stop Bild Sexism[4], Mattress Performance (Carry That Weight), 10 Hours of Walking in NYC as a Woman[5], Free the Nipple, One Billion Rising[6], la marche des femmes en 2017 puis en 2018, mouvement Time's Up et dernièrement le mouvement des colleuses d'affiches anti-féminicides.

La quatrième vague féministe voit le jour dans les années 2000 en Europe et en Amérique latine, avec l'avènement d'Internet et l'essor des réseaux sociaux[7],[8]. Elle émerge d'une nouvelle génération de femmes largement ignorantes de l'existence des vagues féministes précédentes[9]. La quatrième vague féministe est déterminée par la technologie. Elle est caractérisée en particulier par l'utilisation de Facebook, Twitter, Instagram, YouTube, Tumblr et Twitter. Il y a alors démocratisation du féminisme, qui devient plus accessible et qui donne naissance au « hashtag féminisme ». Kira Cochrane, journaliste britannique, écrit en 2013 que les militants et les militantes de la quatrième vague sont soit des adolescents et adolescentes ou encore de jeunes adultes dans la vingtaine[10].

Lorsque Wendy Davis met en scène son filibuster de 13 heures au Texas en 2013 afin d'empêcher une loi sur l'avortement d'être adoptée, les femmes montrent rapidement leur soutien par le ralliement physique autour du Capitole de l'État du Texas, et par le ralliement virtuel sur les réseaux sociaux.

Idéologie

La quatrième vague se concentre sur le harcèlement sexuel (dans la rue par exemple), la discrimination au travail, le body shaming, la représentation sexiste de l'imaginaire de la femme dans les médias, la misogynie en ligne, les agressions dans les transports publics puis sur l'appui sur les médias sociaux pour la communication et l'organisation en ligne[10]. Les événements et les organisations qui en naissent incluent le Everyday Sexism Project[3], le UK Feminista, le mouvement Reclaim the Night, le One Billion Rising[6], et la campagne protestataire Lose the Lads' Mags.

Les livres associés avec la nouvelle vague féministe incluent l'essai Men Explain Things to Me (2014) de Rebecca Solnit (qui donne naissance au terme mansplaining), The Vagenda (2014) par Rhiannon Lucy Cosslett et Holly Baxter, Sex Object : A Memoir (2016) par Jessica Valenti, Everyday Sexism[11] (2016) par Laura Bates et La Révolution féministe (2019) d'Aurore Koechlin. Le livre de Cosslett et Baxter vise la démystification des stéréotypes de la féminité promu par les courants dominants de la presse[12]. Bates, une écrivaine féministe britannique, créé parallèlement le Everyday Sexism Project le , un forum en ligne où les femmes peuvent publier leurs expériences quotidiennes de harcèlement[13].

Utilisation des mot-dièses

Le mouvement étant très ancré sur les réseaux sociaux de nombreux mot-dièses apparaissent pour désigner différents ralliements virtuels :

  • #MeToo, #BalanceTonPorc en France, #MoiAussi au Québec[14], #WoYeShi en chinois[15] pour dénoncer publiquement les agressions sexuelles à travers les réseaux sociaux ;
  • #YesAllWomen en 2014 la tuerie d'Isla Vista ;
  • #StandWithWendy en 2013 afin d'empêcher une loi sur l'avortement au Texas ;
  • #Askhermore pour protester contre les questions souvent sexistes adressées aux célébrités femmes, toujours via Twitter[16] ;
  • #BeenRapedNeverReported en réponse aux allégations d'agressions sexuelles contre Jian Ghomeshi au Canada ;
  • #ShoutYourAbortion, #ilooklikeanengineer, #MosqueMeToo, #WomensMarch, #bringbackourgirls, #NotYourAsianSidekick, #SolidarityIsForWhiteWomen, #GirlGaze[17]...

En , le magazine Time choisit plusieurs personnalités de femmes activistes impliquées dans le mouvement #MeToo mouvement, surnommées les « silence breakers »[18],[19], comme personnalité de l'année.

Critique

Une critique envers la quatrième vague féministe est sa dépendance à la technologie. Comme Ragna Rök Jóns le soutient dans le Bluestockings Magazine en 2013, le problème majeur est celui d'un accès limité et limitant qui exige la propriété d'appareils donnant cet accès aux médias numériques ("[t]he key problem that this '4th Wave' will face will be the disproportionate access to and ownership of digital media devices"[20]). La quatrième vague engendre en ce sens certaines exclusions, avec "le classisme et le capacitisme inhérents" à la création d'espace de visibilité pour ceux qui peuvent se permettre l'utilisation de la technologie.

Une autre lacune que font valoir les critiques de cette quatrième vague est que les activistes sur Twitter ne sentent pas le besoin de faire autre chose, de participer autrement à l'effort militant. Dans un article pour Newuniversity.org[21], Alex Guardado fait valoir qu'après avoir contribué avec leur propre opinion, les gens ne font que continuer leurs activités quotidiennes, soit d'aimer d'autres publications ou de les retweeter[22]. Certains peuvent se concevoir comme des militants sans jamais prendre la peine de participer à un seul rallye ou d'étendre leur message au-delà de leur réseau de Twitter.

Jennifer Simpkins[Qui ?] du Huffington Post avance en 2014 une critique selon laquelle la quatrième vague féministe aurait finalement créé une atmosphère compétitive et hostile, proposant une comparaison avec le film Mean Girls, dans laquelle les femmes tendraient à s'attaquer entre elles plutôt qu'à s'unir[23].

Chronologie

Notes et références

Voir aussi

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