Religion en Côte d'Ivoire

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La religion en Côte d'Ivoire est caractérisée par une très grande diversité des pratiques. Les religions les plus pratiquées en Côte d’Ivoire sont le Christianisme et l’islam. Selon les données recueillies lors du Recensement Général de la Population et de l'Habitat en 2021, l'islam serait la religion la plus représentée avec 42,5 % de la population en raison de la forte présence sur le territoire ivoirien de la présence importante de personnes non-ivoiriennes de confession musulmane. Le christianisme représente 40,3 % de la population totale. 12,6 % de la population déclare être sans religion. L'animisme (religions traditionnelles africaines), qui maintient une influence assez forte sur toutes les autres croyances, représente 2,6 % de la population[1].

"La structure de la population selon la religion et la nationalité révèle d'importantes différences. En effet, un regroupement de toutes les confessions religieuses d'obédience chrétienne montre, chez les Ivoiriens, la prédominance des chrétiens par rapport aux musulmans (45,6 % de chrétiens contre 34,9 % de musulmans). En revanche, chez les non-Ivoiriens, la structure de la population fait apparaître un poids prépondérant des musulmans (69,8 %)."[2]

L’État ivoirien et le système éducatif public sont légalement laïcs. En réalité, ils sont fortement marqués par des valeurs européano-(franco)-chrétiennes, en partie déconfessionnalisées[3].

La Côte d'Ivoire est un pays membre de l'Organisation de la coopération islamique et détient la plus grande église au monde, la basilique Notre-Dame-de-la-Paix de Yamoussoukro.

Le phénomène religieux qui s'est diversifié et parfois modernisé en Côte d'Ivoire a reposé sur une vision traditionnelle du monde largement partagée au départ, avant que celle-ci ne soit modifiée, par la suite, par des influences extérieures. Le monde, dans l'espace national traditionnel, correspond de prime abord à une catégorie linguistique : dunia en malinké, kouro en , Bli en bété, man ou mein en baoulé, gbamladodo en dida. Selon la mythologie lobi, quatre éléments entrent dans la formation du monde : le feu qui se manifeste dans le chaud autant que le sec est l'énergie céleste qui correspond également à la saison sèche. Le feu engendre l'air qui est le second élément. L'air correspond à la saison humide car, selon cette vision, c'est l'air qui se manifeste sous la forme de pluie engendrant ainsi l'eau, le troisième élément. Enfin, de l'eau émane la terre, le quatrième élément. La terre a produit, par ordre chronologique, le végétal, l'animal et l'homme[4].

Ce monde ainsi composé, s'inscrit dans un double domaine : l'un, niveau céleste et invisible qui constitue la demeure du Dieu créateur entouré, selon les sénoufos, de créateurs secondaires ; et l'autre, visible, le village des humains voisins de la brousse abritant minéraux, végétaux et animaux. Cet univers est rythmé par le jour qui crée la visibilité au moyen du soleil et la nuit qui assombrit et rend tout invisible sauf pour les devins, guérisseurs et sorciers dotés des pouvoirs de clairvoyance laissés par Dieu avant de s'éloigner[4].

Médersa à Odienne

Islam

Minoritaire au moment de l'indépendance, l'islam en Côte d'Ivoire est devenu depuis ces dix dernières années une des religions majoritaires (majorité relative).

"L'analyse de la religion de la population de nationalité non-ivoirienne selon le pays d'origine révèle que l'islam est majoritairement pratiqué par les Maliens (93,1 %), suivie des Guinéens (87,7 %) et Burkinabé (68,4 %). Outre ces nationalités, le poids démographique des musulmans (44,2 %) est relativement plus important que celui des chrétiens (41,8 %) chez les Autres Africains de l'Ouest, tout comme pour les Autres pays. Ainsi, plus de deux tiers des étrangers vivant en Côte d'Ivoire sont musulmans (69,8 %). La très forte présence musulmane en Côte d'Ivoire résulterait ainsi du fait de la forte immigration étrangère en provenance, pour l'essentiel, de l'Afrique de l'Ouest et singulièrement du Burkina Faso, du Mali et de la Guinée qui sont des pays très islamisés."[5]

Christianisme

Le christianisme ne fut véritablement introduit dans la région qu’à l’époque coloniale, et reste la religion majoritaire du pays si l'on ne tient pas compte des non-ivoiriens[2]. Son influence reste grande car il fut, dans sa version catholique, la première religion « moderne » du pays et celle des principaux dirigeants ivoiriens. Dans ce contexte, peu avant sa mort, le président Félix Houphouët-Boigny fit élever une basilique monumentale à Yamoussoukro, son village natal[3].

Catholicisme

Le catholicisme est introduit en Côte d'Ivoire au XVIIe siècle par les missionnaires chrétiens.

Christianisme évangélique

Mission évangélique La source à Abidjan

La Fédération évangélique de Côte d'Ivoire est fondée en 1960 à Bouaké [6],[7],[8].

L’Union des Églises baptistes missionnaires en Côte d'Ivoire est officiellement fondée en 1979, sous le nom de Églises évangéliques baptistes méridionales en Côte d'Ivoire[9]. Selon un recensement de l’association, en 2023 elle aurait 300 églises et 15000 membres[10].

Religions traditionnelles

Prêtresses traditionnelles vêtues de blanc (Komian).

Les religions traditionnelles peuvent être définies comme la transmission d'un ensemble de rites et de pratiques (systèmes de pensées, de croyances) du vécu des hommes. Elles sont aussi vues comme un ensemble de relations entre les êtres humains et la nature, entre les Hommes et un être supérieur[11].

Animisme

L' animisme est une religion traditionnelle désignant la croyance en l’existence d’une force vitale, d’un esprit ou d’une âme présente en tous les êtres animés ou inanimés[12],[13].

Les systèmes initiatiques

Le Poro

Le Poro est un rite d'initiation sociétal pratiqué dans le nord de la Côte d'Ivoire, notamment en pays Sénoufo. Il en existe deux types : le poro communautaire qui est obligatoire et qui obtient aux jeunes une reconnaissance en tant que membre de la communauté ; puis le poro privé qui est facultatif et revêt un caractère occulte[14].

Le Kômian

Le Kômian (ou comian) est un rituel initiatique au fétichisme en pays Akan (centre et est de la Côte d'Ivoire). La Kômian est une féticheuse, une prêtresse traditionnelle, une guérisseuse, une sage-femme, dotée du pouvoir de communiquer avec les esprits, de prédire l'avenir et de conjurer le mauvais sort[15].

Depuis 1992 existe un "Centre initiatique des Kômians Adjoua Messouma d'Aniansué" (CIKAMA), reconnu officiellement en 2014, et formant les féticheuses[16],[17] du peuple Akan. Une école de féticheuses se trouve également à Tanguelan, en pays agni.

Autres spiritualités

Notes et références

Annexes

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