Romanée-saint-vivant
région viticole
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Une romanée-saint-vivant[n 2] est un vin rouge français d'appellation d'origine contrôlée produit sur le climat de la Romanée Saint-Vivant à Vosne-Romanée, en Côte-d'Or.
| Romanée-saint-vivant | |
La Romanée Saint-Vivant, en automne. | |
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1936 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Bourgogne |
| Sous-région(s) | vignoble de la côte de Nuits |
| Localisation | Côte-d'Or |
| Climat | océanique dégradé, à tendance continentale |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
1 890 heures (à Dijon-Longvic)[1] |
| Sol | argilo-calcaire |
| Superficie totale | 9 hectares et 43,74 ares[2] |
| Superficie plantée | 9,4374 ha (en 2023)[3] |
| Nombre de domaines viticoles | 10 (en 2023)[4] |
| Cépages dominants | pinot noir N[n 1] |
| Vins produits | rouges |
| Production | 369 hectolitres (en 2023)[3] |
| Pieds à l'hectare | minimum 9 000 ceps/ha[5] |
| Rendement moyen à l'hectare | 39 hl/ha (en 2023)[3] |
| modifier |
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Il est classé parmi les grands crus du vignoble de la côte de Nuits. C'est une des huit appellations grands crus situées sur l'aire d'appellation du vosne-romanée, les autres étant :
Histoire
Dès le début du VIe siècle, l’implantation du christianisme avait favorisé l’extension de la vigne par la création d’importants domaines rattachés aux abbayes. Ainsi l'abbaye de Cîteaux (créée en 1098) avait des plantations sur la côte d'Or[6], tout comme l'abbaye Saint-Vivant de Vergy (clunisienne). Le cru de la Romanée-Saint-Vivant rappelle le souvenir de ce monastère situé dans l'arrière-Côte.
XIXe siècle
En 1816, André Jullien met le climat dans sa « première classe » : « La Romanée-de-Saint-Vivant, territoire de Vosne. Ce vignoble est ainsi nommé, parce qu'il appartenoit à un couvent du même nom. Il fournit des vins de la même espèce que celui de la Romanée-Conti, mais inférieurs en qualité, la vigne qui les produit étant d'un plus grand rapport : cette différence provient de la nature du terrain et de la manière dont il est cultivé »[7].

En 1855, Jules Lavalle propose un classement plus précis, avec comme « têtes de cuvée » la Romanée-Conti, les Richebourg, la Tache et la Romanée ; la Romanée-Saint-Vivant est en tête des « premières cuvées »[9].
En 1861, le Comité d'agriculture de l'arrondissement de Beaune, préparant l'Exposition universelle de 1862, refait le classement, en trois catégories : tous les grands crus actuels de Vosne sont classés en 1re classe[10].
Dans les décennies 1830-1840, la pyrale survint et attaqua les feuilles de la vigne. Elle fut suivie d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[11]. Le millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces[12]. À la fin de ce siècle arrivèrent deux nouveaux fléaux de la vigne. Le premier fut le mildiou, autre maladie cryptogamique, le second le phylloxéra.Cet insecte térébrant venu d'Amérique mit très fortement à mal le vignoble[11], touchant Vosne-Romanée à partir de 1882. La seule parade trouvée est le replantage intégral avec greffage sur des pieds américains capables de vivre en présence du phylloxéra. Le provignage est abandonné à cette occasion, les vignes sont désormais plantées en rangées et palissées.
XXe siècle
Le mildiou provoqua un désastre considérable en 1910. Henri Gouges avait rejoint au niveau national le combat mené par le sénateur Joseph Capus et le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié, qui allait aboutir à la création des appellations d'origine contrôlée. Il devint le bras droit du baron à l'INAO[13]. L'AOC « Romanée-Saint-Vivant » est reconnue par le décret du [14].
Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-1970, qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique, etc.).
XXIe siècle
Avec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[12].
Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [15] et en [5].
Étymologie
Le climat porte le nom de « La Romanée de Saint-Vivant » à partir de 1765, pour devenir « Romanée Saint-Vivant » au milieu du XIXe siècle. Le nom « en la Romanée » est porté depuis 1651 par la parcelle voisine vendu en 1760 (celle-ci porte le nom de Romanée-Conti à partir de 1794) : ce nom est dérivé du latin romanus, faisant référence à un hypothétique vestige attribué aux Romains[16].
Quant à Saint-Vivant, il s'agit du nom de l'ancien propriétaire jusqu'à la Révolution, l'abbaye Saint-Vivant de Vergy, dédiée à saint Vivant.
Vignoble
Aire d'appellation
| Images externes | |
| Carte de l'aire d'appellation du romanée-saint-vivant | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophoto du parcellaire de l'AOC | |
Le vignoble s'étend sur la commune de Vosne-Romanée. Son aire d'appellation, incluse dans celle de l'AOC vosne-romanée, est constituée du lieu-dit « Romanée Saint-Vivant »[17].
9 hectares et 43,74 ares[2] sont classés en grand cru, l'aire de production s'étend en 2023 sur 9,44 hectares et la production donne 370 hectolitres de vins rouges[3].
Géologie et orographie
Sols bruns calcaires, fortement argileux, 90 cm d'épaisseur de sol.
250 à 310 mètres d'altitude. Exposé au levant.
Climatologie
Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale ; l'ensoleillement annuel a été de 1 890 heures (moyenne 1991-2020 à Dijon-Longvic)[1]. La station météorologique de Marsannay-la-Côte (à 280 mètres d'altitude, à la sortie sud de la commune : 47° 16′ 00″ N, 4° 59′ 12″ E)[18], quelques kilomètres plus au nord, est représentative du climat au bas du coteau viticole.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 5,7 | 7,7 | 12,6 | 16,4 | 20,6 | 24,7 | 27,1 | 26,7 | 22 | 16,1 | 9,8 | 6,3 | 16,3 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 2,8 | 4 | 7,8 | 11,1 | 15,2 | 19,1 | 21,3 | 20,8 | 16,6 | 11,8 | 6,6 | 3,5 | 11,7 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | −0,1 | 0,2 | 3,1 | 5,9 | 9,9 | 13,5 | 15,5 | 15 | 11,2 | 7,6 | 3,4 | 0,6 | 7,1 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 16,7 | 14,4 | 6,5 | 1,3 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 6,3 | 14,2 | 60,4 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 66,8 | 53,8 | 55,9 | 60,4 | 75,3 | 70,5 | 65 | 61 | 60,9 | 75 | 84,1 | 74,3 | 803 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Encépagement
Le pinot noir N[n 1] compose exclusivement les vins rouges de l'AOC, même si le chardonnay B, le pinot blanc B et le pinot gris G sont autorisés comme cépages accessoires par le cahier des charges[5].
Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[20] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[20]. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et au cicadelles[21]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons[21]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissant, riches, colorés, de garde[22]. Ils sont moyennement tanniques en général.
Méthodes culturales
Le travail manuel commence par la taille, en « Guyot simple », avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux[23]. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[23]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[23]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.
Pour le travail mécanique, l'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[23]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage.
Rendements
Le rendement visé par le cahier des charges est de 42 hl/ha et le rendement butoir est de 49 ha/hl[5].
Vins
Les vins produits sur l'aire d'appellation du romanée-saint-vivant peuvent être repliés[n 3] en appellation vosne-romanée premier cru.
Volumes
Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[3] :
| Année | romanée-saint-vivant | ||
|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 9,40 | 354 | 38 |
| 2023 | 9,44 | 370 | 39 |
| 2024 | 8,54 | 131 | 15 |
Le millésime 2024 a des rendements faibles à cause des aléas climatiques[24].
Titre alcoométrique volumique
| AOC | Rouge | Rouge |
| Titre alcoométrique volumique | minimal | maximal |
| Grand cru[5] | 11,5 % vol | 14,5 % vol |
Vinification et élevage
Voici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.
La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle. La vendange est le plus souvent triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[23]. La vendange est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides etc.)[23]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur, avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[23]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant ; cette pratique est réglementée[23]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant 12 à 24 mois[23] puis le vin est collé[Quoi ?], filtré et mis en bouteilles.
Gastronomie
Rubis sombre, carminé avec l'âge. Diversifié et ample au nez avec arômes de petits fruits rouges et noirs, de violette, d'épices, de sous-bois. Bouche puissante, délicate, franche, complète, subtile, flamboyante.
S'accorde bien avec les gibiers à poils et plumes, les viandes au goûts forts, des volailles sauvages (canard), du veau rôti.
Se sert entre 15 et 17 degrés. Se garde entre 15 et 25 ans.
Producteurs de l'appellation
Liste des producteurs de l'appellation :
- domaine de l'Arlot, à Prémeaux-Prissey ;
- Arnoux-Lachaux, à Vosne-Romanée ;
- Sylvain Cathiard et Fils, à Vosne-Romanée ;
- domaine Jean-Jacques Confuron, à Prémeaux-Prissey ;
- domaine Dujac, à Morey-Saint-Denis ;
- Alain Hudelot-Noellat, à Chambolle-Musigny ;
- maison Louis Latour, à Beaune ;
- Leroy, à Vosne-Romanée ;
- Poisot-Piguet, à Beaune ;
- domaine de la Romanée-Conti, à Vosne-Romanée[4].