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Grands-échezeaux

région viticole From Wikipedia, the free encyclopedia

Un grands-échezeaux[n 2] (prononcé : [ɡʁɑ̃d e.ʃə.zo], « gran échezo »)[5] est un vin rouge français d'appellation d'origine contrôlée produit sur le climat des Grands Echezeaux[n 3] à Flagey-Echézeaux, en Côte-d'Or.

Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1937
PaysDrapeau de la France France
Région parentevignoble de Bourgogne
Faits en bref Type d'appellation(s), Reconnue depuis ...
Grands-échezeaux
Image illustrative de l’article Grands-échezeaux
Les Grands Echezeaux en automne.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1937
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Bourgogne
Sous-région(s) vignoble de la côte de Nuits
Localisation Flagey-Echézeaux (Côte-d'Or)
Climat océanique dégradé, à tendance continentale
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 890 heures (à Dijon-Longvic)[1]
Sol argilo-calcaire
Superficie totale 9 hectares et 14,45 ares[2]
Superficie plantée 9,05 ha (en 2023)[3]
Nombre de domaines viticoles 15 (en 2023)
Cépages dominants pinot noir N[n 1]
Vins produits rouges
Production 400 hectolitres (en 2023)[3]
Pieds à l'hectare minimum 9 000 ceps/ha[4]
Rendement moyen à l'hectare 44 hl/ha (en 2023)[3]
Fermer

Il est classé parmi les grands crus du vignoble de la côte de Nuits. C'est une des huit appellations grands crus situées sur l'aire d'appellation du vosne-romanée, les autres étant :

Histoire

XIXe siècle

En 1816, André Jullien cite ce vignoble parmi ceux de Vosne : « Les premières cuvées, après celles de la Romanée-Conti, de Richebourg et de la Tâche, qui figurent dans la première classe, sont celles dites les Echezeaux et la Grande-Rue ; elles suivent immédiatement et différent peu en qualité des vins de la Tâche et de la Romanée-de-Saint-Vivant. Les autres vignes, connues sous le nom de premières cuvées, suivent de près les deux que je viens de nommer »[10]. En 1831, Flagey-lez-Gilly avait d'une part 66 hectares et 34,15 ares de noiriens (le pinot noir, produisant des vins de garde), d'autre part 20 ha et 84,95 ares de gamays (produisant du vin ordinaire, à l'est de la route)[11].

Carte montrant le vignoble de Flagey (à gauche) en 1861 : la première classe de vins est en rose, la deuxième classe en jaune, la troisième classe en vert[12].

En 1855, Jules Lavalle propose un classement plus précis, mentionnant que « les vins de Flagey se rapprochent sous tous les rapports des vins de Vosne, avec lesquels ils sont confondus par le commerce aussi bien que par les amateurs » : les « Grands-Eschezeaux » (9 ha et 14,45 a) sont la seule « tête de cuvée » de la commune, tandis que les autres climats classés aujourd'hui en grands crus sont à l'époque comme « premières cuvées », voire en « deuxième cuvée »[13].

En 1861, le Comité d'agriculture de l'arrondissement de Beaune, préparant l'Exposition universelle de 1862, refait le classement, en trois catégories : les Grands-Echezeaux (9 ha et 14,45 a) sont en 1re classe, en compagnie de ses voisins[14]. En 1886, Flagey-les-Gilly obtient le droit de rajouter le nom de son cru le plus réputé, devenant Flagey-Echézeaux.

Le phylloxéra, puceron tueur de vignes.

Dans les décennies 1830-1840, la pyrale survint et attaqua les feuilles de la vigne. Elle fut suivie d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[15]. Le millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces[16]. À la fin de ce siècle arrivèrent deux nouveaux fléaux de la vigne. Le premier fut le mildiou, autre maladie cryptogamique, le second le phylloxéra. Cet insecte térébrant venu d'Amérique mit très fortement à mal le vignoble[15], touchant Vosne-Romanée à partir de 1882. La seule parade trouvée est le replantage intégral avec greffage sur des pieds américains capables de vivre en présence du phylloxéra. Le provignage est abandonné à cette occasion, les vignes sont désormais plantées en rangées et palissées. En 1886, la commune de Flagey-lès-Gilly est autorisée à rajouter à son nom celui de son principal cru, devenant Flagey-Echézeaux[17].

XXe siècle

Le mildiou provoqua un désastre considérable en 1910. Henri Gouges avait rejoint au niveau national le combat mené par le sénateur Joseph Capus et le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié qui allait aboutir à la création des appellations d'origine contrôlée. Il devint le bras droit du baron à l'INAO[18]. Ainsi l'AOC « Grands-Echezeaux » fut créée en même temps que sa voisine « Echezeaux » par le décret du [19]. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-1970, qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique etc.).

XXIe siècle

Avec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[16].

Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [20], en [4] et en (rajout de Vosne-Romanée à l'« aire de proximité immédiate »)[21].

Étymologie

L'appellation porte le nom de son climat, « Les Grands Echezeaux » ; le mot échezeaux (tel qu'« Echezeaux du Dessus » à Flagey-Echézeaux, « Aux Echézeaux » à Gevrey-Chambertin, « Aux Cheuseaux » à Morey-Saint-Denis et « Les Echesaux » à Chambolle-Musigny) évoque des constructions tombées en ruines. Il s'agissait des bâtiments du domaine agricole possédé par l'abbaye Saint-Vivant de Vergy, d'où les noms de plusieurs climats voisins, comme « Quartiers de Nuits » (un verger de noyers), « Les Treux » (des pressoirs à corde, avec treuil), « Les Loâchausses » (anciennement « les Achausses », de l'ancien français « aches » déformation du latin apes désignant les abeilles, donc des ruches) et « Les Poulaillères » (des poulaillers)[22].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte de l'aire d'appellation du grands-échezeaux
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophoto du parcellaire de l'AOC

Le vignoble s'étend sur la commune de Flagey-Echézeaux. L'aire produisant le grands-échezeaux est intégralement entourée de grands crus : d'une part Échezeaux à l'ouest (plus haut sur le coteau) et au sud (vers Vosne-Romanée) ; d'autre part le clos de Vougeot à l'est (plus bas) et au nord (vers Chambolle-Musigny et Vougeot).

9 hectares et 14,45 ares sont classés en grand cru[2] ; l'aire en production s'étend en 2023[3] sur 9,06 hectares et la production a donné cette année-là 400 hectolitres de vins rouges. Son aire d'appellation, incluse dans celle de l'AOC vosne-romanée, est constituée du lieu-dit[23] « Les Grands Echezeaux ».

Géologie et orographie

Climatologie

Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale ; l'ensoleillement annuel a été de 1 890 heures (moyenne 1991-2020 à Dijon-Longvic)[1]. La station météorologique de Marsannay-la-Côte (à 280 mètres d'altitude, à la sortie sud de la commune : 47° 16′ 00″ N, 4° 59′ 12″ E)[24], quelques kilomètres plus au nord, est représentative du climat au bas du coteau viticole.

Davantage d’informations Mois, jan. ...
Relevés à Marsannay-la-Côte de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 5,7 7,7 12,6 16,4 20,6 24,7 27,1 26,7 22 16,1 9,8 6,3 16,3
Moyenne 2,8 4 7,8 11,1 15,2 19,1 21,3 20,8 16,6 11,8 6,6 3,5 11,7
Minimale moyenne −0,1 0,2 3,1 5,9 9,9 13,5 15,5 15 11,2 7,6 3,4 0,6 7,1
Nombre de jours avec gel 16,7 14,4 6,5 1,3 0 0 0 0 0 1 6,3 14,2 60,4
Précipitations
Hauteur (mm) 66,8 53,8 55,9 60,4 75,3 70,5 65 61 60,9 75 84,1 74,3 803
Fermer
Source : Météo-France[25].
5,7
−0,1
66,8
30 mm
60 mm
jan.
7,7
0,2
53,8
fév.
12,6
3,1
55,9
mars
16,4
5,9
60,4
avril
20,6
9,9
75,3
mai
24,7
13,5
70,5
juin
27,1
15,5
65
jui.
26,7
15
61
août
22
11,2
60,9
sep.
16,1
7,6
75
oct.
9,8
3,4
84,1
nov.
6,3
0,6
74,3
déc.
Moyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Le pinot noir N[n 1] compose exclusivement les vins rouges de l'AOC, même si le chardonnay B, le pinot blanc B et le pinot gris G sont autorisés comme cépages accessoires par le cahier des charges[4].

Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[26] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[26]. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et au cicadelles[27]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons[27]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissant, riches, colorés, de garde[28]. Ils sont moyennement tanniques en général.

Méthodes culturales

Pied de vigne taillé en Guyot simple.

Le travail manuel commence par la taille, en « Guyot simple », avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux[29]. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[29]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[29]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.

Pour le travail mécanique, l'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[29]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage.

Rendements

Le rendement maximum visé par le cahier des charges est de 42 hl/ha et le rendement butoir est de 49 ha/hl[4].

Vins

Les vins produits sur l'aire d'appellation du grands-échezeaux peuvent être repliés[n 4] en appellation vosne-romanée premier cru.

Volumes

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[3] :

Davantage d’informations Année, superficie (ha) ...
Annéegrands-échezeaux
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20229,0636640
20239,0640044
20249,0615517
Fermer

Le millésime 2024 a des rendements faibles à cause des aléas climatiques[30].

Titre alcoométrique volumique

AOC Rouge Rouge
Titre alcoométrique volumiqueminimalmaximal
Grand cru[4]11,5 % vol14,5 % vol

Vinification et élevage

Voici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.

La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est le plus souvent triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[29]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides etc.)[29]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[29]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[29]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (12 à 24 mois)[29] puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.

Gastronomie

D'une durée de garde allant de cinq à quinze ans (20 ans pour les grands millésimes).

Producteurs de l'appellation

Liste de producteurs de l'appellation :

  • Domaine Jérôme Castagnier ;
  • Domaine du Comte Liger-Belair ;
  • Domaine Coquard Loison Fleurot ;
  • Maison Joseph Drouhin ;
  • Domaine Gros Frère et Sœur :
  • Domaine Henri de Villamont ;
  • Domaine Ghislain Kohut ;
  • Domaine Mongeard-Mugneret[31] ;
  • etc.

Notes et références

Voir aussi

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