La-romanée

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Une la-romanée[n 2] est un vin rouge français d'appellation d'origine contrôlée produit sur le climat de la Romanée à Vosne-Romanée, en Côte-d'Or. Cette appellation est un monopole : le lieu-dit est constitué d'une seule parcelle cadastrale, avec un unique propriétaire. Ce cru couvre une surface de 84 ares et 52 centiares : c'est la plus petite AOC viticole du monde[6].

Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1936
PaysDrapeau de la France France
Région parentevignoble de Bourgogne
Faits en bref Type d'appellation(s), Reconnue depuis ...
La-romanée
Image illustrative de l’article La-romanée
La Romanée.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1936
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Bourgogne
Sous-région(s) vignoble de la côte de Nuits
Localisation Côte-d'Or
Climat océanique dégradé, à tendance continentale
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 890 heures (à Dijon-Longvic)[1]
Sol argilo-calcaire
Superficie totale 84,52 ares[2]
Superficie plantée 0,84 ha (en 2021)[3]
Nombre de domaines viticoles 1 (en monopole)[4]
Cépages dominants pinot noir N[n 1]
Vins produits rouges
Production 28 hectolitres (moyenne 2017-2021)[3]
Pieds à l'hectare minimum 9 000 ceps/ha[5]
Rendement moyen à l'hectare 33 hl/ha (moyenne 2017-2021)[3]
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Il est classé parmi les grands crus du vignoble de la côte de Nuits. C'est une des huit appellations grands crus situées sur l'aire d'appellation du vosne-romanée, les autres étant :

Histoire

Naissance d'un climat

Ce climat remonterait à la fin du Moyen Âge : « il y eut dès le Moyen Âge le clos des Romanée à Vosne »[7]. En 1512, les moines de l'abbaye de Saint-Vivant déclaraient la propriété « appartenant à Monsieur de Fangey ... et à plusieurs autres »[8]. Ce clos de la Romanée est partagé au cours des siècles à l’occasion de quelques ventes ou successions.

La partie la plus au couchant du village de Vosne-Romanée, au lieu-dit aux « Échanges », est acquise lors de la vente des biens saisis du clergé en 1791 par Madame de Lamy Samery. Ses enfants ayant émigrés, ses biens et les vignes sont saisis à son décès en 1797 et revendus à deux marchands de vin de Dijon, Claude-François Viénot et Bruet-Rameau Crétinet. En 1800, la parcelle la plus importante appelée « En la Romanée » est revendue à Nicolas Guillaume Basire, qui devint en 1815 le beau-père du général Louis Liger-Belair, marié avec sa fille Claire Basire, propriétaire par son premier mari Joseph Nicolas Allemand, ancien chef d'état-major de la 18e région militaire, du château de Vosne-Romanée. Le général Liger-Belair acquit jusqu'en 1826 la totalité des six parcelles qui composent le clos avec celle obtenue lors de son mariage pour les réunir et leur donner le nom unique appelé « La Romanée ». La première parcelle est achetée par le général et baron d'Empire Louis Liger-Belair qui en 1815 s'installa en Bourgogne dans le château de Vosne acquis de son épouse Claire Basire, avec un domaine de vignes (monopoles de La Romanée, de la Tâche et de la Grande-Rue, ainsi que des parcelles du Clos-Vougeot et Chambertin). Au cours des années suivantes, avec son fils adoptif Louis-Charles Bocquillon Liger-Belair, fils de sa sœur Marie-Catherine épouse Bocquillon, neuf parcelles voisines sont rassemblées. En 1827, Louis Liger-Belair obtient par enregistrement l'appellation La Romanée pour toutes les parcelles réunies et crée le premier millésime de cette appellation.

Carte montrant le vignoble de Vosne en 1861 : la première classe de vins est en rose, la deuxième classe en jaune, la troisième classe en vert[9].

En 1855, Jules Lavalle propose un classement, avec comme « têtes de cuvée » la Romanée-Conti, les Richebourg, la Tache et la Romanée[10].

En 1861, le Comité d'agriculture de l'arrondissement de Beaune, préparant l'Exposition universelle de 1862, refait le classement, en trois catégories : tous les grands crus actuels de Vosne sont classés en 1re classe[11].

Jusqu'en 1933, la vinification est faite par C. Marey & Comte Liger-Belair, négociant familial et société créée en 1852 avec Guillaume Félix Marie Marey. Louis-Charles Bocquillon Liger-Belair s'étant marié en 1834 avec Ludovie Marey, fille aînée de Guillaume Félix Marie Marey. À la mort de Félix Marey en 1869 la famille Liger-Belair reprend la société qui s'est alors appelée C. Marey de Liger-Belair. Au décès du comte Louis-Charles Bocquillon Liger-Belair en 1878, le domaine comprenait plus de 60 ha de vignes, avec les monopoles de La Romanée, de la Tâche, de la Grande-Rue, Richebourg, les Gaudichots, aux Réas, la Colombière, une large partie des Malconsorts, des Chaumes, des Reignots, des Brulées, des Suchots à Vosne-Romanée, des Saint-Georges, des Vaucrains à Nuits-Saint-Georges, du Clos-Vougeot et des Cras à Vougeot, des parcelles à Chambolle, à Morey et sur le Chambertin.

Le fils aîné du comte Louis-Charles Bocquillon Liger-Belair, le comte Edgard Liger-Belair, créa en 1906 avec ses trois fils, Henri, Eugène et Félix, la société en nom collectif Liger-Belair & Fils Successeurs. Le domaine est vendu aux enchères judiciaires le à la mairie de Vosne-Romanée, au décès de l'épouse du comte Henri Auguste Louis Bocquillon Liger-Belair, petit-fils de Louis-Charles. Seules les vignes sur la commune de Vosne (La Romanée, Aux Reignots et Les Chaumes) restèrent dans la famille.

Création de l'appellation

L'appellation d'origine contrôlée (AOC) « Romanée » est créée par le décret du [12]. La famille Michaudet est chargée de la vinification de 1933 à 1945. La famille Forey avec Henri, Jean et Régis soigne le vignoble et produit les vins de 1946 à 2001. Le vin de La Romanée est vendu en pièces à divers négociants qui devaient s'occuper de l’élevage, de l'embouteillage et de la distribution.

De 1950 à 1966, la maison Henri Leroy tient l’exclusivité des droits de distribution. De 1967 à 1975, cette exclusivité est accordée à la maison Bichot qui a utilisé entre autres le label « Paul Bouchard » (n’ayant aucun rapport avec les maisons Bouchard Père & Fils, ou Aîné & Fils). De 1976 à 2001, la distribution est assurée par la maison Bouchard Père & Fils qui est liée par des liens familiaux avec les Liger-Belair ; Bernard Antonin Bouchard, le fils aîné de la maison et petit-fils d'Antonin Bouchard, ayant épousé le , Marie Camille Ernestine Bocquillon Liger-Belair, la seconde fille du comte Henri Auguste Louis Bocquillon Liger-Belair. La maison Bouchard Père & Fils prend sous contrat l’élevage du vin en fûts, la mise en bouteille et l'exclusivité de la distribution complète.

De 2002 à 2005 : Après la vinification, le vin de la Romanée est divisé entre la famille Liger-Belair et la maison Bouchard Père & Fils qui continue à assurer l'élevage du vin, la mise en bouteille et la commercialisation de sa partie réservée jusqu'à la fin du bail. Durant cette période, deux étiquettes séparées habillant les bouteilles ont été faites.

Depuis le millésime 2006, le comte Louis-Michel Liger-Belair, arrière-petit-fils du comte Henri Auguste Louis Bocquillon Liger-Belair, prend la responsabilité complète de la vinification et de la mise en bouteille[6].

Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [13], puis en [5].

Étymologie

Le nom de « Romanée » donné à ce climat en 1827 est une référence à la période de domination romaine[14] : le latin romanus désignant quelque chose de romain[15]. « Les textes du Digeste donnent la preuve que la villa ou le Dominium romain prenaient le nom de ceux qui les avaient créés. Tel est le motif qui a pu faire voir dans cette appellation de Romanée l'étymologie latine de A Romanis »[16].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte de l'aire d'appellation de la romanée
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophoto du parcellaire de l'AOC

Le vignoble s'étend sur la commune de Vosne-Romanée. Ses coordonnées sont 47° 09′ 41,69″ N, 4° 56′ 54,76″ E, à 272 mètres d'altitude. Classé en grand cru, son aire d'appellation, incluse dans celle de l'AOC vosne-romanée, est constituée du lieu-dit « La Romanée »[17] faisant une surface de seulement 84,52 ares[2]. Le climat « La Romanée » est voisine de plusieurs autres grands crus : à l'est se trouve la Romanée-Conti, au nord le Richebourg[18], au sud la Grande-Rue et à l'ouest le climat « Aux Reignots ».

Le lieu-dit « La Romanée » correspond à une seule parcelle cadastrale, l'appellation est un monopole. La confidentialité ne permet pas au service des Douanes de publier les données de production. Le site Vins de Bourgogne indique une superficie de 0,85 hectare (en 2023)[3].

Géologie et orographie

La parcelle repose sur des marnes gris-beiges en place, est recouverte de cailloutis anguleux jaunes et rouges, puis d'une couche de blocs calcaires (éboulis de pente), puis d'un limon rougeâtre à graviers de type grèzes et enfin de gélifracts (fragments de gel) de calcaire et calcaire argileux eux-mêmes recouverts d'une couche de limon brun labouré, avec une forte pente (10-12 %)[6]. Les rangs de vignes sont plantés perpendiculairement à la pente (axe nord-sud).

Climatologie

Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale ; l'ensoleillement annuel a été de 1 890 heures (moyenne 1991-2020 à Dijon-Longvic)[1]. La station météorologique de Marsannay-la-Côte280 mètres d'altitude, à la sortie sud de la commune : 47° 16′ 00″ N, 4° 59′ 12″ E)[19], quelques kilomètres plus au nord, est représentative du climat au bas du coteau viticole.

Davantage d’informations Mois, jan. ...
Relevés à Marsannay-la-Côte de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 5,7 7,7 12,6 16,4 20,6 24,7 27,1 26,7 22 16,1 9,8 6,3 16,3
Moyenne 2,8 4 7,8 11,1 15,2 19,1 21,3 20,8 16,6 11,8 6,6 3,5 11,7
Minimale moyenne −0,1 0,2 3,1 5,9 9,9 13,5 15,5 15 11,2 7,6 3,4 0,6 7,1
Nombre de jours avec gel 16,7 14,4 6,5 1,3 0 0 0 0 0 1 6,3 14,2 60,4
Précipitations
Hauteur (mm) 66,8 53,8 55,9 60,4 75,3 70,5 65 61 60,9 75 84,1 74,3 803
Fermer
Source : Météo-France[20].
5,7
−0,1
66,8
30 mm
60 mm
jan.
7,7
0,2
53,8
fév.
12,6
3,1
55,9
mars
16,4
5,9
60,4
avril
20,6
9,9
75,3
mai
24,7
13,5
70,5
juin
27,1
15,5
65
jui.
26,7
15
61
août
22
11,2
60,9
sep.
16,1
7,6
75
oct.
9,8
3,4
84,1
nov.
6,3
0,6
74,3
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm
Château Comte Ligier-Belair, à Vosne-Romanée.

Encépagement

Le pinot noir N[n 1] compose exclusivement les vins rouges de l'AOC, même si le chardonnay B, le pinot blanc B et le pinot gris G sont autorisés comme cépages accessoires par le cahier des charges[5].

Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[21] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[21]. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et au cicadelles[22]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons[22]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissant, riches, colorés, de garde[23]. Ils sont moyennement tanniques en général.

Méthodes culturales

Pied de vigne taillé en Guyot simple.

Le travail manuel commence par la taille, en « Guyot simple », avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux[24]. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[24]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[24]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.

Pour le travail mécanique, l'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[24]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage.

Rendements

Le rendement visé par le cahier des charges est de 38 hl/ha et le rendement butoir est de 49 ha/hl[5].

Vins

Les vins produits sur l'aire d'appellation du la-romanée peuvent être repliés[n 3] en appellation vosne-romanée premier cru.

La production moyenne serait de 28 hectolitres de vin (de 2017 à 2021)[3], soit un rendement moyen de 33 hl/ha.

Titre alcoométrique volumique

AOC Rouge Rouge
Titre alcoométrique volumiqueminimalmaximal
Grand cru[5]11,5 % vol14,5 % vol

Vinification et élevage

Voici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.

La récolte des raisins pour le domaine de La Romanée se fait à maturité et de façon manuelle le plus rapidement possible en moins de deux jours. Les raisins sont transportés en petites caisses ajourées de 14 kilos de raisins, ceci afin d’éviter l’écrasement des grappes. La vendange manuelle est triée, à la cuverie avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[24]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides, etc.)[24]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[24]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[24]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (12 à 24 mois)[24] puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.

Gastronomie

Couleur pourpre, rubis sombre, carminé avec l'âge. Bouquet fondu et agréable, diversifié et ample au nez de truffe, frais, racé, mélange de raisins secs, cuir neuf et épices douces, de sous-bois. Bouche très puissante, délicate, franche, complète, subtil, flamboyante, réglisse poivrée, avec volume.

C'est un vin rouge de garde particulièrement élégant et de très grande qualité. Au milieu du XIXe siècle, le vin de La Romanée est déjà très bien noté. Le Dr Lavalle[14] en 1855 et Danguy & Aubertin[16] en 1892 le notent tous deux : tête de cuvée, hors ligne. D'après Dovaz[18], ce vin est l'équivalent d'une romanée-conti en légèrement plus charnu.

S'accorde bien avec du gibiers tendre comme le pigeon, des volailles sauvages (canard).

Se sert à 18 degrés. Sa capacité de garde est très longue, parfois plus de 30 ans voire 50 ans pour les années exceptionnelles.

Économie

La Romanée est un monopole, le seul producteur est le domaine du comte Liger-Belair[4].

Notes et références

Voir aussi

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