Route du Rhum 2018

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Sport Voile
Organisateur(s) OC Sport Pen Duick
Édition 11e
Route du Rhum 2018
Description de l'image Logo-route-du-rhum.svg.
Généralités
Sport Voile
Organisateur(s) OC Sport Pen Duick
Édition 11e
Lieu(x) entre Saint-Malo (Bretagne)
et Pointe-à-Pitre (Guadeloupe)
Date du 4 novembre 2018
au 7 décembre 2018[1]
Participants 123
Site web officiel www.routedurhum.com
Palmarès
Tenant du titre Loïck Peyron
Vainqueur Francis Joyon (Ultime)
Armel Tripon (Multi50)
Pierre Antoine (Rhum Multi)
Paul Meilhat (IMOCA)
Yoann Richomme (Class40)
Sidney Gavignet (Rhum Mono)

Navigation

La Route du Rhum 2018 (Route du Rhum - Destination Guadeloupe) est la onzième édition de la Route du Rhum, course transatlantique en solitaire. Elle s'élance de Saint-Malo le dimanche à 14 heures, et rallie Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. La flotte est répartie en six catégories : Ultime, Multi50, IMOCA, Class40, Rhum Multi et Rhum Mono. Le directeur de course est Jacques Caraës.

Cette édition est remportée dans la catégorie Ultime par Francis Joyon en 7 jours, 14 heures, 21 minutes et 47 secondes, nouveau temps de référence. Joyon devance François Gabart de 7 minutes et 8 secondes. En Multi50, le vainqueur est Armel Tripon, en 11 jours, 7 heures, 32 minutes et 40 secondes. En Imoca, le vainqueur est Paul Meilhat, en 12 jours, 11 heures, 23 minutes et 18 secondes. En Class40, le vainqueur est Yoann Richomme, en 16 jours, 3 heures, 22 minutes et 44 secondes (nouveau temps de référence)[2] . En Rhum Multi, le vainqueur est Pierre Antoine. En Rhum Mono, le vainqueur est Sidney Gavignet.

L'édition est marquée par de dures conditions météorologiques au large du golfe de Gascogne ; par des alizés instables et descendant en latitude au fil des jours ; par l'oppressant duel final, en catégorie Ultime, entre Joyon et Gabart ; et en Imoca par l'échouement, peu avant l'arrivée, d'Alex Thomson, qui avait course gagnée.

L'épreuve est organisée par OC Sport France[3].

Un départ unique est donné à Saint-Malo le , à 14 heures[4]. La ligne de départ se situe au nord de la pointe du Grouin. Mesurant trois milles (5,5 kilomètres), elle est divisée en quatre parties : la première, la plus au nord, est réservée aux Ultime et aux Multi50 ; la deuxième est réservée aux Rhum Multi ; la troisième, au sud du bateau du comité de course, est réservée aux Imoca ; et enfin la quatrième, la plus au sud, est réservée aux Class40 et aux Rhum Mono[5].

La bouée du cap Fréhel est à laisser à tribord.

L'arrivée se fait dans le Petit Cul-de-sac marin à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. L'archipel est à contourner en le laissant à bâbord ; l'îlot de la Tête à l'Anglais est à laisser à bâbord et la bouée de Basse-Terre est à laisser à tribord.

La distance théorique à parcourir est de 3 542 milles (environ 6 560 km). La fermeture de la ligne d'arrivée est initialement prévue le à 14 heures, heure de métropole. En raison des conditions météorologiques, elle est repoussée après le départ au , à la même heure[1].

Déroulement

Avant la course

Les bateaux amarrés face aux remparts de Saint-Malo, quelques jours avant le départ.

Les organisateurs font face à un nombre d'inscriptions très important et décident de porter le nombre de participants à 122 au lieu des 100 prévus initialement[6]. Le , au moment de la clôture des inscriptions, 117 skippers sont retenus[7]. Le , la liste des inscrits est finalisée. On compte 123 skippers[8].

Cet engouement pour la course oblige les organisateurs à élargir les installations dans le village départ de Saint-Malo. Les Ultimes sont notamment relégués en retrait des autres bateaux, en raison de leur taille[6]. Ouvert du jusqu'à la veille du départ, le village accueille en moyenne 90 000 visiteurs par jour, avec un total de 1,3 million sur les douze jours, contre 800 000 lors de la précédente édition (2014)[9],[10].

Incidents et abandons

Le , après un peu plus de quatre heures de course, Armel Le Cléac'h et son Ultime Maxi Banque populaire IX sont contraints d'effectuer une escale technique au large de Roscoff afin de remplacer une pièce du système d'énergie. L'intervention fait perdre deux heures au skipper[11],[12]. Le tenant du titre en Multi50, Erwan Le Roux, arrête également son Fenêtréa - Mix Buffet à Roscoff, pour une avarie de safran de coque centrale (risque de voie d'eau) nécessitant l'intervention de son équipe technique. Le soir même, à 20 h 43, le skipper guadeloupéen Willy Bissainte prévient la direction de course de l'échouement de son Rhum Mono C' La Guadeloupe sur les rochers de l'île Rouzic. Une voie d'eau s'est déclarée. Secouru par le canot de la SNSM de Ploumanac'h, le bateau est remorqué jusqu'à Roscoff[13]. À bord de l'Imoca Bureau Vallée de Louis Burton, une voie d'eau se déclare au niveau du puits de foil tribord : une poulie fixée dans le puits s'est arrachée, causant une brèche. Burton gagne Roscoff pour tenter de réparer[14].

Le , Sébastien Josse, sur l'Ultime Maxi Edmond de Rothschild, alors en tête de course, annonce avoir perdu une partie de l'étrave de flotteur tribord aux alentours du 5 heures du matin[15]. Le même jour, dans la matinée, Thomas Coville sur l'Ultime Sodebo Ultim' subit également une avarie. Tous deux se dirigent vers La Corogne afin de se mettre en sécurité en prévision de la dépression arrivant sur l'Atlantique[16]. Dans la catégorie Imoca, Jérémie Beyou a des problèmes de barre l'empêchant de naviguer correctement. Après une réparation sommaire à bord, il se déroute, puis est remorqué vers Lorient[17].

Le , à 3 h 50, un problème de pilote automatique provoque un virement de bord intempestif de l'Imoca Monin. Avant qu'Isabelle Joschke ait eu le temps de rétablir la situation, le bateau démâte. La navigatrice fait route terre au moteur, en attendant d'être prise en remorque jusqu'à Lorient[18]. Peu après Joschke, Sam Goodchild, sur le Class40 Narcos : Mexico, démâte lui aussi[19]. Il fait route vers Lorient[20]. Louis Burton annonce son abandon : les dégâts sur Bureau Vallée se révèlent trop importants[21]. Vers midi, Armel Le Cléac'h déclenche sa balise de détresse après le chavirage de son Ultime Maxi Banque populaire IX : « Je ne sais pas ce qui s’est passé, ça a été très rapide, le flotteur, ou quelque chose qui s’est détaché[22]. » À 17 heures, Samantha Davies (Imoca Initiatives-Cœur), annonce une avarie. En contact avec les architectes, elle a pu diagnostiquer un délaminage important au niveau de la cellule de vie. Elle se déroute vers Lorient[23]. Louis Duc (2e des Class40, sur Carac ) casse l'axe d'étai par 30 nœuds de vent, rafales à 40, mer agitée. Il sécurise aussitôt son mât. Ne pouvant maintenir son cap sud-ouest travers au vent, il se met vent arrière pour tenter de réparer en mer[24].

Le , victime d'une avarie au pied du mât, Sébastien Marsset (11e sur le Class40 Campings Tohapi ) se déroute vers Lorient[25]. À la suite de l'avarie de la veille, Samantha Davies annonce son abandon[26].

Le , Nicolas Troussel (Class40 Corum) perd ses aériens (capteurs de données placés en haut du mât). Cela vient s'ajouter à un problème de trinquette et surtout à la rupture, deux jours plus tôt, d'une pièce de fixation du moteur. De plus, le navigateur s'est blessé à la main en sécurisant le moteur. Il se déroute vers Cascais[27]. Pointé le matin à la 2e place de la catégorie des Rhum Multi, le Team Vent Debout de Fabrice Payen démâte alors qu’il navigue à environ 230 milles dans l’ouest du Portugal[28]. Les mauvaises conditions météo n'ont pas permis à Duc de réparer en mer. Il est contraint de faire escale à Baiona, où il va rester deux jours[29].

Le , Yannick Bestaven (Imoca Maître CoQ III) abandonne à la suite d'une avarie du système hydraulique qui permet de basculer la quille. La veille, il avait quitté Cascais où il avait changé son hook de chariot de grand-voile. À peine avait-il parcouru 85 milles que cette nouvelle avarie l'obligeait à rebrousser chemin. Mais, à plus de 150 milles de Saint-Malo, le règlement interdit une deuxième escale. Le retour de Bestaven à Cascais le contraint donc à l'abandon[30]. Willy Bissainte (Rhum Mono C' La Guadeloupe), qui avait échoué sur l'île Rouzic le , abandonne[31].

Le , les dégâts au pied de son mât étant trop importants, Sébastien Marsset annonce son abandon[25]. En raison de ses avaries et de l'infection de sa blessure à la main, Nicolas Troussel annonce son abandon[27]. Isabelle Joschke et Sam Goodchild, qui tous deux ont démâté le 6, déclarent officiellement leur abandon[32],[20].

Le , Jérémie Beyou (Imoca Charal ), qui a repris la mer la veille, fait demi-tour, victime d'une nouvelle avarie : une panne du système d’alimentation en énergie[33].

Le à 8 h 30 (heure de France), le Multi50 Arkema de Lalou Roucayrol se retourne à environ 1 000 milles de la Guadeloupe[34]. La direction de course demande à Pierre Antoine (Rhum Multi Olmix) de se dérouter pour secourir Roucayrol[35].

Le , au grand large de Gibraltar, Claire Pruvot (Class40 Service civique) entre en collision avec un cargo. Elle est recueillie par l'équipage de ce dernier[36].

Le , après trois tentatives, Roucayrol réussit à embarquer à bord de l'Olmix. Pierre Antoine se remet en course. Le remorqueur Lady Debbie a été affrété par le sponsor de Roucayrol pour prendre en charge le naufragé, ainsi que son bateau. Il se porte à la rencontre de l'Olmix[37]. Alex Thomson (Imoca Hugo Boss) s'accorde un moment de sommeil avant d'entamer l'éprouvant tour de la Guadeloupe. Batterie déchargée, sa montre-alarme ne sonne pas. Le bateau se dirige à 19 nœuds vers Grande-Terre. Son équipe, voyant qu'il n'est pas dans le bon cap, appelle Thomson au téléphone, sans parvenir à le réveiller. À l'approche de la côte, Hugo Boss est freiné par le dévent[38]. Il talonne près de la pointe de la Grande Vigie. Le bateau est très endommagé. Thomson amène les voiles et se dégage au moteur. Ayant replombé l'arbre d'hélice, il repart à la voile[39]. Il franchit la ligne d'arrivée premier des Imoca. Le jury (composé de deux Britanniques, deux Français et un Allemand) lui inflige une pénalité de 24 heures pour avoir utilisé son moteur. Le président du jury, Georges Priol, précise qu'il n'y a pas eu disqualification parce que la sécurité du skipper et celle du bateau étaient engagées. « Mais, dit-il, la pénalité de 24 heures était le minimum applicable. » Georges Priol tient à rendre hommage à Thomson, qui a accueilli la sanction avec « une grande sportivité[40] ». Le même jour, Jérémie Beyou (Imoca Charal ) annonce son abandon[41]. C'est le cinquième abandon dans la catégorie Imoca.

Le , Roucayrol est transbordé sur le remorqueur Lady Debbie[42].

Le , le Lady Debbie retrouve le trimaran Arkema de Roucayrol, mais à l'endroit, sans qu'on puisse dire pourquoi[43].

Concurrents

Notes et références

Voir aussi

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