Socle commun des valeurs kanak

From Wikipedia, the free encyclopedia

Le socle commun des valeurs kanak et les principes fondamentaux des droits autochtones coutumiers sont un ensemble de normes et images sociales ou culturelles définies et compilées par les autorités coutumières de Nouvelle-Calédonie (représentées par le Sénat coutumier) dans les années 2010 pour servir de fondement à l'identité et au droit kanak[1].

Dans le cadre des réflexions et des réformes juridiques menées en Nouvelle-Calédonie pour accompagner le droit civil effectué le et dans la perspective de la sortie du dispositif institutionnel prévu par l'Accord de Nouméa, le Sénat coutumier, comme l'a souligné Christine Demmer, « s'est emparé de la question des modalités d'incorporation d'un ordre juridique kanak dans l'ordre juridique étatique. Pour ce faire, il se donne pour mission de recenser les valeurs et normes kanak[1] ».

Le Sénat coutumier a engagé en 2012[2] une vaste réflexion sur la définition du socle commun des valeurs kanak et des principes fondamentaux des droits autochtones kanak. Il reçoit officiellement dans cette démarche le mandat du Congrès de la Nouvelle-Calédonie par la délibération-cadre n°02/2013/SC du pour établir ce socle[1]. Des États généraux ont ainsi été organisés en plusieurs ateliers concernant « le droit civil coutumier », « les terres et ressources » et « l'organisation sociale et l'ordre public coutumier »[1]. La brochure de synthèse finale présente une liste, en 60 points, du SCVK qui suit, (dans son intégralité). Elle a été publiée en [3], mais n'est plus accessible. Le document vaut également pour les problématiques contemporaines et les annexes (non reprises ici), avec schémas et tableaux.

Le SCVK version 2013 est un état de cette réflexion. Il se présente ou s'analyse en trois domaines :

  • 1-15 Le système des valeurs kanak,
  • 16-35 La parole de la case ou parole des vieux,
  • 36-60 Peuple autochtone, organisation sociale, colonisation, décolonisation.
  1. La vie est sacrée. Le sang, source de vie, provient de l'oncle utérin.
  2. Le nom lie la personne à son clan et à la terre. Il traduit l'histoire du clan dans le cycle générationnel.
  3. La parole issue de l'esprit de l'ancêtre et de la coutume est sacrée. Elle sanctifie et nourrit les étapes de la vie d'une personne et les relations socio-culturelles et naturelles entre les composantes de la société kanak.
  4. Le discours coutumier est l'expression de la parole coutumière sanctifiée par les parties à une cérémonie à l'occasion d'un événement défini et contextualisé.
  5. Le discours généalogique situe l'histoire des clans dans le temps et dans l'espace. Il est récité dans des conditions spécifiques par les dépositaires de cette parole par définition immuable.
  6. Les valeurs de cohésion, d'harmonie et de consensus impliquent en permanence la recherche de l'équilibre entre l'homme collectif (famille-clan) et son groupe social, entre la société et la nature environnante.
  7. Le respect, l'humilité, la fierté et l'esprit de responsabilité permettent à chacun, à chaque famille, à chaque clan, à chaque chefferie de se situer à l'intérieur de son groupe, dans les deux systèmes relationnels paternels et maternels, dans sa chefferie en tant que clans originels et clans assis, et dans le discours générationnel.
  8. L'appartenance et la relation avec l'autre sont des données fondamentales de la personne kanak, laquelle est toujours référencée à son groupe social.
  9. La réciprocité et les relations se conjuguent, car les relations, que ce soit au niveau paternel ou maternel ou entre clans, sont marquées par le don et le contre-don.
  10. La dignité traduit le respect de la personne humaine en relation avec sa condition d'homme, de femme, d'enfant, de vieux, membre de son clan, membre de la société en rapport avec la morale coutumière.
  11. L'igname et le taro sont les symboles de la coutume kanak. Leurs présences dans les cérémonies coutumières marquent l'ancrage des clans dans leurs terroirs. Il en est de même du sapin et du cocotier qui bordent les tertres claniques et les espaces coutumiers.
  12. La monnaie kanak dans sa composition représente l'homme. Elle porte et cristallise la parole délivrée à chaque type de cérémonie. Elle est une valeur déterminante dans toutes les coutumes faits sur la grande terre.
  13. La solidarité/partage et l'accueil/hospitalité marquent les rapports socio-culturels et donnent une vision généreuse, ouverte et souriante à la famille, au clan et à la chefferie.
  14. Le travail, au sens d'activités productrices traditionnelles, vise la satisfaction des besoins de la famille, du clan, et permet d'assumer ses responsabilités et ses devoirs dans l'organisation sociale.
  15. La recherche du consensus, la pratique du contre-pouvoir, du pardon et la recherche de la vérité avec l'expression de la sincérité et de la bonne foi sont intégrées dans la mentalité de chaque personne et dans la pratique coutumière. Ces valeurs doivent être respectées et développées dans la société.
  16. Le mythe de Téa Kanaké, le mythe de Yaouma, comme les autres mythes kanak sur l'apparition de l'homme sur la terre, déterminent dès l'origine, le positionnement de l'homme et de la femme par rapport aux éléments naturels.
  17. L'esprit de l'ancêtre porte la parole créatrice de l'homme.
  18. Les kanak appartiennent à cette terre depuis plus de 4000 ans. La civilisation kanak, appelée aussi civilisation de l'igname, a apprivoisé d'une manière continue l'espace naturel, de la montagne à la mer, au-delà de la ligne d'horizon. C'est l'esprit de l'ancêtre qui organise et nourrit le lien spirituel du clan et de ses membres à la nature.
  19. Les clans ont peuplé le pays à travers des sentiers coutumiers, les catastrophes naturelles, les guerres, une organisation sociale, et la maîtrise de techniques agricoles, arboricoles, de pêche et de navigation. Les vestiges archéologiques traduisent l'existence d'une population importante, il y a quelques siècles, avant l'arrivée des premiers Européens.
  20. Les migrations en provenance de l'extérieur (du Vanuatu et de Polynésie) ont été accueillies suivant les règles de l'hospitalité coutumière, et la place des nouveaux arrivants a été octroyée suivant les règles coutumières de l'époque propres à chaque région.
  21. L'occupation de l'espace dans la société kanak renvoie à l'existence de tertres claniques reconnus et à la maîtrise de cet espace (habitat et cultures). Cela est traduit sur la toponymie, dans les discours généalogiques et dans les récits de guerre.
  22. La cohabitation des clans dans un espace donné renvoie aux alliances et aux règles d'hospitalité, aux affinités claniques et à l'organisation sociale basée sur la complémentarité. Les récits de contes, de légendes et de mythes évoquent les guerres (entre clans), qui ont ponctué les conflits, dont les conflits de souveraineté.
  23. L'organisation sociale est fondée sur le respect de l'esprit des ancêtres dans un territoire donné, sur la maîtrise de l'environnement naturel, la complémentarité et la solidarité des clans. Le plus grand restera toujours l'aîné de l'ancêtre apparu dans l'espace considéré.
  24. La parole, issue de l'esprit de l'ancêtre, fonde le clan sur un territoire donné, où il plante son tertre clanique. Le rapport qui lie un clan et son ancêtre-esprit à un espace naturel donné marque intrinsèquement les gènes d'un clan et des individus qui le composent.
  25. Le clan regroupe toutes les lignées qui se réclament d'un ancêtre-esprit commun. Le discours sur le mythe clanique situe le moment et l'espace où est apparu l'ancêtre.
  26. La grande case ou chefferie désigne, dans un espace donné, le regroupement, sous l'autorité d'un poteau central appelé l'aîné ou grand frère, de lignées composantes du même ancêtre, ou de clans aux fonctions complémentaires. Elle structure toujours l'organisation sociale kanak. Ce regroupement, appelé autrefois la grande case de ou le peuple de, a, depuis la colonisation, été couramment dénommé la chefferie de. La chefferie détient, dans l'histoire de la tradition kanak, les éléments constitutifs de la souveraineté autochtone que sont : un territoire, un peuple, et une autorité exerçant son pouvoir sur tous les attributs liés à la dite souveraineté.
  27. Chaque individu se détermine par rapport à son clan paternel et à son clan maternel. Le bébé, à la naissance, reçoit le souffle de vie de son oncle utérin. Il intègre également le hou ou l'esprit de l'ancêtre, avant de recevoir par la suite du clan paternel son nom. À sa mort, la personne se décompose en esprit et en corps putrescible. L'esprit du défunt rejoint l'esprit de ses ancêtres.
  28. La cosmogonie de la personne kanak traduit le cycle naturel de la vie pour un individu. Les étapes sont la conception de l'enfant et la gestation (grossesse) dans le monde de l'obscurité ou dans le monde des ancêtres, puis la naissance ou sa résurrection à la vie, ensuite son adolescence, sa vie d'adulte et sa vieillesse avec le dépérissement du corps et la préparation de l'esprit à poursuivre le cycle continu de la vie.
  29. La parole kanak ou parole des vieux, c'est ce qui fait naître en soi la conscience d'exister et d'occuper un espace défini ; c'est d'abord le spirituel-sacré, né de l'invisible, et qui arrive dans le visible, avec la mission première d'organiser l'espace et établir des relations ; c'est le sacré qui lie, qui scelle ou rompt les alliances, qui construit ou défait les constructions.
  30. La force de l'oralité de la coutume procède de la pratique continue et répétée des discours coutumiers, ainsi que des récits de contes, des berceuses, des chants Aé Aé et des danses. Elle constitue une composante importante des rituels coutumiers, forgeant inlassablement les mentalités et les pratiques, génération après génération.
  31. La parole sacrée pose la question du dépositaire et des conditions de sa transmission et de l'éducation au sacré.
  32. Les terres et ressources naturelles (minérales, végétales, animales, et les savoirs du patrimoine culturel associés du pays) constituent le patrimoine matériel et immatériel du peuple kanak. Les chefferies et les clans exercent, au nom de leur antériorité ancestrale et de la continuité historique (malgré le fait colonial), leur souveraineté sur leur zone d'influence coutumière (ZIC).
  33. La souveraineté naturelle des chefferies et de leurs clans s'exerce sur leur territoire traditionnel, du sommet des montagnes à la ligne d'horizon sur la mer. Le pays est peuplé depuis plus de 4000 ans et une délimitation naturelle et humaine a permis la cohabitation des chefferies, entités sociales autochtones autonomes. La souveraineté du peuple autochtone kanak est constituée de la somme des souverainetés des chefferies.
  34. Les savoirs traditionnels et les connaissances associées des plantes sont le patrimoine matériel et immatériel du peuple kanak, car ils sont le fruit d'un histoire et d'une civilisation commune. Chaque clan en est le dépositaire, suivant un héritage transmis de génération en génération.
  35. Les langues et la culture sont les vecteurs de l'expression de la civilisation kanak, de sa philosophie et de sa coutume. La diversité des langues traduit la richesse de cette culture. C'est un patrimoine unique qui ne peut disparaître, et les membres de chaque clan dépositaire de cet héritage, ainsi que le peuple kanak en entier, en sont dépositaires.
  36. L'histoire naturelle connue et reconnue des clans et de leur déplacement dans l'espace a totalement été bouleversée par la colonisation et par l'arrivée de la religion au milieu du XVIIIe siècle.
  37. La colonisation a frappé différemment les régions des huit pays culturels du pays kanak.
    1. Dans pratiquement toutes les régions de la grande terre, la violence de la colonisation a engendré la disparition de clans et de chefferies, le déplacement de tout ou parties de populations de tribus et de régions tout entières.
    2. Dans la plupart des régions, la création de missions a permis de sauver des populations du massacre colonial, ainsi que la reconstruction des tribus et le rétablissement d'un ordre coutumier nouveau, extirpé des pratiques ancestrales considérées comme barbares ou anti-chrétiennes.
  38. Dans les Îles Loyauté, l'histoire des clans et chefferies a plus été marqué par l'implantation de la religion, avec d'un côté les catholiques et de l'autre les protestants. Cette histoire n'a pas fondamentalement remis en cause l'organisation sociale établie.
  39. Pour résister à l'entreprise coloniale de spoliation et d'anéantissement, les atouts du peuple kanak ont été, d'une part, l'autonomie des chefferies entre elles, ce qui leur a permis d'éviter une guerre coloniale frontale, et, d'autre part, la capacité de la culture autochtone à s'adapter en s'appuyant sur des valeurs sociétales sûres qui fondent encore aujourd'hui l'organisation sociale kanak. Ces valeurs, l'hospitalité, la générosité, le respect à tous les niveaux, la dignité, le travail, encadrées par la force des relations et de l'organisation sociale de la chefferie, ont porté une dynamique interne forte, laquelle a permis d'intégrer harmonieusement les nouveaux arrivants.
  40. Les valeurs chrétiennes et la croyance en un Dieu tout-puissant ont transformé la conscience des hommes et des femmes autochtones sans remettre en cause fondamentalement leur vision spirituelle de l'être et de la nature, la référence à l'esprit de l'ancêtre ainsi que la coutume dans toutes ses dimensions.
  41. Les valeurs dans l'organisation sociale sont le respect, l'humilité, la solidarité, la fierté, le sens du devoir envers les autres et de la terre, l'exercice du droit vis-à-vis des autres et de la terre.
  42. L'organisation sociale se définit sur plusieurs niveaux :
    1. le niveau familial, ou hnalapa, c'est le lieu où naît la vie, lien intime avec la nature, le lieu où la vie nous berce, le lieu de l'affection, l'espace où on découvre et apprend, l'espace racine, ciment et ossature de la société kanak,
    2. le niveau intra-clanique, ou sous-clans, branches, maisons, barrières,
    3. le niveau inter-clanique, ou grande maison, grand clan, chefferie,
    4. le niveau pays.
  43. Le clan et ses composants internes (sous-clans, branches, maisons) est la base de l'organisation sociale kanak.
  44. Le clan dans l'organisation sociale occupe une place et des fonctions liées à son histoire et son identité. À l'intérieur d'un clan, comme à l'intérieur d'une branche, maison ou famille, chacun des hommes occupe une place précise avec des fonctions particulières, en partant de l'aîné vers le cadet et le benjamin (ou poindi).
  45. Philosophie des relations : le cycle des cosmogonies de l'homme dans la fratrie permet de cerner les relations entre les membres aînés, cadets et derniers-nés, qui sont fondées sur les valeurs de respect de la hiérarchie, de la cohésion, de la complémentarité et de la solidarité.
  46. La notion de clan, du fait de l'histoire, a été diluée, et on rencontre aujourd'hui beaucoup d'incertitudes. Deux approches doivent trouver les raisons de leurs complémentarités : le clan référencé à un ancêtre commun, le clan en recomposition avec un autre clan dans une organisation sociale déterminée composante de la chefferie. Dans l'organisation sociale et dans les événements culturels ou coutumiers, on emploie les expressions grand clan, grand clan de la chefferie, grand clan de la mer, grand clan de la terre, grand clan guerrier, porte-parole.
  47. La chefferie exprime aujourd'hui l'autorité coutumière sur un territoire donné. Ses éléments constitutifs sont une population organisée en clans, un pouvoir exercé par le chef et son conseil, et un territoire dénommé aussi tribu. La chefferie a les attributs de la souveraineté autochtone kanak.
  48. Le clan de la chefferie constitue le poteau central de la grande case. Il propose ou nomme le chef, qui est en général l'aîné de la branche aînée. D'une manière générale, dans les Îles Loyauté, la fonction de chef et de grand chef se transmet héréditairement. La nomination finale d'un chef doit faire l'objet d'un consensus issu de la consultation du ou des clans dont le rôle est de faire le chef.
  49. L'organisation sociale de la chefferie est basée sur le rôle traditionnel et spirituel de chaque clan forgé par l'histoire. Les principes de fonctionnement des structures coutumières sont basés sur la parole, la complémentarité, la hiérarchie, le consensus. La notion de contre-pouvoir est assurée par les mécanismes de prises de décisions dévolues aux clans dont c'est la mission.
  50. La structuration du pouvoir, dans les grandes chefferies des îles et dans certaines chefferies de la Grande Terre, est la suivante.
    1. Le pouvoir suprême est exercé par le grand chef ;
    2. la fonction de porte-parole est exercée par un clan qui peut aussi être le clan gardien ;
    3. le conseil est exercé par des clans alliés ;
    4. le contre-pouvoir est exercé par des clans terriens ;
    5. les prises de décisions de la chefferie sont fondées sur le principe du consensus, du consentement préalable de la population. Concrètement, les décisions de la chefferie sont la parole tissée à la base.
  51. Les fonctions :
    1. le chef ou aîné du clan et l'aîné de la branche aînée. Il veille au partage de responsabilités dans le clan, assure la cohésion du groupe en tant qu'autorité légitime, et est garant de la gestion du patrimoine du clan ;
    2. le chef ou aîné de la branche clanique ou de la maison renvoie à la situation des branches sur trois générations, avec la même situation des fonctions (aîné, cadet, poindi) en interne ;
    3. le chef ou aîné de la famille, avec la position de l'aîné dans la famille nucléaire (occidentale) ou dans la famille sur deux générations ;
    4. le poindi ou wananaas, qatr, djogolöne, kûnty, est le dernier-né, sacré, car porteur du pouvoir de l'esprit de l'ancêtre ;
    5. le chef ou grand chef, dans un espace donné, est le descendant direct de l'ancêtre souverain. Sa parole est sacrée, c'est pourquoi il parle rarement. Son porte-parole s'exprime pour lui. Il est garant de la cohésion sociale interne, où il intervient en dernier.
  52. La légitimité coutumière autochtone est antérieure à la légitimité démocratique apparue avec l'organisation de l'État politique, qui a institué en France, puis installé en 1853 en Nouvelle-Calédonie, les règles de la démocratie occidentale. Elle est exercée sans discontinuité depuis 4000 ans sur l'ensemble du pays. La légitimité coutumière doit trouver les moyens de son expression dans toutes les institutions républicaines pour exprimer l'esprit de responsabilité, la sagesse, la morale et la spiritualité kanak.
  53. À l'intérieur des tribus et des réserves, l'appropriation du sol se fait par cessions (dons, échanges), par alliances, pour services rendus, par le travail (premier labour et défrichage). L'appropriation et l'occupation d'un territoire, dans le respect des règles et des conditions coutumières prédéfinies, confère aux clans et familles intéressées une sécurité coutumière.
  54. La terre fait partie d'abord d'un patrimoine culturel avant d'être un levier économique.
  55. La société traditionnelle a un mode de développement communautaire.
  56. Face aux autoroutes du développement (économie, usines, numériques, médias, mode de consommation), la société kanak se donne les moyens pour préserver et promouvoir les valeurs kanak, au niveau de la langue, de la culture, des pratiques coutumières, de la culture de l'igname et du taro, des coutumes et des fêtes culturelles. Cela passe également par la restructuration et la consolidation des familles, des clans et des chefferies (autorités coutumières).
  57. Le développement en général, et les activités extractives, dévoreuses d'espaces naturels, doivent impérativement respecter les terres et les vestiges du patrimoine kanak ancestral. Le consentement préalable, éclairé et en connaissance de cause, de la chefferie et des clans concernés est une règles intangible.
  58. Le développement économique des terres et ressources naturelles doivent, sous forme d'une taxe de compensation de la valeur patrimoniale (renouvelable ou non renouvelable), contribuer au financement des activités et des besoins de l'identité kanak, et à la mise en place d'un fonds patrimonial pour les générations futures.
  59. Le concept de souveraineté est un droit collectif exercé par les autorités coutumières d'une chefferie et d'un district, et sera traduit par la Zone d'influence coutumière (ZIC). La ZIC couvre tout l'espace naturel, de la montagne à la mer, se rattachant aux clans d'une chefferie donnée. Le consentement, préalable et éclairé, exercé par une chefferie en connaissance de cause, est le moyen de traduire le pouvoir de souveraineté d'une chefferie.
  60. Les droits rattachés aux savoirs traditionnels et connaissances associées des plantes sont reconnus, d'une part au clan dépositaire, et d'autre part à la communauté kanak élargie.

Charte du peuple kanak

Voir aussi

Références

Related Articles

Wikiwand AI