Escaudœuvres

commune française du département du Nord From Wikipedia, the free encyclopedia

Escaudœuvres [ekodœvʁ] est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France. Elle se situe dans la région du Cambrésis et dans l'aire urbaine de Cambrai et est l'une des 55 communes membres de la Communauté d'agglomération de Cambrai qui rassemble plus de 80 000 habitants. Les habitants sont appelés les Scaldobrigiens. Leur nom jeté est les Sangliers[1].

Faits en bref Administration, Pays ...
Escaudœuvres
Escaudœuvres
La mairie.
Blason de Escaudœuvres
Blason
Image illustrative de l’article Escaudœuvres
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Arrondissement Cambrai
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Cambrai
Maire
Mandat
Thierry Bouteman
2020-2026
Code postal 59161
Code commune 59206
Démographie
Gentilé Scaldobrigiens
Population
municipale
3 171 hab. (2023 en évolution de −2,64 % par rapport à 2017)
Densité 478 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 11′ 36″ nord, 3° 15′ 57″ est
Altitude Min. 38 m
Max. 77 m
Superficie 6,64 km2
Type Ceinture urbaine
Unité urbaine Cambrai
(banlieue)
Aire d'attraction Cambrai
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Cambrai
Législatives Dix-huitième circonscription
Localisation
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Escaudœuvres
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Escaudœuvres
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Par sa proximité avec Cambrai, ville d'Empire proche de la frontière du royaume de France, Escaudœuvres a subi tout au long de son histoire les vicissitudes de nombreux sièges et invasions. La canalisation de l'Escaut, à la fin du XVIIIe siècle, a entraîné l'industrialisation de la commune. Malgré les fermetures d'entreprises du XXe siècle, le caractère ouvrier et industriel d'Escaudœuvres reste affirmé. La commune se présente aujourd'hui à la fois comme « ville lecture » pour son obtention de la charte en 1992 et comme « cité du sucre » en raison de la place qu'occupe dans son histoire et son économie la « sucrerie centrale » installée en 1872.

Géographie

Localisation

La commune d'Escaudœuvres appartient à l'aire urbaine ainsi qu'à la communauté d'agglomération de Cambrai, ville distante de trois kilomètres environ au sud-est. La commune est située sur les axes de communication qui relient Cambrai à Valenciennes, distante de 26 kilomètres environ au nord-est : route, voie ferrée et canal de l'Escaut. Douai est à 23,7 km kilomètres, Lille à 50,8 km à vol d'oiseau.

Les communes limitrophes sont Cagnoncles, Cambrai, Cauroir, Eswars, Naves, Ramillies, Thun-l'Évêque et Thun-Saint-Martin.

Géologie et relief

Escaudœuvres est situé sur les couches de calcaire du crétacé, elles-mêmes recouvertes de lœss et de limons accumulés par les vents, qui forment l'extrémité septentrionale du bassin parisien. Le territoire communal est traversé, dans sa partie ouest, par la vallée de l'Escaut. L'altitude la plus basse y est de 39 mètres. De part et d'autre de la vallée s'élève le plateau calcaire, qui culmine à 75 mètres à l'extrémité sud de la commune. Au nord-est ce plateau est entaillé par une vallée sèche qui rejoint celle de l'Escaut.

Hydrographie

Réseau hydrographique

La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Rasse, le fossé Noir[2] et divers autres petits cours d'eau[3],[Carte 1].

Escaudœuvres s'étend principalement sur la rive droite de l'Escaut. Le cours naturel du fleuve, sinueux et peu profond, était autrefois peu propice à la navigation. Des travaux de curage et de redressement du lit de l'Escaut de Cambrai à Bouchain furent menés entre 1725 et 1755, et le fleuve fut canalisé entre Cambrai et Bruay-sur-l'Escaut 1772 et 1784. L'Escaut se confond aujourd'hui, en aval de Cambrai, avec le canal de l'Escaut, qui est au gabarit Freycinet[4],[5].

Gestion et qualité des eaux

Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Escaut ». Ce document de planification concerne un territoire de 2 005 km2 de superficie, délimité par le bassin versant de l'Escaut. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte Escaut et Affluents (SyMEA)[6].

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité[Carte 2].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[7]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[8]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[9] et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (3 °C)[10]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[11],[12].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 684 mm, avec 11,8 jours de précipitations en janvier et 9,2 jours en juillet[7]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Épehy à 23 km à vol d'oiseau[13], est de 10,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 752,8 mm[14],[15]. La température maximale relevée sur cette station est de 41,1 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −14,4 °C, atteinte le [Note 2].

Urbanisme

Typologie

Au , Escaudœuvres est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[16]. Elle appartient à l'unité urbaine de Cambrai[Note 3], une agglomération intra-départementale regroupant huit communes, dont elle est une commune de la banlieue[Note 4],[17],[18]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cambrai, dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[18]. Cette aire, qui regroupe 64 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[19],[20].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (73,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (73,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (64,1 %), zones urbanisées (19,9 %), zones agricoles hétérogènes (7,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,6 %), eaux continentales[Note 6] (2,4 %), prairies (1,6 %)[21]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie urbaine

Le village s'est construit le long de l'actuelle route départementale 630, qui longe l'Escaut sur sa rive droite. L'implantation du village sur cette rive peut s'expliquer en partie par le contraste entre les bonnes terres de la rive ouest, bénéficiant du soleil levant, et les mauvaises terres de l'est, exposées au soleil couchant et où l'exposition aux vents humides dominants d'ouest a fait disparaître par endroits le limon qui recouvre la craie sous-jacente[22].

Entre les années 1950 et 1980 de nouveaux lotissements ont été construits sur la rive droite, sur le plateau qui domine la vallée de l'Escaut, entre la RD 630 et la RD 114, ancienne « chaussée Brunehaut »[22]. L'étalement urbain est limité au nord par l'Escaut, et au sud par la voie ferrée Cambrai - Valenciennes.

L'amélioration de la liaison entre les différents quartiers, notamment entre l'ancien village et les nouveaux lotissements, est l'un des éléments du diagnostic du Plan local d'urbanisme[22]

Logement

En 2022[Note 7], le nombre total de logements dans la commune était de 1 554, alors qu'il était de 1 485 en 2016 et de 1 435 en 2011[Insee 1] , soit une progression du nombre total de logements de 8,3 % depuis 2011.

Parmi ces 1 554 logements, 91,4 % étaient des résidences principales, (soit 1 422 logements), 1,0 % des résidences secondaires et 7,6 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 89,3 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 9,0 % des appartements[Insee 2].

Sur les 1 422 résidences principales, 68,3 % sont occupées par des propriétaires, 30,8 % par des locataires et 0,9 % par des personnes logées gratuitement[Insee 3].

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Escaudœuvres en 2022 en comparaison avec celle du Nord et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi la faible proportion des résidences secondaires et logements occasionnels (1,0 %) par rapport au département (1,8 %) et à la France entière (9,7 %) ainsi que d'une proportion de logements vacants (7,6 %) supérieure à celle du département (7,2 %) et inférieure à celle de la France entière (8,0 %).

Davantage d’informations Typologiesupérieure, Nord ...
Le logement à Escaudœuvres en 2022
Typologiesupérieure Escaudœuvres[Insee 2] Nord[Insee 4] France entière[Insee 5]
Résidences principales (en %) 91,4 91,0 82,3
Résidences secondaires et logements occasionnels (en %) 1,0 1,8 9,7
Logements vacants (en %) 7,6 7,2 8
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Projets d'aménagements

Le Plan local d'urbanisme de la ville retient quatre orientations d'aménagement :

  • « améliorer le cadre de vie » notamment par l'aménagement paysagers de voiries, des entrées de ville nord et sud, et la création de « liaisons douces » entre le centre de la commune et la vallée ;
  • « favoriser le renouvellement urbain en développant le logement pour tous et la qualité de la structure urbaine et de ses composantes » en répondant à la demande de logements (notamment par l'urbanisation de la zone de la Louvière au nord-est de la commune) ;
  • « développer l'activité » en poursuivant l'aménagement de la zone d'activités, sans l'étendre, le long de la RD 643 ;
  • « agir pour la qualité de l'environnement » en préservant les jardins potagers, dont l'étendue (31,9 ha) est une caractéristique de la commune, et en « renaturant » la vallée de l'Escaut[23].

Voies de communication et transports

Voies routières

La commune est traversée par la route départementale 630 qui la relie à Cambrai vers le sud, et à Iwuy et à l'autoroute A2 vers le nord. Cette voie prend le nom de « rue Jean-Jaurès » dans la traversée de la commune. Il s'agit de l'ancienne route nationale 30 de Bapaume à Blanc-Misseron sur la frontière franco-belge. Elle existait au Moyen Âge sous le nom de « chemin d'Escaudœuvres ». Pavée en 1751, elle devient la « route de Cambray à Valenciennes »[24].

L'accès 15 à l'autoroute A2 est à km.

La commune est traversée par la route départementale 114, dite « chaussée Brunehaut », qui suit le tracé d'une ancienne voie romaine reliant Cambrai à Bavay. La route départementale 61B relie la commune à la route départementale 61, qui continue vers le nord en direction de Ramillies et Hordain.

Transport ferroviaire

La gare d'Escaudœuvres est desservie par des trains TER Hauts-de-France de la ligne P63 effectuant des missions entre les gares de Cambrai et de Valenciennes.

Escaudœuvres est reliée à Cambrai et Valenciennes, dans les deux sens, par sept trains du lundi au vendredi, cinq trains le samedi et deux trains les dimanches et jours fériés[25].

Transports en commun

La commune est desservie par le réseau de transports urbains de la Communauté d'agglomération de Cambrai appelé TUC (Transports Urbains du Cambrésis), par les lignes 1 et 9[26],[27].

Toponymie

Escaudœuvres est mentionné en 1057 comme Scaldeurium, en 1104 comme Scalduvrium. En 1139 on trouve Scaldobrio et en 1349 Escaudeuvre[28].

Scaldis peut être interprété comme « rivière coulant au milieu des marais »[29]. Le nom Escaudœuvres peut évoquer une fortification sur l'Escaut[30], ou encore un atelier ou une fabrique (du latin Scaldis opera), comme dans les noms Vandœuvre-lès-Nancy ou Deneuvre. Il pourrait s'agir aussi d'un pont ou d'un passage de l'Escaut, Scaldo-briva, comme dans Samarobriva (Amiens), pont de la Somme, du mot gaulois brive ou briva, « pont »[28], ou encore d'un fortin ou d'un camp retranché, ce qui ferait d'« Escaudœuvres » une « forteresse sur la rivière coulant au milieu des marais »[29].

On peut proposer isca Devona, le fleuve de la déesse. Tous nos fleuves ont porté le nom d'une déesse.

Histoire

Les fouilles archéologiques qui ont eu lieu en 2010 à l'occasion des travaux d'aménagement de la zone d'activités du « Lapin Noir », au nord de la commune, ont révélé un site mésolithique[31].

Antiquité et Moyen Âge

À l'époque gallo-romaine, le lieu appartenait à la cité des Nerviens, dont la première capitale, Bavay, fut remplacée par Cambrai au IVe siècle. La voie romaine de Cambrai à Bavay passait non loin du village actuel, sur le plateau qui domine l'Escaut au sud-est[32].

Au haut Moyen Âge, la terre d'Escaudœuvres faisait partie, selon la tradition, de la seigneurie de la famille Dragon de Ramillies[29], qui comprenait aussi Erre et Eswars[33]. Cette terre fut léguée à l'abbaye Saint-Géry de Cambrai au IXe siècle. Les Normands s'y installèrent vers 880 et y construisirent la tour de Relenghes, destinée à contrôler le péage sur les marchandises entrant et sortant de Cambrai[29].

La première mention du village se trouve dans un document daté du par lequel l'évêque de Cambrai Liebert offre l'autel et l'église d'Iwuy, village situé au nord d'Escaudœuvres, au chapitre Notre-Dame de Cambrai. La seigneurie d'Escaudœuvres fut créée à la fin du XIe siècle, lorsque Hugues de Roubaix, de retour des croisades, reçut en récompense les terres du village. Ses successeurs y construisirent un château fort avant 1295 et reçurent du comte de Hainaut le droit de haute et basse justice sur la « chaussée de Naves à Cambrai »[29]. L'église d'Escaudœuvres appartenait pour sa part à la cathédrale de Cambrai[28].

En 1315, le seigneur d'Escaudœuvres mourut sans descendance et ses terres devinrent hainuyères à la mort de sa veuve, en 1323. Le village et le château relevaient donc du Hainaut tout en étant dans le Cambrésis, et menaçaient Cambrai, ce qui fut l'occasion d'affrontements nombreux. C'est ainsi que pendant la Guerre de Cent Ans, le comte de Hainaut, cousin de la famille de Roubaix et allié aux Anglais, y tint garnison contre les Cambrésiens alliés au roi de France Philippe VI. Au début de la guerre de Cent Ans, la ville et le château très fort d’Escaudœuvres étaient défendus par une puissante garnison sous les ordres du capitaine du château Gérard de Sassegnies et de son écuyer Robert Marineaux. Jean, duc de Normandie et fils du roi de France, Philippe VI de Valois, vint assaillir par surprise, avec le connétable, ses maréchaux, ses troupes et avec l’aide de Cambrésiens, la place durant l’hiver 1339-1340 ( ?) : elle tomba en son pouvoir, après un siège de 6 jours, en plein hiver, sous la neige. Les Français, vainqueurs, détruisirent entièrement les lieux (arasés) et y boutèrent le feu. Le capitaine chargé de la défense de la place et son écuyer furent soupçonnés, par après, de s’être rendus par trahison aux Français : aussi moururent-ils, dit Froissart, villainement à Mons en Haynaut. Le même hiver, la maison forte de Relenghes, située du côté opposé du fleuve Escaut en face d’Escaudœuvres, fut assiégée par les troupes de Jean de Normandie avec l’aide des Cambrésiens qui n’eurent aucune peine à atteindre les murs de la maison forte, l’eau des fossés cerclant celle-ci étant gelée : après plusieurs assauts, ils se retirèrent le soir venu sur Cambrai sans avoir pu prendre la place. Les assiégés étaient sous le commandement d’un fils illégitime de Jean de Beaumont, oncle du comte Guillaume II de Hainaut, capitaine de la garnison de la place, secondé par 15 compagnons d’armes et de 18 archers : ceux-ci résistèrent fort bien jusqu’à la limite de l’épuisement et, après le départ des assiégeants, se concertèrent et avisèrent qu’ils ne pourraient pas soutenir un long siège contre les Cambraisiens. Ils prirent donc leurs armes, bagages et quelques biens précieux qui leur appartenaient, boutèrent le feu à Relenghes et partirent avant minuit pour se réfugier à Valenciennes. Le lendemain, les Cambraisiens vinrent reprendre le siège de la maison forte et furent tout ébahis de rencontrer la place déserte, vidée et brûlée[34]. Escaudœuvres fut démantelé, et les débris de ses murailles, comme ceux de la forteresse de Relenghes, furent transportés à Cambrai pour servir à la reconstruction des fortifications de cette ville et à y édifier la « Porte Robert ». Après la prise d’Escaudœuvres, Jean, duc de Normandie se retira et laissa des garnisons à Douai ainsi qu’au Cateau-Cambrésis pour inquiéter le Hainaut de deux côtés. La place sera cependant rendue au comte de Hainaut lors d’un traité avec le roi de France en 1341. Le château d’Escaudœuvres, rasé en 1340 par les Français, fut remplacé par la construction, entre 1368 et 1374, d’un nouvel édifice quadrilatère flanqué de quatre tours circulaires à ses extrémités. La place fut prise à nouveau en 1427 et remise aux mains de Jean de Luxembourg, comte de Ligny, capitaine du duc de Bourgogne. En 1433, Escaudœuvres fut à son tour occupée par les Bourguignons[35],[36],[37],[29].

Époque moderne

Escaudœuvres vers 1600 dans les Albums de Croÿ

Passant entre les mains de différentes familles, la terre d'Escaudœuvres fut finalement vendue, en 1488, à Henri de Berghes, évêque de Cambrai, la seigneurie restant en Hainaut jusqu'à son achat par un successeur de Henri de Berghes, Robert de Croÿ, en 1536. En 1543, Cambrai fut rattachée aux domaines de Charles Quint qui y fit construire une puissante citadelle. La démolition du château d'Escaudœuvres fournit une partie des pierres nécessaires[29].

En 1622, Laurencio de Villavicencio, noble espagnol originaire de Jerez de la Frontera, acheta la seigneurie d'Escaudœuvres pour 38 000 florins. Elle resta dans cette famille jusqu'à la Révolution[29].

Au XVIIIe siècle, Michel-Joseph de Villavicencio (1738-1819), écuyer, est seigneur d'Escaudœuvres, Haucourt (Haucourt?), Croix (Croix?). Fils de Michel-Joseph et de Catherine-Alexandrine-Joseph de Lignières, il nait à Escaudœuvres en (baptisé le ), devient lieutenant au bataillon de garnison de Hainaut, puis capitaine au régiment de Poitou, est distingué chevalier de Saint-Louis en 1781. Député de la noblesse aux États du Cambrésis, il émigre en 1793 et réside à Bad-Westernkotten à partir de 1796 où il devient jardinier. Il rentre en France en 1802 et meurt à Cambrai le à 81 ans. Il épouse à Cambrai le Marie-Charlotte Petitpas, née à Lille en (baptisée le ), fille de Charles-Hippolyte, chevalier, seigneur de Walle, prévôt de Lannoy, ex-enseigne aux gardes wallonnes, enseigne de grenadiers, et de Jeanne-Françoise Bourdon[38]. Veuf en 1796, il se remarie en avec Josèphe Le Sart.

En 1677, le roi Louis XIV, soucieux d'établir une frontière du nord plus rectiligne et défendable, décida d'en finir avec Cambrai, ville « fameuse par le nombre des affronts qu'elle avait fait souffrir aux Français » selon Racine, et vint diriger lui-même le siège de la ville. Tandis que le roi s'installait au château d'Awoingt, le maréchal de Lorges occupait celui d'Escaudœuvres[39].

L'Escaut, qui n'était navigable qu'en aval de Valenciennes, fut élargi et canalisé dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle après la découverte du charbon à Anzin où un port fut créé dès 1752 pour le transport de houille et de matériaux liés à l'activité de la Compagnie des mines. À Escaudœuvres les travaux de construction du canal de l'Escaut furent terminés en 1785.

En 1790 la commune fut rattachée au district de Cambrai et au département du Nord. Le premier maire d'Escaudœuvres fut Pierre Tartulier[29].

XIXe siècle

Carte postale ancienne montrant l'entrée principale de la sucrerie au début du XXe siècle
Carte postale ancienne montrant l'entrée principale de la sucrerie au début du XXe siècle

En 1810, Napoléon Ier, accompagné de Joséphine, passa à Escaudœuvres à l'occasion de l'inauguration du canal de Saint-Quentin raccordé au canal de l'Escaut au sud de Cambrai et permettant la navigation vers l'Oise et Paris. À la chute de l'Empire, en 1815, les Anglais puis les Cosaques occupèrent le village jusqu'en [29].

Le canal favorisa l'installation d'industries, notamment de blanchiment des toiles, de fours à chaux, de tanneries, ainsi que d'une sucrerie moderne en 1872. La commune se transforma peu à peu en petite cité industrielle, dont témoignent encore aujourd'hui la présence de corons. La mairie et l'église, devenues vétustes et trop petites, furent reconstruites dans la deuxième moitié du XIXe siècle[29].

L'industrialisation s'accompagna de luttes ouvrières : dès 1848, la commune fut dirigée par un conseil municipal socialiste. Les élections de 1855 reconduisirent les socialistes à la municipalité malgré l'opposition du régime, mais le conseil fut destitué par le préfet. La gauche revint aux affaires aux élections de 1895[29].

Le chemin de fer desservit la commune en 1857 et le tramway en 1905. Après la Première Guerre mondiale il ne fut pas remis en service. En 1911, l'électricité, qui alimentait déjà la sucrerie, fut distribuée dans la commune[29].

XXe siècle

Au cours de la Première Guerre mondiale la commune subit des destructions à la fois en 1914 lors de l'arrivée des Allemands et en 1918 lors de leur départ. Escaudœuvres reçoit la médaille militaire en 1921.

L'après-guerre voit s'affronter pour le contrôle de la mairie André Gilbert, directeur de la sucrerie, et la gauche. Celle-ci l'emporte aux élections de 1929, mais André Gilbert retrouve son mandat en 1936.

La période des « Trente Glorieuses » qui suit la Seconde Guerre mondiale est caractérisée par une expansion démographique assez forte : Escaudœuvres passe alors de à 2 847 habitants au recensement de 1954 à 4 234 habitants 28 ans plus tard. Quatre groupes scolaires nouveaux sont construits. La commune, sous le mandat d'Édouard Triquet, s'attache à encourager les sports et la culture, notamment par la construction d'une salle des sports en 1982 et d'une médiathèque en 1994[29]. Depuis 1982 Escaudœuvres a perdu 800 habitants, déclin démographique qui semble arrêté au XXIe siècle.

Politique et administration

Découpage territorial

La commune d'Escaudœuvres est membre de la communauté d'agglomération de Cambrai[40], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre dont le siège est à Cambrai. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[41].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Cambrai, au département du Nord, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Hauts-de-France[40].

Sur le plan électoral, elle dépend du canton de Cambrai pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015[40], et de la dix-huitième circonscription du Nord pour les élections législatives, depuis le redécoupage électoral de 1986[42].

Élections municipales et communautaires

Au premier tour des élections municipales de 2008 la liste « Ensemble pour Escaudœuvres » conduite par Patrice Égo (PC) a obtenu 52,28 % des suffrages, devant les listes « Une équipe pour gérer » conduite par Pierre Doise (Divers gauche, 34,52 %), et « S'unir pour Escaudœuvres », conduite par Patrick Leclercq (PS, 13,19 %), pour un taux de participation de 73,19 %[43].

La population de la commune étant comprise entre 3 500 et 5 000 habitants, le conseil municipal comprend 27 membres. Le conseil issu des élections municipales de 2008 comprend 21 membres du Parti communiste français, cinq Divers gauche et un PS[43].

Liste des maires

Maire en 1802 : Jean P. Soyez[44].

Maire en 1807 : Saintenoy[45].

Maire en 1808 : Chauvin[46].

La mairie d'Escaudœuvres dresse ainsi la liste des maires[47],[48] :

Davantage d’informations Identité, Période ...
Titulaires de la fonction de maire d'EscaudœuvresVoir et modifier les données sur Wikidata
IdentitéPériodeDuréeÉtiquette
DébutFin
Henri Foulon (d)8 ans Section française de l'Internationale ouvrière
Joseph Guidez (d)5 ans et 10 mois Section française de l'Internationale ouvrière
François Courbet (d)
( - )

(démission)
13 ans Parti communiste français
Édouard Tricquet (d)[49]
( - )
23 ans et 2 mois Parti communiste français
Pierre Doise (d)[50],[51]
( - )

(démission)
11 ans et 5 mois divers droite
Patrice Égo (d)[52],[53],[54]
(né le )
13 ans et 6 mois Parti communiste français
Thierry Bouteman (d)
(né le )
En cours6 ans, 2 mois et 16 jours divers centre
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Autres élections

Escaudœuvres est une ville fortement « ancrée à gauche », tendance confirmée par toutes les consultations électorales récentes :

Au premier tour de l'élection présidentielle de 2012, les quatre candidats arrivés en tête à Escaudœuvres sont François Hollande (PS, 30,83 %), Marine Le Pen (FN, 23,22 %), Nicolas Sarkozy (L R, 21,61 %) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche, 13,75 %) avec un taux de participation de 79,19 %. Au deuxième tour François Hollande arrive en tête avec 60 % des voix, pour un taux de participation de 79,28 %[55].

Au deuxième tour des élections régionales de 2010[56] 55,04 % des suffrages exprimés sont allés à la liste conduite par Daniel Percheron (PS), 25,30 % à celle de Valérie Létard (UMP), et 19,67 % à la liste FN de Marine Le Pen, pour un taux de participation de 51,61 %.

Aux élections européennes de 2009[57], les deux meilleurs scores à Escaudœuvres étaient ceux de la liste du Front de gauche pour changer l'Europe conduite par Jacky Hénin, qui a obtenu 203 suffrages soit 20,08 % des suffrages exprimés (département du Nord 8,01 %), et de la liste de la majorité présidentielle conduite par Dominique Riquet, qui a obtenu 195 suffrages soit 19,29 % des suffrages exprimés (département du Nord 24,57 %), pour un taux de participation de 40,69 %.

Au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2007[58], 54,53 % des électeurs scaldobrigiens ont voté pour Ségolène Royal (PS), et 45,47 % pour Nicolas Sarkozy (L R), avec un taux de participation de 84,25 %.

Au deuxième tour des élections législatives de 2007[59], 50,27 % des électeurs d'Escaudœuvres ont voté pour Brigitte Douay (PS) (42,55 % dans la 18e circonscription du Nord), 49,73 % pour François-Xavier Villain (L R) (57,45 % dans la circonscription), avec un taux de participation de 60,16 % à Escaudœuvres et de 60,08 % dans la circonscription.

Politique environnementale

L'étang communal en bordure du canal de l'Escaut

La protection et la mise en valeur de l'environnement font partie des compétences optionnelles de la communauté d'agglomération de Cambrai à laquelle appartient Escaudœuvres[60].

Le territoire communal est en partie couvert par une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), un des éléments majeurs de la politique de protection de la nature et de prise en compte de l'environnent dans l'aménagement du territoire : cette ZNIEFF de type 1 « Marais de Thun-l'Evèque et bassins d'Escaudœuvres » correspond à la rive droite de l'Escaut jusqu'aux communes de Thun-l'Évêque et Thun-Saint-Martin. Elle s'étend sur 285 ha et comprend des marais avec bois hygrophiles, étangs, roselières, plans d'eau et prairies bocagères humides[61],[62].

La commune fait partie des zones prioritaires retenus par le SCoT pour la mise en œuvre de pratiques durables et de restauration des prairies humides[63].

Chaque année au printemps la municipalité organise un concours du plus beau jardin potager.

Jumelages

Escaudœuvres est jumelée depuis 1961 avec Strassfurt en Allemagne[64].

Équipements et services publics

Enseignement

La commune d'Escaudœuvres est rattachée à la circonscription scolaire Cambrai Centre du bassin d'éducation du Cambrésis, qui dépend de l'inspection académique du Nord et de l'académie de Lille.

La commune gère deux écoles maternelles : Suzanne-Lanoy et Paul-Langevin ainsi que deux écoles élémentaires : Jean-Baptiste Lebas et Irène et Frédéric Joliot-Curie[65]. Ces établissements sont rattachés au secteur du collège Paul-Duez de Cambrai[66].

Santé

La commune compte quelques praticiens de la santé et deux pharmacies. Une maison de retraite (de statut établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), « Ma Maison », gérée par les Petites Sœurs des pauvres, est installée dans la commune[67]. Cet établissement, construit à l'origine pour devenir un collège, est offert à la congrégation en 1863 par l'abbé Servez, curé d'Escaudœuvres. En 1999 il est fermé pour raisons de sécurité et après des travaux de mise aux normes il a rouvert ses portes en 2006. Il peut accueillir 70 résidents[68].

Justice, sécurité, secours et défense

La ville d'Escaudœuvres est dans le ressort de la cour d'appel de Douai, du tribunal de grande instance, du tribunal d'instance et du conseil de prud'hommes de Cambrai, et à la suite de la réforme de la carte judiciaire engagée en 2007, du tribunal de commerce de Douai.

Population et société

Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[69]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[70].

En 2023, la commune comptait 3 171 habitants[Note 8], en évolution de −2,64 % par rapport à 2017 (Nord : +0,43 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
6946388731 0861 2891 3821 4581 6001 677
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 6251 7701 8791 9352 1982 4112 5852 6952 763
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 8062 8412 8622 2042 5842 5852 7482 8672 847
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
3 1523 2243 9514 2344 2053 6983 4203 3823 434
Davantage d’informations - ...
2014 2019 2023 - - - - - -
3 3023 2183 171------
Fermer
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[71] puis Insee à partir de 2006[72].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges

En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 32,2 %, soit en dessous de la moyenne départementale (39,5 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 30,6 % la même année, alors qu'il est de 22,5 % au niveau départemental.

En 2018, la commune comptait 1 566 hommes pour 1 672 femmes, soit un taux de 51,64 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (51,77 %).

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

Davantage d’informations Hommes, Classe d’âge ...
Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[73]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,7 
90 ou +
2,1 
5,9 
75-89 ans
10,4 
20,5 
60-74 ans
21,4 
20,6 
45-59 ans
19,4 
16,5 
30-44 ans
17,8 
16,2 
15-29 ans
12,5 
19,4 
0-14 ans
16,5 
Fermer
Davantage d’informations Hommes, Classe d’âge ...
Pyramide des âges du département du Nord en 2022 en pourcentage[74]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90 ou +
1,5 
5,5 
75-89 ans
8,2 
14,9 
60-74 ans
16,4 
19 
45-59 ans
18,4 
19,5 
30-44 ans
18,7 
20,7 
15-29 ans
19,1 
19,9 
0-14 ans
17,7 
Fermer

Manifestations culturelles et festivités

Photographie montrant la médiathèque « Liberté »
La médiathèque « Liberté »

Sports et loisirs

Les Scaldobrigiens disposent de deux terrains de sport, un terrain de hockey sur gazon, un terrain de pétanque, une salle de tennis de table et un boulodrome couvert, une salle polyvalente, la salle de sports Léo-Lagrange et le stade Marceau-Dhordain[75]. Onze clubs sportifs utilisent ces équipements[76].

Cultes

Les Scaldobrigiens disposent d'un lieu de culte catholique : l'église Saint-Pierre. Cette église-relais dépend de la paroisse « Saint-Vaast-Saint-Géry » qui dépend du doyenné de Cambrai de l'archidiocèse de Cambrai[77]. La messe dominicale anticipée y est célébrée tous les samedis à 18 heures[78]. L'église Saint-Géry de Ramillies lui est rattachée.

Économie

Revenus de la population et fiscalité

En 2021[Note 9], la commune compte 1 387 ménages fiscaux[Note 10], regroupant 3 168 personnes[Insee 6].

Le revenu fiscal médian par ménage, le taux de pauvreté des ménages et la part des ménages fiscaux imposés de la commune, du département du Pas-de-Calais et de la métropole sont les suivants :

  • le revenu fiscal médian par ménage de la commune est de 20 630 , inférieur à celui du département (21 340 ) et inférieur à celui de la France métropolitaine (23 080 )[Insee 6],[Insee 7],[Insee 8] ;
  • le taux de pauvreté des ménages de la commune est de 18 %, inférieur à celui du département (19,5 %) et supérieur à celui de la France métropolitaine (14,9 %) [Insee 9],[Insee 10],[Insee 11] ;
  • la part des ménages fiscaux imposés dans la commune est de 44 %, inférieur à celui du département (47,7 %) et inférieur à celui de la France métropolitaine (53,4 %)[Insee 6],[Insee 7],[Insee 8].

Emploi

Taux de chômage
201220172023
Commune[Insee 12]14,9 %13,6 %11,5 %
Département[Insee 13]11,6 %12,4 %10,5 %
France métropolitaine[Insee 14]9,6 %10,3 %8,6 %

En 2022[Note 7], la population âgée de 15 à 64 ans s'élève à 1 820 personnes, parmi lesquelles on compte 71,1 % d'actifs (57,5 % ayant un emploi et 13,6 % de chômeurs) et 28,9 % d'inactifs[Note 11],[Insee 12]. En 2022, le taux de chômage communal (au sens du recensement) des 15-64 ans est supérieur à celui du département et supérieur à celui de la France métropolitaine.

La commune fait partie de la couronne de l'aire d'attraction de Cambrai, du fait qu'au moins 15 % des actifs travaillent dans le pôle[Carte 4],[Insee 15]. Elle compte 998 emplois en 2022, contre 1 143 en 2016 et 1 084 en 2011. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la commune est de 1 058, soit un indicateur de concentration d'emploi de 94,4 et un taux d'activité parmi les 15 ans ou plus de 49,6 %[Insee 16].

Sur ces 1 058 actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi, 891 travaillent dans la commune, soit 84 % des habitants[Insee 17]. Pour se rendre au travail, 84,5 % des habitants utilisent une voiture, un camion ou une fourgonnette, 4,5 % les transports en commun, 8,7 % s'y rendent en deux-roues motorisé, à vélo ou à pied et 2,3 % n'ont pas besoin de transport (travail au domicile)[Insee 18].

La répartition des emplois par groupe socioprofessionnel tels qu'ils sont définis par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) s'établit comme suit en 2022.

Davantage d’informations Commune, Département ...
Répartition des emplois par groupe socioprofessionnel en 2022
Commune[Insee 19]Département[Insee 20]France
métropolitaine[Insee 21]
Agriculteur
0,0 %
0,6 %
1,4 %
Artisan, commerçant
et chef d’entreprise
4,2 %
5,0 %
6,9 %
Cadre
4,8 %
19,2 %
20,2 %
Profession intermédiaire
21,1 %
27,4 %
26,2 %
Employé
45,6 %
27,0 %
26,1 %
Ouvrier
24,3 %
20,9 %
19,2 %
Fermer

La répartition des emplois par secteur d'activité tels qu'ils sont définis par l'Insee s'établit comme suit en 2022.

Davantage d’informations Commune, Département ...
Répartition des emplois par secteur d'activité en 2022
Commune[Insee 22]Département[Insee 23]France
métropolitaine[Insee 24]
Agriculture
1,1 %
1,1 %
2,4 %
Industrie
16,1 %
12,1 %
11,6 %
Construction
8,5 %
5,6 %
6,5 %
Commerce, transports,
services divers
51,7 %
47,1 %
48,4 %
Administration publique, enseignement, santé,
action sociale
22,5 %
34,2 %
31,1 %
Fermer

Entreprises et commerces

La sucrerie et l'écluse sur le canal de l'Escaut

La sucrerie, nommée auparavant Sucrerie Centrale de Cambrai, bénéficie de l'importante activité agricole locale (notamment de la culture de la betterave sucrière). Elle appartient au groupe Tereos[79] qui a ouvert à Escaudœuvres en 2017 son principal centre logistique export, inauguré en 2018. Il permet d'expédier jusqu'à cinq cent mille tonnes de sucre par an dans le monde entier, dans le cadre de la stratégie d'internationalisation et d'exportation menée par le groupe[80]. En , l'entreprise Tereos a été lourdement condamnée pour la pollution du fleuve Escaut survenue en 2020, lors de la rupture d'une digue des bassins de décantation. Cette pollution majeure a causé la mort de plusieurs millions de poissons[81]. En , le groupe Tereos a annoncé vouloir fermer deux de ses usines, dont celle d'Escaudœuvres[82]. En , un protocole d'accord a été signé entre Tereos et l'entreprise Belge Agristo pour la reprise du site de la sucrerie. Agristo, entreprise agroalimentaire spécialisée dans la fabrication de produits surgelés à base de pomme de terre, devrait à terme créer plus de 300 emplois.

L'entreprise Belge Campine a repris l'activité de Recylex (ex-Metaleurop), de centre de collecte et de cassage de batteries automobiles usagées[83].

La zone commerciale d'Escaudœuvres est la seconde de l'arrondissement par sa surface[84]. L'hypermarché Auchan est un des plus gros employeurs de l'agglomération cambrésienne.

Fin 2001, la Communauté d'agglomération de Cambrai aménage une zone d'activités paysagée de 16 ha au lieu-dit « Le Lapin noir », au nord de la commune.

Agriculture

La commune est dans le « Cambrésis », une petite région agricole dans le département du Nord[85]. En 2020, l'orientation technico-économique de l'agriculture[Note 12] sur la commune est l'exploitation de grandes cultures (hors céréales et oléo-protéagineux)[Carte 5].

1988200020102020
Exploitations12742
SAU[Note 13] (ha)318337291167

Le nombre d'exploitations agricoles en activité et ayant leur siège dans la commune est passé de 12 lors du recensement agricole de 1988[Note 14] à 7 en 2000 puis à 4 en 2010[87] et enfin à 2 en 2020[Carte 6], soit une baisse de 83 % depuis 1988. La surface agricole utilisée sur la commune a également diminué, passant de 318 ha en 1988 à 167 ha en 2020[Carte 7]. Parallèlement la surface agricole utilisée moyenne par exploitation a augmenté, passant de 27 à 84 ha[87],[Carte 7].

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

Photographie montrant l'église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre

L'ancienne église Saint-Pierre qui datait du début du XVIe siècle étant devenue trop petite en raison de l'essor industriel et démographique, on décida en 1856 la construction d'un nouveau lieu de culte. L'église fut détruite en 1858. Le nouvel édifice, construit en briques dans un style néo-roman sur les plans de l'architecte diocésain André de Baralle, fut consacré par l'archevêque de Cambrai, Mgr René-François Régnier, le . À l'intérieur de la nef, les colonnes sont en pierre bleue de Tournai. Le chœur fut endommagé par des tirs d'obus en 1914, et l'église réparée ne fut à nouveau ouverte au culte qu'en 1922[88],[68].

La mairie date de 1884 et remplaçait elle aussi une mairie devenue trop petite. Elle occupe l'emplacement d'une partie de l'ancien cimetière près de l'église[68].

La Sucrerie Centrale de Cambrai fut créée en 1872 par l'ingénieur Jules Linard[89]. Dès l'origine, l'usine fut conçue selon un concept moderne : elle était reliée par des canalisations à un réseau de râperies implantées dans un rayon de 20 km, ce qui évitait le transport des betteraves. Cet équipement très novateur, lui valut la réputation de « plus grande sucrerie du monde ». L'entreprise a été rachetée par le groupe Béghin-Say, puis par Tereos. Au début du XXIe siècle elle est la seule sucrerie en activité du département[90],[91].

La médiathèque « Liberté » a ouvert en 1994. Elle comprend des secteurs jeunesse et adultes, une sonothèque-vidéothèque, un espace informatique, un auditorieum, deux salles de réunion et d'exposition, et propose des animations, expositions et conférences[92].

La borne à l'Aigle date de 1595 : elle marquait la limite avec Cambrai, dont les armes figurent l'aigle bicéphale du Saint-Empire. On la voit toujours rue du Marais, face au chemin de la Borne à l'Aigle[68].

Patrimoine culturel

Le géant de Marie-Anne Cattiaux
Le géant de Marie-Anne Cattiaux

Les deux figures emblématiques de la commune sont le sanglier Scaldo et la géante Marie-Anne Cattiaux.

Le premier, né en 1989 à l'initiative de l'office municipal de la culture, fait référence au surnom des Scaldobrigiens, les « Sangliers », qui lui-même est dû à la forme de hure de sanglier prise par la commune à la suite de modifications cadastrales et territoriales.

La seconde est née en , également sur une initiative de l'office municipal de la culture. La vie mouvementée et la fin tragique qu'elle s'est vu attribuer, ainsi que son métier de blanchisseuse, font référence à l'histoire de la commune[93].

Héraldique et logotype

Blason initial
Blason initial

Initialement, le blason de la commune était celui des premiers seigneurs d'Escaudœuvres (XIe - XIIIe siècles), les de Roubaix, qui portaient d' « hermine au chef de gueules ».

Blason de 1980 à 1992
Blason de 1980 à 1992
Depuis 1980, le blason retenu est celui des derniers seigneurs d'Escaudœuvres (XVIIe - XVIIIe siècles), les de Villavicencio, qui portaient « de sinople aux trois fasces d'hermine ».
logo deuis 1992
logo deuis 1992

Depuis 1992, c'est ce logo qui a été choisi pour représenter la ville d'Escaudœuvres. Le soleil évoque un dicton des Cambrésiens qui voyaient toujours le soleil se lever vers Escaudœuvres, à l'est de Cambrai. Les trois colombes en forme de livres rappellent qu'Escaudœuvres a reçu la charte de « ville-lecture ». La lettre « Σ » (sigma) évoque le « E » d'Escaudœuvres en même temps que le « S » de « sucre »[94].

Pour approfondir

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Bibliographie

  • Eugène Mannier, Études étymologiques, historiques et comparatives sur les noms des villes, bourgs et villages du département du Nord, Paris, Auguste Aubry, Libraire-Éditeur, , 277 p. (lire en ligne)
  • Denise Poulet, Noms de lieux du Nord-Pas-de-Calais, Paris, Christine Bonneton, coll. « Noms de lieux », , 232 p. (ISBN 2-86253-222-3, lire en ligne)
  • Louis Trenard (dir.) et Michel Rouche (préf. Jacques Legendre), Histoire de Cambrai, Presses Universitaires de Lille, coll. « Histoire des villes du Nord / Pas-de-Calais », , 314 p., 24cm (ISBN 2-85939-201-7). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

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