Paul von Hindenburg
militaire et homme d'État allemand
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Paul Ludwig Hans Anton von Beneckendorff und von Hindenburg, né le à Posen[a] et mort le au manoir de Neudeck[a], est un Generalfeldmarschall et homme d'État allemand. Du fait de son prestige et de sa longévité, il joue un rôle important dans l'histoire de l'Allemagne.
Wilhelm Marx
Hermann Müller
Heinrich Brüning
Franz von Papen
Kurt von Schleicher
Adolf Hitler
Friedrich Ebert
Posen
(grand-duché de Posen, Prusse)
Neudeck
(Prusse-Orientale, Allemagne)
Sa longue carrière dans l'armée prussienne puis l'armée impériale allemande commence pendant la guerre austro-prussienne de 1866 et se poursuit pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Mis à la retraite peu avant 1914, il reprend du service dans la Première Guerre mondiale : vainqueur de la bataille de Tannenberg, Hindenburg s'impose en deux ans comme commandant en chef du front de l'Est avant d'être nommé chef du Grand État-Major en avec le grade de Generalfeldmarschall. Jusqu'à la fin du conflit, secondé par le quartier-maître général Erich Ludendorff, il dirige l'Allemagne en guerre sous la forme d'une dictature militaire. Il appuie de son prestige un programme de guerre totale avec la mobilisation industrielle (le plan Hindenburg) et la guerre sous-marine à outrance. Malgré l'échec de l'offensive du Printemps 1918 et la retraite allemande à l'automne, il refuse de reconnaître la responsabilité de l'armée et la sienne dans la défaite : après le déclenchement de la révolution de , il laisse aux civils la charge de signer l'armistice du 11 novembre 1918 et contribue à propager la légende du « coup de poignard dans le dos ».
Auréolé de son prestige militaire que la défaite de l'Empire allemand n'a pas affecté, foncièrement conservateur et méfiant envers les partis de la République de Weimar, le maréchal von Hindenburg se laisse convaincre de se présenter comme président du Reich, après le décès du président social-démocrate Friedrich Ebert, pour empêcher l'élection d'un candidat du Centre catholique. Vainqueur de l'élection présidentielle d'avril 1925, il est réélu en 1932 pour un second septennat sans pouvoir remédier à la crise économique ni au blocage politique des années 1930. Il doit se résoudre à accepter l'ascension politique d'Adolf Hitler qu'il nomme chancelier du Reich le . À sa mort en 1934, Hitler cumule la fonction de chancelier avec celle de président du Reich, ce cumul étant avalisé par le plébiscite du avant d'honorer la mémoire de Hindenburg en érigeant son mausolée au mémorial de Tannenberg.
Jeunesse dans l'armée prussienne
Famille noble prussienne
Hindenburg était fier de sa famille et pouvait retracer l'histoire de ses ancêtres jusqu'en 1289[1]. La première mention du nom Beneckendorff remonte à la fin du XIIe siècle dans l'Altmark. La famille elle-même serait originaire de la Souabe[2]. Dans le sillage du margrave de Brandebourg et de l'Ordre Teutonique, la famille Beneckendorff s'installa dans la région de la Nouvelle-Marche. À l'apogée de leur prestige, ils y acquirent quatorze domaines chevaleresques, dont certains leur furent offerts et d'autres achetés par leurs soins. Au cours des siècles suivants, les membres de la famille se sont surtout distingués en tant que soldats dans les armées de différents seigneurs : dix officiers de la famille Beneckendorff ont ainsi trouvé la mort pendant les guerres contre les Turcs. D'autres membres de la famille ont participé à des guerres en Hollande, en France, en Pologne et en Suède. Plus tard, la famille devient des Junker fournit à plusieurs reprises des conseillers régionaux et des directeurs régionaux dans cette région[3].

La lignée des Beneckendorff von Hindenburg est née au XVIIIe siècle, lorsqu'un colonel von Hindenburg, dont la famille est probablement originaire du village de Hindenburg (Hohenberg-Krusemark) (de), dans l'Altmark, est resté sans enfant, désigna son neveu Johann von Beneckendorff und von Hindenburg (de) (1747-1827),comme héritier de ses domaines de Limbsee et de Neudeck en Prusse occidentale. Pour pouvoir hériter des domaines, le plus âgé des Hindenburg imposa à son neveu de prendre le nom de « von Hindenburg ». Celui-ci dut également adopter les armoiries des von Hindenburg. Comme Johann von Beneckendorff ne voulait pas renoncer à son ancien nom de famille, il combina les deux noms et s'appela désormais Johann Otto Gottfried von Beneckendorff und von Hindenburg[4]. Deux enfants naquirent ensuite de son mariage avec Lowisa zu Eulenburg-Prassen :
Johann Heinrich Wilhelm Ernst et Otto Ludwig von Beneckendorff und von Hindenburg (de) (1770-1855) qui épousa Eleonore von Brederlow , une descendante illégitime du comte Henri VI de Waldeck (de), le 13 août 1801. À sa mort en 1855, Otto Ludwig von Beneckendorff und von Hindenburg laisse neuf enfants majeurs.
L'un d'entre eux, Robert von Beneckendorff und von Hindenburg (de) (1816-1902), est militaire depuis 1832 et exerce à l'époque les fonctions de lieutenant du 18e régiment d'infanterie (de) à Posen.Il se marie avec Luise Wilhelmine Schwickart (1825-1893), fille du médecin-colonel de l’armée prussienne Karl Ludwig Schwickart ( né le 26 août 1780), célébré en avril 1845 à Posen[5].
Quatre enfants naissent de cette union : Paul (1847-1934), Otto (1849-1908), Ida (née en 1851) et Bernhard (né en 1859). Paul von Hindenburg naît dans l'après-midi du à Posen en Posnanie (aujourd'hui Poznań), au 7 Bergstrasse. La famille déménage souvent au gré des mutations du père : Posen, Graudenz[b], puis Cologne. Le meilleur souvenir de Paul reste le passage à Pinne, près de Posen[7]. En 1850, Robert von Hindenburg y est promu capitaine et dirige une compagnie d'hommes pendant quatre années, jusqu'en 1854. Le jeune Hindenburg se souviendra longtemps de son instituteur, Herr Kobelt[8]. En 1855, la famille déménage en province de Silésie à Glogau[c].

Au printemps 1870, il connaît son premier amour. C'est une certaine Irmengarde von Rappard avec qui il se fiance quelques mois plus tard, mais qui meurt de la tuberculose en durant son service en France[5]. C'est à Königsberg qu'il fait la connaissance de Gertrud Wilhelmine von Sperling (1860-1921), fille du général Oskar von Sperling (de) qui était le chef d'état-major du 6e corps d'armée en 1866 puis de la Ire armée en 1870. Ils se marient le , quatre enfants naissent de cette union . Irmengarde Pauline (1880-1948) qui va épouser en 1902 Hans Joachim von Brockhusen[d].un fils est mort en bas âge (entre 1881 et 1882).Oskar Wilhelm (1883-1960) est l’époux de Margarete von Hindenburg (de). Enfin Annemarie (1891) qui va prendre pour époux en 1912 Christian von Pentz (Offizier) (de)[5]. Par son épouse il est l’oncle par alliance du Generalfeldmarschall Erich von Manstein.
Formation à Wahlstatt

Après des études élémentaires, le jeune Paul incorpore le collège, puis le lycée de Posen. À partir de 1859, il rejoint l'École des cadets de Wahlstatt(Wahlstätter Kadettenhaus)[e]. Hindenburg décrit la scène dans ses Mémoires : « Un soir de printemps 1859 comme un garçon de onze ans, aux grilles du pensionnat des Cadets à Wahlstatt, je disais à mon père « Adieu ! » Être soldat était pour moi une évidence (…). Le service d'arme pour le roi et la patrie était une vieille tradition dans la famille[1]. »
Il dresse également le tableau d'une éducation sévère, à l'image de celle que connaissent les soldats en caserne menant une vie de « Spartiate ». Les permissions sont rares et, dans la plupart des cas exceptionnelles, brèves. « Je restais toute la nuit dans la pièce et j'avais peur (…). Nous n'avions pas de souper. Je ne trouvais comme linge que trois mouchoirs propres et quelques sous-vêtements. Cette nuit-là je n'ai pas pu dormir, car les punaises me mordaient terriblement. », affirme Hindenburg dans ses Mémoires[1].
Au début de l'année 1861, son frère Otto le rejoint à Wahlstatt et c'est Paul qui est chargé de son éducation. Durant le printemps 1863, une nouvelle mutation du père transfère les deux frères à la nouvelle École des cadets de Lichterfelde à Berlin. Située sur la Friedrichstrasse à proximité de l'Alexanderplatz, c'est un nouveau monde pour les Hindenburg. Paul raconte que les parades militaires sur l'Opernplatz ainsi que celles d'automne sur le Tempelhofer n'ont rien à voir avec l'école rurale. Il peut aussi apercevoir ici le nouveau roi de Prusse : Guillaume Ier. En 1864, les plus anciens élèves de l'école sont envoyés au front au cours de la guerre des Duchés contre le Danemark. Hindenburg témoigne : « Moi-même j'étais trop jeune [16 ans] pour faire partie de ces chanceux. Les camarades savaient l'envie qu'ils nous procuraient, cela ne peut pas se décrire[1]. »
En 1865, Hindenburg est nommé officiellement page[f] de la reine Élisabeth de Bavière, veuve de Frédéric-Guillaume IV, le roi de Prusse défunt. Les diplômés entrant dans l'armée étaient présentés au roi Guillaume Ier, qui leur demandait le nom et le grade de leur père. Puis, il sort sous-lieutenant de l'école militaire de Berlin âgé de 18 ans, le [5]. Avec ses 1,98 m, sa carrure musclée et ses yeux bleus saisissants, il avait une allure impressionnante[9].
Guerre austro-prussienne

Au cours du printemps 1866, le sous-lieutenant Hindenburg incorpore le 3e régiment à pied de la Garde à Dantzig. À la suite de la guerre des Duchés (1864), le royaume de Prusse et l'empire d'Autriche se disputent l'administration de la province du Holstein. Hindenburg, comme beaucoup de militaires, sent la guerre proche : « Politiquement nous comprenions la nécessité d'une décision de pouvoir entre l'Autriche et nous [la Prusse] puisque les deux puissances étaient à armes égales et aucune mesure pacifique n'était possible. Aucun des deux ne voulant céder, seules les armes pouvaient parler (…) »[1].
C'est ainsi que le , la Prusse déclare la guerre à l'Autriche. Le régiment de Hindenburg est incorporé à la seconde armée prussienne dirigée par le Kronprinz Frédéric. Le régiment participe entre autres aux combats de Rosberitz et de Königgrätz. Le sous-lieutenant Hindenburg se souvient que « Les ennemis pénétraient de tous les côtés sur nous pour prendre le village [Rosberitz] (…). Chacun pique et tire autour de lui-même autant qu'il le peut (…). Sa montre d'or (du futur feldmarschall Remus von Woyrsch) m'est remise pour éviter qu'elle ne tombe dans les mains des pilleurs. Bientôt nous courons le danger d'être coupés. Depuis une ruelle latérale derrière nous, on entend les tambours ennemis (…). Un toit de chaume et des barres brûlants provoquaient de la fumée et nous nous échappons grâce à cette protection sur une hauteur au nord-est du village »[1].
À la bataille de Sadowa le suivant, Hindenburg s'empare de plusieurs pièces d'artillerie[g].
Le conflit représente, avec la guerre de Crimée et la guerre de Sécession, une des premières guerres modernes où il y a manœuvre d'armées massives, généralisation des armes à feu et de la logistique (train et télégraphe). Le , son régiment dépasse l'Elbe et l'armistice est signé le 22 suivant. Sur le chemin du retour, il rencontre son père à Prague qui est alors officier hospitalier chez les chevaliers protestants de Saint-Jean au sein d'un hôpital militaire. Le , le régiment de Hindenburg, salué par la foule, entre à Berlin. Son commandant de bataillon, Seel, lui remet sur la Floraplatz, le Roten Adlerorden (l'ordre de l'Aigle rouge) de 4e classe[5].
Carrière d'officier supérieur
Guerre franco-prussienne
Jusqu'en 1870, Hindenburg est envoyé en garnison à Hanovre, la nouvelle ville de garnison du 3e régiment de la Garde prussienne, où il est chargé de l'instruction des recrues.Au cours du printemps 1870, les relations s'enveniment entre la France et la Prusse. La guerre finit par éclater le . Le lieutenant Hindenburg, âgé de 23 ans, part avec son régiment, intégré dans la 2e armée. Il incorpore le 1er bataillon sous le commandement de Seegensberg. Le , son bataillon franchi la Moselle à Pont-à-Mousson, puis il continue sa marche vers l'ouest vers Hattonville (Meuse) : « La marche jusque-là relativement courte, était fatigante. Depuis la veille on n'avait pas eu, dans la chaleur brûlante, d'approvisionnements et insuffisamment d'eau. J'avais eu l'occasion de visiter la tombe d'un cousin tombé dans le 2e régiment de dragons (pl) à Mars-la-Tour (…). J'ai vu ici des rangées de soldats morts au combat, autant prussiens que français. Une lutte meurtrière avait eu lieu »[1].

Le régiment prend une direction nord-nord-est et participe à la bataille de Saint-Privat. Hindenburg et ses hommes arrivent à proximité de l'ennemi. Le lieutenant témoigne : « Sur les hauteurs d'Amanvillers jusqu'à Saint-Privat se lèvent de lourds nuages de poudre. Plusieurs lignes ennemies d'artillerie et d'infanterie sont là en hauteur. Leur feu est surtout dirigé sur le 9e corps (…). Pour éviter le choc frontal nous avons contourné vers le nord vers Sainte-Marie-aux-Chênes. Le village est alors attaqué par l'avant-garde de notre division (…). Après la prise de Sainte-Marie-aux-Chênes, nous nous reposâmes »[1].

Le , la bataille de Beaumont éprouve encore son régiment. Le corps de la Garde forme la partie la plus septentrionale et la plus exposée face à l'armée du maréchal de Mac Mahon. Pourtant, l'armée française est rapidement dépassée et totalement défaite. Napoléon III est capturé à Sedan. Le , son régiment quitte le champ de bataille pour Paris. Le lieutenant Hindenburg a l'ordre de rester sur place jusqu'à la mi-. Le soir du , il assiste à la proclamation de l'Empire allemand au château de Versailles. Il est décoré de la croix de fer de 2e classe (Eiserner Kreuzes) pour sa participation au conflit[5].
Formation d'officier

Après le conflit franco-prussien, le lieutenant von Hindenburg est de retour dans sa garnison de Hanovre[5]. C'est un officier polyvalent qui poursuit l'enseignement aux recrues. Le , il obtient une première promotion de grade. Son but est d'incorporer l'Académie de guerre (Kriegsacademie) qui permet l'accession au Grand État-Major général. Hindenburg réussit l'examen d'entrée à l'École de guerre de Berlin en 1875. Durant la première année, l'officier de 27 ans est déçu par un enseignement qui ne porte que sur les tactiques traditionnelles des armées. En revanche, son intérêt grandit lorsque les années suivantes, les professeurs introduisent les armes et les tactiques modernes. Durant sa formation, Hindenburg fait partie de la promotion prince Alexandre de Prusse[5] Au printemps 1877, il retourne à Hanovre où il est incorporé au Grand État-Major. Le , il est muté à l'état-major du 2e corps d'armée de Stettin[h], où il est nommé capitaine.
Entrée au Grand État-Major

Il est muté en tant qu'officier d'état-major à la 1re division de Königsberg, le . Durant trois années, le capitaine von Hindenburg acquiert une connaissance pointue et stratégique de la Prusse-Orientale et de la région frontalière avec l'Empire russe. De retour dans sa province natale, il souligne que le contact avec la troupe est plus étroit qu'ailleurs. Certains soldats placés sous ses ordres affirment qu'il s'agit d'un officier sévère mais juste à la tête de sa compagnie. Du printemps 1884 à l'été 1885, il est appelé comme commandant de compagnie dans le 3e régiment d'infanterie de Posen[5].
Il est muté au sein du Grand État-Major de l'Armée à Berlin, le , avec le grade de major. La consécration pour Hindenburg est arrivée : il est nommé commandant et se retrouve directement sous les ordres du vieux maréchal von Moltke. Ce dernier, vainqueur de la guerre des Duchés, de la bataille de Sadowa et de la guerre franco-prussienne, a demandé sa mise à la retraite depuis longtemps, mais l'empereur Guillaume Ier la lui a toujours refusée. Hindenburg se fait remarquer par Moltke qui ne manque pas d'en toucher quelques mots à un officier suédois en déplacement à Berlin : « Hindenburg a une confiance en soi si colossale qu'il ne veut absolument pas plier sa propre volonté et ne réaliser que ses projets. Pour ma part je remarque que tout ce que Hindenburg prend en main se passe très bien, donc je le laisse faire. Toutefois, il n'est pas sûr que mon successeur prenne en compte ces mêmes considérations »[10].
Le , comme le veut la tradition militaire allemande, son supérieur direct, le chef de département du Grand État-Major, le colonel von Schlieffen rédige un rapport sur Hindenburg : « Le commandant von Hindenburg est un officier d'état-major splendide qui s'est fait remarquer pour un intérêt animé pour le service, l'activité mobile et ainsi il encourage les jeunes officiers. Il est sérieux et énergique doté d'un point de vue précis et rapide. Ses activités sont tout à fait adéquates »[11].
Le maréchal von Waldersee, qui succède à Moltke à la tête du Grand État-Major, ne tarde pas à ajouter son avis : « D'accord. Le commandant von Hindenburg est un officier d'état-major très capable et il convient déjà au chef du Grand État-Major »[12]. Au cours de l'automne 1888, le commandant Paul von Hindenburg est muté au 3e bureau du Grand État-Major. En parallèle, il donne des conférences et des cours de tactique militaire à l'Académie de guerre. Au mois de novembre suivant, il est nommé secrétaire au ministère de la Guerre avant d'en devenir chef du service Kriegsdepartments deux ans plus tard. Le , il est promu lieutenant-colonel (Oberstleutnant)[5].
Hindenburg est nommé à la tête du 91e régiment d'infanterie à Oldenbourg pendant l'été 1893. Cette responsabilité le marque profondément : « La position de commandant de régiment est la plus belle dans l'armée. L'éducation des officiers, par le travail et surtout à travers les relations sociales, la surveillance et l'enseignement de la troupe en sont les tâches les plus importantes. Je m'efforçais de soigner le sens chevaleresque dans mes bataillons, la modération de la guerre et la discipline. Malgré cela j'ai toujours eu une grande joie dans le service »[1].
Fin de carrière
Il est nommé colonel (Oberst) le et continue de diriger le régiment jusqu'en 1896. À cette date il fait ses adieux à son unité plus à la manière d'un père que d'un commandant : « Mousquetaires ! Je suis revenu ici pour vous dire Adieu. Je me souviendrai toujours avec joie et fierté de l'honneur que j'ai eu de me trouver à la tête de ce régiment, car vous avez prouvé, à quelques exceptions près, que vous étiez de braves soldats. Cet esprit de fidélité et d'obéissance, emportez-le dans votre pays natal et alors tout ira bien. Votre vieux commandant vous le souhaite »[13].
Le , Hindenburg est muté à la direction du Grand État-Major comme général de brigade, puis devient le chef d'état-major du 8e corps d'armée à Coblence. Le , il est promu général de division (Generalmajor). Son supérieur direct est le duc Guillaume de Bade (1829-1897). Au cours du mois de , il est nommé commandant de la 28e division à Karlsruhe avec le grade de général de corps d'armée (Generalleutnant). Robert von Hindenburg, le père de Paul, se repose dans la propriété familiale de Neudeck.
Le , le jour du 44e anniversaire de l'empereur, Hindenburg reçoit sa nomination comme commandant général (Kommandierende General) du 4e corps d'armée à Magdebourg[5]. Il est désormais un personnage-clé de l'armée, en particulier pour le choix et l'instruction des officiers. Quand il termine la revue d'un des régiments du 4e corps d'armée, il a l'habitude de dire au commandant : « C'était très bien, seulement les lieutenants auraient pu être plus gais ! » Le , Hindenburg obtient le grade de General der Infanterie.Les manœuvres annuelles lui ont appris à diriger une grande force ; en 1905, il a vaincu un corps d'armée commandé par le Kaiser[14].Alfred von Schlieffen le proposa pour le poste de Chef du Grand État-Major général en 1906, mais il fut écarté au profit de Helmuth von Moltke le Jeune[15]. Après huit ans de services à Magdebourg, il prend sa retraite le , âgé de 63 ans[5].
Les raisons réelles de la mise en retraite du général sont inconnues. Il avait passé 46 ans dans l'armée, dont 14 ans à des postes au sein de l'état-major général. Tout au long de sa carrière, Hindenburg n'a nourri aucune ambition politique et est resté un monarchiste convaincu En 1909, on lui avait proposé la fonction de ministre de la Guerre, ce qu'il a refusé presque « horrifié » : « Je n'ai aucune envie de débattre dans la Chambre avec des députés »[16]. Malgré la position prestigieuse qu'il a acquise, Hindenburg reste un homme plutôt simple : lorsqu'il passe la nuit dans un hôtel, il a l'habitude de signer uniquement « von Hindenburg, officier ». Paul Lindenberg, son biographe officiel, écrit en 1920 : « Le bruit qu'une tension serait née entre le Kaiser et Hindenburg est faux parce que dans les manœuvres le militaire s'est toujours soumis à son souverain. Hindenburg n'a dirigé qu'une seule manœuvre »[17]. Hindenburg lui-même rajoute : « J'avais atteint une carrière, meilleure que j'avais pu l'espérer. La guerre ne se trouvant pas en vue, je me reconnaissais le devoir de laisser ma tâche à des plus jeunes en demandant mon départ en 1911 »[1].
Le couple Hindenburg ainsi que leur fille cadette Annemarie ont choisi de loger dans une villa de Hanovre dans la Windekinstrasse. Une fois par an, entre 1911 et 1914, ils voyagent à travers l'Europe : les Alpes, Rome… Le reste du temps, Hindenburg se consacre à des études historiques et poursuit l'étude de la stratégie et de la tactique militaire. Depuis le printemps 1914, le général est disponible mais il n'a reçu pour le moment aucun ordre de commandement. Le , il envoie un salut amer à son ancien régiment : « Je ne puis m'empêcher de dire au régiment que je pouvais commander autrefois, que mes vœux les plus fidèles le guident avant le combat »[18].
La Grande Guerre
Sur le front de l'Est
Bataille de Tannenberg

La mobilisation allemande de 1914 entraîne un besoin massif de cadres expérimentés. Un après-midi, Hindenburg reçoit un télégramme officiel qui lui demande s'il est disponible pour servir l'Allemagne. Quelques instants plus tard, le chef de l'état-major (Chef des Stabes), le général Erich Ludendorff, lui annonce que la Nation a besoin de lui à la 8e armée stationnée en Prusse-Orientale[5].
L'objectif de l'État-Major russe est de prendre la citadelle de Königsberg sur la Baltique. Les 1re et 2e armées russes, commandées respectivement par les généraux von Rennenkampf et Samsonov, défont la 8e armée allemande, alors dirigée par le général von Prittwitz à Gumbinnen le . Le commandant allemand ordonne le retrait de ses troupes, laissant la Prusse-Orientale sans couverture face aux Russes. Le chef du Grand État-Major, von Moltke limoge von Prittwitz et le remplace par Hindenburg[19].
Hindenburg sait qu'il est impossible pour lui et ses 200 000 hommes de la 8e armée d'affronter les deux armées russes. Il met alors en pratique une manœuvre similaire à celle du plan Schlieffen. Il désengage un maximum de troupes en face de Rennenkampf et les dirige, aidées en renfort de deux corps d'armée venant de l'ouest, vers les hommes de Samsonov. Les relations entre les deux généraux russes étant très tendues voire inexistantes, les deux armées ne se complètent pas. La 8e armée de Hindenburg écrase sans difficulté les troupes de Samsonov à la bataille de Tannenberg le [20]. Cette mission étant remplie avec succès[i], il planifie une attaque en tenaille vers le nord. Le , il écrit au Kaiser :
« J'annonce à votre Majesté que depuis hier, ils [les Russes] sont tous soumis et que l'étau s'est refermé autour de la plus grande partie de l'armée russe : le XIIIe, le XVe et le XVIIIe corps d'armée sont détruits. Les pièces d'artillerie sont rassemblées dans les forêts. Le butin de guerre n'a pas encore été comptabilisé mais il est extraordinairement important. Aux alentours, le Ier et le VIe corps ont également souffert. Ils se sont mis précipitamment en retraite vers Mlawa et Myszyniec[21]. »
Bataille de Łódź
Hindenburg et Ludendorff dévient alors la route de leurs troupes pour prêter main-forte aux Autrichiens. L'objectif des généraux allemands est d'écraser les armées russes qui tentent une percée en Silésie en les attaquant sur leur flanc occidental. Hindenburg sait que ses armées sont en infériorité numérique par rapport à l'ennemi, mais il doit attaquer rapidement. Il appelle aussitôt l'aide de la 9e armée commandée par le général von Mackensen. Ce dernier est vainqueur sur la 1re armée de Rennenkampf puis sur la 2e armée de Scheidemann qui bat en retraite vers Łódź. Pourtant les renforts russes (5e armée de von Plehve) le commencent à encercler les hommes de Mackensen qui s'échappent de justesse. Les Russes, commandés par le grand-duc Nicolas, se retranchent à Łódź : le résultat est indécis. Le , Hindenburg reçoit la distinction de Generalfeldmarschall[5].
Batailles de Bolimov et des lacs de Mazurie (II)

À cause de ce demi-échec, Hindenburg veut en finir avec le front russe fixé à Varsovie. Il ordonne une nouvelle fois à la 9e armée de Mackensen d'entamer une attaque de diversion à Bolimov. Son offensive générale débute le : la 8e et la 10e armées sont prêtes à attaquer en Mazurie. Le , l'offensive est victorieuse, la 10e armée russe bat en retraite et échappe de peu au désastre total (plus de 56 000 morts et plus de 90 000 prisonniers russes). L'objectif est atteint, mais la 12e armée russe vient à la rescousse et met fin à l'avancée allemande sur le front de l'Est. Le , le maréchal von Hindenburg est décoré de la Eisernen Kreuzes I. Klasse mit Eichenlaub (croix de fer ornée de feuilles de chêne de 1re classe)[5].
Bataille sur deux fronts

À la fin de l'année 1915, le Grand État-Major, commandé par le général Erich von Falkenhayn, veut en finir rapidement avec les Français qu'il souhaite « saigner à blanc ». Le , il lance une grande offensive (l'opération Gericht) contre la région fortifiée de Verdun aux fortifications considérées comme désuètes et sous-équipées.. Dès le début de la bataille de Verdun, les troupes allemandes font face à une résistance française acharnée. Les soldats français sont rapidement renforcés par la IIe armée française sous le commandement du général Pétain puis du général Nivelle. Malgré de nombreuses offensives et des moyens énormes, Falkenhayn essuie un échec, avec 143 000 morts et 196 000 blessés du côté allemand[22].

Pendant ce temps, le « brillant second » austro-hongrois se trouve en situation critique face à l'offensive Broussilov : en juin 1916, dans une des plus vastes opérations de la guerre, les 7e, 9e et 11e armées russes enfoncent les lignes austro-hongroises en Galicie et en Bucovine. La Diète de Hongrie réclame la démission du chef d'état-major Franz Conrad von Hötzendorf et le passage du front de l'Est sous un commandement unifié à direction allemande. Les généraux Alexander von Linsingen et Wiesner demandent un amalgame d'unités allemandes pour empêcher l'effondrement des armées austro-hongroises. En juillet 1916, alors que la bataille de Verdun est dans une impasse et que l'offensive franco-britannique de la Somme compromet l'issue du conflit sur le front de l'Ouest, Guillaume II finit par accepter l'idée d'un commandement unique à l'Est. Le , lors d'une conférence à Berlin, Falkenhayn tente de s'opposer à l'ascension de Hindenburg et Ludendorff : il est appuyé par Conrad qui fait valoir que l'image pangermaniste de Hindenburg aurait un effet négatif sur les peuples slaves d'Autriche-Hongrie. Le 29 juillet, la prise de Brody par les Russes et la menace d'une chute imminente de Lemberg achèvent de discréditer la stratégie de Conrad : Falkenhayn et l'empereur François-Joseph se rallient à la solution de Hindenburg comme commandant en chef à l'Est, l'archiduc Frédéric de Teschen obtenant le commandement nominal du front au nord du Pripiat et l'archiduc Charles, futur empereur, un groupe d'armées réduit sur le Dniestr[23].
Un mois plus tard, le , le Kaiser nomme Hindenburg nouveau chef du Grand État-Major et Ludendorff comme premier quartier-maître général. Bien qu'ils travaillent en duo depuis le début de la guerre, les deux hommes, surnommés « les Dioscures », sont rivaux et se disputent les rênes du pouvoir. Falkenhayn, en disgrâce, est envoyé commander le front roumain tandis que Léopold de Bavière hérite du commandement du front de l'Est[24].
Dictature militaire

Si Hindenburg est présent sur le terrain militaire, il est manifeste qu'il joue aussi un grand rôle sur la scène politique allemande pendant la Première Guerre mondiale. Ce rôle trouve ses racines dans le militarisme qui, depuis Frédéric II, s'est peu à peu développé puis imposé pendant les Gründerjahren (littéralement, « années fondatrices ») avec la figure de Bismarck. Le chef du Grand État-Major dispose de grands pouvoirs, von Moltke en avait fait les preuves[25]. La victoire de Hindenburg à Tannenberg a renforcé la confiance en la victoire au sein du peuple allemand. Peu à peu, il acquiert une aura phénoménale, il devient un mythe. En 1915, une gigantesque statue de bois le représentant est inaugurée[26] à Berlin en présence d'une foule immense. La statue mesure douze mètres de haut et pèse vingt-six tonnes. Hindenburg est fêté à l'égal d'un empereur. Guillaume II perd peu à peu de son influence. Cet état de fait devient clair lorsque Ludendorff estime que la mobilisation de la nation allemande pour l'effort de guerre est insuffisante et qu'il propose l'institution d'un travail forcé : le Vaterländische Hilfsdienst[27]. Le chancelier, Bethmann-Hollweg, s'oppose à cette mesure. Hindenburg et Ludendorff usent alors de leurs pouvoirs pour faire renvoyer le chancelier lorsque ce dernier s'oppose à la guerre sous-marine à outrance. Le , Bethmann-Hollweg est contraint de démissionner. Hindenburg et Ludendorff iront même jusqu'à proposer un nouveau chancelier : Alfred von Tirpitz. La proposition sera écartée au profit de Georg Michaelis. L'État-Major incarné par Hindenburg et Ludendorff s'octroie les prérogatives du chancelier, ils reçoivent même les partis politiques le [28].
Vers la défaite

A l'automne 1918, la défaite du Reich s'annonce et la rupture entre les Dioscures est imminente : le , Guillaume II convoque Ludendorff et le congédie, et Hindenburg ne fait rien pour retenir son adjoint[5].
Hindenburg incite le gouvernement à négocier l'armistice, Guillaume II s'exile aux Pays-Bas, alors que le Reich entre en révolution. L'armistice est signé le . Hindenburg, en tant que chef de l'OHL, exerce toujours le commandement nominal des armées allemandes défaites et en retraite. « Je suis mort de fatigue », avoue-t-il. Wilhelm Groener, successeur de Ludendorff comme quartier-maître général, est chargé de diriger l'évacuation des territoires occupés en France et en Belgique, conformément aux dispositions de l'armistice signé à Rethondes. Après la démobilisation de l'armée allemande[29], le , Hindenburg quitte la direction de l'État-Major allemand ; le suivant, il est définitivement démobilisé[5].
Président du Reich
Immédiat après-guerre

Pendant la première moitié de 1919, Hindenburg est le commandant du Grenzschutz Ost[30], corps de la Reichswehr provisoire chargé de défendre les frontières orientales de l'Allemagne contre les ambitions territoriales de la Pologne et de la Tchécoslovaquie[31]. L'insurrection polonaise en Grande-Pologne (Posnanie), qui éclate le avec l'engagement des légions polonaises, fait passer cette région sous contrôle polonais que l'Allemagne doit accepter de facto par un armistice de février 1919[32].
Le , un comité d'enquête de l'Assemblée nationale du Reich se tient au Reichstag à Berlin pour éclaircir la responsabilité des hauts dignitaires allemands dans la défaite. Hindenburg et Ludendorff sont invités à témoigner. Le vieux maréchal entre le premier, suivi par Ludendorff. Le prestige des deux hommes est tel que la salle qui accueille les interrogatoires est pleine. La presse nationale et internationale, tout comme la société berlinoise et des environs, sont présentes[33]. Même si Hindenburg est démobilisé, les gens l'entourent d'honneurs et son siège est décoré d'un bouquet de chrysanthèmes blancs dans lequel est noué un ruban noir, blanc et rouge[33]. Le public l'acclame aux cris de « Longue vie au maréchal ! » mais aussi « À bas le gouvernement juif ! », « À bas le comité juif ![34] »

Hindenburg déclare : « L'armée allemande a reçu un coup de poignard dans le dos »[35]. Il reprend la Dolschstoßlegende lancée à la fin de l'année 1918 pour laver l'État-Major allemand de toute responsabilité dans la défaite. La formule a un écho immédiat : le , une caricature du magazine satirique Kladderadatsch montre un Hindenburg majestueux ouvrant un rideau de théâtre sur une scène où un soldat allemand, armé et casqué, est poignardé dans le dos par une femme à la chevelure de Méduse surmontée de la casquette à pont typique des ouvriers socialistes et dont le profil « sémitique » peut évoquer la révolutionnaire Rosa Luxemburg[34]. Au cours de l'interrogatoire, Hindenburg lit une déclaration dans laquelle il minimise le poids militaire des Alliés même après l'entrée en guerre des États-Unis, attribuant la cause de la défaite à une « décomposition organisée » de la flotte impériale et de l'armée par des forces révolutionnaires[33]. Cette trahison serait due selon lui aux ouvriers et aux socialistes. Aucun des deux hommes n'évoque qu'eux-mêmes avaient en catastrophe demandé le cessez-le-feu, le après l'échec de l'offensive d'été. Après les débats, Hindenburg et Ludendorff sont lavés de tout soupçon et leur action militaire à l'ouest est qualifiée de performance dans l'histoire mondiale[36].

Au début des années 1920, Hindenburg prend sa retraite définitive avec sa femme dans sa villa de Hanovre. Son épouse meurt le d'une maladie mal soignée. Entre-temps, son fils Oskar est nommé général. Entre 1921 et 1925, Hindenburg fréquente la station de cure de Bad Bevensen. Il chasse dans les forêts bavaroises et il est devenu un grand-père accompli.
Maréchal-président
Premier tour de l'élection présidentielle (1925)
Le premier président de la république de Weimar fut élu par la Chambre, mais en 1925 la Constitution fut modifiée, de sorte que le peuple allemand puisse lui-même élire le président de la république au suffrage universel direct. Ludendorff, que Hindenburg connaît bien, se présente à l'élection présidentielle sous l'étiquette du NSDAP. Hindenburg rédige une longue lettre à son ancien homologue militaire, dans laquelle il lui demande de renoncer à cette candidature : « Retirez votre candidature immédiatement. Au lieu de vous unir […] vous vous dispersez avec les cercles nationaux en cette heure décisive. Dans ce camp votre élection est désespérée. Vous vous compromettez ainsi… de votre faute, la patrie est en danger. Acceptez donc cette demande qui pourrait être la dernière de ma vie »[37].
À l'issue du premier tour, qui a lieu le 29 mars, Karl Jarres[j] est en tête avec le DVP à 38,8 % des suffrages. Suivent, Otto Braun[k] (SPD) à 29,1 %, Wilhelm Marx[l] (Zentrum) à 14,5 % puis Ernst Thälmann (KPD) à 7 %. Les candidats suivants ont obtenu des résultats insignifiants à l'instar de Ludendorff avec 1,1 % des suffrages[m].
| Candidats | Votes (%) | Parti du candidat | Soutiens |
|---|---|---|---|
| Karl Jarres | 10 410 000 (38,8) | Parti populaire allemand (DVP) | Parti populaire national allemand (DNVP) |
| Otto Braun | 7 800 000 (29,1) | Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) | n/a |
| Wilhelm Marx | 3 890 000 (14,5) | Zentrum | n/a |
| Ernst Thälmann | 1 870 000 (7,0) | Parti communiste d'Allemagne (KPD) | n/a |
| Willy Hellpach | 1 570 000 (5,8) | Parti démocrate allemand (DDP) | n/a |
| Heinrich Held | 1 010 000 (3,7) | Parti populaire bavarois (BVP) | n/a |
| Erich Ludendorff | 280 000 (1,1) | Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) | n/a |
| Total | 26 830 000 (100,0) |
Second tour de l'élection présidentielle



L'élection du chancelier Wilhelm Marx semble acquise , mais la réapparition du facteur confessionnel change la donne[38]. « Très vite la majorité des protestants rejette l'idée d'un président du Reich catholique »[39]. Voyant la menace, Wilhelm Marx croit se défendre en s'engageant à faire preuve de tolérance, mais c'est pour entendre la réponse : « En sommes-nous arrivés là, nous autres protestants, que nous devions nous contenter d'être tolérés en Allemagne ? »[40]. Une analyse du vote rural montre que les électeurs protestants d'Otto Braun au premier tour se reportèrent en quasi-totalité sur Hindenburg au second : « C'était l'unanimisme retrouvé »[41]. Le résultat est tel que le au matin, le vieux maréchal qui, sur le papier, n'avait pratiquement pas de réserves de voix se retrouve élu second président de la république de Weimar avec 48,3 % des voix. Joseph Goebbels témoigne : « - Le - Hindenburg arrive au but. Dehors dans les rues. Il est 1 heure du matin. Devant la BMZ. Derniers résultats vers 2 heures. Hindenburg est élu avec 900 000 voix d'avance sur Marx. Interminables transports de joie des masses : « Longue vie à Hindenburg ! » La ville resplendit de noir-blanc-rouge. C'est une étape vers le but. Rien de plus et rien de moins. Que vive Hindenburg ! »[42]. l'historien Ian Kershaw conclut : « La démocratie de Weimar était désormais entre les mains de l'un des piliers de l'ordre ancien. La droite nationale et conservatrice n'était pas la seule à avoir voté pour lui. […] En 1933, le prix à payer sera lourd »[43].
| Candidats | Votes (%) | Parti du candidat | Soutiens |
|---|---|---|---|
| Paul von Hindenburg | 14 655 641 (48,3) | Aucun | DVP, DNVP, BVP, NSDAP |
| Wilhelm Marx | 13 751 605 (45,3) | Zentrum | SPD, DDP |
| Ernst Thälmann | 1 931 000 (6,4) | KPD | n/a |
| Total | 30 338 246 (100,0) |

Hindenburg quitte Hanovre pour Berlin le . Sur la Wilhelmstrasse, des milliers de Berlinois acclament le « vainqueur de Tannenberg ». Lors du repas présidentiel, il conclut par : « Les intuitions que j'ai reçues à la grande École de l'accomplissement du devoir, à l'armée de terre allemande, doivent être également utiles pour mon devoir de paix »[44]. Quelques instants plus tard, il fait une allocution au peuple : « Il ne faut pas imaginer qu'un parti me donnera d'une quelconque manière des instructions, même pas ceux qui m'ont aidé dans la compétition électorale. Cependant, je tends la main à l'ancien adversaire qui veut se mettre avec moi au travail »[45].
Présidence du maréchal


L'historien Johann Chapoutot décrit Hindenburg, lors de son élection à la présidence en 1925, comme une figure profondément conservatrice[46], attachée aux vertus prussiennes telles que l'honneur, le devoir et le sacrifice. Il souligne son hostilité aux sociaux-démocrates, aux communistes et aux syndicats, ainsi que sa méfiance envers les catholiques du Zentrum, à l'exception de ceux qu'il jugeait suffisamment conservateurs ou ayant un passé militaire. Chapoutot note également l’aversion de Hindenburg pour les évolutions sociales de la République de Weimar et son indifférence aux questions sociales, ou un possible État-providence allemand.
Durant son mandat, l'Allemagne reste instable : pas moins de quatre chanceliers et cinq gouvernements alternant entre le Zentrum et le SPD se succèdent durant le septennat de Hindenburg, souvent incapables de redresser la situation du pays.
- Hans Luther (aucun) : -
- Wilhelm Marx III (Zentrum) : -
- Wilhelm Marx IV (Zentrum) : -
- Hermann Müller II (SPD) : -
- Heinrich Brüning (Zentrum) : -
Au moment où le gouvernement de coalition dirigé par le socialiste Hermann Müller se trouve en difficulté sur la question de l'assurance chômage, « Hindenburg, le président du Reich, aurait pu user de ses pouvoirs afin de permettre à Müller de trancher la question des cotisations par décret présidentiel. […] Hindenburg devait y recourir systématiquement au profit des successeurs de Müller au point de miner complètement le régime parlementaire. Mais au début de 1930, il refusa à Müller le recours à l'article 48 »[47], confirmant de ce fait sa volonté d'écarter les sociaux-démocrates du gouvernement affirmée dès [47]. Le chancelier Müller est remplacé par Heinrich Brüning en mars[n]. À son tour en difficulté à la suite de la grande dépression économique de 1929-1930, Brüning gouverne par décrets d'urgence, puis demande à Hindenburg, en , de dissoudre la Chambre des députés pour lutter contre les socialistes et les nationaux-socialistes. Lors de diverses élections pour les parlements régionaux, en 1931, les nazis progressent de manière notable, suscitant l'inquiétude de Hindenburg qui considère qu'ils sont « de vulgaires et dangereux socialistes »[48].

La silhouette imposante de Hindenburg inspire volontiers les caricaturistes chez qui son image apparaît presque toujours bienveillante : la presse de droite, libérale ou social-démocrate le montre comme un garant de stabilité, un « rocher », même si la presse de gauche déplore parfois sa naïveté envers les menées réactionnaires, comme quand il accepte la présidence d'honneur du Stahlhelm, puissante milice d'extrême droite, en échange de la parole d'honneur de son fondateur Franz Seldte de ne pas porter atteinte à la Constitution de Weimar. Pendant ses deux mandats, Hindenburg ne dépose qu'une seule plainte pour diffamation par caricature contre un dessin de Hans Herbert Schweitzer dit Mjölnir, du magazine nazi Der Angriff : celui-ci, dans un dessin paru en décembre 1929 sous le titre « Et le "sauveur" regarde », montrait Hindenburg avec les attributs du dieu germanique Wotan, coiffé d'un casque à cornes, drapé dans le drapeau de la République allemande ; une morne foule enchaînée défile devant son trône ; la légende précise qu'il s'agit du peuple allemand condamné à la servitude pour trois générations en application du plan Young, une initiative américaine de rééchelonnement des réparations de guerre allemandes ; le trône du « dieu teutonique » est soutenu par un personnage présentant les symboles et les traits du Juif de caricature. Le journal s'en tire avec une légère amende et Joseph Goebbels se réjouit même de cette publicité gratuite à l'approche des élections législatives de 1930[34].

Entre 1928 et 1931, le parti national-socialiste connaît une ascension fulgurante passant de 2,6 à 18,3 %. Désormais chef du deuxième parti d'Allemagne, Hitler n'a plus vraiment besoin du soutien de Hindenburg. Goebbels écrit : « – Le – Cette vieille ruine [de Hindenburg] se défend contre l'article 4[Lequel ?] ? Quelle erreur d'avoir fait de cet homme le président du Reich ! Il bloque tout le mouvement de libération »[49].
Second mandat
- Hommes-sandwich portant l'effigie des différents candidats.
- Affiche en faveur de Paul von Hindenburg, pendant le premier tour.
- Bulletin électoral du second tour (avril 1932).
Résultats de l'élection présidentielle
| Candidats | Votes (%){ | Parti du candidat |
|---|---|---|
| Paul von Hindenburg | 16 651 000 (49,6) | Volksblock |
| Adolf Hitler | 11 339 000 (30,1) | NSDAP |
| Ernst Thälmann | 4 983 000 (13,2) | KPD |
| Theodor Duesterberg | 2 557 000 (6,8) | SBF |
| Gustav A. Winter | 111 400 (0,3) | |
| Total | 35 640 000 (100,0) |
| Candidats | Votes (%) | Parti du candidat |
|---|---|---|
| Paul von Hindenburg | 19 359 000 (53,1) | Volksblock |
| Adolf Hitler | 13 418 000 (36,8) | NSDAP |
| Ernst Thälmann | 3 706 759 (10,1) | KPD |
| Total | 36 483 000 (100,0) |

En , le président Hindenburg rencontre pour la première fois le « Führer » du NSDAP, Adolf Hitler, au cours d'un entretien au palais présidentiel. L'entrevue tourne au désastre : les deux hommes ne s'entendent absolument pas. Hindenburg le surnomme « caporal bohémien »[50].
Dans un premier temps, Franz von Papen tente d'obtenir un renouvellement du mandat présidentiel de Hindenburg par le Reichstag, sans devoir passer par de nouvelles élections ; cette procédure, qui nécessitait une modification de la Constitution à la majorité des deux tiers, est rendue impossible par le refus des nazis, motivés par leur volonté de faire tomber le gouvernement dirigé par Brüning ; Hitler n'accepte de soutenir cette proposition qu'au prix du renvoi de Brüning et de l'organisation de nouvelles élections législatives qu'il est persuadé d'emporter haut la main ; cette solution est refusée par Hindenburg[51].
La plupart des patrons sont effrayés pendant la campagne présidentielle par le flou qui entoure les positions d'Adolf Hitler à propos de l'économie et ils se rangent donc clairement derrière Hindenburg et von Papen, « issu de la noblesse de Westphalie, l'homme qui avait épousé la fille d'un industriel de la Sarre et entretenait de bonnes relations avec des chefs d'entreprise, des propriétaires terriens et des officiers de la Reichswehr »[52]. Au premier tour du scrutin, il y a cinq candidats. Hindenburg (Volksblock), Hitler (NSDAP), qui hésite pendant plus d'un mois avant de se présenter contre le maréchal[53], Ernst Thälmann (KPD), Theodor Duesterberg et Gustav A. Winter. La position de Hindenburg est singulière : « il était tributaire du soutien des socialistes et des catholiques, qui avaient été ses principaux opposants au cours des sept années passées et formaient de bien étranges et fâcheux compagnons de route pour le doyen loyalement protestant et ultra-conservateur »[53],[54],[55].
De Brüning à von Papen
Le maréchal est réélu mais le parti national-socialiste réalise une énorme percée : de 1,1 % en 1925 à 30,1 % en 1932 (aux premiers tours) : il s'agit désormais d'un partenaire incontournable. Hindenburg prévoit la démission de certains de ses ministres (Wirth et Guérard). Le , malgré l'aide précieuse de Brüning dans sa réélection à la présidence, Hindenburg le somme de démissionner notamment à cause de son projet de décret visant directement les intérêts des grands propriétaires fonciers et à cause de sa politique déflationniste : « Dès lors, plus rien ne s'opposait au virage à droite qui avait les faveurs de Hindenburg et auquel Schleicher avait œuvré »[56]. Il appelle au pouvoir Franz von Papen, qui démissionne du Zentrum pour empêcher son exclusion. Après avoir formé le « Gouvernement des barons » (Kabinett der Barone), le nouveau chancelier gouverne de manière autoritaire le pays.
Flatteur, charmeur, monarchiste et ancien officier de la Première Guerre mondiale, Papen devient rapidement le chancelier préféré de Hindenburg aux dépens de Schleicher. L'ambassadeur français à Berlin, André François-Poncet, témoigne : « C'est lui [Franz von Papen] le préféré, le favori du maréchal ; il détourne le vieil homme par sa vivacité, son espièglerie ; il le flatte en lui montrant du respect et de la dévotion. Il le séduit par son audace ; il est à ses yeux [de Hindenburg] l'homme parfait »[57].
De von Papen à von Schleicher
Si le NSDAP fait figure de premier parti d'Allemagne, il ne détient pas la majorité au Reichstag. Cela n'empêche pas Hitler, lors de négociations secrètes, menées début août avec Schleicher, d'exiger le fait d'être nommé chancelier et de voir attribués les ministères de l'Intérieur à Wilhelm Frick, de l'Air à Hermann Göring, du Travail à Otto Strasser et de l'Éducation du peuple à Joseph Goebbels[58]. Une exigence catégoriquement rejetée par le président Hindenburg le , qui se permet d'ironiser quant à la situation : « Faire d'un caporal bohémien le chancelier du Reich, ce serait du propre »[58].
Lors d'une nouvelle rencontre avec Hindenburg, le , Hitler se voit proposer d'entrer dans le gouvernement von Papen. Il rejette cette offre : « Monsieur Hitler a déclaré que, pour des raisons qu'il a expliquées en détail au président du Reich ce matin, il était hors de question qu'il participe au gouvernement actuel. Considérant l'importance du mouvement national-socialiste, il se doit de demander la totalité du pouvoir pour lui et son parti (…) » (déclaration d'Otto Meissner du 13 août 1932)[59]. À sa demande de disposer de « la direction du gouvernement et de la direction de l'État dans toute son étendue pour lui-même et pour son parti », Hitler se voit opposer un refus catégorique par Hindenburg ; pour celui-ci, « s'il remettait la totalité du pouvoir gouvernemental à un seul parti, et de surcroît à un parti aussi intolérant envers tous ceux qui avaient des points de vue différents, il ne pourrait répondre devant Dieu, sa conscience et la patrie »[60].
Le Parlement, présidé par Göring, est dissous lors de sa deuxième séance, le , sur la base d'une décision prise par Hindenburg le , après des débats houleux qui tournent à la déconfiture du gouvernement. De nouvelles élections sont prévues pour le [61]. Lors des élections, les nazis perdent un peu de terrain mais ils restent un partenaire incontournable avec 33,1 % des voix (196 sièges). Le , Hindenburg reçoit Adolf Hitler dans le cadre de sa consultation des chefs des formations politiques et lui renouvelle son offre d'entrer dans un gouvernement de coalition, mais sans détenir la chancellerie[62]. « Comme les échanges de mi-novembre allaient le montrer, le président du Reich continuait à se méfier profondément du chef nazi[62]. » Le , une vingtaine de personnalités du grand patronat lui demandent de nommer Hitler au poste de chancelier[63]. Papen démissionne en à cause d'une discorde avec Schleicher. Ce dernier est nommé chancelier. Quelques jours plus tard, Hindenburg annonce : « Messieurs, j'espère que vous ne me rendez pas responsable de devoir nommer ce caporal autrichien chancelier du Reich ! »[64].
Nomination de Hitler à la Chancellerie

Après d'intenses négociations menées entre les dirigeants nazis et l'entourage de Hindenburg, négociations auxquelles est associé le fils du maréchal et où von Papen joue un rôle clé, Hindenburg accepte de limoger Schleicher et de nommer Hitler au poste de chancelier. Il ne s'agit pas d'un accident de parcours pour Ian Kershaw : « Hindenburg lui-même et ceux qui étaient en position de l'influencer étaient si occupés à chercher une solution à droite qu'ils ne prirent pas la peine d'envisager une issue parlementaire »[65] ; il écrit plus loin que « L’accession d’Hitler au pouvoir n’était aucunement inéluctable. Hindenburg eût-il concédé à Schleicher la dissolution qu’il avait si volontiers accordée à Papen et décidé une prorogation au-delà des soixante jours prévus par la Constitution, que la nomination de Hitler à la chancellerie aurait sans doute pu être évitée »[66]. Le lundi , peu après midi, les membres du futur cabinet Hitler entrent chez le président, fort irrités qu'on les ait fait attendre près d'une heure ; l'entretien est bref et la seule réponse du président au discours du nouveau chancelier consiste en quelques mots : « Et maintenant, messieurs, Dieu vous accompagne »[67]. Seuls Hitler, Göring et Wilhelm Frick font partie du gouvernement au départ. Quant à Papen, toujours favori du président, il est nommé vice-chancelier. Dès le 31 janvier 1933, « Hindenburg se laissa persuader d'accorder à Hitler ce qu'il avait refusé à Schleicher à peine quatre jours plus tôt : la dissolution du Reichstag »[68], qui débouche, aux élections du , sur une progression substantielle du parti national-socialiste qui récolte 43,9 % des voix, soit 288 sièges sur 647 (quelques jours après l'incendie du Reichtag, et dans un contexte où les socialistes et les communistes sont réprimés par les nazis, et empêchés de faire campagne)[69]. La présidence de Hindenburg est alors encore perçue, notamment par des dirigeants syndicaux, comme la « meilleure garantie que la Constitution ne serait pas violée »[70]. Le 4 février, Hindenburg signe l'ordonnance pour la protection du peuple qui permet aux nazis d'épurer et de noyauter l'administration et la police[71]. Hindenburg signe donc le 28, avant les élections, et comme conséquence de l'incendie du Reichstag du 27 février 1933, la Reichstagsbrandverordnung qui suspend quasiment toutes les libertés publiques. Selon Gilbert Badia, « il a suffi d'un exposé dramatique de Hitler […] pour que le vieillard réactionnaire confie les pleins pouvoirs au caporal autrichien naguère méprisé »[72].
Après l'accession au pouvoir de Hitler, certains juifs gardent confiance en voyant que le président, vieux et respecté, reste à la tête de l'État ; après avoir reçu une lettre de plainte de Frieda Friedmann, une juive dont le fiancé et les deux frères avaient péri lors de la Première Guerre mondiale, Hindenburg lui fait savoir qu'il est résolument opposé aux excès à l'encontre des juifs et transmet la lettre à Hitler[73]. En mars, Hindenburg tente d'intervenir afin de contrer le projet de Hitler d'organiser le boycott des commerces juifs dans toute l'Allemagne[74]. Lors de l'adoption de la loi du 7 avril 1933 pour le rétablissement de la fonction publique professionnelle qui écarte les juifs et les opposants au nazisme de l'administration, Hindenburg obtient que les juifs ayant combattu pendant la Première Guerre mondiale en soient exemptés[75], ainsi que les fonctionnaires juifs dont les pères ou les fils étaient tombés sur le front[76] (Frontkämpferprivileg ou privilège du combattant de première ligne). De plus Hindenburg demande à Hitler de rétablir l'ordre, après avoir été couvert de protestations contre les exactions de la SA dans les premiers mois de 1933. Il est aussi sensible à la mobilisation de l'Église protestante à ce sujet[77].
La fin

Le président Hindenburg tombe gravement malade en et Hitler en est informé : au début du mois de , le président se retire dans sa propriété de Neudeck, en Prusse-Orientale : « Ainsi le principal appui des conservateurs se trouvait-il désormais éloigné du centre névralgique du pouvoir alors que la question de la succession était imminente »[78]. Malgré son état de santé, il reçoit Hitler dans sa résidence le 21 juin, à un moment où la tension entre la SA et les milieux conservateurs menés par Franz von Papen est à son comble, notamment après le discours de Marbourg prononcé par celui-ci le 17 juin ; le président du Reich demande à Hitler pendant cette entrevue de « ramener enfin à la raison les fauteurs de troubles révolutionnaires » et le menace, par l'entremise de Blomberg, de proclamer la loi martiale et de confier le pouvoir à l'armée si le gouvernement se révèle incapable de ramener le calme[79]. Les « fauteurs de troubles révolutionnaires » de la SA sont éliminés lors de la nuit des Longs Couteaux. Après celle-ci, le président adresse au Führer un télégramme de félicitations : « D'après les rapports que je viens de recevoir, je constate que par votre esprit de décision et votre courage personnel, vous avez étouffé dans l'œuf les intentions des traîtres. Je vous exprime par ce télégramme ma profonde reconnaissance et mes remerciements très sincères »[80]. Il n'est toutefois pas certain qu'il ait rédigé lui-même ce message, voire qu'il l'ait lu[81]. Selon Badia, en revanche, « Hitler, quand il rendit visite à Hindenburg à Neudeck quelques jours plus tard, après la nuit des Longs Couteaux, le trouva tout disposé à approuver ces effusions de sang nécessaires pour faire l'histoire. La plus haute autorité de l'État avalisait ces crimes »[82].


Hindenburg meurt le d'un cancer du poumon dans sa maison de Neudeck en Prusse-Orientale à l'âge de 86 ans. Dès la veille de sa mort, Hitler avait opportunément promulgué une loi qui prévoyait la réunion des fonctions de président et de chancelier, à valoir le jour de la mort du président, Hitler devenant alors désigné par le nouveau vocable « Führer et chancelier du Reich ». Le jour de la mort du maréchal, Hitler demande au ministre de l'Intérieur, Wilhelm Frick, d'organiser une consultation électorale pour que le peuple allemand s'exprime sur ladite loi. Le scrutin se tient le . Le testament politique du maréchal, sûrement trafiqué, remercie vivement le chancelier Hitler pour le travail accompli. Le , Hindenburg est inhumé contre sa volonté au mémorial de Tannenberg lors de funérailles grandioses (durant lesquelles la croix gammée est absente) auxquelles Ludendorff refuse de figurer aux côtés de Hitler, qu'il surnomme « ce faux demi-dieu »[83].
Au mois de , la Prusse orientale est directement attaquée par l'Armée rouge, les cercueils de Hindenburg et son épouse sont donc évacués du mémorial de Tannenberg, puis placés dans la crypte de l'église Sainte-Élisabeth de Marbourg, près de Francfort, où ils se trouvent toujours au début du XXIe siècle[84].
L'interprétation historique du rôle de Hindenburg reste mitigée. D'un côté, il est le héros charismatique de la Première Guerre mondiale ; de l'autre, il est l'initiateur de la Dolchstoßlegende et celui qui a ouvert les portes du pouvoir à Hitler en le nommant chancelier[85].
L'image de Hindenburg
- Cible de tir à l'effigie de Hindenburg (années 1930).
- Conception d'une statue monumentale de Hindenburg par le sculpteur Seyfert.
- Médaille en porcelaine commémorant son 80e anniversaire en 1927 (manufacture nationale de Meissen).
Alors que les médias de masse commencent à s'épanouir en Allemagne, le nom et la figure de Hindenburg ont été très utilisés de 1914 à 1934 ; au profit de divers groupes politiques ainsi que de l'industrie et du commerce allemand.
Sa stature, son visage à la moustache, son calme, sa réputation de studieux père de famille, son passé militaire de soldat patriote et sa figure de patriarche en uniforme médaillé ont fait de Hindenburg le symbole d'une puissance et d'une stabilité invitant les Allemands à la confiance, malgré les crises économiques, sociales et politiques qui agitaient le pays[86]. Cette image a été utilisée et entretenue, avec des objectifs politiques par le Kaiser d'abord, puis par Hitler et les nazis, mais aussi par l'industrie et le commerce avec des motifs plus mercantiles, soutenus par l'activité naissante de la publicité de masse (de nombreux bibelots et produits portaient la photo, un dessin ou le nom de Hindenburg[86]). Après sa mort, des rues, des bâtiments et lieux publics, des bateaux (SMS Hindenburg) et un prestigieux dirigeable (le LZ 129 Hindenburg, le plus grand jamais construit) ont continué à être baptisés de son nom. Ceci a contribué à modeler un « mythe Hindenburg » qui semble avoir pénétré la société sous toutes ses formes et dans toutes ses classes et qui a persisté après sa mort chez une partie des Allemands[86].
Ses fréquents appels à la confiance dans le gouvernement et ses discours à la radio étaient suivis par de nombreux auditeurs[86]. Le mythe le plaçait au-delà des fractures politiques de Weimar. Hindenburg s'est aussi mis en scène devant les caméras et il a selon A. Menge fortement cherché à contrôler l'image que le public avait de lui et intervenait directement dans la promotion, la gestion et la censure de son propre mythe[86].
Œuvres
- (de) Paul von Hindenburg, Aus meinen Leben, Leipzig, von Hinzel, .traduction française avec le titre Ma Vie édité par Lavauzelle en 1921.
- (de) Paul von Hindenburg (préf. Fritz Endres), Briefe, Reden, Berichte., Ebenhausen, Langewiesche-Brandt,
Il a rédigé les avants-propos pour les ouvrages suivants:
- (de) Heinrich Beenken, Was wir verloren haben. Entrissenes doch nie vergessenes deutsches Land., Berlin, Zillessen, .
- (de) Gerhard Schultze-Pfaelzer, Von Spa nach Weimar. Die Geschichte der deutschen Zeitenwende., Zürich, Grethlein & Co., .
Tableau d’avancement
- : entre à l'école de cadets (Kadettenanstalt) de Wahlstatt, en Silésie[87].
- 05/04/1863 : école militaire principale des cadets (Hauptkadettenanstalt) à Berlin-Lichterfelde comme Fähnrich.
- 1865 : page de la reine Élisabeth de Bavière, veuve du roi Frédéric-Guillaume IV.
- 07/04/1866 : Leutnant au 3e régiment à pied de la Garde, à Berlin.
- 15/06/1866 : combattant dans la guerre austro-prussienne.
- 23/08/1866 : 3e régiment à pied de la Garde, à Berlin (fin de la guerre austro-prussienne).
- 19/07/1870 : combattant dans la guerre franco-allemande de 1870-1871.
- 30/09/1870 : 3e régiment à pied de la Garde, à Berlin (adjudant du bataillon).
- 18/01/1871 : il représente son régiment lors de la proclamation de l’Empire allemand à la galerie des Glaces du château de Versailles.
- 11/05/1871 : 3e régiment à pied de la Garde, à Berlin (fin de la guerre franco-prussienne, adjudant du bataillon).
- 13/04/1872 : Oberleutnant.
- 01/10/1873 : étudiant à l’Académie de guerre de Prusse, à Berlin, promotion prince Alexandre de Prusse
- 27/07/1876 : 3e régiment à pied de la Garde, à Berlin (retour de l'école militaire).
- 01/04/1877 : Grand État-Major général, à Berlin (détaché au quartier général depuis le 3GdRzF).
- 18/04/1878 : Hauptmann.
- 18/04/1878 : affecté à l'état-major général de l'armée, Berlin.
- 09/07/1878 : 2e corps d'armée, à Stettin (affecté à l'état-major du général Benno Hann von Weyhern, provenant du GSdA).
- 05/05/1881 : 1re division d'infanterie, à Königsberg (comme premier officier d'état-major général de Nachtigal, Ia, de GSdA).
- 15/04/1884 : 58e régiment d'infanterie (3e posnanien), à Glogau et Fraustadt (comme commandant de compagnie).
- 15/07/1885 : Grand état-major général, à Berlin (depuis GSdA).
- 12/11/1885 : Major.
- 01/07/1888 : 3e corps d'armée, à Berlin (détaché comme premier officier d'état-major général de Schellendorff).
- 01/07/1888 : Académie de guerre de Prusse, à Berlin (comme instructeur).
- 01/07/1889 : ministère de la Guerre, à Berlin (comme chef de département provisoire au ministère, d'après GSdA).
- 14/02/1891 : Oberstleutnant.
- 17/06/1893 : commandant du 91e régiment d'infanterie oldenbourgeois.
- 17/03/1894 : Oberst.
- 15/08/1896 : État-major général de l'armée, à Berlin.
- 15/08/1896 : 8e corps d'armée, à Coblence (détaché en tant que chef d'état-major de Vogel von Falkenstein).
- 22/03/1897 : Generalmajor.
- 09/07/1900 : Generalleutnant.
- 09/07/1900 : 28e division d'infanterie, à Karlsruhe (commandant remplaçant Emil von Lessel).
- 27/01/1903 : 4e corps d'armée, à Magdebourg (commandant provisoire).
- 18/05/1903 : 4e corps d'armée, à Magdebourg (commandant remplaçant Richard von Klitzing).
- 22/06/1905 : General der Infanterie.
- 18/03/1911 : mis à disposition.
Grande Guerre
- 02/08/1914 : à disposition.
- 22/08/1914 : commandant de la 8e armée (Cdr, remplacé par Prittwitz et Gaffron).
- 26/08/1914 : Generaloberst.
- 18/09/1914 : commandant de la 9e armée.
- 01/11/1914 : commandant en chef de l'Est (front de l'Est jusqu'au 28 août 1916).
- 27/11/1914 : Generalfeldmarschall.
- 05/08/1915 : groupe d'armées Hindenburg (devient le groupe d'armées Eichhorn).
- 30/07/1916 : front Hindenburg (formé à partir des groupes d'armées Eichhorn, Linsingen, Prinz Leopold et de la 2e armée impériale et royale).
- 29/08/1916 : au Grand Quartier général, chef d'état-major général de l'armée de terre, au château de Pleß.
- 11/02/1917 : Grand Quartier général, chef d'état-major général de l'armée de terre, à Berlin.
- 17/02/1917 : Grand Quartier général, chef d'état-major général de l'armée de terre, à Spa, Belgique.
- 18/03/1918 : Grand Quartier général, chef d'état-major général de l'armée de terre, à Avesnes, France.
- 07/09/1918 : Grand Quartier général, chef d'état-major général de l'armée de terre à Spa.
- /11/11/1918 : armistice de Compiègne.
- 25/06/1919 : hors service.
Décorations, distinctions et armoiries
Armoiries
- Armoiries de la Famille von Beneckendorff und von Hindenburg en 1789
- Armoiries de Paul von Beneckendorff und von hindenburg.
- Armoiries de Paul von Hindenburg comme Chevalier de l’Ordre de la Toison d’or de la branche espagnole
Les armoiries de 1789 sont divisées en quatre parties : les champs 1 et 4 représentent une tête de buffle noire avec un anneau doré dans le nez sur fond bleu, les champs 2 et 3 représentent un arbre vert sur fond argenté devant lequel une biche brune (cerf femelle) marche sur une pelouse verte. Deux casques, celui de gauche avec des Lambrequin bleu et argent ornés de quatre plumes d'autruche (bleu-noir-noir-bleu), celui de droite avec des lambrequin rouge et argent ornés d'une aile noire ouverte.
Décorations
Décorations allemandes
Prusse[87] :
- Chevalier de l'Aigle rouge, 4e classe, avec épées, « 7 avril 1866 », 3eClasse avec le nœud et les épées sur l'anneau,« 19 janvier 1896 »,2e classe avec feuilles de chêne et épées sur l'anneau,« 10 septembre 1897»,1ère classe avec feuilles de chêne et épées sur l'anneau,« 11 septembre 1903».
- Croix de fer, 2e classe, « 1870 » ; « agrafe du jubilé », « 1895 » avec feuilles de chêne et épées sur l'anneau; 1re classe, « 1914 » ; Grand-croix de la Croix de fer, « 9 décembre 1916 » ; Étoile de la Grande Croix de la Croix de fer, « 25 mars 1918 »
- Chevalier de l'Aigle noir, « mars 1911 »
- Pour le Mérite (militaire), « 2 septembre 1914 » ; avec feuilles de chêne, « 23 février 1915 »
- Grand Commandeur de l'Ordre de Hohenzollern, avec étoile et épées, « 14 août 1917 »
- Commandeur d'honneur du Grand bailliage de Brandebourg
- Croix commémorative royale prussienne pour la campagne de 1866
- Médaille impériale allemande commémorative des campagnes militaires de 1870-1871 en bronze 16 juin 1871
- Croix royale prussienne du mérite pour officiers - 25 ans de service 7 avril 1891
- Médaille commémorative royale prussienne de l'empereur Guillaume (médaille du centenaire) 22 mars 1897
- médaille commémorative en acier consacrée à l'Afrique du Sud-Ouest 1907
- Hohenzollern-Sigmaringen : Croix d'honneur de l'Ordre de la Maison princière de Hohenzollern, 1re classe avec épées
Anhalt :
- Grand-croix d'Albert l'Ours, avec couronne et épées
- Croix de Frédéric, 1re classe
Grand-duché de Bade : Grand-croix du Lion de Zähringen, « 1903 »[88]
Royaume de Bavière : Grand-Croix de l'Ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière - Saxe-Cobourg et Gotha Saxe-Altenbourg Saxe-Meiningen Saxe-Weimar Duchés saxons :
- Grand-Croix de l'Ordre de la Maison ernestine de Saxe, avec épées et collier,
- Grand-Croix avec épées de l’Ordre du Faucon blanc juin 1901
- Croix de guerre de Charles-Édouard (Cobourg)
- Principauté de Lippe: Croix d’honneur de 2e classe de l’Ordre de la Maison de Lippe 1896
Mecklembourg :
- Grand-croix de la Couronne de Wende, avec couronne d'or et épées
- Croix du Mérite militaire (Mecklembourg-Schwerin), 1re classe (Schwerin)
- Croix de distinction militaire (Strelitz)
Oldenbourg :
- Grand-Croix de l’Ordre du Mérite du duc Pierre-Frédéric-Louis, avec couronne, épées et lauriers octobre octobre 1900
- Croix de Frédéric-Auguste, 1re classe
Royaume de Saxe :
- Chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Henri ; Commandeur de 1re classe, « 21 décembre 1914 » ; Grand-Croix, « 27 décembre 1916 »
- Chevalier de l’Ordre de la Couronne de Saxe, « 7 mai 1918 »
- Waldeck-Pyrmont:
- Ordre du Mérite- 1re classe avec épées
Wurtemberg :
- Grand-croix de l'ordre de Frédéric, « 1902 »[89]
- Grand-Croix de l’Ordre de la Couronne de Wurtemberg, avec épées
- Grand-Croix de l'Ordre du Mérite militaire, « 21 janvier 1915 »
Reich allemand :
- Croix d'honneur 18 juillet 1934
Décorations étrangères
Autriche-Hongrie[87] :
- Grand-Croix de Saint-Étienne, « 1914 »[90]
- Croix du mérite militaire (Autriche), 1re classe, avec décoration de guerre, « 22 janvier 1917 » ; en diamants, « 5 novembre 1917 »
- Signum Laudis, 5 août 1917
- Grand-croix de l'Ordre militaire de Marie-Thérèse, « 26 mars 1918 »[91]
Royaume de Bulgarie : Grand-Croix de l’Ordre de Saint-Alexandre, avec épées et collier
Finlande : Grand-Croix de la Croix de la Liberté, avec épées, « 31 juillet 1918 »[92]
Royaume d'Italie : Grand Officier de l’Ordre des Saints Maurice et Lazare octobre 1897
Lituanie: Grand-croix de l'Ordre de la Croix de Vytis
Empire ottoman :
- Ordre de l'Osmaniye, 1re classe avec diamants
- Order of Glory (Ottoman Empire) (en), avec épées
- Ordre du Medjidie, 1re classe avec épées et diamants
- Médaille Imtiyaz en or
- Étoile de Gallipoli
Espagne :
Géorgie:Orden der heiligen Tamara (de), 1re classe
Distinctions
Armée impériale


Une planification économique de la fabrication de matériel de guerre par le Reich est nommé Plan Hindenburg.Un vaste système de défenses et de fortifications au nord-est de la France pendant la Première Guerre mondiale est nommé Ligne Hindenburg.Le SMS Hindenburg fut un croiseur de bataille de la classe Derfflinger de la Marine impériale allemande pendant la Première Guerre mondiale[87].
Odonymie

La ville de Zabrze,se nomma Hindenburg entre 1915 et 1945[87].Son nom est donné à de nombreuses voies publiques notamment un chemin de fer la Chaussée Hindenburg , des rues Liste von Hindenburgstraßen (de), avenues Hindenburgallee (de), places Liste der Umbenennungen von Hindenburgplätzen (de),des ponts Hindenburgbrücke (Begriffsklärung) (de), des écoles et lycées Hindenburgschule (de),des casernes Hindenburg-Kaserne (de), parcs Hindenburgpark (de) et autres Hindenburgufer (de),Hindenburgturm (de), ou encore une chaîne de montagnes calcaires située dans les hauts plateaux de Nouvelle-Guinée, dans l'ouest de la Papouasie-Nouvelle-Guinée Hindenburg Range (de).Il exista un mémorial Hindenburg qui est un bâtiment situé à Magdebourg, en Saxe-Anhalt.Classé monument historique, il sert aujourd'hui de dépôt d'archives Hindenburg-Ehrenmal (de).
Philatélie et numismatique

De nombreux timbres furent émis à son effigie en Allemagne et dans les pays occupés durant le Troisième Reich[94].De nombreuses pièces de monnaie furent fabriquées à son effigie pendant le Troisième Reich[95].
Doctorat honoris causa
Hindenburg était Docteur honoris causa des quatre facultés de l'Université de Königsberg, de la faculté de droit et de sciences politiques de l'Université de Breslau, de la faculté de droit et de philosophie de l'Université de Bonn ainsi que de la faculté de droit de l’Université de Graz. Par ailleurs, Hindenburg était docteur en ingénierie honoris causa de toutes les écoles supérieures d'ingénieurs de la République de Weimar et de la Ville libre de Dantzig, ainsi que docteur en médecine vétérinaire honoris causa de l'École vétérinaire de Hanovre. Il était également Docteur honoris causa des l’Université de Göttingen,l’Université de Cologne, Université d’Iéna, ainsi que de l'École supérieure d'ingénieurs de Stuttgart, de l'École supérieure de sylviculture d'Eberswalde et de l'École vétérinaire de Hanovre[87].
Citoyenneté d’honneur
Dès la Première Guerre mondiale, Hindenburg reçut la citoyenneté d'honneur de plusieurs villes et communes Paul von Hindenburg als Ehrenbürger (de). Ce nombre augmenta considérablement, notamment entre 1933 et sa mort en 1934, pour atteindre un total de 3 824 citoyennetés d'honneur[96]. Depuis les années 1970, de nombreuses villes et communes ont vu naître des débats citoyens sur la culture mémorielle et des initiatives politico-historiques visant à révoquer la citoyenneté d'honneur de Hindenburg.
Depuis la fin du régime nazi, de nombreuses communes telles que Dortmund, Cologne, Karlsruhe[97], Leipzig, Munich, Münster, Potsdam, Stuttgart et Constance[98] ont supprimé la citoyenneté d'honneur, qui n'existait de toute façon plus depuis le décès de la personne concernée, au motif qu'elle était entachée par le nazisme. Dans d'autres localités, des initiatives similaires ont été lancées, mais elles n'ont pas abouti[99]. En janvier 2020, Berlin a retiré Hindenburg de la liste des citoyens d'honneur[100].
Divers

Il est le doyen du chapitre de la Cathédrale de Brandebourg[87]. Son nom fut donné à 4 anciens canot de sauvetage de la Deutsche Gesellschaft zur Rettung Schiffbrüchiger (Société allemande pour le sauvetage des naufragés - DGzRS), dont: Hindenburg (I) (de), Hindenburg (II) (de),et l’ Hindenburg (IV)[87].
Le plus grand dirigeable commercial jamais construit affecté à la ligne Europe-États-Unis fut baptisé LZ 129 Hindenburg[87].
Dans les arts et la culture
Filmographie
Cinéma
- 1918 :
- The Kaiser, the Beast of Berlin avec Jay Smith.
- To Hell with the Kaiser ! avec Frank Farrington (en).
- My Four Years in Germany avec George Ridel.
- The Prussian Cur avec James Hathaway.
- 1919 : Yankee Doodle in Berlin avec Bert Roach.
- 1932 : Tannenberg (de) avec Karl Körner.
- 1944 : Hitler et sa clique avec Sig Ruman.
- 1954 : Héros en blanc avec Friedrich Domin (de).
- 1957 : Stresemann avec Artur Malkowsky (de).
- 2008 : Baron Rouge avec Josef Vinklář (en).
- 2017 : avec Rainer Bock dans Wonder Woman.
Télévision
Téléfilm
- 2003 : Hitler : La Naissance du mal de Christian Duguay avec Peter O'Toole.
Séries
- 2017 : Trotsky (en) d'Alexander Kott et Konstantin Statsky avec Pyotr Zhuravlyov
- 1974 : La Chute des aigles de John Elliot avec Marius Goring.
- 2019 : Rise of the Nazis de Julian Jones avec Mike Jackson.
Littérature
Théâtre
Roman
- 2021 : L'Empereur partit, les généraux restèrent, de Theodor Plievier, Plein Chant, Bassac 2021, (ISBN 978-2-85452-356-0).