Classe Derfflinger

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Classe Derfflinger
illustration de Classe Derfflinger
Le SMS Derfflinger, après qu'il a été doté d'un mat tripode à l'avant, après le Jutland.
Caractéristiques techniques
Type Croiseur de bataille
Longueur 210,40 m
Maître-bau 29 m
Tirant d'eau 8,20 m
Déplacement 26 600 tonnes(normal)
31 200 tonnes à pleine charge
Propulsion 14 chaudières à charbon
4 chaudières à mazout
2 turbines Parsons, 4 hélices
Puissance 63 000 CV à 77 000 CV (prévu)
76 000 CV à 97 000 CV (maxi)
Vitesse 26,5 nœuds maxi
Caractéristiques militaires
Blindage pont = 80 mm
ceinture = 100 à 300 mm
cloison = 45 mm
tourelle = 270 mm
barbette = 260 mm
casemate = 150 mm
kiosque = 300 mm
Armement (4×2) × 305 mm (cal.50)
14 × 150 mm (cal.45)
(2×2) × 88 mm
8 × 88 mm (anti-aérien)
4 tubes lance-torpilles (500 mm)
Aéronefs non
Rayon d'action 5 600 nautiques à 14 nœuds (3 640 tonnes de charbon et 985 tonnes de mazout)
Autres caractéristiques
Équipage 1 112 hommes
Histoire
Chantier naval Blohm & Voss
Schichau-Werke
Kaiserliche Werft
(Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand)
A servi dans  Kaiserliche Marine
Période de
construction
1913-1917
Période de service 1914-1918
Navires construits 3
Navires prévus 3
Navires perdus 1
Navires démolis 2

La classe Derfflinger fut la dernière classe de croiseurs de bataille, mise en service par la Marine Impériale allemande au début du XXe siècle. Leur artillerie principale au calibre de 305 mm fut disposée en quatre tourelles doubles réparties deux à deux à l'avant et à l'arrière pour la première fois en Europe. Ils avaient une vitesse un peu inférieure, mais leurs machines moins lourdes et une artillerie un peu moins puissante que celles des croiseurs de bataille britanniques de l'époque leur permettaient d'avoir un blindage équivalent à celui de cuirassés. Mais à la bataille du Jutland, ils ont énormément souffert contre les cuirassés portant des canons de 381 mm, et le SMS Lützow que son équipage dut abandonner fut le seul croiseur de bataille de la Marine Impériale allemande, perdu au combat. Les autres bâtiments de la classe furent sabordés à Scapa Flow en 1919.

le SMS Derfflinger, d'après le Jane's Fighting Ships de 1919

Les quatre premiers « grands croiseurs » allemands construits en réponse aux croiseurs de bataille britanniques ont été dotés de canons de 280 mm, plus ou moins puissants (SK L/45 [1], disposés en quatre tourelles doubles, avec deux tourelles centrales en abord et en échelon, sur le SMS Von der Tann, ou SK L/50[2], sur la classe Moltke ou le SMS Seydlitz, avec une cinquième tourelle axiale arrière), alors que les plus récents croiseurs de bataille britanniques, la classe Lion, allaient porter quatre tourelles axiales au calibre de 343 mm[3]. Il fut donc décidé, à l'été 1911, d'installer sur le « croiseur K » (qui devait devenir le SMS Derfflinger), et sur l'Ersatz Kaiserin Augusta (qui devint le SMS Lützow) puis, en 1912, sur l'Ersatz Hertha (le futur SMS Hindenburg), les canons de 305 mm, déjà utilisés sur les cuirassés allemands, depuis la classe Helgoland. Il fut choisi de les disposer en quatre tourelles doubles, superposées deux à deux à l'avant et à l'arrière[4], comme ce qui avait été fait sur les premiers cuirassés dreadnoughts américains, la classe South Carolina[5].

Cette disposition n'avait jusqu'alors pas été reprise dans les marines européennes, la Royal Navy, la Marine Nationale française, et la Marine Impériale allemande ayant préféré avoir des bordées de huit, dix ou douze canons, avec des tourelles en abord, ou des tourelles centrales axiales, la Regia Marina et la Marine de l'Empire de Russie préférant installer quatre tourelles triples axiales sans superposition (voire une tourelle double superposée à une tourelle triple à l'avant et à l'arrière et une tourelles triple axiale entre les cheminées, sur la classe Conte di Cavour). Quant à la Marine Impériale et Royale d'Autriche et de Hongrie, elle avait certes retenu la disposition de la classe South Carolina, mais en tourelle triples.

Mais le Japon fit construire, chez Vickers, un croiseur de bataille, dessiné par Sir George Thurston (en), le Kongō, avec quatre tourelles doubles de 356 mm (en) disposées comme sur l'USS South Carolina. Mis sur cale en , il sera mis en service en [6], et influencera le choix de la Royal Navy, qui adoptera la même disposition d'artillerie sur le HMS Tiger qui entrera en service début [7], c'est-à-dire un mois après le SMS Derfflinger. La Royal Navy retiendra ensuite cette disposition pour la classe Queen Elizabeth, puis pour la classe Revenge et le HMS Hood, le Japon pour la classe Nagato et les États-Unis pour la classe Colorado, et pour les cuirassés projetés de la classe South Dakota ou de la classe Lexington.
Sur la classe Derfflinger, les deux tourelles arrière, "Cæsar" et "Dora", étaient assez éloignées l'une de l'autre, leurs barbettes se situant de part et d'autre de la salle des turbines, ce qui était le cas sur le Kongō et le HMS Tiger[7].

Le dessin de la coque fut modifié, le gaillard d'avant, dont étaient dotés le SMS Von der Tann, la classe Moltke et le SMS Seydlitz, étant abandonné pour un pont principal flush deck, sur lequel était installée la batterie secondaire de 150 mm, toujours sous casemates, mais qui restait « humide » à grande vitesse par mer forte[8]. Le blindage était en épaisseur identique à celui du SMS Seydlitz, 300 mm en ceinture, mais atteignait 270 mm sur les tourelles et 260 mm sur les barbettes de l'artillerie principale. La longueur des bâtiments était portée à 210 m, et le rapport longueur/largeur était de 7,24, au lieu de 7,06 pour le SMS Seydlitz. La vitesse maximale au déplacement de combat était équivalente à celle du SMS Seydlitz. Les machines, comportant quatorze chaudières à charbon, et huit chaudières à mazout, développaient 63 000 ch (77 000 ch, sur le SMS Hindenburg), pour un poids du système propulsif de 2 916 tonnes[4] soit un rapport poids/puissance de 46,3 kg/cv, contre 54,4 kg/cv sur le HMS Tiger, ce qui n'est pas surprenant, lorsque l'on sait que Sir Eustace Tennyson d'Eyncourt, le Directeur de la Construction Navale, qui avait dessiné le HMS Tiger, regrettait que l'Amirauté eût refusé de le doter de chaudières à petits tubes qui eussent permis selon lui, d'atteindre une vitesse de 32 nœuds au lieu de 29 nœuds, aux essais[7].

Les unités de la classe

Histoire

Voir aussi

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