Église Saint-Maclou de Conflans-Sainte-Honorine
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| Église Saint-Maclou | ||||
Vue depuis l'ouest. | ||||
| Présentation | ||||
|---|---|---|---|---|
| Culte | Catholique | |||
| Type | Église paroissiale | |||
| Rattachement | Diocèse de Versailles | |||
| Début de la construction | Fin du XIe voire fin du Xe siècle, ce qui coïnciderait avec l'arrivée à Paris des reliques de saint Maclou n("Saint Malo") (nef, base du clocher et travée droite du chœur) ; 1er quart XIIIe siècle (croisillons et chapelles latérales) | |||
| Fin des travaux | 1er tiers XVIe siècle (abside, chapelle de la Vierge, chapelle Sainte-Honorine, nouveaux bas-côtés, trois nouvelles voûtes) | |||
| Autres campagnes de travaux | 1873 (porche occidental) ; 1927 (reconstruction du clocher) | |||
| Style dominant | roman tardif, gothique primitif et classique, gothique flamboyant | |||
| Protection | ||||
| Géographie | ||||
| Pays | ||||
| Région | ||||
| Département | ||||
| Commune | ||||
| Coordonnées | 48° 59′ 32″ nord, 2° 05′ 41″ est[1] | |||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
Géolocalisation sur la carte : Yvelines
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L’église Saint-Maclou est une église catholique paroissiale située à Conflans-Sainte-Honorine, en France. Ses parties les plus anciennes remontent au deuxième et troisième quart du XIIe siècle. Une autre thèse avance une origine de la fin du Xe siècle, ce que corroborerait son vocable "Saint-Maclou" donné par l'évêque de Paris, suzerain du lieu. Ce sont la nef basilicale, la base du clocher central et certains éléments de la première travée du chœur. Ces parties sont de style roman tardif, comme le montrent les chapiteaux sculptés autour de la base du clocher notamment, ainsi que la voûte d'ogives archaïque de cette même travée. Cependant, les piles cantonnées de multiples colonnettes, la modénature évoluée, le recours aux voûtes d'ogives pour les parties orientales, et l'emploi systématique de l'arc brisé, annoncent déjà l'architecture gothique. Lors de la restauration de l'église à partir de 1995, les voûtes en plâtre et briquettes néo-gothiques de la nef et des bas-côtés ont été supprimées et les plafonds lambrissés en forme de voûte en berceau remis au jour, de sorte que l'église Saint-Maclou donne maintenant une bonne illustration de ce furent les églises de la période dite de transition. De cette période, de la seconde moitié du XIIe siècle, date aussi le clocher avec sa flèche de pierre cantonnée de quatre lanternons ; il a dû être reconstruit à l'identique après avoir été endommagé par la foudre, en 1927. Après la création supposée de la paroisse de Conflans-Sainte-Honorine, au début du XIIIe siècle, l'église a été agrandie par l'adjonction de deux croisillons et de deux chapelles latérales au nord et au sud du clocher et du chœur. Elle a encore été prolongée vers l'est, et en partie reconstruite, après la guerre de Cent Ans, au début du XVIe siècle notamment, dans le style gothique flamboyant. De part et d'autre d'une abside à cinq pans, on a ajouté des petites chapelles carrées, celle du sud étant dédiée à la Vierge Marie, et celle du nord, d'abord à Saint-Nicolas, patron des bateliers, puis, au début du XIXe siècle, à Sainte-Honorine. Ce vocable vient du prieuré qui se situait, jusqu'à la Révolution française, à l'est de l'église, sur le terrain du Musée de la batellerie et qui possédait peut-être la première église chrétienne de l'agglomération. Longtemps négligée, l'église Saint-Maclou a été classée aux monuments historiques par arrêté du [2], et bénéficié de plusieurs campagnes de restauration depuis, en particulier en 2000, 2005, 2010, 2021 (remise en place du mobilier déplacé durant les travaux, réfection d'estrades, remise de l'allée centrale de la nef...). L'actuelle municipalité élue en 2014 puis réélue en 2022, envisage de restaurer la base des vitraux éclairant le bas-côté sud ayant été cassés en juin 1944 par un V1 tombé dans l'île de Conflans, face à l'église.
L'église Saint-Maclou fait partie du secteur paroissial du Confluent, et des messes dominicales y sont célébrées chaque dimanche matin.

L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, sur la commune de Conflans-Sainte-Honorine, au centre-ville, au sommet d'un coteau calcaire formé de couches superposées qui domine la Seine d'une quarantaine de mètres. Le fleuve coule à une soixantaine de mètres au sud. Selon Roselyne Bussière, le site « à l'écart et au-dessus des habitants » favorise des « processions spectaculaires »[3]. À l'ouest, à peine deux cents mètres plus loin, la tour Montjoie, tour carrée du dernier quart du XIe siècle[4], marque la chute du plateau vers la place Fouillère, centre névralgique de la vieille ville, dont l'hémicycle s'ouvre sur la Seine. Plus proche encore, à l'est, le château du Prieuré, ancien logis abbatial[5], évoque le souvenir du prieuré Notre-Dame de Conflans- où résidèrent les Bénédictins issus de l'abbaye du Bec-Helluin- et de la sainte patronne de la ville, sainte Honorine. L'édifice accueille aujourd'hui le musée de la Batellerie. Avec ce voisinage, l'église est ainsi bien insérée dans le paysage monumental de la bourgade dont elle constitue l'élément le plus remarquable. Avec le presbytère au nord du chœur de l'église et son jardin clos de murs qui s'étend devant le chevet, elle forme un petit îlot urbain à elle seule. Le bas-côté nord, la façade occidentale et toute l'élévation sud donnent directement sur la voie publique. La place de l'Église, de dimensions généreuses, s'étale à l'ouest et au nord du bas-côté nord, où elle est agrémentée d'arbres et invite au repos. La place Jules-Gévelot, à l'est, s'insère entre le jardin du presbytère et la grille du château du Prieuré avec son parc. Des ruelles relient les deux places par le nord et par le sud, où la rue prend l'allure d'un chemin de ronde surmontant le dédale de ruelles qui descendent vers les quais, dont la rue de la Procession depuis la place Jules-Gévelot en direction du sud-est.
Historique
Les origines et le vocable

Conflans-Sainte-Honorine est au Moyen Âge un "poste d'observation" confié par l'évêque aux comtes de Beaumont qui y édifient un premier château de bois. Sa population est longtemps très modeste (en 1470, après la guerre de Cent Ans, on ne compte que quarante habitants, sachant que la contrée d'alentour de Pontoise avait été désertée par ses habitants du fait des proches combats)[6]. L'on ignore tout sur les origines de la paroisse[3]. Le premier édifice de culte qui laisse des traces écrites dans les archives est en tout cas une chapelle dédiée à Notre-Dame des Ardents, qui précède l'église du prieuré. Elle existe du temps du règne de Charles III le Simple (898-922), et reçoit alors, probablement en 876, les reliques de sainte Honorine en provenance de Graville. Au XIe siècle - voire en fin du Xe selon certains - les comtes de Beaumont, seigneurs de Conflans-Sainte-Honorine, font édifier une église plus spacieuse, et invitent par une charte de 1080 des moines de l'abbaye du Bec à s'y installer : c'est la fondation des bâtiments du prieuré et de son église, que l'on peut dater autour de 1082. En 1086 ou 87, les reliques de sainte Honorine sont en effet transférées dans la nouvelle église, en la présence de l'abbé Anselme du Bec, futur archevêque de Cantorbéry et élevé ensuite sur les autels et Geoffroy de Boulogne, évêque de Paris. L'église priorale est dédiée à sainte Honorine et ses reliques font l'objet d'une forte dévotion populaire pendant des siècles[7]. Il est probable, même si les sources ne fournissent pas de renseignements sur le sujet, que le service paroissial est assuré par l'un des religieux du prieuré dès sa fondation. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas confondre l'église Sainte-Honorine avec l'église paroissiale Saint-Maclou actuelle, qui comporte au nord du chœur une chapelle Sainte-Honorine (anciennement dédiée à saint Nicolas). La première se situait à l'est de la dernière, sur le domaine de l'actuel parc du prieuré, et a été démolie en 1751 car menaçant ruine. Elle a été remplacée dès l'année suivante par une autre église implantée un peu plus au nord[8].
Contrairement à ce que l'on observe quasi systématiquement dans les paroisses qui comportent un prieuré ou une abbaye, le collateur de la cure n'est en l'occurrence pas l'abbé du Bec (qui aurait sinon été le curé primitif de Conflans). Cette particularité s'explique certainement par l'important domaine que les évêques de Paris possèdent à Conflans, et qu'ils tiennent, selon l'abbé Lebeuf, de Charles le Simple ou Charles le Chauve[6]. Conflans-Sainte-Honorine appartient ainsi au diocèse puis archidiocèse de Paris, à l'archidiaconé de Paris et au doyenné de Montmorency[9] (c'est au lendemain de la Révolution française qu'intervient le rattachement au nouveau diocèse de Versailles, correspondant alors au département de Seine-et-Oise). La cure est à la nomination du chancelier de l'évêque de Paris, et non à l'évêque lui-même, ce qui est également une particularité. L'abbé Lebeuf n'a pas pu identifier l'évêque qui fut à l'origine de ce privilège pour son dignitaire. Il précise en revanche que le chancelier devait rendre foi et hommage à son évêque pour les revenus qu'il avait à Conflans, faute de quoi l'évêque pouvait saisir ces revenus, comme il arriva le [10]. L'abbé Vital Jean Gautier situe la création de la paroisse au XIIe siècle[11]. En l'absence de sources écrites, il se fie certainement à la datation de l'église, dont la base du clocher et la première travée du chœur peuvent être datées du deuxième quart du XIIe siècle. Roselyne Bussière, en 2005, situe également la fondation de la paroisse au XIIe siècle[3]. Cependant, comme le précise le dossier d'Inventaire, la nef de l'église pourrait remonter à la fin du XIe siècle-voire un siècle plus tôt- comme le prouveraient les piles rectangulaires des grandes arcades et les modillons romans cachés dans les combles des bas-côtés[12].Notons toutefois que l'église primitive ne comprenait que la nef dont les murs sud et nord ont été surélevés lors de la création ultérieure des bas-côtés. Les "piliers" ne sont donc que les restes de ces anciens murs excavés. Curieusement, et à cause du désaxement à partir de l'arc occidental soutenant le clocher, les "piliers" sud sont progressivement décalés vers l'est (environ 30 cm pour les deux derniers) — Le patron de la paroisse est saint Maclou[10],[13]. Sainte Honorine est vénérée en l'église Saint-Maclou depuis la fin des troubles révolutionnaires, quand le prieuré fut supprimé et les reliques cachées pour éviter leur profanation ; elles furent ensuite remises à la paroisse[14] au tout début du XIXe siècle.
Les campagnes de construction de l'église

Étant donné la proximité de l'église du prieuré Saint-Honorine, qui est en même temps liée au pouvoir féodal par les libéralités des comtes de Beaumont, il est à peu près certain que l'église Saint-Maclou, à usage exclusivement paroissial, soit le premier édifice du culte à l'endroit actuel. La substance de l'église primitive est donc en bonne partie conservée. Cependant, les agrandissements successifs des parties orientales et les remaniements imputables aux dommages subis pendant la guerre de Cent Ans ont fait évoluer son aspect, ainsi qu'en dernier lieu, l'élargissement des bas-côtés. Selon le dossier d'Inventaire, la nef aurait été pourvue de bas-côtés dès le départ, ce qui est sous-entendu par la mention des piles rectangulaires. En se basant sur ces piles ainsi que sur les modillons de la corniche, Roselyne Bussière, rédactrice de la notice d'Inventaire en 2002, suggère une construction à la fin du XIe siècle[12], datation qu'elle maintient trois ans plus tard[3]. Le dossier d'Inventaire ne contient aucune photographie des modillons romans -photographiés cependant lors des travaux de démolition des fausses voûtes. Quant aux piles, elles sont munies de tailloirs moulurés et supportent des grandes arcades en tiers-point, qui ne font leur apparition qu'au second quart du XIIe siècle[15] : à la fin du XIe siècle, toutes les arcades sont en plein cintre. Puisque la base du clocher et la première travée du chœur datent justement du second quart du XIIe siècle, il serait judicieux de vérifier la datation des modillons. Sinon, les tailloirs et arcades devraient être considérés comme le résultat d'une reprise en sous-œuvre, et il faudra se poser la question d'un sanctuaire primitif à l'emplacement de la base du clocher roman. Probablement, les tailloirs et le tracé en tiers-point des arcades ont échappé aux auteurs de la notice d'Inventaire. Quoi qu'il en soit, il faut rejeter l'hypothèse de l'adjonction postérieure de bas-côtés avec « arcades pseudo-gothiques se terminant par des piliers carrés avec chapiteaux sommaires » formulée dans une notice diffusée localement. Dans le cadre de la description dans le chapitre ci-dessous, il sera possible de rapprocher la nef avec des constructions similaires du XIIe siècle.
La base du clocher représente, comme à l'accoutumée dans la région, le centre du plan de l'église et tient lieu de croisée du transept. Or, rien ne permet à l'état des connaissances actuelles d'affirmer qu'un transept existait avant le XIIIe siècle : c'est de cette époque que datent les chapiteaux de crochets des croisillons et de la première travée des chapelles latérales du chœur (en partie perdus lors du revoûtement au début du XVIe siècle du côté sud, mais tous conservés au nord)[12]. Parmi les quatre arcs-doubleaux autour de la croisée du transept, seulement deux arcades, à savoir l'arc triomphal ouvrant depuis la nef et l'arcade orientale vers le sanctuaire, prennent appui sur des chapiteaux romans. Dans le chœur, des chapiteaux romans subsistent dans les quatre angles (trois dans les angles près du clocher, un seul dans les angles près du sanctuaire). Le revoûtement de la première travée du chœur, en même temps que des deux travées au sud déjà mentionnées, a conduit à la perte des chapiteaux du côté est. On peut donc imaginer que le chœur se terminait après la première travée par un chevet plat[12], ou bien se poursuivit par une abside voûtée en cul-de-four, comme à Fontenay-Saint-Père, Parnes, Saint-Clair-sur-Epte et Tessancourt-sur-Aubette. Tel est donc le plan de l'église Saint-Maclou pendant la deuxième moitié du XIIe siècle : un nef flanquée d'étroits bas-côtés servant uniquement de couloirs de circulation, une base de clocher prenant le jour sur l'extérieur, et un chœur rectangulaire peut-être prolongé par une abside. D'autres exemples d'églises à clocher central initialement (ou toujours) dépourvues de croisillons dans la région sont Arthies, Auvillers, Brignancourt, Gadancourt, Gouzangrez, Marquemont, Merlemont (commune de Warluis), Omerville, Reilly, etc.

Le premier agrandissement de l'église intervient à la période gothique, moins d'un demi-siècle après l'achèvement. La campagne porte sur la construction de deux croisillons au nord et au sud de la croisée du transept, et de deux chapelles au nord et au sud de la travée droite du chœur (et pas seulement au nord, puisque l'arcade du côté sud présente bien des chapiteaux de cette époque). Certains chapiteaux, à savoir les petits chapiteaux dans l'angle sud-est du croisillon nord et dans l'angle sud-ouest de la chapelle latérale sud, sont encore placés sous l'influence de l'art roman et se rattachent au style gothique primitif de la deuxième moitié du XIIe siècle : on y voit des feuilles d'angle bipartites très stylisées, amorties par des petites volutes. Les autres chapiteaux, s'ils ne sont pas revêtus de feuilles polylobées, affichent des volutes plus épanouies, souvent qualifiées de crochets, et se rattachent au style gothique « classique » des premières décennies du XIIIe siècle[12]. L'église se compose désormais d'une nef flanquée de deux étroits bas-côtés, et de trois vaisseaux à deux travées du côté du sanctuaire. Les bas-côtés sont reliés aux croisillons par d'étroits passages dont il ne reste plus de traces.
Le deuxième agrandissement de l'église intervient à la période gothique flamboyante, et inclut des remaniements et réparations en réponse aux dégâts infligés par la guerre de Cent Ans. Même si l'on n'a pas connaissance d'une destruction partielle de l'église, le défaut d'entretien a dû finir par fatiguer la substance. C'est ainsi que l'on peut expliquer la reconstruction des voûtes de la travée droite du chœur, du croisillon sud et de la première travée de la chapelle latérale sud. L'agrandissement proprement dite porte sur l'abside à cinq pans, qui se substitue peut-être à une abside romane plus petite, ainsi que sur la chapelle Saint-Nicolas (devenue chapelle Sainte-Honorine après la Révolution française) et la chapelle de la Vierge au sud. Si l'abside et les deux chapelles paraissent parfaitement homogènes à l'extérieur, le caractère sommaire des étroites arcades qui font communiquer la partie droite avec les chapelles donne à penser que celles-ci n'étaient pas prévues dans le projet initial. Il se peut également que les arcades ont été reprises en sous-œuvre ultérieurement. En jugeant d'après le profil des nervures des ogives, Roselyne Bussière date la campagne de construction flamboyante du XVe siècle dans la notice d'Inventaire de 2002[12], puis se corrige et indique le début du XVIe siècle dans l'édition imprimée de 2005[16]. L'ordre du déroulement des travaux n'est pas connu. Cependant, si la logique voudrait de commencer par le remplacement des voûtes défaillantes du début du XIIIe siècle, l'on note que les remplages des fenêtres des deux travées revoûtées au sud reflètent un style plus tardif, avec des arcatures trilobées dilatées s'inscrivant dans des arcatures en plein cintre. Il est, bien sûr, possible que les réseaux des fenêtres soient postérieurs aux voûtes (années 1520-1550).
Quant à l'élargissement des bas-côtés, il est susceptible de remonter à la même époque que les travaux dans les parties orientales. Les deux fenêtres en façade présentent un remplage de type gothique flamboyant. Les fenêtres latérales, dépourvues de remplage (à l'instar de la baie de la chapelle Sainte-Honorine) sont également en tiers-point. Des guides de voyage antérieurs à l'installation des voûtes néo-gothiques, comme Les environs de Paris illustrés d'Adolphe Joanne en 1857, disent que la nef et les bas-côtés sont en ogivees, mais que les voûtes auraient été refaites en berceau, et que les lattes ne seraient même pas recouvertes de plâtre[17]. Pour clore, il reste à signaler l'oratoire de deux travées très basses, voûtées d'ogives, au nord de la première travée de la chapelle latérale nord. Cette annexe, qui a pu être prévue comme sacristie ou caveau familial, dépourvue de fenêtres, présente des nervures de voûtes au profil prismatique aigu caractéristique de la période flamboyante. Elle est donc globalement contemporaine des autres extensions évoquées ci-dessus. Curieusement, l'Inventaire n'en tient pas compte. La sacristie qui s'ouvre à l'est de l'oratoire est en revanche une construction relativement récente, contemporaine de l'agrandissement, dans les années 1860, de l'ex-chapelle Saint-Nicolas.
Remaniements et restaurations modernes



L'abbé Lebeuf rapporte vers 1755 : « Derriere ce sanctuaire se voyent les commencemens d'un nouveau chœur et d'un nouveau sanctuaire dans un goût d'Architecture qui ressent le règne de François I ou d'Henri II. On dit que MM. de Montmorency avoient eu dessein d'y faire une de leurs sépultures ; leurs armes y sont sur une porte »[10]. Le projet est connu par une gravure réalisée d'après un dessin de Charles-Michel-Ange Challe et par une colonne avec chapiteau engagé dans l'angle nord-est de la chapelle Sainte-Honorine[12],[18]. Le chapiteau, atypique, a toutefois des homologues à Jouy-le-Comte (arcades vers le bas-côté nord), Maffliers (arcades vers les chapelles latérales) et Villiers-Adam (chœur et collatéral sud). Les exemplaires de Maffliers sont datables de 1554-1556 grâce à des textes. Dominique Foussard considère ces chapiteaux comme une variante de l'ordre dorique. La frise est revêtue de feuilles d'acanthe à faible relief ; des rais de cœur et des dards se profilent dans l'échine ; et la corniche est ornée d'un rang de denticules ébauchées, et d'un rang de feuilles doubles délimitées par des successions d'hémicycles enchevêtres, les uns ouverts vers le haut, les autres ouverts vers le bas[19]. Manque à Conflans la section d'entablement qui surmonte les chapiteaux de ce type dans les autres églises ; il y a en revanche un dosseret sculpté de la même manière. Patrice Molinard a photographié le chapiteau Renaissance avant 1948 pour le service des Monuments historiques[20]. Lors d'une campagne de restauration au début du XXIe siècle, d'autres chapiteaux plus profondément enfoncés dans le mur ont été remis au jour à gauche de l'exemplaire déjà connu. Les autres vestiges auraient été démolis en 1798 et les pierres vendues.
Après la Révolution, un état estimatif des réparations à faire signale que le grand comble est en mauvais état, que le mur pignon de la chapelle Saint-Nicolas [aujourd'hui Sainte-Honorine] menace ruine et que les vitraux d'un bas-côté sont à refaire[21]. La toiture commune à la nef et aux deux bas-côtés doit donc exister depuis longtemps à cette époque pour que le comble soit en si mauvais état, et l'élargissement des bas-côtés n'est donc sûrement pas intervenu au XVIIIe siècle. Il ne paraît pas logique que Roselyne Bussière écrive pourtant en 2005 que ce fut probablement pendant la première moitié du XIXe siècle que la nef et les bas-côtés furent dotés d'une charpente unique[18]. Mais la charpente a dû être refaite à cette époque. Adolphe Joanne, de passage vers la première moitié des années 1850, observe un porche en ruine devant le portail[17].
C'est en 1857 que le curé, l'abbé Lefèvre, commence la restauration et décoration de l'église dans le but d'en faire un lieu de pèlerinage[22]. Les premières étapes sont la réfection du mur du bas-côté nord, à partir de 1860 et l'édification de la nouvelle sacristie, en 1861[23]. Ensuite, l'abbé Lefèvre fait remplacer les boiseries du XVIIIe siècle et la plupart des stalles par des éléments néogothiques. Sous la surveillance de l'architecte Poittevin, il fait installer une tribune d'orgue dans la première travée de la nef, qui obture la rosace occidentale[24]. Pour le moment, la nef et les bas-côtés sont encore recouvertes de charpentes lambrissées décrivant des voûtes en berceau. En 1870, le conseil de fabrique décide de munir la nef de fausses voûtes d'ogives en briques et plâtre, en faisant appel à l'entrepreneur Heurteaux dont le procédé est alors à la mode[24]. Ces travaux sont exécutés sous l'abbé Valet qui arrive en 1871[22]. Les voûtes bouchent les fenêtres hautes de la nef. Un porche est érigé devant le portail occidental en 1873. Cela provoque une lettre du ministre qui critique ces aménagements récents qui altèrent l'architecture de la nef. (Néanmoins, le même procédé est encore appliqué en l'église d'Andrésy à partir de 1873). Une inspection est demandée à l'architecte Eugène Millet, et son rapport est très sévère, notamment en ce qui concerne la restauration de la façade. Il critique aussi les vitraux à bas prix exécutés pour la fabrique [par la maison Ména]. Pour lui l'église ne présente plus assez d'intérêt pour être protégée[24]. Le baron Ferdinand de Guilhermy, déjà passé en 1865, écrit en 1880 : « Nous apprenons, au dernier moment, que l'église de Conflans a subi récemment une prétendue restauration de plâtre et de mauvaises peintures. Le tombeau, dont nous venons de faire mention sous le n° DCXLV [celui de Mathieu IV de Montmorency], a été retiré comme incommode et mis au rebut hors de l'église. La statue qui le surmontait est relevée contre un pilier. Une couche d'asphalte tient lieu de dallage; on a fixé contre, les parois des collatéraux ce qu'il y avait de mieux conservé des tombes autrefois posées sur le sol. La Commission des monuments historiques s'est justement élevée contre cette mutilation fâcheuse d'un monument digne d'intérêt »[25].
Il n'est, pour la fabrique, plus question de retirer les voûtes néo-gothiques. Elle réagit toutefois, assez tardivement, aux critiques des experts en faisant abaisser le plancher de la tribune d'orgue, en 1897. La rosace peut ainsi être dégagée, et la sonorité de l'orgue s'en trouve améliorée. Ces travaux sont coordonnés par l'architecte Girardin. Le , la foudre s'abat sur le clocher de l'église. En vue de sa reconstruction, l'édifice est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le . L'année suivante, le clocher est reconstruit à peu près à l'identique par Étienne Ruprich-Robert, architecte des Monuments historiques[24] et fils et petit-fils d'architectes en chef des monuments historiques (Gabriel Ruprich-Robert et Victor Ruprich-Robert). L'édifice est finalement classé au titre des monuments historiques par arrêté du [2]. Il nécessite maintenant des travaux de restauration de grande ampleur qui ne peuvent être financés qu'avec le concours de l'État. Vers 1985, le mur du bas-côté sud qui se déportait un peu vers la petite rue est entièrement repris en sous-œuvre par une poutre de béton reposant sur des puits s'enfonçant de 16 mètres dans le sol jusqu'à une couche dure de roche. Les voûtes de la nef et des bas-côtés, beaucoup plus lourdes qu'annoncé par l'entrepreneur Heurteaux, ont occasionné de graves désordres de structure et menaçaient de s'effondrer. On décida donc de les supprimer, avec l'ensemble des supports et les arcades néo-gothiques vers les croisillons du transept et de restituer les plafonds lambrissés antérieurs. Les fenêtres hautes de la nef sont ainsi dégagées, mais seulement à l'intérieur[18], car la largeur actuelle des bas-côtés ne permet plus d'abaisser suffisamment leurs toitures pour dégager les fenêtres à l'extérieur. Les travaux démarrent en 1995. Des cloisons de bois sont installées à la fin des bas-côtés et de la nef, et vont diviser l'église en deux parties pendant vingt-cinq ans. Les cloches cessent de sonner, car la base du clocher est elle aussi fragilisée. Elle est consolidée et restaurée après l'achèvement des travaux à l'intérieur de la nef. Les travées gothiques sont nettoyées. Le porche néo-gothique est restauré lui aussi. En 2019, toutes les tâches ne sont pas encore accomplies : le mobilier du chœur est à restaurer, ainsi que l'intérieur de l'abside et des deux chapelles. Par rapport à ce qui est déjà accompli, ce ne sont que des travaux mineurs et le curé, le père Arnaud Gautier, s'est investi pour que les moteurs mettant les cloches en branle soient enfin réparés voire changés et que les voix d'airain puissent de nouveau résonner dans l'éther conflanais. Puis encore, pour que les cloisons provisoires soient supprimées avant les fêtes de fin d'année[26]. C'est chose faite début [27] ainsi que le réaménagement des sièges dans la nef et les bas-côtés.
Description
Aperçu général

Régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-ouest du côté de la façade, l'église Saint-Maclou répond à un plan cruciforme, qui s'inscrit approximativement dans un rectangle, devant lequel les deux pans obliques et le pan d'axe de l'abside débordent à l'est. La nef, de plan basilical, est flanquée de deux larges bas-côtés asymétriques. Celui du nord atteint presque la largeur de la nef. Ces deux collatéraux sont recouvertes de charpentes lambrissées en forme de voûte en berceau. Depuis l'élargissement des bas-côtés à la période flamboyante, les fenêtres hautes de la nef sont obturées par la toiture. La base du clocher, en même temps croisée du transept, s'ouvre dans l'axe de la nef. Elle est suivie par une travée droite du chœur, ainsi que par une abside à cinq pas qui forme la deuxième travée du chœur. Si la première est de style roman tardif et de style gothique en ce qui concerne les arcs-doubleaux latéraux, la deuxième est de style flamboyant. Les parties orientales sont également munies de collatéraux. Au nord et au sud, le croisillon et la chapelle latérale dans sa prolongation vers l'est constituent des ensembles relativement homogènes, avec toutefois de nettes différences au nord et au sud du fait de la reconstruction des voûtes et de la réfection des fenêtres au sud. À l'instar du chœur, les deux chapelles latérales sont également suivies par une travée flamboyante, qui, pour les collatéraux, est de faible profondeur, et communique avec la partie droite de l'abside par d'étroites arcades.
L'ensemble des neuf travées des parties orientales est voûté d'ogives. L'on relève une voûte romane tardive (celle de la base du clocher), et deux voûtes gothiques (au croisillon nord et dans la première travée de la chapelle latérale nord). Les autres voûtes sont gothiques flamboyantes. Le plan de l'église est complété par un porche néo-gothique devant le portail occidental ; par un oratoire de deux travées voûtées de très faible hauteur au nord de la première travée de la chapelle latérale nord ; par une tourelle d'escalier carrée dans l'angle entre le croisillon nord et cet oratoire ; ainsi que par une sacristie à l'est de l'oratoire. L'on accède à l'église par le portail latéral nord dans la quatrième travée, ou par le portail occidental de la nef, ou bien par la porte extérieure de l'oratoire depuis la cour du presbytère. Une baie murée, située sous le grand vitrail à trois lancettes côté sud au début de la chapelle de la Vierge, fut retrouvée et photographiée durant les travaux de restauration des années 2000. L'architecte chargé du monument la fit reboucher. Elle se trouve derrière le second confessionnal, lui-même déplacé depuis ce qui est devenu «l'espace baptismal». La nef et les bas-côtés sont pourvus d'une large toiture commune, en bâtière. Les croisillons disposent chacun d'un pignon, côté nord et côté sud, ce dernier remanié après 1870 : en fait foi une maquette en bois exécutée en 1863. Ils sont munis d'une toiture perpendiculaire à l'axe de l'édifice. Les deux travées du chœur disposent d'une toiture continue qui se termine par des croupes du côté du chevet. Les deux travées de chacune des deux chapelles sont recouvertes, quant à elles, d'un toit en pavillon, séparé des toitures des croisillons et du chœur par des noues. Quant au clocher, il se compose d'un étage intermédiaire aveugle et d'un étage de beffroi, qui est coiffé d'une flèche de pierre flanquée de quatre clochetons aux angles.
Intérieur
Nef et bas-côtés

La nef, austère et sombre, se présente, depuis sa restauration du milieu des années 1990, dans un état très proche de celui d'origine, alors qu'elle serait, selon Roselyne Bussière, la partie qui aurait subi le plus de transformations[3]. La largeur, toute relative, est calquée sur la distance entre les contreforts occidentaux du clocher, qui se fondent dans les murs gouttereaux de la nef. La hauteur équivaut à plus de deux fois la largeur, ce qui confère néanmoins à la nef un caractère élancé. De cette manière, la nef dépasse en hauteur la base du clocher, ce qui est courant dans les églises romanes de la région. Du fait de la nudité des murs et du caractère bancal de l'architecture, le regard des fidèles est attiré par le sanctuaire et les verrières du chevet, qui apparaissent comme des points de lumière lointains. En effet, le jour n'entre directement dans la nef que par la rosace occidentale au-dessus de la tribune d'orgue néo-gothique. Le remplage de cette rosace se compose de six lobes autour d'un cercle central, avec en plus six petits orifices circulaires dans l'intervalle entre deux lobes. Une douce lumière bleue semble parfois émaner des baies hautes, mais ce n'est qu'un reflet du verre bleu de la rosace. Les baies sont bouchées, car elles ne donneraient que sur les combles des bas-côtés. De chaque côté, elles sont au nombre de quatre. Profondément ébrasées, elles affectent déjà une forme en arc brisé, et s'ouvrent au-dessus d'un glacis à gradins, comme on peut en voir à Bailleval, Champlieu, Condécourt, Juziers, Moussy et Saint-Félix, par exemple.
Les baies sont systématiquement alignées au-dessus des piles carrées des grandes arcades, et l'ouverture des baies est équivalente à la largeur des piles. Il y a donc une grande arcade de plus de chaque côté que l'on ne compte de fenêtres. Cette disposition se rencontre fréquemment dans les nefs des années 1130-1200 qui sont conçues pour ne pas être voûtées. Elle permet des fenêtres hautes avec une faible hauteur des murs et apporte une bonne stabilité, mais n'est bien entendu pas compatible avec des faisceaux de colonnettes supportant d'éventuelles voûtes qui monteraient au-dessus des piles[28]. L'on rencontre cette même disposition à Béthancourt-en-Valois, Champlieu (commune d'Orrouy), Fontenay-en-Parisis, Fosses (d'un seul côté), Gilocourt, Glaignes, Orrouy et Pontpoint. Dans certains cas, un voûtement est néanmoins intervenu ou a tout au moins été ébauché, ce qui a eu pour résultat la condamnation des ouvertures. Dans tous les cas, les grandes arcades sont en tiers-point. À Conflans tout comme à Bailleval, Béthancourt, Champlieu, Fontenay, Fosses et Orrouy, elles sont à un seul rang de claveaux et ne sont pas moulurées. Les arêtes sont simplement taillées en biseau, détail qui ne paraît qu'à la fin du XIe siècle. L'absence de chapiteaux est un trait partagé avec Bailleval, Champlieu et Orrouy. Comme à Champlieu, il y a cependant des tailloirs moulurés qui paraissent dater d'origine. Leur modénature est inspirée des tailloirs des chapiteaux de l'époque. L'on observe deux variantes : une plate-bande, un cavet et un tore, ou une plate-bande, un tore et un cavet. Avec la nef de l'église ruinée de Champlieu, dans le Valois, l'on trouve ainsi une construction largement analogue dont il est évident qu'elle n'a pas subi de remaniement au XIXe siècle. Tout ce qui paraît manquer d'authenticité sont les socles des piles, qui débordent largement et accusent des arêtes vives.
Au-dessus de l'arc triomphal qui marque l'entrée du sanctuaire, une petite porte située au niveau de la charpente permettait jadis d'accéder au premier étage du clocher moyennant une longue échelle. Ultérieurement, la construction d'une tourelle d'escalier desservant le comble du croisillon nord a facilité l'accès. De la charpente de la nef, n'apparaissent que les trois entraits et poinçons. Le reste est dissimulé par le lambris de lattes, qui épouse la forme d'une voûte en berceau. D'autres églises de la région possèdent des plafonds analogues, comme Épône, Gassicourt, Hardricourt, Louveciennes, Mézières-sur-Seine, Morainvilliers, etc. C'est probablement cette forme de plafond, qui se trouve aussi dans les bas-côtés, et qui s'apparente aux voûtes en berceau couramment utilisées dans l'architecture classique et néo-classique, qui a fait dire à l'abbé Lebeuf vers le milieu du XVIIIe siècle que la nef est des derniers siècles[10]. Ces « fausses voûtes » sont dépréciées au XIXe siècle, comme l'exprime le commentaire d'Adolphe Joanne, qui dit que les lattes ne sont même pas couvertes de plâtre[17] : cela donnerait au moins l'impression de voûtes de pierre. Dans cet ordre d'idées, le conseil de fabrique décidera l'installation de voûtes néo-gothiques en 1870. Aujourd'hui, les plafonds de bois ne sont plus considérés comme des solutions provisoires, et sont à nouveau mis en valeur, comme à Conflans. Dans les bas-côtés, ils sont également d'un bel effet. Sinon, ces parties de l'église n'appellent guère de commentaires. On peut juste signaler le remplage des baies occidentales, qui est de deux lancettes à tête trilobée surmontée d'un quatre-feuilles entre deux écoinçons ajourés. La modénature est simple : les meneaux sont seulement chanfreinés.
- Bas-côté nord, vue vers l'ouest.
- Nef, vue vers l'est dans la base du clocher.
- Nef, vue vers l'ouest.
- Bas-côté sud, vue vers l'est sur le croisillon sud.
- Bas-côté sud, vue vers l'ouest.
- Bas-côté nord, vue vers le sud à travers la nef.
Croisée du transept
- Chapiteaux dans l'angle nord-ouest.
- Chapiteaux dans l'angle nord-est.
- Chapiteaux dans l'angle sud-est.
- Chapiteaux dans l'angle sud-ouest.
- Doubleau vers le chœur, chapiteau côté nord.
- Doubleau vers le chœur, chapiteau côté sud.


La base du clocher présente le double intérêt de sa voûte d'ogives de la période romane tardive et de ses chapiteaux également caractéristiques du style roman tardif, dont certains sont historiés. L'on en dénombre dix-huit, auxquels s'ajoutent huit chapiteaux romans dans les angles de la première travée du chœur. Quatre chapiteaux de la base du clocher sont de grand format, et supportent le rouleau inférieur de l'arc triomphal vers la nef, et de l'arc-doubleau vers le chœur. Quatre petits chapiteaux, positionnés à 45° dans les angles de la base du clocher, correspondent aux ogives. Les dix petits chapiteaux restants reçoivent les rouleaux supérieurs de l'arc triomphal, le rouleau supérieur du doubleau côté oriental (il n'y en a pas de l'autre côté), ainsi que les formerets au nord et au sud. Ces formerets sont devenus les rouleaux supérieurs des arcades vers les croisillons depuis la construction de ceux-ci, au premier tiers du XIIIe siècle. De cette manière, les chapiteaux romans de ces formerets jouxtent des grands chapiteaux gothiques ; ils seront évoqués dans le chapitre ci-dessus. Le maître d'œuvre a appliqué le principe de l'équivalence entre le nombre d'éléments à supporter et le nombre de supports, qui donne un nombre élevé de fûts et des piles assez volumineuses. En cas d'une nef et de bas-côtés voûtés, le nombre de supports aurait été de seize par pile.
Les motifs des chapiteaux romans sont des plus divers. Comme le met en exergue Roselyne Bussière, le sculpteur a surtout su tirer parti des angles des corbeilles, ce qui devient une faiblesse quand on regarde les chapiteaux de face[29]. Il faut savoir que dans la symbolique romane, les représentations situées sur la droite, en regardant le chœur, symbolisent le BIEN( Dextera Domini) et ceux de gauche, ce qu'il est préférable d'éviter("Senestra→sinistre"!). Côté nef, les motifs répondent à des schémas très répandus et sont exclusivement végétaux. Sur un petit et un grand chapiteau, l'on retrouve des feuilles d'eau avec des petites volutes d'angle. Sur le gros chapiteau à droite, les nervures sont perlées. Sur le gros chapiteaux à gauche et le petit chapiteau à droite, l'on relève un entrelacs d'un air précieux, complété de petites palmettes, de têtes d'angle (à gauche) et d'une pomme de pin à l'angle (à droite), aux intervalles évidés au trépan, ce qui confère une grande plasticité aux motifs. Dans l'angle nord-ouest, le sculpteur a représenté un gros homme, la bouche ouverte, qui se tient le ventre(symbole de la luxure), et qui est tiraillé par un homme et un chien ou créature fantastique (comme sur la pile nord-est de la croisée de Cergy) ; des têtes d'hommes barbus aux cheveux ondulants, dont la barbe se sépare en deux nattes ; et un homme qui tente de séparer deux bêtes féroces en train de se bagarrer. Dans l'angle nord-est, les motifs sont deux dragons affrontés qui se partagent une même tête et se mordent dans la queue (comme à Avrechy) ; un archer ou centaure visant un félin ; et des palmettes et entrelacs[30]. Dans l'angle sud-est, l'on trouve une tête grimaçante crachant des rinceaux , avec de légères différences, tant à gauche qu'à droite (comme à la fin du bas-côté sud de Cambronne-lès-Clermont, à Foulangues, dans le bas-côté sud de Lavilletertre, à Saint-Vaast-lès-Mello, etc.), sur la dernière grande arcade du sud Villers-Saint-Paul), ainsi que deux oiseaux aux longs becs et aux ailes déployées au centre[31].L'oiseau semble donner sa chair en nourriture, symbole du Christ. Dans l'angle sud-ouest, l'on découvre, de gauche à droite, deux colombes affrontées se disputent un baluchon (comme à Avrechy, dans le bas-côté sud de Lavilletertre et sur la pile nord-est de la croisée de Cergy) ; des pommes de pin ; et un chapiteau corinthien simplifié[32].
Pour venir à l'arc-doubleau vers le chœur, le grand chapiteau côté nord est assez similaire du petit chapiteau au sud de l'arc triomphal : il arbore des pommes de pin aux angles, tandis que le reste de la corbeille est recouvert d'un entrelacs de tiges végétales nouées ensemble avec un ruban à plusieurs endroits. Si ce chapiteau est aussi d'une bonne qualité sculpturale, le chapiteau historié en face au sud est d'une facture naïve. De façon lapidaire, Roselyne Bussière dit qu'il représente des hommes en pied[29]. L'on y voit un homme en habit de prêtre(??), portant des manipules, qui est pris entre les bras par deux hommes, l'un à gauche, l'autre à droite, dont les bras opposé sont en train de se faire dévorer par un dragon à la queue de serpent.Ces deux derniers chapiteaux ne sont pas du bon côté : leur facture ne ressemble pas du tout aux autres. Ils sont très probablement du XIXe siècle et dateraient d'une restauration de cette époque. Celui de droite reprend un fait réel datant de 1407 et survenu au Prieuré : deux moines ont introduit une "donzelle" mais hélas, le prieur les a surpris et a signalé le fait aux autorités religieuses à Paris. Ce chapiteau devrait donc se trouver à gauche. Un motif vaguement similaire, qui a été interprété comme Daniel dans la fosse aux lions, se trouve au nord-est de la croisée de Deuil-la-Barre (l'homme au centre n'y est pas un prêtre, et il est tiraillé par deux bêtes à tête humaine)[33].
Les corbeilles des chapiteaux sont surmontées de tailloirs qui affectent tous le même profil, à savoir, du haut vers le bas, une plate-bande, un tore et une gorge. Ce profil se rencontre, et ce n'est pas sans intérêt pour la datation, sur certains tailloirs des grandes arcades de la nef. Comme petite irrégularité, un filet se dessine en bas de la plate-bande sur les trois petits chapiteaux de l'angle sud-est, et sur les deux grands chapiteaux du doubleau vers le chœur. Sous les tailloirs de ces deux derniers chapiteaux, et au-dessus des motifs sculptés, la corbeille est évidée de sorte à suggérer que le tailloir repose sur des dés. Les fûts des colonnes engagées des gros chapiteaux et des colonnettes logées dans les angles rentrants des piles sont appareillées. Elles sont munies de bases attiques sans griffes. Leurs socles sont de simples blocs cubiques. Pour venir au profil des deux arcades romanes, il est d'un tore pour les rangs de claveaux supérieurs, et d'un gros boudin entre deux tores pour le rang de claveaux inférieur. La présence d'un boudin dans l'intrados se rencontre aussi sur l'arc triomphal de Marolles (Oise), dans les chœurs d'Acy-en-Multien, Bémont, Noël-Saint-Martin et Pondron ; dans les bases des clochers de Brignancourt, Courcelles-sur-Viosne (doubleau oriental seulement) et Néry ; et même dans les bases de clocher encore voûtées d'arêtes de Seraincourt et Saint-Gervais. Les formerets, qui existent au nord et au sud, sont analogues au rouleau supérieur des arc-doubleaux. Les ogives prennent la forme d'un tore presque aussi gros que le boudin de l'intrados des arcades. La clé de voûte est simplement ornée d'une toute petite fleur, comme fréquemment à la période du premier voûtement d'ogives.
- Arc triomphal, chapiteaux côté nord.
- Vue depuis la nef.
- Vue vers le nord.
- Vue diagonale vers le nord-est.
- Vue diagonale vers le sud-ouest.
- Clé de voûte.
Chœur


Le chœur commence par une travée du second quart du XIIe siècle, qui se terminait peut-être par un chevet plat éclairé par un triplet, ou se poursuivait par une abside romane. Roselyne Bussière exagère un peu en écrivant : « Si le chœur conserve des chapiteaux sculptés qui permettent de cerner les campagnes de construction, l'ensemble a été tellement remanié qu'une datation précise serait hasardeuse »[3]. Il suffirait d'entreprendre une étude stylistique plus poussée. Ce que l'on peut retenir, en attendant, est que les murs gouttereaux de la travée romane du chœur ont été percés au premier quart du XIIIe siècle pour la faire communiquer avec les nouvelles chapelles latérales, et que l'arcade ou le mur roman du côté du chevet a été abattu pour être remplacé par un nouvel arc-doubleau vers le premier tiers du XVIe siècle. En même temps la voûte romane a été remplacée par une voûte gothique flamboyante plus élevée, de sorte que les arcs formerets toujours en place au nord, à l'est et au sud remplissent désormais une fonction purement décorative. En outre, les colonnettes des ogives et du formeret oriental ont été supprimées dans les angles nord-est et sud-est. N'y reste que la colonnette du formeret le long du mur gouttereau. Dans les angles nord-ouest et sud-ouest en revanche, les faisceaux de trois colonnettes romanes restent toujours en place, mais les colonnettes du milieu, réservées aux ogives, sont désormais sans emploi : les ogives flamboyantes pénètrent directement dans les angles.
À l'instar de la croisée du transept, les colonnettes romanes dans les quatre angles de la travée avoisinent immédiatement les colonnes engagées gothiques des arcades ouvertes au XIIIe siècle. Mais en différence avec la croisée du transept, les faisceaux de colonnettes contigus aux piles du clocher ne côtoient pas les colonnes engagées romanes. Y reste un intervalle de trois quarts de mètre environ, ce qui met en exergue la plus grande largeur de cette première travée du chœur par rapport à la base du clocher. Cette largeur plus généreuse est obtenue au prix de contreforts décalés par rapport à l'axe des forces à l'est du clocher, ce qui pose des problèmes de stabilité. Reste à revenir sur la sculpture des huit chapiteaux romans. Elle ne réserve pas de surprises. Pratiquement toutes les corbeilles sont sculptées de feuilles d'eau, parfois avec des volutes d'angle ou des nervures perlées, et rappellent les deux chapiteaux semblables de l'arc triomphal. Seul le chapiteau au sud-est arbore des godrons, qui sont curieusement obliques. Quant au profil des ogives flamboyantes, « il se compose de facettes concaves séparées par des arêtes vives qui s'amortissent par un méplat, avec deux autres méplats saillants qui encadrent ce méplat terminal ». Ce profil est commun à toutes les voûtes flamboyantes du Vexin français[34] tout proche, comme le note Monique Richard-Rivoire, et est généralement très répandu bien au-delà. La clé de voûte arbore un petit écusson chargé d'une croix templière, au milieu de feuilles frisées. La polychromie architecturale est celle mise en place après 1857. Les couleurs sont beaucoup plus saturées et plus sombres que ce ne fut l'usage à la période gothique, quand dominaient des teintes à la base d'ocre, complétées par un peu de noir et de vert. À Paris à la seconde moitié du XIXe siècle, la dorure des chapiteaux a été promue par Victor Baltard et Alexandre Denuelle. Dans l'église de Saint-Germain-des-Prés, Eugène Lefèvre-Pontalis juge le résultat désastreux[35].
Le prolongement du chœur a été construit, sans doute assez rapidement, sans aucune exigence artistique, en appliquant à minima les préceptes stylistiques de l'époque, mais avec régularité et proprement. L'arc-doubleau à l'intersection avec la première travée est seulement profilé d'une large et d'une plus étroite moulure concave de chaque côté, l'intrados étant méplat. Ce doubleau se fond directement dans un dosseret méplat. Ce dosseret résulte probablement de l'arasement du mur de chevet ou d'un pilier roman. Côté est, les angles rentrants entre la saillie du dosseret et un autre dosseret regardant vers l'est, ont accueilli un pilier engagé en quart-de-cercle. L'étroite arcade au sud du prolongement du chœur est analogue au doubleau précédemment décrit. L'étroite arcade au nord est dénuée de toute mouluration, à arêtes vives, et en plein cintre. Ces deux arcades latérales se fondent elles aussi directement dans des dosserets méplats, dont ceux côté ouest résultent certainement de l'arasement des contreforts orientaux de la première travée du chœur. À moins que le caractère sommaire des deux arcades ne résulte d'une réfection à l'époque moderne ou d'un changement de parti en cours de chantier, c'est-à-dire que les deux petites chapelles n'étaient pas comprises dans le projet initial du début du XVIe siècle, la platitude des supports même à l'est des arcades peut s'expliquer par un souci de symétrie. Les autres supports de la partie flamboyante du chœur sont des piliers cylindriques engagés. À l'intersection entre la deuxième et la troisième travée, donc à l'entrée de l'abside, ces piliers reçoivent à la fois les ogives et l'arc-doubleau. Dans les angles de l'abside, ils sont réservés aux ogives, car les arcs formerets font défaut. Le doubleau et les ogives accusent le même profil que les ogives dans la première travée du chœur. Les clés de voûte ne sont pas sculptées, ou ont perdu leur sculpture dans le contexte du vandalisme révolutionnaire, vandalisme dont la clé de voûte de la chapelle Sainte-Honorine, au nord, porte encore les traces. Cinq fenêtres éclairent l'abside. Elles sont toutes munies d'un remplage identique, caractéristique de l'époque, et se composant de deux lancettes à têtes tréflées, très aiguës, surmontées d'un soufflet entre deux écoinçons ajourés de chaque côté. Les meneaux, soigneusement traités, accusent une modénature aiguë et sont munis de bases sculptées.
- 1re travée, chapiteaux dans l'angle nord-ouest.
- 1re travée, vue vers l'est.
- 1re travée, vue vers le nord.
- 2e et 3e travée, vue vers le nord-est.
- 2e travée, vue diagonale vers le nord-ouest.
- 1re travée, clé de voûte.
Croisillon et chapelle latérale nord



Bien qu'ajouté un demi-siècle environ après la construction de l'église romane, le croisillon nord se raccorde parfaitement à la base du clocher grâce à une arcade gothique à double rouleau, dont le rouleau supérieur du côté sud n'est autre que l'ancien formeret roman de la base du clocher. Les chapiteaux de l'arc-doubleau gothique sont implantés à la même hauteur que les chapiteaux romans. Les autres chapiteaux gothiques sont situés plus bas, du fait du tracé aigu des arcs d'inscription de la voûte et la volonté de ne pas dépasser en hauteur la voûte de la croisée du transept. Ceci donne une irrégularité. Une autre irrégularité, plus gênante sur le plan esthétique, est imputable à la présence du contrefort septentrional de la pile nord-est du clocher. Ce contrefort réduit en largeur le doubleau vers la chapelle latérale du chœur, crée un espacement entre les colonnettes de la voûte et la colonne engagée du doubleau, et apporte un voûtain irrégulier, tiraillée entre la colonnette logée dans l'angle et le doubleau qui lui sert d'arc d'inscription à l'est. Des irrégularités supplémentaires résultent d'une réparation à l'époque moderne, dans le cadre de laquelle les colonnettes dans l'angle nord-ouest ont été remplacées par un massif de maçonnerie à plusieurs angles rentrants, sans chapiteaux mais avec un tailloir mouluré, et les formerets du côté ouest et du côté nord ont disparu. Plusieurs colonnettes gothiques sont donc aujourd'hui sans fonction. Le caractère bancal du mur septentrional, appareillé en moellons et non enduit, et de la fenêtre qui l'éclaire, avec un piédroit plus haut que l'autre et un tracé incertain, pourrait résulter de la même campagne de réparation. D'autant plus bien conçu paraît le faisceau de cinq colonnettes à l'intersection du croisillon et de la chapelle, du côté nord. La colonnette médiane, plus forte en diamètre, supporte l'arc-doubleau, qui est à un seul rang de claveaux. Une colonnette de chaque côté correspond aux ogives, et une autre, aux formerets, dont celle de gauche sans emploi. On peut encore mentionner l'arcade en anse de panier vers le bas-côté, qui est sans caractère particulier, et devrait remplacer une arcade plus étroite qui existait du temps que le bas-côté n'avait pas encore été porté à la largeur de la nef. Au-dessus, s'ouvre un oculus circulaire. Notons plusieurs détails: le pilier ressortant du mur septentrional n'a qu'un lointain rapport avec la verticale. En cause : la démolition , vers 1860, d'une tranche du bâtiment formant le presbytère du XVIIe siècle pour créer un passage vers le jardin. Les poussées du clocher et de la flèche vers le nord n'étant plus vraiment contrebutées par ce qui reste du presbytère à cet endroit, donnent cette impression « pisanne »!
Par ailleurs, il faut aussi savoir que MM. de Montmorency prévoyaient de porter l'entrée ouest de l'église au niveau du clocher, d'où les arcs en anse de panier typiques du XVIe siècle. On trouve même une colonne contre le mur nord au niveau de la séparation du bas-côté nord dont le chapiteau est de style grec. Il était ainsi prévu d'abattre nef et autres constructions. Le nouveau chœur aurait donc été celui dont les restes sont croqués sur les gravures des [36]XVIIe et XVIIIe siècles (Cassas & Challe) mais la « décollation » du duc Henry II de Montmorency en 1632 et la confiscation de ses biens stoppèrent les travaux. L'église « romano-gothique » est donc conservée dans son intégralité.
La première travée de la chapelle latérale nord, contemporaine du croisillon, est moins large, puisque le chœur qu'elle flanque déborde vers le nord par rapport à la croisée du transept. La régularité s'en trouve améliorée car le contrefort du clocher, caché ici en grande partie par l'arcade vers le chœur, a pu être mieux dissimulé. Néanmoins, le faisceau de colonnettes près de ce contrefort (soit à l'angle sud-ouest de la chapelle) présente un écart anormalement grand entre les fûts. Comme dans le croisillon, les chapiteaux de la voûte se situent plus bas que les chapiteaux de l'arcade méridionale. Cependant, tous les chapiteaux gothiques et l'ensemble des arcs formerets restent en place. On note seulement que le fût du rouleau supérieur de l'arcade méridionale, côté est, a été remplacé par un massif de maçonnerie, dont la forme arrondie permet d'éviter une trop grande rupture de style. Il n'y a pas de fenêtre, car la sacristie primitive, un temps petit oratoire, est contiguë au mur gouttereau, qui est donc percé d'une porte. À l'est, une arcade en tiers-point, nettement désaxée vers la gauche (vers le nord) a été ouverte à la période flamboyante pour réaliser le raccordement avec la chapelle Saint-Nicolas, patron des bateliers. À l'instar des arcades latérales de la deuxième travée du chœur, associées aux chapelles flamboyantes, cette arcade n'est pas non plus moulurée, et ses piédroits sont lisses. En revanche, elle retombe sur des tailloirs profilés d'une petite et d'une large moulure concave séparées par un filet saillant, ainsi que d'un tore. Le même profil a été appliqué aux piliers engagés qui sont venus se substituer aux colonnettes gothiques du croisillon et de la chapelle latérale sud, lors de la réfection de leurs voûtes à la période flamboyante (voir le chapitre ci-dessus).
Sur les deux grands chapiteaux du doubleau intermédiaire, se profile une tête humaine de facture naïve entre des feuilles de chêne stylisées. La restauration en 1970 sur ce croisillon et la sacristie d'origine a permis de sculpter ces deux têtes se faisant face. Elles représentent Adam et Ève. Les quatre grands chapiteaux des deux arcades gothiques vers le sud et au sud du doubleau intermédiaire sont sculptées de crochets, de feuilles de chêne, ou d'une alternance des deux motifs, alignés dans un seul rang. Les petits chapiteaux dans les angles du croisillon sont analogues, mais sur l'un des chapiteaux, dans l'angle sud-est, l'on voit des volutes d'angle dans le style du XIIe siècle. Cela a aussi été dit des deux petits chapiteaux dans l'angle sud-ouest de la chapelle. Les chapiteaux de crochets dans l'angle sud-est de la chapelle sont en revanche d'un style gothique classique. Plus évolués sont également les petits chapiteaux dans les angles nord-ouest et nord-est de la chapelle, qui sont sculptés d'un rang de crochets épanouis, et d'un rang de feuilles polylobées. Apparemment indépendamment du niveau et des motifs de la sculpture, les tailloirs font appel à trois profils différents : soit une tablette et un cavet entre deux listels, en ce qui concerne les quatre chapiteaux des arcades méridionales et deux petits chapiteaux dans l'angle sud-ouest de chacune des travées ; soit une tablette, un filet, un cavet amorti par un listel, et une plate-bande ; ou sinon une tablette, un cavet amorti en doucine (ou un cavet et un tore), un ressaut, et une plate-bande, qui forme en même temps la partie supérieure de la corbeille. Il y a quelques bases attiques toujours en place, mais la plupart des bases s'est perdue. Les trois arc-doubleaux sont moulurés d'un méplat entre deux tores dégagés, et les formerets ainsi que les rouleaux supérieurs des doubleaux du sud, d'un mince tore. Les ogives sont au profil d'un tore en forme d'amande, qui se dégage devant un bandeau aux arêtes creusées d'un cavet. Les clés de voûte, creuses au milieu, sont entourées d'une couronne de feuillages, et flanquées de deux têtes humaines, dont l'une regarde vers le nord, et l'autre, vers le sud.
La deuxième travée de la chapelle latérale nord, initialement plus petite et dédiée à saint Nicolas, est consacrée depuis l'agrandissement des années 1860 à Sainte-Honorine depuis la réception de ses reliques au début du XIXe siècle alors qu'elles étaient conservées dans les églises successives du prieuré voisin [37]. L'ogive de sa voûte néo-gothique s'appuie directement sur le mur côté sud. À l'opposé, elle s'encastre au nord-ouest dans le mur et vient s'appuyer, au nord-est, sur la colonne réutilisée des Montmorency. Le mur nord est décoré d'une "grecque" peu visible derrière le grand tableau représentant l'Adoration des bergers. Cette chapelle est surtout intéressante pour son mobilier néo-gothique de grande qualité de 1881 (boiseries, autel, tabernacle) et 1891 (confessionnal). Sous la table d'autel se trouve un vaste espace réservé aux deux châsses/reliquaires, l'une de sainte Honorine et l'autre de sainte Marguerite et saint Sanson. On remarque également la verrière figurée de 1860, qui a pour sujet sainte Honorine. La baie, en tiers-point, est entourée de moulures concaves, mais dénuée de remplage. Comme dans le chœur, l'architecture ne fait pas preuve de recherche. Les deux arcades, à arêtes vives, ont déjà été décrites (dont celle du sud dans le contexte du chœur). Le profil des ogives est analogue au chœur. Elles se fondent directement dans les angles ou dans des massifs de maçonnerie, à l'est. Le massif de maçonnerie de l'angle nord-est englobe les supports Renaissance du projet d'extension des années 1550, dont il a été question dans le chapitre consacré à l'histoire de l'église. La clé de voûte a été abattue, et seul un arrachement en reste visible au croisement des ogives.
- Chapelle latérale nord, 2e travée, chapiteaux dans l'angle sud-ouest.
- Chapelle latérale nord, 1re travée, vue vers l'ouest.
- Chapelle latérale nord, 1re travée, vue vers le nord.
- Chapelle latérale nord, 2e travée, vue vers l'est.
- Chapelle latérale nord, vue diagonale vers le sud-est.
- Croisillon nord, chapiteaux dans l'angle nord-est.
Croisillon et chapelle latérale sud



L'élément dominant du croisillon sud est la large baie flamboyante à trois lancettes, aux meneaux soigneusement moulurés, et munis de bases. Entre les deux piédroits, le remplage est constitué de trois lancettes en cintre surbaissé, dans lesquelles s'inscrivent des têtes tréflées composées d'un hémicycle entre deux quarts-de-cercles. Au niveau du tympan, la lancette médiane est surmontée d'une lancette analogue beaucoup plus courte, qui est flanquée de deux soufflets obliques, d'un dessin encore très aigu contrairement au reste, ainsi que de deux écoinçons ajourés. Le pourtour est agrémenté d'une large et d'une étroite moulure concave. C'est du côté de la base du clocher et vers le bas-côté que le croisillon sud ressemble à son homologue au nord. L'arcade en anse de panier n'est toutefois pas surmontée d'un oculus. Il reste six chapiteaux gothiques au total, dont les deux grands chapiteaux de l'arcade vers la base du clocher, implantés plus bas que ceux de la voûte. Ces deux chapiteaux sont sculptés de feuilles polylobées (côté ouest) et de crochets épanouis d'un style gothique classique (côté est). Ces mêmes motifs se retrouvent sur les deux petits chapiteaux des colonnettes des ogives et du formeret du côté nord. Avec les chapiteaux à l'est de la première travée de la chapelle latérale nord, ces exemplaires paraissent plus récents que la plupart des autres. Le profil des tailloirs se compose d'une tablette, d'un filet, d'un cavet amorti par un listel, et d'une plate-bande. C'est l'un des trois profils présents au nord.
Si l'ogive flamboyante est reçue sur la colonnette du XIIIe siècle dans l'angle nord-ouest, la colonnette dans l'angle nord-est en face est devenue inutile, car le maître d'œuvre a choisi de faire retomber l'ogive sur une console un peu plus loin au sud. Dans l'angle sud-est, l'arc-doubleau et l'ogive s'interpénètrent, et immédiatement en dessous, le pilier change de profil par rapport au doubleau, ce qui est une maladresse manifeste. Dans l'angle sud-ouest, l'ogive se fond dans l'angle entre les deux murs, comme déjà observé dans la première travée du chœur et la chapelle Sainte-Honorine. Il n'y a pas de formerets correspondant à la voûte flamboyante. L'arc-doubleau signalé accuse un intrados méplat entre deux doucines, ce qui est un profil inhabituel : entre deux doucines, l'intrados adopte généralement la forme d'un boudin. Le piédroit nord est mouluré du même profil que les consoles de l'arcade à l'entrée de la chapelle Sainte-Honorine. Cette moulure se trouve une fois côté ouest, et même deux fois côté est, du fait de la présence d'un ressaut dans le pilier, alors que l'intrados est méplat. Il n'y a toutefois pas de continuité avec le doubleau. Le piédroit côté sud est un pilier ondulé engagé en forme de double doucine, et est tout à fait représentatif de l'architecture flamboyante dans la région. Ce n'est pas le cas du profil des ogives, à savoir un filet saillant entre deux fines moulures concaves et deux tores (il y a des larges moulures concaves à l'emplacement des tores sur les ogives flamboyantes au nord et dans le chœur). La clé de voûte arbore une tête d'homme barbue, dont les cheveux et la barbe sont représentés par des petites boules, au milieu d'un anneau enrobé d'un ruban.
La première travée de la chapelle latérale sud, initialement construite au premier quart du XIIIe siècle, ne conserve d'origine que les deux grands chapiteaux de l'arc-doubleau vers le chœur. Sculptés de crochets, ils sont analogues au chapiteau à l'est du doubleau entre croisillon sud et croisée du transept. Les tailloirs sont également analogues. Tout le reste a été refait à la période flamboyante, y compris le rouleau supérieur de l'arcade. Son profil se continue sur les deux piédroits, et c'est le même que déjà signalé pour le pilier engagé au nord du doubleau qui sépare le croisillon sud de la chapelle, ainsi que pour les consoles de l'arcade ouvrant sur la chapelle Sainte-Honorine. Le pilier ondulé engagé, en face au sud, a déjà été mentionné. Contrairement à la chapelle Sainte-Honorine et à la partie flamboyante du chœur, le maître d'œuvre n'a pas appliqué le système des nervures des voûtes pénétrant dans les piliers ou dans les angles de mur. Dans la chapelle du sud, les quatre ogives sont reçues sur des culs-de-lampe. Les deux exemplaires du côté du mur gouttereau sont rudimentaires. Au nord-ouest, le cul-de-lampe est muni d'un tailloir carré et sa corbeille, de forme conique, est sculptée de trois facettes concaves. Au nord-ouest, l'on trouve l'unique cul-de-lampe garni d'un motif sculpté plus abouti que compte l'église Saint-Maclou. Ce motif est une tête de chérubin flanquée d'ailes déployées. La chevelure est rendue de la même manière que sur la clé de voûte du croisillon sud. Le bas de la corbeille est décoré de godrons. Le tailloir accuse une tablette, un cavet en forme de doucine et un tore. La voûte est analogue au croisillon sud, hormis la clé de voûte, qui est une délicate composition de feuilles frisées. La fenêtre est elle aussi analogue au croisillon sud.
La chapelle de la Vierge, dite aussi Notre-Dame-des-Ardents selon le vocable que portait la première église du prieuré dans la tradition locale[7], s'ouvre par une arcade en tiers-point du même profil que le doubleau entre la première et la deuxième travée du chœur, et que l'arcade au sud de la deuxième travée du chœur, qui concerne également la chapelle de la Vierge. À gauche, l'arcade se fond directement dans le pilier, qui est lisse, mais a l'angle sud-est taillé en biseau. À droite, l'arcade se fonde dans un pilier cylindrique engagé, à l'instar du doubleau à l'entrée de l'abside et des ogives dans les angles de l'abside. Dans les deux angles du chevet, l'architecte a disposé des culs-de-lampe à l'intention des ogives. Leur motif est un angelot d'une facture très naïve, qui porte entre ses deux mains un écusson peint du monogramme « M » pour Marie. Ces monogrammes font partie de la polychromie architecturale de la seconde moitié du XVIe siècle. La voûte elle-même est analogue à la chapelle Sainte-Honorine. Cependant, la clé de voûte sculptée s'est conservée. Il arbore une tête d'homme représentée de profil, entourée d'une couronne de laurier. Cette tête est en bas-relief, alors que celle du croisillon sud est en haut-relief. Tout n'a manifestement pas été construit en même temps, comme le donnent à penser aussi les divergences dans les ogives et piliers dans les deux travées précédentes, comparées aux cinq autres travées flamboyantes de l'église. Le croisillon sud de la "croisée du transept" et la travée qui suit vers l'est ont été restaurés en 2000-2001 et de nombreuses pierres d'ogives remplacées. Les fenêtres de la chapelle de la Vierge sont de la même facture que celles de l'abside, mais le remplage est différent. La baie du chevet est à trois lancettes à têtes tréflées, dont celle du centre, plus élevée et plus aiguë, est surmontée d'une ellipse entre deux soufflets placés horizontalement. Surtout ce dernier détail est original. La baie méridionale est à deux lancettes à têtes tréflées, surmontées de deux soufflets obliques, tête vers le bas, et d'un petit soufflet droit au sommet.
- Chapelle latérale sud, 1re travée, clé de voûte.
- Chapelle latérale sud, 1re travée, vue vers l'ouest.
- Chapelle de la Vierge, vue vers l'est.
- Chapelle de la Vierge, vue diagonale vers le nord-est.
- Chapelle latérale sud, 1re travée, cul-de-lampe dans l'angle nord-est.
- Retombée du doubleau intermédiaire et des ogives, côté sud.
Sacristie primitive

Cette petite salle basse de deux travées voûtées d'ogives, sans fenêtre, attenante à la première travée de la chapelle latérale nord fut transformée en oratoire durant une quinzaine d'années. Le jour entre seulement par les carreaux de la porte extérieure, côté ouest. La porte vers la chapelle, dans la première travée côté sud, ne procure aucun éclairage. L'arc-doubleau intermédiaire a les arêtes creusées d'une gorge. Il retombe directement sur des socles aux arêtes abattues. Les ogives accusent deux moulures concaves de part et d'autre d'un intrados méplat. Elles retombent sur des culots profilés d'un tore, d'un cavet, d'un filet et d'un biseau. Il n'y a pas d'arcs formerets. Les clés de voûte ont perdu leur modeste décor. Dans l'angle sud-est, l'ogive bute devant un contrefort de l'église. À gauche de ce contrefort, soit au chevet de l'oratoire, une large ouverture dans le mur, fermée par une tenture et un rideau, établit la communication avec l'extension de la sacristie bâtie en 1861[23]. L'oratoire serait donc l'ancienne sacristie. On peut se demander si le remplage à tête tréflée de la baie orientale de la sacristie ne provenait pas du mur oriental de cette ancienne sacristie. Aujourd'hui, on peut y célébrer des messes de semaine si l'assistance est réduite. Le Saint-Sacrement y est conservé dans un petit tabernacle, à côté duquel brûle la lampe éternelle.
À partir de l'automne 2019, cette petite salle n'est plus "oratoire". Le Saint Sacrement a été replacé dans le tabernacle de l'autel majeur du chœur. Détail : en 1970, au cours d'une restauration, son sol a retrouvé son niveau médiéval. Des tomettes y ont été reposées et les voûtes reprises. Il serait nécessaire de gratter les crépis des murs afin de "laisser respirer" les pierres en mettant celles-ci à nu.
Extérieur
Nef et bas-côtés





La nef et les bas-côtés forment un seul volume. Le large pignon occidental, commun aux trois vaisseaux, est ajouré d'une rosace hexalobe sans aucune mouluration, dont l'authenticité reste à examiner. Il est sommé d'une croix en antéfixe refaite lors de la restauration des années 2010. Le pignon présente un ressaut dans chaque rampant au niveau du sommet des anciens murs gouttereaux de la nef, mais ce ressaut ne se matérialise pas sur les deux versants de la toiture, qui sont donc établis en continu. Des contreforts plats sont positionnés devant les anciens murs gouttereaux de la nef, à la limite entre les vaisseaux. La partie basse de ces contreforts est dissimulé par le porche néo-gothique de 1873. Les murs et les contreforts sont appareillés en pierre de taille, avec des parpaings de taille variable selon les assise. Les bas-côtés sont épaulés par des contreforts aux angles de la façade et à la limite entre les travées. Au niveau de la limite des allèges, ces contreforts se retraitent par un glacis) formant larmier, et ils s'amortissent également par un glacis formant larmier. La faible envergure des contreforts en façade correspond à un édifice qui n'est pas destiné à être voûté. Les murs se retraitent par un fruit agrémenté d'une plinthe moulurée, une assise au-dessus du niveau du sol de la nef. Cette plinthe marque la limite du soubassement, qui fait appel à des parpaings de grand gabarit. Le soubassement est particulièrement élevé du côté ouest, car les parties occidentales de l'église sont bâties à flanc de coteau, qui descend justement vers l'ouest. Seize marches d'escalier desservent le porche devant le portail occidental. Cinq marches ont suffi pour le portail latéral, dans la quatrième travée du nord.
Les deux portails sont néo-gothiques. Le portail principal est à triple archivolte, et flanqué de deux groupes de trois colonnettes à chapiteaux. Son tympan est percé d'un grand quatre-feuilles entre deux petits quadrilobes et deux écoinçons ajourés. Le plafond du porche épouse la forme d'une voûte en berceau brisé. L'archivolte à l'entrée du porche retombe sur deux consoles sculptées de crochets, à l'instar des chapiteaux. La tranche des murs gouttereaux du porche est dissimulée par des demi-colonnes engagées, qui portent également des chapiteaux de crochets, semblables à ceux des arcades latérales de la croisée du transept et du chœur. Jusqu'à la restauration, chacun des chapiteaux était surmonté d'un clocheton, qui était jadis couronné d'un pinacle. Une gargouille de pierre jaillissait de chaque côté. La vétusté de ces ornements a conduit à leur suppression. L'ensemble du porche menaçait ruine. Même si son architecture n'a pas de modèles concrets du XIIIe siècle dans la région, l'architecte des Monuments historiques a toutefois opté pour son maintien, faisant remplacer la voûte de pierre par une autre...en bois, plus légère et reprenant la forme antérieure. Les gargouilles du XIXe siècle sont figurées par deux autres en métal beaucoup plus courtes. Les murs sont décorés de délicates arcatures plaquées de type flamboyant du côté extérieur, peut-être conservés du porche précédent, qu'Adolphe Joanne avait vu en ruine en 1857[17], et qui est représenté sur la maquette de 1863[23],[38]. En effet, le reste du porche est d'une facture plus grossière et inspirée du style gothique classique. En contraste avec cette hypothèse d'un porche flamboyant, somme toute cohérente avec les réseaux également flamboyants des fenêtres occidentales des bas-côtés, une estampe conservée à la Bibliothèque nationale de France montre un portail flamboyant dépourvu de porche, avec deux portes rectangulaires séparées par un trumeau portant une statue monumentale d'un évêque qui devrait alors correspondre à saint Maclou. Le portail est entouré de deux moulures concaves, et chacune des portes est surmontée d'une accolade ornée d'un petit écusson et de quelques feuillages[39]. L'ensemble, d'une facture très médiocre (si ce n'est pas la faute du dessinateur), s'inscrit dans un arc en anse de panier irrégulier. La mention manuscrite « Conflans Sainte Honorine » apparaît en bas à gauche de la gravure, mais il resterait toutefois à vérifier si l'estampe représente réellement l'église Saint-Maclou. En effet, de nombreuses notices de la base Palissy prétendent aussi que l'église Saint-Maclou se situe à Andrésy, Chanteloup-les-Vignes ou encore Maurecourt.
Il est à noter que jusqu'à la construction du majestueux escalier actuel, la terre de l'ancien cimetière se trouvait encore à son emplacement, ce dernier cimetière ayant été supprimé en 1843 parce qu'on n'y pouvait plus inhumer les défunts. Une partie de cette terre, avec ce qu'il restait des ossements non retirés, fut déposée derrière l'église dans le jardinet dont le sol se trouva surélevé d'environ 50 centimètres sur toute sa surface. C'est la raison pour laquelle de nombreux ossements ont été retrouvés dans cette terre remuée à l'occasion des deux campagnes de travaux puis déposés au "cimetière nouveau" de 1843, devenu, lui aussi, le "vieux cimetière de Conflans" mais qui est équipé de l'ossuaire de la ville.
Clocher
Le premier étage du clocher, dépourvu de fenêtres, est destiné à faire gagner en hauteur les baies de l'étage de beffroi, en les faisant émerger des volumes des toitures. Il s'agit donc d'une sorte d'étage intermédiaire, qui permet également, à l'intérieur, l'intercirculation entre les combles des croisillons et du chœur. On y accédait jadis par une porte située au-dessus de l'arc triomphal, dans la nef, et actuellement, par une cage d'escalier jouxtant le croisillon nord. À l'ouest et à l'est, cet étage intermédiaire ne possède pas de contreforts. Ceux-ci n'existent qu'au niveau du rez-de-chaussée, sous la forme des murs gouttereaux de la nef et du chœur. Au nord et au sud en revanche, le premier étage est épaulé de volumineux contreforts particulièrement puissants, qui se retraitent progressivement par des ressauts très rapprochés, comme on peut le voir à Glaignes, Hardricourt, Néry, Saintines, Tessancourt-sur-Aubette, etc. Ce sont des églises de la première moitié du XIIe siècle dont la base du clocher était initialement dépourvue de croisillons, comme c'est le cas à Conflans. En haut du premier étage, les murs du clocher tout entier se retraitent par un glacis. Une assise plus haut, un autre glacis court tout autour du clocher. Il est amorti par un tore, et sert d'appui aux socles des trois colonnettes de fort diamètre par face qui scandent verticalement les quatre faces du deuxième étage. Ces douze colonnettes au total sont flanquées de deux fines colonnettes chacune, dont quatre marquent les angles de l'étage, et dont les seize autres reçoivent l'archivolte supérieure des baies de l'étage de beffroi. Entre ces colonnettes, la continuité du glacis se rompt en adoptant une déclivité moindre. Seize autres colonnettes, placées encore en recul par rapport aux précédentes, reçoivent l'archivolte inférieure des mêmes baies. De cette manière, chacune des deux baies par face se trouve cantonnée de quatre fines et de deux fortes colonnettes, et aucun pan de mur nu n'apparaît à ce niveau du clocher. La largeur des baies ne représente pour autant que 40 % de la largeur des faces, ce qui illustre l'habileté de l'architecte. Avec ces nombreuses colonnettes, appareillées avec les murs pour davantage de stabilité, et la hauteur des baies environ cinq fois supérieure à la largeur, le résultat obtenu est une impression d'élancement.
Les fines colonnettes aux quatre angles de l'étage de beffroi montent jusqu'en haut de l'étage, où elles se terminent par un chapiteau au tailloir surdimensionné, qui se substitue ici à la corniche. Son profil est d'une tablette, d'un petit tore et d'un cavet. C'est aussi le profil des tailloirs de tous les autres chapiteaux du clocher. Ce sont des chapiteaux de feuillages, d'une facture nettement romane, pour la plupart très simples, mais avec une certaine variété des motifs, et parfois des volutes d'angle. Hormis les colonnettes d'angle, les fûts s'arrêtent tous au niveau des impostes des baies. Les fortes colonnettes ne sont pas pourvues de chapiteaux : elles sont surmontées d'une fine colonnette en délit, qui monte jusqu'à la corniche, et qui est, quant à elle, munie d'un chapiteau. Entre ces chapiteaux, la corniche prend la forme de couples de petites arcatures en plein cintre, en faible relief, qui retombent sur des modillons, dont la moitié environ est sculptée de masques. C'est une version simplifiée de la corniche beauvaisine, ou chaque couple d'arcatures s'inscrit dans une arcature plus grande[40]. En ce qui concerne les archivoltes des baies, le rang de claveaux inférieur est sculpté d'un rang de bâtons brisés en positif et d'un autre en négatif. Ce motif, notamment employé sur les portails romans en Normandie, dans le Vexin, dans le Beauvaisis, dans le nord de l'Île-de-France historique et dans le Valois, se trouve aussi sur les baies des clochers de Bonneuil-en-Valois, Courcelles-sur-Viosne et Labruyère, par exemple. Le rang de claveaux supérieur est mouluré d'un tore et d'une gorge, et surmontée d'un rang de têtes de clous. Une assise plus haut, se trouvent déjà les modillons de la corniche ; ce n'est qu'à ce niveau que paraissent des pierres non sculptées ou moulurées.
Par bien des caractéristiques, le clocher de Conflans se rattache aux clochers du Vexin français et du Pincerais, mais son étage de beffroi se prévaut d'un élancement assez rare pour la période romane, à l'instar de ses homologues de Bougival, Mareil-Marly et Sartrouville[41]. La plupart des clochers élancés sont en effet déjà gothiques. La flèche de pierre sur plan octogonal, entièrement pleine, et cantonnée de quatre clochetons, se rattache justement à l'architecture gothique par la présence de ces clochetons, à la place desquels le maître d'œuvre aurait placé des pyramidons jusque bien au-delà du milieu du XIIe siècle. Il n'y a cependant pas de baies au milieu des quatre faces droites, comme c'est le cas à Limay, ni de clochetons supplémentaires, comme on peut en voir à Mogneville et Vernouillet. Ainsi, les flèches que l'on peut rapprocher de Conflans-Sainte-Honorine sont Bougival[42] et Mareil-Marly. À propos de la flèche de Mogneville, Eugène Lefèvre-Pontalis écrit que ses lanternons seraient inspirés de la cathédrale de Senlis[43]. Selon le dessin de coupe fourni par Anatole de Baudot, la flèche est creuse à l'intérieur, et forme un volume unique avec l'étage de beffroi. Aux angles intérieurs, des trompes servent à recevoir la masse des lanternons. À l'extérieur, les arêtes entre les huit faces de la pyramide sont adoucies par des tores. Ceux-ci retombent sur des mascarons, analogues à la corniche. Sur les faces de la pyramide, deux assises de pierres lisses alternent avec deux assises sculptées de petites arcatures en plein cintre régulières. La mission des lanternons est de permettre la transition du plan carré de l'étage de beffroi vers le plan octogonal de la flèche, et donc, de ne pas laisser d'espace inoccupé. Ils sont reliés à la pyramide par des sortes de lucarnes pleines. De plan circulaire, ils reposent sur des fines colonnettes en délit munis de chapiteaux, et sont coiffés de petites flèches polygonales. L'intérieur des clochetons est rempli de maçonnerie, contrairement à Bougival, Mareil-Marly ou Mogneville.
Parties orientales
L'aspect des parties orientales, c'est-à-dire des croisillons du transept, des chapelles latérales et de l'abside, est assez différent au nord et au sud : si au nord l'aspect utilitaire domine, car les parties sont contiguës au presbytère et peu visibles depuis le domaine public, tout a été fait pour être agréable à l'œil au sud. Le croisillon nord est consolidé par un massif de maçonnerie énorme, tenant lieu de contrefort, et flanqué d'une cage d'escalier sur plan carré, de sorte qu'il reste juste assez de place pour la fenêtre nord. En dessous, entre le contrefort et la cage d'escalier, se situe la chaufferie. La travée du XIIIe siècle de la chapelle latérale nord, ainsi que le mur septentrional de la chapelle Sainte-Honorine, sont mitoyens de l'oratoire et de la sacristie. Ces parties sont dénuées de caractère à l'extérieur, hormis la fenêtre au remplage flamboyant de la sacristie, côté est. De la chapelle Sainte-Honorine, seul le chevet est donc visible. On y voit la vaste baie, entourée de fines moulures, qui contient la verrière de Sainte-Honorine, ainsi que le chapiteau Renaissance qui subsiste du projet d'extension des années 1550. Le mur est enduit.
Au sud, le croisillon sud a été lourdement restauré, au XIXe siècle, comme le montre la facture sèche du pignon (Voir la maquette de bois de 1863). Le croisillon est entièrement appareillé en pierre de taille. Une partie du mur occidental, au-dessus de la toiture du bas-côté de la nef, est proéminente, et amortie par un court glacis. Il devrait s'agir d'un vestige du croisillon d'origine du premier quart du XIIIe siècle. La corniche, profilée d'une large moulure convexe et d'une moulure concave, est la même que sur la chapelle latérale sud et l'abside, et pourrait remonter au XVIe siècle. Elle se continue, assez curieusement, à la base du pignon du croisillon sud. Peut-être le pignon avait-il été supprimé lors de la construction flamboyante, et ne fut reconstitué que dans le cadre de l'aménagement néo-gothique de l'espace intérieur. C'est ce que suggère aussi la maquette en bois de l'église exécutée en 1863[23], qui n'est toutefois pas à l'échelle ni fidèle aux détails. Les contreforts du croisillon sud diffèrent de leurs homologues de la chapelle latérale sud et de l'abside par leur relative simplicité. Au niveau de la limite des allèges, ils se retraitent par un glacis formant larmier qui va tout autour, et se poursuit d'un contrefort à l'autre, en servant d'appui à la fenêtre. Au niveau des impostes des fenêtres, les contreforts diminuent d'importance en passant du plan rectangulaire vers un plan triangulaire. Ils s'amortissent par un chaperon formant larmier. L'ornementation se réduit à une moulure concave verticale de face, entre le larmier et le changement de plan ; des moulures concaves contenant une baguette sur les côtés ouest et est, au même niveau de hauteur ; et une moulure concave verticale à l'angle extérieur des parties hautes.
Les points communs entre le croisillon sud, d'une part, et les deux travées de la chapelle latérale sud et l'abside, d'autre part, sont l'appareil en pierre de taille ; le larmier qui court à la limite des allèges en passant autour des contreforts ; la transition des contreforts vers un plan triangulaire au niveau des impostes des baies ; les moulures verticales sur les contreforts ; ainsi que la corniche. L'ornementation des contreforts, très aboutie, permet de comprendre le motif du passage des contreforts vers un plan triangulaire, procédé fortement répandu à la période flamboyante, et la fonction des moulures verticales : La partie antérieure du contrefort prend ainsi l'apparence de deux clochetons, amortis par des accolades retombant sur des consoles de feuilles frisées, et coiffés de demi-pinacles garnis de crochets plaqués devant les faces obliques du haut du contrefort. Comme à l'usage au XVIe siècle, un seul contrefort (au lieu de deux contreforts disposés orthogonalement) épaule l'angle sud-est de l'église. Ce contrefort oblique est peu saillant, et bute en haut contre la corniche, qui s'interrompt à l'arrivée du contrefort. Les autres contreforts sont amortis par des chaperons formant larmier.
- Parties orientales, vue depuis le sud-est.
- Vue générale depuis le nord-ouest.
- Vue partielle depuis le sud.
- Abside, vue depuis le sud-est.
- Pinacle de l'abside.
- Vue depuis le nord-est.















