Éric Woerth

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Éric Woerth [eʁik vœʁt][2], né le à Creil (Oise), est un homme politique français.

Circonscription4e de l'Oise
Groupe politiqueUMP (2010-2012)
R-UMP (2012-2013)
UMP (2013-2015)
LR (2015-2022)
LREM (2022)
RE (2022-2024)
EPR (2024-2026)
Faits en bref Fonctions, Député français ...
Éric Woerth
Illustration.
Éric Woerth en 2008.
Fonctions
Député français

(15 ans, 2 mois et 17 jours)
Réélection 17 juin 2012
18 juin 2017
19 juin 2022
7 juillet 2024
Circonscription 4e de l'Oise
Législature XIIIe, XIVe, XVe, XVIe et XVIIe (Cinquième République)
Groupe politique UMP (2010-2012)
R-UMP (2012-2013)
UMP (2013-2015)
LR (2015-2022)
LREM (2022)
RE (2022-2024)
EPR (2024-2026)
Prédécesseur Christian Patria
Successeur Véronique Ludmann

(1 an et 10 mois)
Élection 18 septembre 2005
Réélection 10 juin 2007
Circonscription 4e de l'Oise
Législature XIIe et XIIIe (Cinquième République)
Groupe politique UMP
Prédécesseur Christian Patria
Successeur Christian Patria

(1 an, 10 mois et 11 jours)
Élection 16 juin 2002
Circonscription 4e de l'Oise
Législature XIIe (Cinquième République)
Groupe politique UMP
Prédécesseur Arthur Dehaine
Successeur Christian Patria
Ministre de l'Aménagement du territoire, de la Décentralisation et du Logement

(7 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Sébastien Lecornu
Gouvernement Lecornu I
Prédécesseur François Rebsamen (Aménagement du territoire & Décentralisation)
Valérie Létard (Logement)
Successeur Françoise Gatel (Aménagement du territoire & Décentralisation)
Vincent Jeanbrun (Logement)
Questeur de l'Assemblée nationale

(1 an, 11 mois et 11 jours)
Président Yaël Braun-Pivet
Législature XVIe (Cinquième République)
Prédécesseur Laurianne Rossi
Successeur Christine Pirès-Beaune
Président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale

(4 ans, 11 mois et 23 jours)
Législature XVe (Cinquième République)
Prédécesseur Gilles Carrez
Successeur Éric Coquerel
Maire de Chantilly

(22 ans et 13 jours)
Élection 18 juin 1995
Réélection 18 mars 2001
16 mars 2008
30 mars 2014
Prédécesseur Philippe Courboin
Successeur Isabelle Wojtowiez
Secrétaire général des Républicains

(11 mois et 14 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Laurent Wauquiez (intérim)
Prédécesseur Laurent Wauquiez
Successeur Bernard Accoyer
Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique

(7 mois et 22 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement Fillon II
Prédécesseur Xavier Darcos (Travail)
Lui-même (Fonction publique)
Successeur Xavier Bertrand (Travail)
Roselyne Bachelot (Solidarité)
François Baroin (Fonction publique)
Ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'État[1]

(2 ans, 10 mois et 4 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement Fillon I et II
Prédécesseur Jean-François Copé (Budget, Comptes publics)
Christian Jacob (Fonction publique)
Successeur François Baroin (Budget, Comptes publics)
Secrétaire d'État à la Réforme de l'État

(1 an et 2 mois)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Raffarin III
Prédécesseur Henri Plagnol
Successeur Jean-François Copé (indirectement)
Conseiller régional de Picardie

(16 ans, 3 mois et 28 jours)
Élection 16 mars 1986
Président Charles Baur
Claude Gewerc
Biographie
Nom de naissance Éric Jean-Marie Michel Woerth
Date de naissance (70 ans)
Lieu de naissance Creil (France)
Nationalité Française
Parti politique RPR (1981-2002)
UMP (2002-2015)
LR (2015-2022)
RE (depuis 2022)
Conjoint Florence Woerth
Diplômé de HEC Paris
IEP de Paris
Profession Associé dans un cabinet d'audit international

Image illustrative de l’article Éric Woerth
Maires de Chantilly
Fermer

Membre successivement du RPR, de l'UMP et LR, il est ministre du Budget puis du Travail dans les deux premiers gouvernements Fillon de 2007 à 2010. Maire de Chantilly de 1995 à 2017, il est élu député de l'Oise de 2002 à 2004, de 2005 à 2007 et depuis 2010. Entre 2017 et 2022, il est président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

En 2022, il annonce quitter Les Républicains, dont il fut secrétaire général de 2015 à 2016, pour soutenir le Président de la République Emmanuel Macron. Il est ensuite réélu député sous la bannière Ensemble avant de devenir questeur de l'Assemblée nationale entre et 2024. En , il est brièvement ministre de l'Aménagement du territoire, de la Décentralisation et du Logement au sein du gouvernement Lecornu I.

Mis en examen dans les affaires de l'hippodrome de Compiègne et Bettencourt, il est finalement relaxé. Trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, il est mis en examen en 2018 pour « complicité de financement illégal de campagne électorale » dans le cadre de l'affaire Sarkozy-Kadhafi, pour laquelle il est jugé en 2025 et à nouveau relaxé.

Le , il quitte son mandat de député après la prolongation de sa mission temporaire sur la réforme du PMU, dont il prend la présidence du conseil d'administration deux semaines plus tard.

Jeunesse et famille

Éric Woerth naît le à Creil dans l'Oise, puis grandit au sein d'une famille de quatre enfants d'origine alsacienne dans un immeuble social d'un quartier du plateau de Creil. Son père est médecin du travail pour le secteur du bâtiment et sa mère est femme au foyer[3],[4]. Éric Woerth se définit comme catholique pratiquant[5].

Il est l’époux de Florence Woerth (née Henry), avec qui il a deux enfants[6]. Celle-ci est analyste financière et gestionnaire de fortune au sein de la Banque Palatine, puis à la banque Rothschild & Cie Gestion[7].

En 2007, elle devient directrice des investissements de Clymène, holding financière de la milliardaire Liliane Bettencourt. En 2010, elle démissionne de ce poste[8] et entre au conseil de surveillance de Hermès[9],[10].

En 2008, elle participe à la création de l'Écurie Dam's, une société détenue uniquement par des femmes et dont le but est d'acquérir et de faire courir des chevaux pur sang[11] et en devient la présidente.

Elle est également administratrice des Amis du Musée du château de Chantilly.

Formation

Après une terminale économie au lycée de Chantilly, Éric Woerth suit des études à l’université Paris II (Assas) jusqu’en licence[6]. Il est diplômé de l'IEP de Paris en 1977 (section Service public)[12] et de HEC Paris en 1981 (programme Grande École)[13].

À la fin de ses études, en 1980, il effectue son service militaire comme soldat de 2e classe au 8e groupe de chasseurs à Wittlich, en Allemagne.

Consultant en entreprise

Éric Woerth mène à partir de 1981 une carrière professionnelle dans le domaine du conseil en entreprise, en étant recruté chez Andersen[14] où il s'occupe d'optimisation fiscale[15] pour le compte de riches clients comme Elton John[14], puis au cabinet Bossard Consultants (après un passage à Pechiney[15]) avant de revenir 16 ans plus tard chez Arthur Andersen, où il s'est spécialisé en tant que directeur non associé dans l'audit des collectivités locales et des administrations publiques (audit des comptes de la ville de Paris à la suite des municipales de 2001)[réf. souhaitée].

Il quitte le cabinet au début de 2002, avant que celui-ci ne disparaisse à la suite du Scandale Enron, pour se consacrer à sa carrière politique et assumer la direction financière de la campagne présidentielle de Jacques Chirac[16][réf. incomplète].

Entre 1986 et 1990, il est successivement directeur général, vice-président, puis président de l'Agence pour le développement de l'Oise (ADO)[17] avec comme adjointe la trésorière occulte du RPR, Louise-Yvonne Casetta[18],[19]. Dans un rapport de la chambre régionale des comptes de Picardie, la gestion d'Éric Woerth est mise en question[18],[20]. Quand Éric Woerth résilie son contrat en 1990, il reçoit une prime de fin de contrat équivalent à cinq mois de salaire, que la Chambre qualifie de « pure libéralité »[21],[22]. Ce rapport s'interroge sur les audits commandés par l'ADO, dont certains sont assimilés à des « subventions indirectes ». Certaines études sont commandées au cabinet Bossard Consultants, par lequel il est embauché après avoir résilié son contrat avec l'ADO[18]. Il devient directeur du département conseil aux collectivités locales chez Bossard Consultants de 1991 à 1993.

Parcours politique

Débuts

Éric Woerth prend sa carte au RPR en 1981. Originaire de Creil et développant différents projets professionnels dans l’Oise, il choisit la Picardie pour y établir son fief.

Il commence sa carrière politique à Creil comme candidat aux municipales. Battu en 1983, face au maire sortant socialiste Jean Anciant, il quitte Creil pour Chantilly, où il est élu conseiller municipal. Le , un arrêt du Conseil d'État annule son élection au conseil municipal de Chantilly pour conflit d'intérêts dans la gestion de l'ADO[22],[23].

Dès 1992, Éric Woerth est élu conseiller régional RPR. Il se présente en 1995 à la mairie de Chantilly et remporte l’élection contre le centriste Philippe Courboin. À partir de 1993, il est directeur financier et administratif du RPR et de la campagne de Jacques Chirac de 1995. De 1995 à 1997, il devient conseiller parlementaire du Premier ministre Alain Juppé, dont il est resté proche. Suppléant d'Arthur Dehaine, député de l'Oise (1997-2002), il est en parallèle directeur associé chez Arthur Andersen (1998-2002).

En 2002, Éric Woerth parvient à se faire élire député de l'Oise et commence à se rapprocher de Nicolas Sarkozy.

En , Éric Woerth est le fondateur et premier président du Club de la boussole, qui regroupe 38 députés UMP « réformistes » revendiquant leur fidélité au président de la République Jacques Chirac et au Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Il crée le Club de la Boussole en . Il rassemble des députés issus des différentes sensibilités de l'UMP qui se revendiquent fidèles aux engagements présidentiels de 2002 (Jacques Chirac) et 2007 (Nicolas Sarkozy).

Quand il est nommé au gouvernement en 2004, Éric Woerth décide de céder son mandat de maire pour celui de premier adjoint. Il est membre des Réformateurs, le courant libéral de l'UMP, structuré autour d'Hervé Novelli.

Reconduit dans ses fonctions de trésorier de l'UMP en 2004, il est désormais un proche de Nicolas Sarkozy qui lui confie la mission, de concert avec Valérie Hoffenberg, de monter pour le compte de l'UMP « une structure dédiée à la collecte de l'argent auprès des plus grandes fortunes, sur le modèle des Charity dinners qui ont prospéré aux États-Unis »[24]. Il crée alors le « Cercle France », dont le droit d'entrée varie de 300  à 3 000  et le « Premier Cercle » dont le droit d'entrée minimal est fixé à 3 000 , mais peut aller jusqu'à 7 500  comme le prévoit la réglementation sur le financement des partis[24].

En 2007, il est le président de l'Association de financement pour la campagne de Nicolas Sarkozy et, en tant que trésorier de l'UMP, continue de récolter des fonds auprès de donateurs potentiels[25]. Sa mission est un succès puisque le candidat Sarkozy reçoit 9 125 105  de dons de personnes physiques, loin devant les 743 432  de sa principale rivale Ségolène Royal[24].

En , il est réélu député dès le premier tour avec 57,40 % des suffrages, mais nommé ministre du Budget dans le gouvernement Fillon, il cède sa place à son suppléant, Christian Patria.

Éric Woerth retrouve son siège de député en . Il est membre de la commission des affaires étrangères, et travaille à ce titre sur une mission concernant la place et le rôle politique, culturel, économique et éducatif de la France en Inde. Il fait partie de la délégation des quatre parlementaires qui partent à l'assemblée générale de l'ONU à New York les 8 et .

Il est réélu en . Le , il rejoint le groupe parlementaire R-UMP de François Fillon à la suite des résultats contestés du congrès de l'UMP.

Secrétaire d'État à la Réforme de l'État

Éric Woerth est secrétaire d'État à la réforme de l'État dans le gouvernement Raffarin III, du au .

Sa principale tâche est d'appliquer la règle du non-remplacement de la moitié des fonctionnaires partant à la retraite.

Le , il quitte ses fonctions à l'arrivée de Dominique de Villepin à Matignon.

Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique

Éric Woerth, Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, en 2009.

Le , il est nommé ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique dans le nouveau gouvernement Fillon II, portefeuille auquel il ajoute celui de la Réforme de l'État à la faveur d'un remaniement, le .

Favorable à l'inscription de l'équilibre des finances publiques dans la Constitution (prémices de la règle d'or), Éric Woerth cherche dès lors à maîtriser les dépenses, et à lutter contre l'évasion fiscale en appelant les contribuables français ayant des avoirs à l'étranger non déclarés à régulariser leur situation avant la fin de l'année 2008, sous peine de sanctions[26]. Il affirme ainsi détenir « les noms de 3 000 contribuables détenteurs de comptes dans les banques suisses, dont une partie correspond très probablement à de l'évasion fiscale »[27]. Éric Woerth organise, à ce titre, une réunion à Bercy, puis à Berlin, avec le ministre allemand Peer Steinbrück et des représentants de l'OCDE, permettant d'inscrire la lutte contre les paradis fiscaux à l'ordre du jour du G20. Cette liste s'avère cependant inutilisable, car la Cour de cassation, dans un arrêt du , souligne son « origine illicite » (le fichier ainsi réquisitionné ayant initialement été volé), et interdit donc à l'administration de s'en servir[28].

Pour lutter contre les fraudes à la Sécurité sociale, il met en œuvre des moyens juridiques et des possibilités de croiser les fichiers[29].

Pour favoriser les démarches administratives en ligne, il lance au début de 2009 Mon.service-public.fr, un portail internet de l'administration française[30].

Il se félicite régulièrement que le gouvernement ait réduit le nombre d’hôpitaux et de lits d’hôpitaux[31].

Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique

Éric Woerth, Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique, le 17 juin 2010 au Ministère du Travail.

Les élections régionales de 2010, perdues par la majorité, donnent lieu à des ajustements ministériels : le , Éric Woerth devient ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique en remplacement de Xavier Darcos.

À ce titre, il est chargé de négocier la réforme du système de retraite avec les partenaires sociaux. Le , il défend un amendement visant à créer des « commissions paritaires territoriales » pour renforcer le dialogue social dans les très petites entreprises, aussitôt rejeté par les députés UMP, qui y voient de « nouvelles contraintes »[32]. Le , il présente devant le parlement la Réforme 2010 des retraites en France. En 2007, il déclare sur de nombreux plateaux de télévision qu'il y a trop de lits d'hôpitaux en France et déclare « Nous avons réduit le nombre d’hôpitaux en France, et c’est une bonne chose »[33],[34].

À la suite du changement de gouvernement du , Éric Woerth, pris dans ses démêlés judiciaires, perd son portefeuille ministériel.

Dans l'opposition à François Hollande puis à Emmanuel Macron

Lors des élections législatives de , Éric Woerth est réélu député avec 59,23 % des suffrages au second tour, face au candidat EELV Patrick Canon[35]. Son suppléant est Jean-Marc Simon, ambassadeur de France, qui fut en poste en République centrafricaine, au Nigeria, au Gabon et en Côte d'Ivoire.

Le , Nicolas Sarkozy, qui vient de retrouver la présidence de l'UMP une semaine plus tôt, le nomme délégué général de l'UMP chargé de l'Économie et des Finances[36]. Le , il devient délégué général au projet du nouveau mouvement Les Républicains, avec Isabelle Le Callennec comme adjointe[37]. En décembre, à l'occasion des élections régionales de 2015, il est élu conseiller régional de Nord-Pas-de-Calais-Picardie dans l'Oise où il est tête de liste, mais démissionne dans la foulée[38]. Quelques jours plus tard, il est nommé secrétaire général des Républicains par Nicolas Sarkozy[39]. Il soutient ce dernier à l'occasion primaire de la droite et du centre de 2016[40] avant de rallier François Fillon pour le second tour[41].

Candidat à sa réélection lors des élections législatives de 2017, il n'arrive qu'en deuxième place au premier tour avec 27,68 % des suffrages, derrière la candidate LREM Stéphanie Lozano. Au second tour, il est finalement réélu avec 51,98 % des voix[42]. Le , en tant que membre de l'opposition, il est élu président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Pour se conformer à loi sur le cumul des mandats, il renonce à son fauteuil de maire de Chantilly le [43].

Il parraine Laurent Wauquiez pour le congrès des Républicains de 2017, scrutin lors duquel est élu le président du parti[44].

Il est à l'origine, en , d'une proposition de résolution (n'ayant donc aucune valeur contraignante) qui invite le gouvernement à assouplir les futures règles bancaires internationales (Bâle III). La proposition est cosignée par 66 parlementaires issus des groupes LR, LREM et MoDem. Le gouvernement déclare soutenir « pleinement et globalement les orientations » du texte[45].

Ralliement à La République en marche

Éric Woerth annonce en soutenir Emmanuel Macron en vue l'élection présidentielle de 2022[46]. Il affirme ne souhaiter intégrer « ni LREM, ni la majorité, telle qu'elle est constituée aujourd'hui »[47]. Le président des Républicains Christian Jacob lui demande alors immédiatement de quitter le parti[48], son soutien à Emmanuel Macron pouvant induire un rapprochement avec l'une des composantes de la majorité présidentielle[49]. À l'Assemblée nationale, il quitte donc le groupe Les Républicains et s'apparente au groupe La République en marche[50]. Il refuse cependant de démissionner de la présidence de la commission des Finances et conserve le poste jusqu'à la fin de la législature, ce que les oppositions dénoncent comme une violation de l'esprit du règlement de l'Assemblée nationale[51].

Pour les élections législatives de 2022, il est investi par la majorité présidentielle sous la bannière Ensemble[52], tandis que son ancien parti investit contre lui un ancien proche, Arnaud Dumontier, maire de Pont-Sainte-Maxence[53]. Arrivé en tête du premier tour, il est réélu face à la candidate RN Audrey Havez avec 54,35 % des suffrages au second tour. Sa suppléante est désormais Véronique Ludmann, adjointe à la maire de Senlis. Candidat de la coalition présidentielle, il est élu questeur de l'Assemblée nationale le .

Il se voit confier fin 2023 une mission sur la décentralisation par Emmanuel Macron[54], dont il rend les conclusions en mai 2024[55]. Il y formule 51 propositions dont une meilleure définition de chaque échelon de collectivités pour une plus grande efficacité, la création d'un statut de conseiller territorial, similaire à celui de la réforme de 2010, l'abrogation de la loi PLM, la réduction du nombre de conseillers municipaux et un retour partiel du cumul des mandats (qui permettrait à un parlementaire d'être également maire, adjoint au maire ou président d'un EPIC)[56].

Après la dissolution de l'Assemblée nationale, il est à nouveau candidat pour les élections législatives de 2024 après avoir été investi par Renaissance[57]. Face au candidat RN Mathieu Grimpret, il n'arrive qu'en deuxième place au premier tour avec 29,89 % des suffrages, contre 40,23 % pour son adversaire. Après avoir obtenu le soutien du candidat LFI, arrivé troisième, il est réélu au second tour avec 53,45 % des voix[58].

Ministre de l'Aménagement du territoire, de la Décentralisation et du Logement

Le 5 octobre 2025, il est nommé ministre de l'Aménagement du territoire, de la Décentralisation et du Logement dans le gouvernement Lecornu I. Il retrouve le gouvernement près de 15 ans après avoir quitté celui de Francois Fillon en 2010. Sa nomination est perçue comme le moyen pour lui de « de passer de la théorie à la pratique » sur la décentralisation, un sujet sur lequel il avait rendu un rapport le 30 mai 2024 à Emmanuel Macron mais qui ne put jamais réellement être étudié en raison de la dissolution de l'Assemblée nationale[59]. Mais dès le lendemain matin, avant même la tenue d'un premier conseil des ministres, Sébastien Lecornu, dont la coalition a volé en éclats en quelques heures seulement, remet la démission de son gouvernement au Président de la République. Éric Woerth se retrouve donc ministre démissionnaire moins d'une journée après sa nomination et sans même qu'une cérémonie de passation de pouvoirs avec ses prédécesseurs, François Rebsamen et Valérie Létard, ne puisse avoir lieu[60],[61]. Finalement renommé Premier ministre, Sébastien Lecornu annonce une semaine plus tard la composition de son second gouvernement. Éric Woerth n'est pas reconduit dans ses fonctions et quitte le gouvernement 7 jours seulement après son retour. N'étant resté qu'une brève semaine, son mandat de député reste ininterrompu. Françoise Gatel, qui fut membre du gouvernement Bayrou, lui succède comme mistre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation tandis que le portefeuille du Logement revient au député Vincent Jeanbrun.

Départ de l'Assemblée nationale

À partir du , il est chargé d'une mission temporaire visant « la mise en œuvre du pacte PMU 2030 et la préfiguration de la nouvelle gouvernance du PMU »[62]. Il doit notamment superviser le changement de statut du PMU et prévoir la succession de la directrice générale Emmanuelle Malecaze-Doublet, qui avait quitté ses fonctions plus tôt dans l'année[63]. Un décret du vient prolonger sa mission[64], l'obligeant de fait à abandonner son mandat de député. En effet, une mission temporaire confiée à un parlementaire ne peut pas excéder une durée de 6 mois[65]. Sa suppléante, Véronique Ludmann, lui succède. Il explique sa décision en considérant être « plus utile » en venant en aide à la filière hippique, tout en envisageant sa nomination prochaine comme président du conseil d'administration du PMU[66], ce qui est effectif en mars 2026[67].

Prises de position

Il estime que la légalisation du mariage entre personnes de même sexe constitue une « régression ». Il affirme par ailleurs que l’on « joue les apprentis sorciers » avec la PMA[68].

Il se prononce en 2022 en faveur du recul de l'âge de la retraite de 62 ans à 65 ans[69].

Affaires judiciaires

Affaire de l'hippodrome de Compiègne

À la suite de révélations du Canard enchaîné et de Marianne en , Éric Woerth est soupçonné de prise illégale d'intérêts dans la vente de 57 hectares de la forêt de Compiègne. Il bénéficie en 2014 d'un non-lieu après enquête de la Cour de justice de la République[70]. L’affaire se termine en 2021 avec la fin des poursuites contre deux collaborateurs d’Éric Woerth[71]. Il reste mis en cause par la presse[72],[73].

Affaire Woerth-Bettencourt

Dans le cadre de cette affaire commencée en avec des révélations de Mediapart, Éric Woerth est mis en examen en pour trafic d'influence passif et recel de financement illicite de parti politique[74]. En , le tribunal correctionnel de Bordeaux prononce une double relaxe des chefs de trafic d'influence et d'abus de faiblesse, le tribunal indiquant que la « remise d'argent des fonds Bettencourt » n’est pas « totalement acquise », qu’il « n'est pas démontré qu'Éric Woerth avait connaissance de l'origine illicite de cette somme » ni qu’il n’avait connaissance « de la particulière vulnérabilité de Liliane Bettencourt ».

Affaire Sarkozy-Kadhafi

Trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy pour l’élection présidentielle de 2007, il reconnaît devant les juges d’instruction avoir distribué plusieurs dizaines de milliers d'euros d'argent liquide d’origine anonyme à des salariés de la campagne[75].

Les enquêteurs se sont aperçus qu'à la fin de la campagne électorale, il restait dans la trésorerie environ 250 000 euros en billets, ce qui laisse présumer une circulation très importante d’espèces. Éric Woerth, qui dirigeait cette trésorerie, s'est défendu en arguant que ces billets avaient pour origine des dons anonymes envoyés par voie postale, ce que les enquêteurs ont démenti, estimant que cette origine alléguée visait à tromper[76].

Il est mis en examen pour « complicité de financement illégal de campagne électorale » en 2018[77]. Le 24 août 2023, le procureur national financier Jean-François Bohnert annonce qu'Éric Woerth sera jugé, aux côtés de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, Brice Hortefeux et neuf autres personnes, devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, du 6 janvier au 10 avril 2025[78]. Il risque un an de prison[79]. Le 27 mars 2025, le parquet financier requiert à l'encontre d'Éric Woerth une peine d'un an de prison ferme[80]. En septembre, il est relaxé[81]. Il sera rejugé en appel début 2026, le parquet ayant fait appel contre lui[82].

Affaire Tapie

En 2008, le Groupe Bernard Tapie obtient 408 millions d'euros en raison de son litige avec le Crédit lyonnais concernant la vente d’Adidas. Selon Mediapart, alors qu'il est ministre du Budget, Éric Woerth aurait permis au Groupe Bernard Tapie de payer seulement 43 millions d’euros de taxes au lieu de 101 millions, contre l’avis de sa propre administration[83]. En 2009, l'administration fiscale dirigée par Éric Woerth renonce à un appel sur la décision de ristourne de 15 millions d’euros, dont 11 millions au titre de l'impôt sur le revenu au bénéfice de Bernard Tapie.

En , Éric Woerth est mis en examen par la Cour de justice de la République (CJR) pour concussion (malversations commises dans l’exercice d’une fonction publique). Soupçonné d’avoir accordé un avantage fiscal à Bernard Tapie en 2009, l’ancien ministre du Budget dément[84],[85]. Le , le ministère public près la Cour de justice de la République annonce avoir requis un non-lieu pour Éric Woerth, considérant que l'infraction n'est pas « suffisamment caractérisée »[86].

Enfin, le 3 octobre 2022, la CJR prononce un non-lieu pour Éric Woerth, estimant qu'« il n' y avait pas matière à reprocher quoi que ce soit au ministre du Budget de l'époque qui avait arbitré le régime applicable »[87].

Détail des mandats et fonctions

Au gouvernement

À l'Assemblée nationale

Au niveau régional

  • -  : conseiller régional de Picardie
  • -  : vice-président du conseil régional de Picardie
  • -  : conseiller régional de Picardie
  • -  : conseiller régional de Nord-Pas-de-Calais-Picardie

Au niveau municipal

Au sein de partis

  • -  : trésorier national de l'UMP
  • -  : secrétaire général des Républicains

Publications

Voir aussi

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Bibliographie

  • Nicolas Tavernier, Un Village sous influence ou L’École de la délinquance de nos élus, Max Milo, 2017, 230 p.

Articles connexes

Notes et références

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