Les premières activités maritimes à proximité de, l'île de Pharos ont d'abord été transmises oralement (entre 1200 et 1100 av. J.-C. environ), avant d'être mentionnées bien plus tard dans L'Odyssée (VIIIesiècleav. J.-C.)[5], où l'île est évoquée et brièvement décrite par Ménélas à Télémaque, au chant IV, v. 351-360[6]:
«(...) les dieux me retenaient / en Égypte (...) / On peut voir là une île dans la houle de la mer / face aux bouches du fleuve; on la nomme Pharos, / et en un jour un profond vaisseau peut l'atteindre, / pour peu qu'il soit favorisé d'un bon vent clair. / Là se trouve un bon port d'où l'on relance en haute mer / les vaisseaux balancés qui puisent à la sombre aiguade.»
Selon Plutarque, les paroles de Ménélas seront bientôt murmurées à Alexandre le Grand (356-323 av. J.C.) par Homère lui-même, qui apparaît au conquérant dans une «vision merveilleuse». Homère lui rappelle ainsi l'existence de l'île de Pharos, et à son réveil, Alexandre s'y rend et découvre les avantages du site qui, très proche de la côte, délimite un long bras de mer qui la protège de la houle. C'est donc à cet endroit qu'il fondera Alexandrie, en 332 av. J.C., renonçant à un premier emplacement qui lui avait été suggéré par ses ingénieurs[7].
Plan d'Alexandrie à l'époque hellénistique, avec l'île de Pharos (IVeauIersiècleav. J.-C.).
Par la suite, sous la dynastie des Lagides (332–30 av. J.C.), on décide d'édifier un phare à l'extrémité orientale de l'île de Pharos. Les bâtisseurs en profitent pour la relier au continent via une chaussée[8], l'heptastade, d'une longueur de sept stades[9] soit environ 1 344 mètres. À la suite des élargissements successifs, des phénomènes de sédimentation et d'épirogenèse entraînent un recul du littoral, et la chaussée s'est ainsi élargie jusqu'à former l'isthme de Mansheya[10]. Cette nouvelle presqu'île est alors habitée et un aqueduc y est construit[9].
Époque contemporaine
Le site de l'île est aujourd'hui fortement urbanisé, et forme une partie du centre-ville d'Alexandrie, avec des infrastructures portuaires, des parcs et la citadelle de Qaitbay édifiée au XVesiècle à l'extrémité orientale de l'île, à l'emplacement du phare, définitivement détruit en 1375, date du dernier d'une série de tremblements de terre qui avaient progressivement mis à mal l'édifice.
Vue satellite d'Alexandrie, 15 avril 2015. On voit bien la péninsule de Pharos, en forme de marteau.
12(en) Jean-Daniel Stanley et al., «Alexandria, Egypt, before Alexander the Great: A multidisciplinary approach yields rich discoveries», Geological Society of America, , p.1-10 (v. p. 4) (lire en ligne[PDF])
↑Khalid S. Al-Hagla, «Cultural Sustainability: An Asset of Cultural Tourism Industry», International Centre for Research on the Economics of Culture, Institutions, and Creativity (EBLA), (lire en ligne[PDF]).
12Bertrand Millet, «Impacts of Alexandria’s Heptastadion on Coastal Hydro-Sedimentary Dynamics During the Hellenistic Period», The International Journal of Nautical Archaeology, vol.36, , p.167–176 (DOI10.1111/j.1095-9270.2006.00131.x, lire en ligne).
E.M. Forster (trad.de l'anglais par Claude Blanc), Pharos et Pharillon, Paris, Quai Voltaire, (1reéd. 1923) (ISBN978-2-876-53100-0, lire en ligne)
L'ouvrage en ligne est dans la langue originale.
(en) Mostafa el-Abbadi, «The Island of Pharos in Myth and History», dans William V. Harris and Giovanni Ruffini (Eds.), Ancient Alexandria between Egypt and Greece, Leyde, Brill, coll.«Columbia Studies in the Classical Tradition» (no26), , xx + 298 (ISBN978-9-004-14105-6, DOI10.1163/9789047406389_018), p.259-267