Wikiwand AI

Aloxe-corton (AOC)

région viticole From Wikipedia, the free encyclopedia

Un aloxe-corton[n 2] (prononcé : [alɔs.kɔʁtɔ̃], « alosse-corton »)[3] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée, produit dans une large partie de la communes d'Aloxe-Corton et sur une petite partie des communes de Ladoix-Serrigny et de Pernand-Vergelesses, en Côte-d'Or.

Désignation(s)Aloxe-corton
Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1938
PaysDrapeau de la France France
Faits en bref Désignation(s), Type d'appellation(s) ...
Aloxe-corton
Image illustrative de l’article Aloxe-corton (AOC)
Le Château Corton C., en arrière plan d'une petite partie du vignoble.

Désignation(s) Aloxe-corton
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1938
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Bourgogne
Sous-région(s) vignoble de la côte de Beaune
Localisation Côte-d'Or
Climat océanique à tendance continentale
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 266 heures par an[1]
Sol argilo-calcaire
Superficie totale 127 hectares, dont 37 ha en 1er cru[2]
Superficie plantée 114 ha, dont 34 en 1er cru (en 2022)[3]
Cépages dominants pinot noir N[n 1] et chardonnay B
Vins produits 98,5 % rouges et 1,5 % blancs
Production 4 703 hl, dont 1 343 de 1ers crus (moyenne 2017-2021)[3]
Pieds à l'hectare minimum 9 000 pieds/ha[4]
Rendement moyen à l'hectare 53 hl/ha en rouge et 62 en blanc (en 2023)[5]
Fermer

Il s'agit d'une des appellations communales du vignoble de la côte de Beaune, située entre l'aire de production du ladoix au nord, du pernand-vergelesses à l'ouest et des savigny-lès-beaune et chorey-lès-beaune au sud. La réputation de l'aloxe-corton s'est construite notamment grâce aux grands crus que sont le corton et le corton-charlemagne.

Histoire

Début du vignoble

On attribue à la période romaine l'implantation de la viticulture dans l'actuelle Bourgogne ; plusieurs fouilles archéologiques la prouvent pour la fin du Ier siècle, notamment celle à Gevrey-Chambertin en 2008-2009 (au lieu-dit « Au-dessus de Bergis », interprétée comme étant les restes d'une vigne en pergolette sur plaine argileuse)[6]. Ce vignoble de plaine se serait implanté sur le coteau seulement à partir du haut Moyen Âge, avec aménagement progressif d'un parcellaire délimité par des haies, des murs, des murgers et des chemins[7].

À partir du VIIe siècle, l'extension de la viticulture est favorisée par la création de domaines viticoles par les institutions ecclésiastiques[8]. En l'an 1395, Philippe le Hardi décida d'améliorer la qualité des vins et interdit la culture du gamay au profit du pinot noir sur ses terres[9]. Cet ordre, renouvelé plusieurs fois ce qui fait douter de son efficacité, n'empêche pas le gamay et d'autres cépages d'être massivement cultivés, notamment en-dehors des meilleures parcelles du coteau, produisant des vins de consommation courante. À la mort de Charles le Téméraire, le vignoble de Bourgogne fut rattaché au royaume de France, sous le règne de Louis XI.

Période moderne

En 1700, l'intendant Ferrand[n 3] rédigea un Mémoire de la Bourgogne pour l'instruction du dauphin Louis (qui avait le titre de duc de Bourgogne ; c'est le petit-fils de Louis XIV et le père de Louis XV), indiquant que dans le duché les vins les meilleurs provenaient des « vignobles [qui] approchent de Nuits et de Beaune »[10].

En 1728, Claude Arnoux décrit l'aloxe comme un vin de primeur, cas de tous les vins de la côte de Beaune d'alors : « Alôsse est le quatrième vignoble de Vin de primeur [après ceux de Volnay, de Pommard et de Beaune] ; il est situé sur le penchant d'une colline a trois mille de Beaune ; cette vallée est une pente si douce qu'apeine s'aperçoit-on de monter, lorsqu'on va du bas en haut : Ce petit village produit des Vins d'une extrême delicatesse ; ils sont moins vifs que les précedents, mais d'un goût plus flatteur & plus rapellant ; la couleur est un peu plus douce, & moins petillante, mais belle ; & comme la colline qui produit ce Vin est trop peu élevée & trop en pente, il ne participe ny du Ferme ny du Roide que donne aux Vins le haut des collines, il en a tout le Tendre, rien du Dur, & par consequent il est sujet a durer très peu, a s'engraisser, & a prendre une mauvaise qualité de douceur ; cependant on l'envoye dans les païs étrangers : mais il demande bien du choix & du discernement[11]. »

En 1778, Claude Courtépée et Edme Beguillet mentionnent dans leur ouvrage que la paroisse est sous le « vocable de saint Médard, patronage de la collégiale de Saulieu, à laquelle Charlemagne donna des vignes, encore appellées le clos de Charlemagne, qui produit de très-bon vin blanc & rouge. »[12] Ils indiquent aussi qu'il s'y trouve un « Excellent climat appellée Corton, du nom d'un bois voisin. Autrefois vin blanc renommé, détruit depuis qu'on a connu la qualité du rouge[13]. »

XIXe siècle

En 1816, André Jullien indique : « Alox, à une lieue de Beaune, donne des vins corsés, fins, spiritueux et qui ont du bouquet. On distingue comme les meilleurs ceux des vignes nommées la Charlemagne et les Bressantes ; ils sont peu inférieurs au vin de Corton »[14]. En 1831, la commune d'Aloxe comprenait 232 hectares de vignes, surtout plantées avec du gamay, complété d'une petite partie en noiriens (le pinot noir)[15].

Dans les décennies 1830 et 1840, la pyrale se multiplie et ses chenilles dévorent les feuilles de la vigne. Elle est suivie à partir de 1850 d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[16], un champignon qui se développe sur les feuilles : les viticulteurs luttent contre lui depuis 1854 en aspergeant les vignes de soufre utilisé contre fongicide (soufrage). En 1855, l'ouvrage de Jean Lavalle, Émile Delarue et Joseph Garnier indique qu'« on peut compter à Aloxe environ 140 à 150 hectares de vignes en plant fin »[17]. Ils classent comme « vins hors ligne » Corton, le Clos-du-Roi-Corton, les Renardes-Corton, les Chaumes et le Charlemagne ; comme « première cuvée » les Bressandes, les Perrières, les Fiètres, les Grèves, les Languettes, les Pougets, les Meix et la Vigne-au-Saint ; comme « deuxième cuvée » les Fournières, les Chaillots, En Poland, En Boulmeau, les Planchots, les Suchots, les Genevrières, les Combes, En Tope-Marteneau, les Guérets, les Vercots et la Saillère ; en « troisième cuvée » En Caillette, les Cras, la Boulotte, les Chapousuets, les Citernes et les Petits-Vercots[18].

Le vignoble d'Aloxe et de Serrigny selon le classement de 1861 : la première classe de vins est en rose, la deuxième classe en jaune, la troisième classe en vert[19].

En 1861, le Comité d'agriculture de l'arrondissement de Beaune, préparant l'Exposition universelle de 1862, hiérarchise 199 hectares de « vignes en vins fins » de la commune d'Aloxe, dont 91 ha en 1re classe (clos du Roi, Bressandes, les Chaumes, la Vigne au Saint, le Meix-Lallemand, les Meix, les Grèves, les Perrières, les Piètres et les Chaumes de la Voierosse en entier ; le Corton, les Renardes, les Maréchaudes, En Pauland, les Combes, le Charlemagne, les Pougets et les Languettes en partie), 36 ha en 2e classe (les Valozières, les Fournières, les Chaillots, les Meix, Boulmeau, la Boulotte, les Brunettes, les Genèvrières, les Planchots, Suchat, les Guérets, les Vercots, la Sallière, les Petits-Vercots en entier ; le Corton, les Renardes, les Maréchaudes, En Pauland, le Charlemagne et les Languettes en partie) et 71 ha en 3e classe (les Caillettes, les Cras, les Cras-Poussnets, les Citernes et la Toppe Martenot en entier ; le Corton, les Combes, le Charlemagne et les Pougets en partie)[20].

En 1862, la commune d'Aloxe obtient l'autorisation de rajouter à son nom celui de son principal cru, devenant Aloxe-Corton[21]. Le millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces[22]. Puis arrive le phylloxéra, un puceron venu d'Amérique du Nord, qui touche la Côte-d'Or à partir de 1878 (à Meursault), se répandant ensuite, entraînant à terme la mort de la totalité des vignes. La seule parade trouvée fut de replanter avec greffage sur des pieds américains, autorisé en Bourgogne à partir de 1887[23]. En 1878, une nouvelle maladie cryptogamique, le mildiou, est identifiée dans le Bordelais, venant elle-aussi d'Amérique du Nord et contaminant rapidement tous les vignobles européens ; le traitement avec du sulfate de cuivre (la bouillie bordelaise) est proposé en 1885. Enfin, en 1886, c'est au tour du black rot (la pourriture noire) d'arriver[24], traité au fongicide. La crise phylloxérique transforme le vignoble : le provignage est abandonné, les plantations sont faites en rangs avec désormais un palissage sur fils de fer, et non plus en foule sur piquets[25], d'où une densité plus faible, et la possibilité d'y faire passer un cheval (pour traiter et labourer).

XXe siècle

Le mildiou provoqua un désastre considérable en 1910. Henri Gouges avait rejoint au niveau national le combat mené par le sénateur Joseph Capus et le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié qui allait aboutir à la création des appellations d'origine contrôlée. Il devint le bras droit du baron à l'INAO[26]. Ainsi cette appellation est créée par le décret du [27],[28].

Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique, enjambeur qui remplace le cheval dans les années 1960-70...).

XXIe siècle

Avec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[22]. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [29], puis en [4].

Étymologie

Le nom de l'appellation est celui du village éponyme. Aloxe (prononcer « Alosse »)[n 4] est l'ancien nom du village, dont le nom a varié durant le Moyen Âge : en 1116 in pago Belnensi in villa que Alossia appellatur (« dans le pays de Beaune dans le village qu'on appelle Alossia », dans le cartulaire de l'église d'Autun), 1167 Alosia, en 1180 Aloxia (cartulaire de Cîteaux), en 1195 Alosse et Alossa, en 1235 Alorsa, en 1242 Alorxa, etc. se fixant sur « Aloxe » au XVIe siècle, avec des variantes « Aloxes » et « Allouze » au XVIIe siècle[30]. L'origine du nom d'Alossia peut être rapprochée du mot celtique alisia, « hauteur rocheuse », désignant le coteau pierreux du Corton, où se trouvaient trois carrières[31].

De son côté, Corton est le nom de la colline (appelée la « montagne de Corton ») dont les pentes produisent les meilleurs vins de la commune (appellations corton, corton-charlemagne et charlemagne). La commune a obtenu le droit de le rajouter à son nom par le décret du , devenant ainsi Aloxe-Corton[21].

Vignoble

Aire d'appellation

Le vignoble produisant l'aloxe-corton se situe dans le département de la Côte-d'Or, dans le vignoble de la côte de Beaune, sur la quasi-totalité de la commune d'Aloxe-Corton et une petite partie des communes de Pernand-Vergelesses et de Ladoix-Serrigny, juste au nord de Beaune.

En détail, l'aire d'appellation de l'aloxe-corton[32] est composée de :

  • tout le territoire de la commune d'Aloxe-Corton (à l'exception de quelques parcelles du lieu-dit « Les Boutières ») ;
  • sur la commune de Pernand-Vergelesses, la quasi-totalité du lieu dit « En Charlemagne »;
  • sur la commune de Ladoix-Serrigny : « Le Rognet et Corton » (en quasi-totalité), quelques parcelles de « Les Carrières », « La Coutière », « Les Petites Lolières », « Les Grandes Lolières », la partie sud de « Basses Mourottes » et de « Hautes Mourottes », « Les Moutotttes » et « Les Vergennes ».

La surface totale classée dans l'aire d'appellation est de 127 hectares et 29,9 ares, dont 37 ha et 58,61 ares en premier cru (d'une part 29 ha et 12,51 ares à Aloxe-Corton, d'autre part 8 ha et 46,1 ares à Ladoix-Serrigny, en excluant de ces totaux les parcelles classées grand cru du Corton)[2].

Selon le service des Douanes, la superficie déclarée en production[n 5] en 2023 sous l'appellation est de 79,386 ha pour le village rouge, 34,303 ha pour le premier cru rouge et 1,549 ha pour le village blanc[5]. Il faut y rajouter la surface produisant de l'aloxe-corton premier cru blanc ; pour 2022, le site du BIVB indique 0,27 ha[37], ce qui fait un total de 115,509 ha.

Lieux-dits

Images externes
Carte de l'aire d'appellation de l'aloxe-corton, indiquant les différents climats
Cartes cadastrales de l'appellation
Cartes cadastrales des premiers crus
Orthophoto du parcellaire de l'AOC

Le nom de l'appellation sur les déclarations comme sur l'étiquette peut être suivi du nom du climat (lieux-dits)[n 6] sur lequel le vin a été produit. Plusieurs de ces climats sont classés comme premiers crus, à condition de respecter les critères spécifiques fixés par le cahier des charges pour l'ensemble de ces climats. Pour eux, l'étiquette peut porter juste après le nom de l'appellation la mention soit « premier cru », soit premier cru suivi du nom d'un de ces 14 climats, en caractères de la même taille que ceux du nom de l'appellation :

  • sur Aloxe-Corton :
    • « Les Valozières » ;
    • « Les Paulands » ;
    • « Les Maréchaudes » ;
    • « Clos des Maréchaudes » (partie du lieu-dit Les Maréchaudes) ;
    • « Les Chaillots » ;
    • « Les Fournières » ;
    • « Clos du Chapitre » (partie du lieu-dit Les Meix) ;
    • « Les Guérets » ;
    • « Les Vercots » ;
  • sur Ladoix-Serrigny :
    • « Clos des Maréchaudes » (La Maréchaude) ;
    • « La Maréchaude » ;
    • « Les Petites Folières » (ou « Les Petites Lolières » sur plusieurs cartes) ;
    • « Les Moutottes » ;
    • « La Coutière » ;
    • « La Toppe au Vert »[4].

D'autres lieux-dits cadastrés peuvent figurer sur l'étiquette, mais en caractères de taille moitié moindre que ceux du nom de l'appellation :

  • Boulmeau ;
  • La Boulotte ;
  • La Toppe Marteneau ;
  • Les Boutières ;
  • Les Brunettes et Planchots ;
  • Les Bruyères ;
  • Les Caillettes ;
  • Les Citernes ;
  • Les Combes ;
  • Les Crapousuets ;
  • Les Cras ;
  • Les Genevrières et le Suchot ;
  • Les Morais ;
  • Les Petits Vercots ;
  • Les Valozières[3].

Géologie et orographie

L'aire de production est situé entre 200 et 300 mètres d'altitude ; les sols sont brun rougeâtre avec beaucoup de rognons siliceux et des débris de calcaires à silex. Sols caillouteux, sols argileux et marneux selon les endroits[38].

Climatologie

Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale. L'influence océanique se traduit par des pluies fréquentes en toutes saisons (avec néanmoins un maximum en automne et un minimum en été) et un temps changeant. L'influence semi-continentale se traduit par une amplitude thermique mensuelle plutôt élevée, se caractérisant par des hivers plus froids avec quelques chutes de neige, et des étés plus chauds que sur les littoraux, avec à l'occasion de violents orages. Les données climatiques de la station météo de Savigny-lès-Beaune (à 237 puis à 246 mètres d'altitude : 47° 02′ 40″ N, 4° 50′ 36″ E jusqu'en 2011, puis 47° 03′ 23″ N, 4° 50′ 12″ E )[39] ci-dessous en rendent compte.

En raison de l'actuel changement climatique, les vendanges sont souvent plus précoces de quelques jours (le débourrement, la floraison et la véraison de la vigne se faisant plus tôt)[40].

Davantage d’informations Mois, jan. ...
Relevés à Savigny-lès-Beaune de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 5,8 8 12,7 17,7 20,6 24,7 27 26 22,7 16,4 10,2 7,1 16,6
Moyenne 2,8 4 7,7 11,6 14,9 18,3 20,5 19,5 16,8 11,4 6,5 4 11,4
Minimale moyenne −1 0 2,6 5,5 9,2 13 14,7 13,9 11 7 3,4 0,9 6,8
Nombre de jours avec gel 13,6 11 7,5 2,1 0 0 0 0 0 2 6 10,6 52,8
Précipitations
Hauteur (mm) 32,5 27,1 35,8 41,2 37,8 43,3 24,3 29,5 30,4 38,8 27 38 405,7
Ensoleillement
Heures 24,3 60,3 112,5 139,1 155 162,3 164,5 182,4 144,9 73,4 29,9 17,4 1 266
Fermer
Source : www.infoclimat.fr : Savigny-lès-Beaune (1991-2020)[1].
5,8
−1
32,5
20 mm
40 mm
jan.
8
0
27,1
fév.
12,7
2,6
35,8
mars
17,7
5,5
41,2
avril
20,6
9,2
37,8
mai
24,7
13
43,3
juin
27
14,7
24,3
jui.
26
13,9
29,5
août
22,7
11
30,4
sep.
16,4
7
38,8
oct.
10,2
3,4
27
nov.
7,1
0,9
38
déc.
Moyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Les cépages autorisés sont en blanc le chardonnay B[n 1], le pinot blanc B et accessoirement le pinot gris G ; en rouge c'est le pinot noir N, avec accessoirement le chardonnay B, le pinot blanc B et le pinot gris G[4].

Le pinot noir compose exclusivement les vins rouges de l'AOC. Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[41] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[41]. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et aux cicadelles[42]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons[42]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissants, riches, colorés, de garde[43]. Ils sont moyennement tanniques en général.

Le chardonnay, lui, compose les vins blancs de l'AOC. Ses grappes sont relativement petites, cylindriques, moins denses que celles du pinot noir[44], constituées de grains irréguliers, assez petits, de couleur jaune doré[44]. De maturation de première époque comme le pinot noir, il s'accommode mieux d'une humidité de fin de saison avec une meilleure résistance à la pourriture s'il n'est pas en situation de forte vigueur. Il est sensible à l'oïdium et à la flavescence dorée. Il débourre un peu avant le pinot noir, ce qui le rend également sensible aux gelées printanières. Les teneurs en sucre des baies peuvent atteindre des niveaux élevés tout en conservant une acidité importante, ce qui permet d'obtenir des vins particulièrement bien équilibrés, puissants et amples, avec beaucoup de gras et de volume[42].

Méthodes culturales

Pied de vigne taillé en guyot simple.

Travail manuel

Ce travail commence par la taille, en « Guyot simple », avec une baguette (un sarment taillé long) de cinq à huit yeux (bourgeons) et un courson (un sarment taillé court) de un à trois yeux[45]. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[45]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[45]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.

Travail mécanique

L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[45]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Rendements

Les rendements sont de 50 à 58 hl/ha pour les rouges (48 à 56 pour les premiers crus) et 57 à 64 hl/ha pour les blancs (55 à 62 pour les premiers crus)[4].

Vins

Les vins produits sur l'aire d'appellation de l'aloxe-corton peuvent être repliés[n 7] en appellations bourgogne côte-d'or, bourgogne ou coteaux-bourguignons.

Volumes

La production annuelle de vin sous l'appellation aloxe-corton est de 4 703 hectolitres (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl) en moyenne sur la période 2017-2021, dont 4 649 hl en rouge et 54 hl en blanc ; dans ces totaux sont compris les premiers crus, respectivement 1 331 hl en rouge et 12 hl en blanc[3].

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[5] :

Davantage d’informations Année, 1er cru rouge ...
Annéealoxe-corton rouge aloxe-corton 1er cru rouge
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
202279,083 87449pas disponible[n 8]
202379,384 1825334,301 65548
202480,571 766225,048416
Fermer
Davantage d’informations Année, 1er cru blanc ...
Annéealoxe-corton blanc aloxe-corton 1er cru blanc
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20221,347858pas disponible[n 8]
20231,549562données confidentialisées
20241,988040données confidentialisées
Fermer

Titre alcoométrique volumique

Une bouteille d'aloxe-corton.
AOC Rouge Rouge Blanc Blanc
Titre alcoométrique volumiqueminimalmaximalminimalmaximal
Village[4]10,5 % vol13,5 % vol11 % vol13,5 % vol
Premier cru[4]11 % vol14 % vol11,5 % vol14 % vol

Vinification et élevage

Voici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.

Vinification en rouge

La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est le plus souvent triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[45]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides etc.)[45]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[45]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[45]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (12 à 24 mois)[45] puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.

Vinification en blanc

Pressoir pneumatique servant au pressurage.

Comme pour le rouge, la récolte est manuelle ou mécanique et peut être triée. Les raisins sont ensuite transférés dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. À ce stade, une stabulation préfermentaire à froid (environ 10 à 12 degrés pendant plusieurs jours) peut être recherchée pour favoriser l'extraction des arômes[45]. Mais le plus souvent, après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter[45]. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés)[45]. La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. La fermentation malolactique est réalisée en fûts ou en cuves. Les vins sont élevés « sur lies », en fûts, dans lesquels le vinificateur réalise régulièrement un « bâtonnage », c'est-à-dire une remise en suspension des lies[45]. Cette opération dure pendant plusieurs mois au cours de l'élevage des blancs. À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides[45]. La mise en bouteille clôture l'opération.

Gastronomie

Les vins d'Aloxe-Corton ont une robe assez foncée par rapport aux appellations voisines, de couleur rubis soutenue ou grenat ; le nez et la bouche sont le plus souvent marqués par les fruits rouges et noirs, robuste et structuré.

À servir entre 15 et 17 degrés. Se garde entre 5 et 15 ans maximum.

Économie

Structure des exploitations

Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.

Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[46]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.

Commercialisation

La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les Cafés-Hôtels-Restaurants (C.H.R), dans les grandes et moyennes surfaces (G.M.S).

Producteurs de l'appellation

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks