Antonin Terme
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| Directeur de musée Musée des Tissus | |
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| - | |
| Président Institut archéologique liégeois | |
| Maire de Chamelet | |
| - |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Antoine Catherin Terme |
| Nationalité | |
| Domiciles | |
| Activités |
Officier de marine, archéologue, traducteur, collectionneur d'œuvres d'art |
| Père | |
| Fratrie | |
| Enfant |
Georges Terme (d) |
| Membre de |
Institut archéologique liégeois (- Comité d'organisation de l'Exposition de l'art ancien au pays de Liège (d) () |
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| Distinction |
Antonin Terme, né à Lyon le et mort dans sa ville natale le , est un officier de marine, archéologue et collectionneur français. Il est également maire de Chamelet de 1865 à 1870, puis fabricant d'armes et résident à Liège de 1870 à 1885 et, enfin, conservateur du musée des Tissus de Lyon de 1885 jusqu'à sa mort.
Premières années (1828-1870)
Antoine Catherin Terme, né à Lyon le [1], est le fils cadet de Jean-François Terme, médecin mais aussi maire de Lyon de 1840 à 1847, et de Marguerite Billiet[2]. Une fois ses études achevées, le jeune homme fait brièvement carrière dans la marine marchande, puis en tant qu'officier de marine dans le flotte militaire royale[3],[4]. Il finit par démissionner de ses fonctions[2], épouse Marie Mouton-Duvernet en 1852 et s'installe à Chamelet, où il possède une maison héritée de son oncle maternel[4]. Début 1856, son fils Georges naît, mais son épouse décède quelques jours après l'accouchement, laissant Terme très affecté par cette perte prématurée[4].
Il décide alors de voyager, transitant en Chine et en Afrique[3], avant de s'installer vers 1860 à Alger[4]. Il y reste jusqu'en 1865, côtoyant les résidents français et les notables locaux, apprenant l'arabe et traduisant quelques ouvrages et poèmes en français[4]. Il revient à Chamalet, où il est élu maire[4],[5],[6], mais il est vite appelé par ses cousins de la famille Laport à Liège, pour rejoindre l'entreprise familiale de fabrication d'armes[4],[3],[7]. Pendant plusieurs années, il va combiner ses fonctions à Chamelet avec celles dans la société Laport à Liège, où il part définitivement s'installer vers 1870, à la fin de son mandat de maire.
Le séjour à Liège (1870-1885)
Une fois arrivé à Liège, « son exquise amabilité, le charme de ses relations, la vivacité de son esprit et la variété de ses connaissances » lui permettent de rapidement conquérir ceux qui savent « apprécier ses éminentes qualités »[8]. Installé au quai Saint-Léonard, il se livre, « dans ses moments de loisir, à son goût pour les antiquités », rassemblant une impressionnante collection de mobilier, d'orfèvrerie, de céramique, de tableaux, de tapisseries, d'armes et d'autres objets d'art, entre autres, orientaux[3],[8],[9]. Il transforme ainsi sa maison en un véritable musée « des plus curieux »[8], qui est d'ailleurs visité en par un groupe d'élèves du cours de peinture de l'École professionnelle des demoiselles dirigé par les professeurs Émile D'Heur et Édouard van Marcke[9]. Il finit par former et conseiller une « petite phalange artistique » de collectionneurs d'objets anciens[10].

Durant ses années passées à Liège, il se lie d'amitié avec l'artiste Adrien de Witte, à qui il achète plusieurs œuvres et qu'il invite chez lui à Lyon une fois devenu conservateur du musée des Tissus[3]. Durant la première moitié des années 1870, De Witte partage avec le sculpteur Léon Mignon un atelier rue de l'Étuve[11] où se réunit un petit groupe d'habitués qui comprend, en plus d'Antonin Terme, Achille Guillaume Durup de Baleine (professeur et directeur de l'Institut Royal des Sourds-Muets et Aveugles de Liège), Félix Nisen (peintre ; fils du portraitiste Jean-Mathieu Nisen), Alphonse Taïée (sculpteur amateur), Jean Ubaghs (peintre) et Léonard Hubert Zeyen (photographe)[12].
Il prend une part active dans l'organisation de l'Exposition de l'art ancien au pays de Liège de 1881, en tant que membre du bureau permanent du Comité d'organisation[13],[14],[15]. Dans le cadre de cette exposition, Joseph Demarteau le décrit comme un « amateur aussi prodigue des richesses de ses collections que de celles de son bon goût d'organisateur »[14]. De 1877 à 1885, il est aussi l'un « des plus zélés et des plus érudits » membres de l'Institut archéologique liégeois[7],[8]. Alors qu'il vient d'être nommé président de l'institut en 1885[7], il apprend que la place de conservateur du musée d'Art et d'Industrie de Lyon est vacante[8],[10]. Il postule, obtient la place, et doit rapidement quitter Liège, « où son départ cause beaucoup de regrets »[8],[10]. Avant de partir, il lègue « un bon nombre de verreries et de céramiques qui ont un lien historique avec la Cité ardente » à l'Institut archéologique liégeois[7] et liquide le reste de sa collection[3] lors d'une vente aux enchères qui a lieu en , dure 6 jours et comporte un total de 1 217 lots[16].
Le conservateur du musée des Tissus (1885-1902)

Lorsque Raymond Cox[17] commente la nomination d'Antonin Terme en 1885 comme directeur-conservateur de l'actuel musée des Tissus, qui est alors connu sous le nom de musée d'Art et d'Industrie, il retrace brièvement l'historique de l'institution et remet en contexte la division du musée qui a lieu en 1890-1891[18] :
« Le musée a été inauguré le sous le nom de Musée d'Art et d'Industrie. Il comprenait alors non seulement des échantillons de soieries, mais toute espèce de matériaux pouvant développer le sens esthétique et servir l'inspiration des dessinateurs de fabrique et des fabricants. M. Jourdeuil, puis M. Brossard, furent successivement conservateurs du nouveau musée. En 1885, M. Antonin Terme succédait à M. Brossard décédé, avec le titre de directeur. Sa profonde expérience des choses d'Art, dont il était depuis longtemps l'apôtre fervent, devait donner un intérêt tout particulier à une organisation plus savante des collections.
Avec un pareil collaborateur, la Chambre de Commerce put songer à transformer le musée et à l'appliquer à un but unique, c'est-à-dire la Collection des tissus, ne pouvant, vu l'état des locaux et des resources, poursuivre la formation du Musée général d'Art industriel, qui avait été l'idée première des fondateurs. Elle résolut de spécialiser l'institution afin d'arriver à en faire, ce à quoi elle a réussi, le premier musée du monde en ce genre. Des travaux d'aménagement considérables furent décidés en 1890. Après une fermeture de plus de neuf mois, le on inaugurait solennellement les nouvelles salles. L'institution prit alors le nom de Musée historique des Tissus de la Chambre de Commerce de Lyon »[18].
Lors de cette inauguration, le musée présente ses collections dans un parcours remanié par son conservateur[19] : « Une classification méthodique habilement conçue par M. Antonin Terme, directeur du musée […] guide le visiteur, le conduit pas à pas à travers les âges du tissu, et lui permet ainsi de suivre siècle par siècle, parfois année par année, les transformations successives de l’art appliqué au tissage des étoffes de soie »[20]. Terme est également membre associé ou honoraire de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon[21].
Alors âgé de 74 ans, Antonin Terme meurt le à Lyon[2],[8]. Selon la rubrique nécrologique du journal La Meuse, la France perd, avec ce décès, l'un de ses archéologues « les plus distingués et les plus érudits »[8].