Alphonse Taïée
sculpteur et graveur belge (1847-1887)
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Alphonse Taïée, né à Aix-la-Chapelle (Prusse) le et mort à Liège (Belgique) le , est un sculpteur et graveur belge.
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Biographie
Clément Alphonse Taïée, né à Aix-la-Chapelle le [1],[2], est le fils d'Achille Taïée (1797-1849)[3] et de Thérèse Maus (1817-1900)[4]. Le jeune Alphonse se voit rapidement obligé « par les nécessités de la vie » de chercher du travail. Le « hasard des circonstances » le fait entrer dans un atelier de gravure où il obtient des « succès marquants » malgré le fait que ce métier, qui exige « une excessive patience et une ténuité de moyens », s'accorde mal avec son « naturel énergique »[5]. Taïée travaille ensuite comme peintre décorateur dans un des principaux ateliers liégeois, voyageant à Bruxelles en plus d'une occasion et décorant « bon nombre d'hôtels et de châteaux »[5].

Il décide finalement de suivre sa vocation artistique et étudie la sculpture sous la tutelle de Prosper Drion à l'Académie royale des Beaux-Arts de Liège, où il donne « des preuves indiscutables d'aptitudes sérieuses »[5]. Il y suit également les cours de Charles Soubre[6],[7]. Dans le cadre de cet apprentissage, il entreprend un « voyage d'art » et rejoint quelque temps le sculpteur Léon Mignon qui séjourne en tant que boursier de la fondation Lambert Darchis en Italie de 1872 à 1875[5],[8].
Toujours durant la première moitié des années 1870, il se lie d'amitié avec Léon Mignon et le peintre Adrien de Witte qui partagent un atelier rue de l'Étuve[9] où se réunit un petit groupe d'habitués qui comprend, en plus d'Alphonse Taïée, Achille Guillaume Durup de Baleine (professeur et directeur de l'Institut Royal des Sourds-Muets et Aveugles de Liège), Félix Nisen (peintre ; fils du portraitiste Jean-Mathieu Nisen), Antonin Terme (archéologue, collectionneur et futur conservateur du musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon), Jean Ubaghs (peintre) et Léonard Hubert Zeyen (photographe)[10]. Parmi le groupe d'amis, de Witte, Mignon, Nisen, Ubaghs et Taïée sont tous élèves, approximativement à la même époque, de l'Académie royale des beaux-arts de Liège[6],[7],[11]. De Witte effectue d'ailleurs un portrait gravé de son ami Taïée en 1876[12],[13].
En tant que sculpteur, il produit des œuvres « expressives et vigoureuses », bien qu'elles soient souvent de petites dimensions[5]. Parmi ses réalisations, on compte un Mephisto qui, « du haut de son rocher abrupte, semble, ricanant, assister au branle des lâchetés et des turpitudes humaines » ; un Fou rabelaisien qui offre « le fiasco de l'oubli et de l'ivresse à tous les déshérités de l'idéal » ; ou encore, des Artistes qui « rêvent la gloire et n'atteignent que l'indifférence »[5]. Ses œuvres sont « l'expression d'un idéal intime, la forme palpable des préoccupations de sa pensée, une autobiographie en images que l'ébauchoir écrivait aussi sûrement que la plume »[5].
Alphonse Taïée, qui est resté célibataire et est alors à peine âgé de 40 ans, meurt le à Liège[2] « d'un mal qui le minait depuis longtemps »[5]. La rubrique nécrologique du journal La Meuse pointe que l'un « de nos artistes d'avenir, nature d'élite, esprit distingué et original » vient d'être enlevé par la mort « aux légitimes espérances que son talent faisait concevoir »[5]. Il est inhumé au cimetière de Sainte-Walburge[14]. Le , ses amis organisent une « manifestation du souvenir » durant laquelle est présenté un portrait en bas-relief du défunt, réalisé par Léon Mignon, qui orne depuis son mausolée[14],[15],[16].