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Autochtones au Québec

peuples autochtones au Québec From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Autochtones au Québec, parfois nommés de manière critiquée[2] Autochtones du Québec (avec du plutôt que au), sont les membres et les descendants des peuples dont la présence est attestée antérieurement à la colonisation européenne des Amériques sur le territoire de nos jours désigné comme le Québec.

Autres autochtones (Inuits) 12 129
Population totale 104 633 (2016)[1]
Faits en bref Premières Nations, Autres autochtones (Inuits) ...
Autochtones au Québec
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte des communautés autochtones au Québec :
Populations importantes par région
Premières Nations 92 504
Autres autochtones (Inuits) 12 129
Population totale 104 633 (2016)[1]
Autres
Langues (abénaqui, malécite-passamaquoddy et micmac); (algonquin); (atikamekw, eeyou, innu-aimun et naskapi); (mohawk et wendat); (inuktitut); (anglais et français).
Religions christianisme, animisme, chamanisme
Ethnies liées Métis de l'Est, Autres peuples autochtones au Canada, Peuples autochtones aux États-Unis et Kalaallit
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Le gouvernement du Québec reconnaît officiellement la présence, sur le territoire de la province, de 11 nations autochtones réparties dans 41 communautés et dans 14 villages nordiques[3]. Les Autochtones reconnus au Québec sont politiquement représentés par l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), pour les Premières Nations, et l'Inuit Tapiriit Kanatami, pour les Inuits.

Au Québec, les peuples autochtones appartiennent traditionnellement à trois familles linguistiques distinctes : celles des langues algonquiennes, des langues iroquoiennes et des langues inuites. Au XXIe siècle, la plupart des autochtones au Québec parlent aussi français ou anglais.

Eeyou de Chisasibi.

Territoires autochtones

Les territoires ancestraux autochtones du Québec et des régions avoisinantes peuvent être compris selon une organisation géographique progressive, allant de l'ouest vers le centre du Québec, puis vers l'est, le nord et les régions atlantiques. Cette lecture permet de situer les différentes nations dans un ensemble territorial cohérent.

Dans la région des Grands Lacs et de l'Outaouais, les Ojibwés vivent sur le territoire d'Ojibwewaki, situé au nord des Grands Lacs. Plus à l'est, les Algonquins occupent le Nitakinan, un vaste territoire associé à la région de la rivière des Outaouais.

En avançant vers le centre du Québec, les Attikamekws sont établis dans le Nitaskinan, correspondant principalement à la vallée de la rivière Saint-Maurice. Dans la vallée du Saint-Laurent, les Wendats occupent le Nionwentsïo, tandis que les Mohawks sont associés au Ganienkeh, situé plus au sud de ce même axe fluvial.

Dans l'est du Québec et sur la Côte-Nord, les Abénaquis vivent dans le Ndakina, au sud du Québec. Plus au nord, les Innus occupent le Nitassinan, le long de la Côte-Nord du fleuve Saint-Laurent. Plus au nord-ouest encore, les Eeyous vivent sur le territoire d'Eeyou Istchee. Enfin, dans les régions plus septentrionales vers la baie d'Ungava, les Naskapis occupent le St'aschinuw.

À l'extrême est et dans les régions atlantiques, les Micmacs vivent dans le Mi'kma'ki, tandis que les Wolastoqeys occupent le Wolastokuk, le long du fleuve Saint-Jean.

Démographie

Les populations autochtones ont connu une forte régression démographique entre la colonisation européenne des Amériques à partir de la fin du XVe siècle et le milieu du XXe siècle. Cependant, depuis le milieu des années 1950, leur population ne cesse de s'accroître[4]. Dans les années 2000 et 2010, ils composent 1 % de la population au Québec[5]. Selon le recensement de Statistique Canada de 2006, 48 % de la population autochtone dans la province est âgée de moins de 30 ans[5].

Davantage d’informations Année, Population ...
Croissance démographique des Autochtones au Québec
Année Population
Milieu des années 195018 000
Fin des années 197037 000
199772 000
200179 400[6]
201298 731[1]
2019 111 285[7]
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Davantage d’informations Nations, Total ...
Évolution de la population autochtone au Québec[1],[7]
Nations Total Résidents Non-résidents
2012 2019 2012 2019 2012 2019
Anishinabeg (Algonquins) 11 026 12 607 6 090 6 604 4 936 6 003
Atikamekw Nehirowisiwok (Attikameks) 7 032 8 148 5 877 6 658 1 155 1 490
Eeyous (Cris) 17 483 19 953 15 281 18 557 1 281 1 396
Wendats 3 845 4 124 1 494 1 503 2 351 2 621
Innus 18 820 21 132 12 152 13 109 6 668 8 023
Inuits 11 640 13 168 10 429 12 362 735 806
Kanien'kehá:ka (Mohawks) 18 185 19 633 14 551 15 128 3 634 4 505
Mi'gmaq 5 727 6 743 2 758 2 850 2 326 3 893
Naskapis 1 170 1 447 857 933 313 514
W8banakiak (Abénaquis) 2 577 3 087 411 404 2 166 2 683
Wolastoqiyik (Malécites) 1 102 1 243 1 102 1 243
Total 98 731 111 285 69 900 78 108 26 667 33 177
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Communauté locale à Murray Bay (La Malbaie) 1867-68.

Langues

Au Québec, plusieurs peuples autochtones parlent toujours leur langue d'origine. C'est notamment le cas des Attikameks, des Eeyous, des Innus, des Inuits et des Naskapis, où la majorité des locuteurs parlent leur langue d'origine. Il demeure que, faisant suite aux colonisations successives des Français et des Anglais en Amérique du Nord, plusieurs langues autochtones ne sont pratiquement plus parlées par leur population respective ou sont en voie de disparation, auxquelles se sont substituées le français ou l'anglais. La liste suivante répertorie les langues parlées par les autochtones au Québec :

Nation inuite

Le village nordique d'Inukjuak au Nunavik.

Les Inuits sont un peuple autochtone dont le territoire approximatif correspond à l'actuel Nord-du-Québec au nord du 55e parallèle. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nunavik, nom également reconnu par l'État québécois. Le Nunavik constitue la partie située au Québec de l'Inuit Nunangat, le grand territoire des nations inuites. Les Inuits du Québec sont répartis dans quatorze villages nordiques formant le Kativik, situés le long des côtes du Nunavik. Ils sont divisés en trois groupes principaux :

Leur population est estimée à environ 12 129 personnes en 2015[1]. Leur langue est le nunavimmiutitut, un dialecte de l'inuktitut, parlé par la presque totalité des Inuit du Nunavik, soit 11 895 personnes en 2015[8]. La connaissance de l'anglais et, dans une moindre mesure, du français est également répandue.

Premières Nations iroquoiennes

Wendats

Les Wendats sont un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond à l'actuelle région de la Capitale-Nationale et l'actuelle Chaudière-Appalaches. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nionwentsïo. Ils sont établis dans une seule réserve, Wendake, qui se trouve enclavée dans la ville de Québec[9].

Leur population est estimée à environ 4 001 personnes en 2015[1]. Leur langue est le wendat. Elle est en processus de revitalisation, car n'est plus couramment utilisée. L'usage du français s'y est substitué[9].

Kanien'kehá:ka (Mohawks)

Les Kanien'kehá:ka ou Mohawks (selon leur exonyme) constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond au sud-ouest de l'actuelle Montérégie, à l'actuelle région de Montréal et au sud des actuelles Laurentides[10]. Eux-mêmes dénomment leur territoire le Kanien:ke. Ils bénéficient de trois réserves et un établissement au Québec, soit Ahkwesáhsne et Kahnawà꞉ke en Montérégie ainsi que Tioweró:ton et Kaʼnehsatà꞉ke dans les Laurentides.

Leur population est estimée à environ 19 026 personnes en 2015[1]. Leur langue est le kanien’kéha, parlée par environ 365 personnes en 2015. L'anglais est plus souvent utilisé[10].

Premières Nations algonquiennes du Centre

Anishinabeg (Algonquins)

Les Anishinabeg ou Algonquins (selon leur exonyme) constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond aux actuelles régions de l'Abitibi-Témiscamingue et de l'Outaouais. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nitakinan[11]. Les Anishinabeg au Québec sont répartis dans neuf réserves et établissements, dont sept en Abitibi-Témiscamingue et deux en Outaouais[12].

Leur population est estimée à environ 11 748 personnes en 2015[1]. Leur langue est l'anicinapemiȣin, parlée par environ 1 185 personnes en 2015. L'anglais ou le français, selon les communautés, sont plus souvent utilisés[12].

La tribu des Weskarinis vivaient toutefois principalement dans le secteur de la rivière de la Petite Nation, de la Lièvre et de la Rouge en Outaouais[13].

Premières Nations algonquiennes du Nord

Atikamekw Nehirowisiwok (Attikameks)

Les Atikamekw Nehirowisiwok ou Attikameks (selon leur exonyme) constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond à l'actuelle Mauricie et au nord de l'actuelle Lanaudière. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nitaskinan. Ils sont établis dans trois réserves, soit celle de Manawan, celle d'Obedjiwan et celle de Wemotaci[14].

Leur population est estimée à environ 7 608 personnes en 2015[1]. Leur langue est l'atikamekw nehiromowin, parlée par la quasi-totalité de la population en 2015. La connaissance du français est également très répandue[14].

Eeyous

Les Eeyous, parfois aussi nommé Eenous, regroupés dans les Cris (selon leur exonyme), constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond à l'actuelle région d'Eeyou Istchee Baie-James. Eux-mêmes dénomment leur territoire Eeyou Istchee, nom également reconnu par l'État québécois. Les Eeyous au Québec sont répartis dans neuf villages eeyous, dont cinq situés sur les rives de la baie James et de la baie d'Hudson et quatre à l'intérieur des terres[15].

Leur population est estimée à environ 18 535 personnes en 2015[1]. Leur langue est l'eeyou, composé du dialecte du Nord (iiyiyiuyimuwin) et du dialecte du Sud (iinuuayimuwin), parlée par la quasi-totalité de la population en 2015. La connaissance de l'anglais et, dans une moindre mesure, du français est également très répandue[15].

Innus

Les Innus, anciennement appelés Montagnais (selon leur exonyme), constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond à l'actuelle Côte-Nord et à l'actuel Saguenay–Lac-Saint-Jean. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nitassinan. Ils sont établis dans neuf réserves, dont sept situées sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, une située près de Schefferville et une dernière située en bordure du lac Saint-Jean[16].

Leur population est estimée à environ 19 955 personnes en 2015[1]. Leur langue est l'innu-aimun, parlée par la grande majorité des Innus. La connaissance du français est également répandue.

Naskapis

Les Naskapis constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond au nord de l'actuelle Côte-Nord et au centre-est de l'actuel Nord-du-Québec[17]. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nuchimiiyu-chhiiy. Ils bénéficient d'une seule communauté, dont le statut est légiféré par la Loi sur les villages cris et le village naskapi, soit Kawawachikamach près de Schefferville.

Leur population est estimée à environ 1 321 personnes en 2015[1]. Leur langue est l'iyuw-iyimuun, parlée par la presque totalité des membres de la nation. La connaissance de l'anglais comme langue seconde est également répandue[17]. Ils présentent plusieurs caractéristiques culturelles et ethniques communes avec les Innus.

Premières Nations algonquiennes de l'Est

W8banakiak (Abénaquis)

Les W8banakiak ou Abénaquis (selon leur exonyme) constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond à Montérégie-Est, Centre-du-Québec et l'Estrie. Eux-mêmes dénomment leur territoire Ndakinna. Ils sont établis dans deux réserves, soit celle d'Odanak et celle de Wôlinak dans la région du Centre-du-Québec[18].

Leur population est estimée à environ 2 780 personnes en 2015[1]. Leur langue est l'aln8ba8dwaw8gan. En processus de revitalisation, elle est parlée par un faible nombre d'aînés[19]. Le français et, dans une moindre mesure, l'anglais y sont plus souvent utilisés[18].

Wolastoqiyik (Malécites)

Les Wolastoqiyik ou Malécites (selon leur exonyme) constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif correspond à l'actuel Bas-Saint-Laurent[20]. Ils bénéficient de deux réserves, soit celle de Cacouna et celle de Kataskomiq, situées près de Rivière-du-Loup et appartenant à la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk[21].

Leur population est estimée à environ 1 171 personnes en 2015[1]. Leur langue est le wolastoqey latuwewakon. En processus de revitalisation, elle n'est plus couramment parlée au Québec[22]. Le français et, dans une moindre mesure, l'anglais s'y sont substitués.

Les Wolastoqiyik sont reconnus formellement par l'État québécois en 1989, ce qui fait d'eux la dernière nation autochtone à être reconnue comme telle par le gouvernement. Cette reconnaissance a notamment pour but de reconnaître les droits ancestraux et issus de traités dont bénéficient les peuples autochtones[23]

Mi'gmaq

Les Mi'gmaq ou L'nuk, aussi appelés Micmacs (selon leur exonyme), sont un peuple autochtone dont le territoire actuelle au Québec se limite à la Baie-des-Chaleurs dans la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine où ils habitent. Eux-mêmes dénomment leur territoire Mi'kma'ki. Ils sont établis dans deux réserves, soit celle de Gesgapegiag et celle de Listuguj, et une importante bande, Gespeg, est également présente à Gaspé[24].

Leur population est estimée à environ 6 226 personnes en 2015[1]. Leur langue est le mi’kmawi’simk, aussi appelée lnuismk. Elle est parlée par environ 485 personnes en 2015. L'anglais est plus souvent utilisé à Gesgapegiag et à Listuguj, et le français, à Gespeg[24].

Métis

Le nom métis est également utilisé pour décrire les personnes ayant un parent membre des Premières nations[25].

Métis de l'Est

Un ouvrage récent de l'anthropologue Michel Bouchard et al. avance l'idée que des Métis furent identifiés dans les provinces de l'Est du Canada, de façon collective et distinctive, en particulier dans l'Ouest du Québec et dans la région du Témiscamingue. Selon l'interprétation des documents archivistiques produite par Bouchard et al., les Métis de cette région auraient formé une population à la fois distincte des Indiens et des Euro-canadiens[26].

Les auteurs de cet ouvrage suggèrent ainsi l'existence d'une identité métisse historique dans l'Est du Canada qui dépasse sa réduction à un simple quota sanguin, au profit d'une identité métisse établie sur un continuum culturel que l'on retrouverait dans différentes régions du Canada. Il existe présentement un débat au sujet de l'existence des Métis dans les provinces de l'Est du Canada, pour deux raisons principales ;

  • la première est que les revendications collectives dites métisses au Québec et dans l'Est du Canada sont tardives. Il faut en effet attendre l'arrêt Powley de la Cour suprême canadienne (2003) qui formalise le statut métis inscrit dans la Constitution canadienne lors de son rapatriement en 1982 pour voir apparaître de telles revendications dans cette région, malgré d'ailleurs l'existence d'organisations plus anciennes disant représenter les Métis dans cette région (comme l'Alliance laurentienne des Métis et Indiens sans statut fondée en 1972 par Kermot A. Moore).
  • La seconde raison a trait quant à elle à l'actuelle absence de preuves historiographiques d'une ethno-genèse métisse dans l'Est du Canada. Des auteurs tels que Darryl Leroux[27], Pierrot Ross-Tremblay[28], Kim Tallbear[29] ou encore Adam Gaudry[30] relèvent d'ailleurs que la vaste majorité des revendications métisses dans l'Est du Canada se fonde aujourd'hui sur l'approche principalement génétique des organisations qui entendent représenter les Métis de l'Est.

En d'autres termes, l'affiliation à ces organisations découle principalement d'une auto-déclaration de parenté autochtone de la part des individus, sur la base de recherches généalogiques et génétiques souvent hâtives et approximatives. Ces différents auteurs notent également la coïncidence entre l'émergence de ces nouvelles revendications métisses et l'opposition allochtone à la reconnaissance de droits territoriaux autochtones, le cas le plus flagrant étant celui de la transformation de l'Association pour les droits des Blancs (créée par André Forbes dans le but de s'opposer à la signature de l'Approche Commune entre les Innus et les gouvernements québécois et canadien) en Corporation métisse du Québec à la suite de l'arrêt Powley[31].

Dans 2014 des académiques anglais suggèrent une vision inclusive, voire cumulative de cette identité, faisant état de différentes identités métisses au Canada[32] ; on note cependant une résistance autochtone particulièrement forte aux nouvelles revendications métisses, notamment du fait que ces dernières visent souvent à contrecarrer les revendications de rapatriement territorial et de reconnaissance de droits portées par les organisations autochtones[33].


Préhistoire et protohistoire

Histoire de l’époque de la Nouvelle-France au XIXe siècle

Contacts et traite des fourrures

Après les premiers contacts intermittents entre les Innus et les Mi’gmaq au Québec et les morutiers-baleiniers basques, les relations entre Européens et peuples autochtones se structurent progressivement au début du XVIIe siècle autour de la traite des fourrures.

Un premier poste de traite est établi à Tadoussac en 1600, suivi d’un second à Québec en 1608. Ces établissements deviennent des points d’ancrage du commerce colonial français en Amérique du Nord et s’inscrivent dans des réseaux d’échanges déjà existants entre les nations autochtones.

La traite des fourrures entraîne la mise en relation de plusieurs nations à grande échelle, notamment les Innus dans la région du Saint-Laurent et du Saguenay, les Anishinabeg dans le pays des Grands Lacs, ainsi que les Wendats. Ces réseaux commerciaux autochtones préexistants sont progressivement intégrés dans l’économie coloniale française.

Selon certaines interprétations du droit royal français, les Autochtones baptisés pouvaient être considérés comme sujets du roi de France. Toutefois, le statut juridique réel des peuples autochtones demeure variable selon les époques, les lieux et les relations établies entre les nations et les autorités coloniales[34].

Parallèlement aux échanges commerciaux, la circulation accrue entre les continents favorise l’introduction de maladies infectieuses européennes, auxquelles les populations autochtones n’avaient pas d’immunité préalable. Ces épidémies entraînent des pertes démographiques importantes et modifient profondément les structures sociales et politiques de plusieurs nations.

Dans ce contexte, les alliances militaires et diplomatiques prennent une importance croissante. Samuel de Champlain accompagne à plusieurs reprises ses alliés innus, anishinabeg et wendats lors d’expéditions contre les Iroquois[35]. Ces conflits s’inscrivent dans un ensemble plus large de rivalités interautochtones, parfois antérieures à l’arrivée des Européens, mais intensifiées par la recomposition des réseaux commerciaux.

La guerre dite des Castors, qui s’étend sur plusieurs décennies au XVIIe siècle, illustre cette dynamique de compétition pour le contrôle des territoires de chasse et des routes commerciales. L’intensification des conflits contribue à des transformations durables dans les alliances entre nations autochtones et puissances européennes.

Ces conflits prennent fin avec la Grande Paix de Montréal en 1701, qui regroupe plus de trente nations autochtones et la Nouvelle-France dans un vaste accord diplomatique visant à stabiliser les relations et à garantir la libre circulation des peuples et des biens dans la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent[36].

Conquête britannique et reconfiguration des relations (1760–1850)

Les rivalités entre la France et la Grande-Bretagne pour le contrôle du commerce des fourrures se concluent avec la Conquête de la Nouvelle-France en 1760[37].

L’arrivée du régime britannique ne met pas fin aux alliances établies avec les nations autochtones durant la période française, mais entraîne une reconfiguration des relations politiques, militaires et économiques. Les nations autochtones continuent de jouer un rôle stratégique dans les relations impériales en Amérique du Nord.

La Proclamation royale de 1763 établit un cadre juridique impérial qui reconnaît la nécessité de négocier l’occupation des territoires autochtones et encadre l’expansion coloniale britannique. Ce texte est souvent considéré comme un moment fondateur dans la définition des relations entre la Couronne britannique et les peuples autochtones, bien que son application varie considérablement selon les régions et les périodes.

Au cours du XIXe siècle, les relations évoluent progressivement vers des politiques coloniales visant davantage la sédentarisation et le contrôle administratif des populations autochtones.

"Acte pour encourager la civilisation graduelle" (1857)

En 1857, le Parlement de la Province du Canada adopte l’"Acte pour encourager la civilisation graduelle", une loi visant à promouvoir l’assimilation des peuples autochtones au sein de la société coloniale britannique[38].

Cette loi introduit le concept d’« émancipation », un mécanisme juridique par lequel un homme autochtone pouvait obtenir le statut de sujet britannique en renonçant à son statut juridique autochtone et en répondant à certaines conditions définies par la législation coloniale.

Les critères d’admissibilité comprenaient notamment l’âge minimal de 21 ans, la capacité de lire et écrire en français ou en anglais, un niveau d’instruction de base, une réputation jugée irréprochable ainsi que l’absence de dettes importantes. Une fois émancipée, la personne perdait son statut juridique autochtone et devenait un sujet britannique à part entière.

La loi prévoyait également des mesures incitatives à l’émancipation, incluant l’attribution de terres individuelles et certaines compensations financières provenant des fonds administrés pour les communautés autochtones, dans un contexte plus large de politiques d’assimilation qui seront approfondies avec l’évolution de la législation coloniale au Canada[39].

Histoire du XXe siècle à aujourd'hui

Industrialisation, sédentarisation et politiques d'assimilation

Dès les premières décennies du XXe siècle, au moment où les compagnies forestières s'enfoncent plus profondément dans la forêt boréale, le développement de l'hydroélectricité s'installe sur les principaux affluents du Saint-Laurent. Cette abondance d'énergie nouvelle permet la création de l'industrie de l'aluminium et le développement accéléré du secteur des pâtes et papiers. Tous ces changements bouleversent de façon irrémédiable les activités de chasse, de pêche et de piégeage des Autochtones au Québec.

Après la crise économique de 1929, l'industrie minière qui est restée passablement tranquille jusqu'alors, commence un important développement dans le Moyen-Nord québécois. Des routes, des chemins de fer, de nouvelles installations hydroélectriques deviennent alors nécessaires, ce qui perturbe considérablement les écosystèmes dont dépendent les Autochtones pour leur survie. La dépendance envers les aides gouvernementales s'accentue alors, ce qui favorise un peu plus le phénomène de sédentarisation et la perte d'autonomie. À partir de 1950, plusieurs nouvelles réserves s'ajoutent aux 24 déjà existantes au Québec.

De plus, la scolarisation obligatoire des jeunes membres des tribus autochtones finit de bloquer totalement la transmission du savoir traditionnel d'une génération à l'autre. La perte de l'identité culturelle autochtone est alors poussée à son paroxysme. Le rapport Hawthorn[40] sur les conditions de vie des Autochtones du Canada, publié au milieu des années 1960, souligne que, jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, les « réserves indiennes constituaient, au milieu des territoires relevant des gouvernements provinciaux, des splendeurs solitaires où vivaient des groupes isolés soumis à la juridiction du gouvernement fédéral ». « La splendeur solitaire de leur isolement était à la fois géographique, économique, politique et culturelle, et le régime juridique particulier procédant de la Loi sur les Indiens renforçait cet isolement ».

En 1969, le gouvernement fédéral[41] nouvellement élu souhaite, comme d'ailleurs bien d'autres canadiens à l'époque, éliminer les obstacles qui semblent empêcher les Autochtones de participer pleinement à la prospérité du Canada. Il publie un livre blanc sur la politique relative aux Autochtones, à la suppression progressive de la responsabilité du gouvernement à l'égard des Autochtones et de la protection des terres de réserve, à l'abrogation de la Loi sur les Indiens et à l'extinction des traités. Le mot d'ordre du gouvernement est l'égalité et son but apparent est, « la participation entière, libre et égale, non discriminatoire de l'Indien à la vie sociale de notre pays » à condition « qu'à l'état de dépendance dans laquelle il se trouve actuellement soit désormais substituée une situation d'égalité ». L'assimilation demeure toujours l'objectif à atteindre, mais celle-ci est reformulée dans des termes plus heureux de citoyenneté et d'égalité[42]. Surpris par l'ampleur et l'ardeur de l'opposition à ce programme, le gouvernement doit retirer sa proposition en 1970.

Ainsi, la Loi sur les Indiens, essentiellement inchangée, demeure encore en vigueur aujourd'hui.

« Il reste que la plupart des observateurs non-autochtones s'accordent pour dire qu'il est impossible, dans le cadre de la Loi sur les Indiens, de réaliser des progrès en matière d'autonomie gouvernementale et de développement économique et d'éliminer les problèmes sociaux qui frappent de nombreuses collectivités indiennes.

Bien qu'ils en soient les critiques les plus sévères, les Indiens sont souvent forts réticents à voir la loi abrogée ou même modifiée. Beaucoup évoquent le caractère quasi sacré des droits et protections qu'elle établit, bien qu'assortis d'autres dispositions paternalistes et contraignantes qui empêchent les Indiens d'assumer leur pleine destinée.

Il s'agit là du premier et du plus important paradoxe qu'il faut comprendre si l'on veut renouveler le partenariat entre les Premières nations et les autres Canadiens »

 Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones[43]

Reconnaissance des droits et partenariats modernes

À partir des années 1970, les revendications territoriales et politiques des Premières Nations prennent une importance croissante au Québec. Plusieurs négociations et ententes conclues avec les gouvernements québécois et canadien conduisent à une redéfinition progressive des relations entre l'État et les peuples autochtones.

En 1975, la Convention de la Baie-James et du Nord québécois est signée entre les gouvernements du Québec et du Canada, les Eeyous et les Inuit du Nord québécois ainsi que plusieurs sociétés d'État impliquées dans le développement hydroélectrique de la région. Conclue à la suite des contestations judiciaires liées au projet de la Baie-James, elle est généralement considérée comme le premier traité moderne conclu au Canada. Elle prévoit notamment des compensations financières, des régimes particuliers de protection de l'environnement, ainsi que la création d'institutions administratives, scolaires, sanitaires et sociales propres aux communautés signataires[44].

En 1985, l'Assemblée nationale du Québec adopte à l'unanimité une résolution reconnaissant l'existence des nations autochtones du Québec ainsi que leur droit de préserver et de développer leur identité, leur culture, leurs langues, leurs traditions et leurs institutions. Cette résolution constitue l'un des fondements de la politique québécoise en matière de relations avec les Premières Nations et les Inuit[45].

En 1990, la Crise d'Oka met en lumière les tensions entourant les revendications territoriales autochtones au Québec. Le conflit oppose la communauté mohawk de Kanesatake, la municipalité d'Oka et les gouvernements québécois et canadien à propos d'un projet d'agrandissement d'un terrain de golf sur un territoire revendiqué par les Mohawks. La crise attire l'attention internationale sur la question des droits territoriaux autochtones au Canada[46].

En 2002, la Paix des Braves est conclue entre le gouvernement du Québec et les Eeyous. Cette entente établit un nouveau cadre de coopération économique et politique concernant le développement du territoire de la Baie-James et prévoit une participation accrue des Eeyous à la gestion des ressources naturelles et au développement régional[47].

Nouveaux rapports avec les Autochtones

En , le mouvement pancanadien Idle No More, initié au Québec par Widia Larivière et Melissa Mollen Dupuis, attire l'attention des médias grand public sur de nombreux problèmes vécus par les Autochtones au Québec.

En 2015, le gouvernement du Québec reconnaît officiellement que les autochtones de son territoire ont été victimes d'un génocide culturel[48], notamment mis en œuvre avec le régime des pensionnats.

En 2016, la tenue de la Commission Écoute, réconciliation et progrès est annoncée par le gouvernement du Québec, pour faire la lumière sur le racisme systémique[49] des membres du pouvoir exécutif à l'encontre des autochtones.

En septembre 2019, la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec, présidée par le juge Jacques Viens, dépose son rapport final contenant 142 appels à l'action visant à améliorer les relations entre les peuples autochtones et les institutions publiques québécoises[50].

En septembre 2020, le décès de Joyce Echaquan à l'hôpital de Joliette suscite un important débat public sur les relations entre les Autochtones et le réseau québécois de la santé[51]. À la suite de cet événement, la Nation atikamekw présente en 2020 le Principe de Joyce, qui réclame la reconnaissance du droit des Autochtones à des services de santé et de services sociaux exempts de discrimination[52].

En 2024, le gouvernement du Québec adopte sa première stratégie gouvernementale de réconciliation avec les Premières Nations et les Inuit, couvrant la période 2024-2029[53].

En mai 2026, la députée de Québec solidaire Manon Massé dépose un projet de loi élaboré en collaboration avec des représentants des Premières Nations. Celui-ci vise notamment à instaurer un mécanisme de consultation des nations autochtones avant le dépôt de projets de loi susceptibles d'affecter leurs droits ou leurs intérêts[54].

Histoire géographique

Extension territoriale de 1898

En 1763, la Nouvelle-France est cédée à l'Angleterre qui crée, par la Proclamation royale, la province de Québec. Entre la Terre de Rupert[55] et la province nouvellement créée, s'insère un domaine autochtone. Avec l'Acte de Québec en 1774, le domaine autochtone est aboli et la limite sud de la Terre de Rupert devient la limite nord de la province. Après 1774, les lois subséquentes de 1791 et de 1867 ne modifient pas la frontière septentrionale de la province. Avec la cession de la Terre de Rupert au Dominion du Canada en 1870, ce territoire est annexé aux Territoires du Nord-Ouest. En 1875, une loi est adoptée prévoyant la division des TNO[56] en districts provisoires. C'est en vertu de cette loi que le district de l'Ungava est créé. En 1898, le Québec entreprend des démarches pour étendre son territoire plus au nord. Cet acte de 1898, concernant la délimitation des frontières de la province, est adopté et sa frontière nordique s'étend maintenant jusqu'à la rivière Eastmain[57]. Les bandes d'Eeyou et d'Eenou de la baie James se retrouvaient alors sous deux juridictions territoriales. Les bandes les plus nordiques demeuraient sous la tutelle territoriale (TNO) et celles plus au sud devenaient subitement, des citoyens de la province de Québec.

Extension territoriale de 1912

En 1907, une requête du Québec adressée au gouvernement fédéral demande que soit annexé à la province ce qui correspond au district de l'Ungava tel que défini par la loi de 1898, en y incluant les îles côtières. En 1912, la Loi d'extension des frontières du Québec confère ce territoire à la province sans toutefois inclure les îles qui demeurent sous la juridiction des Territoires du Nord-Ouest. Le fédéral invoque leur difficile inventaire et l'importance stratégique pour la navigation, le commerce et la défense. Déjà à cette époque, le projet d'exporter du blé de l'Ouest canadien par un port de la baie d'Hudson ou de James était sur les planches à dessin[58]. C'est donc au tour des Inuits au Québec de changer de juridiction territoriale à l'exception des îles côtières où ils chassaient depuis des millénaires. Dans les années 1960, la commission d'étude sur l'intégrité du territoire québécois s'est penchée sur la question de ces îles périphériques. Cette étude met en évidence, que pour une raison purement géographique, les îles auraient dû être intégrées à la province. Les arguments de 1912 ne résistent pas à l'analyse si l'on prend en considération que le fédéral n'a jamais établi aucune installation à la navigation et n'a jamais empêché le Québec de le faire. Le rapport des commissaires dit que le rattachement aux Territoires du Nord-Ouest des îles littorales et périphériques ne se justifie ni par la géographie, ni par l'histoire, ni par la praticabilité administrative, ni par les motifs invoqués en 1912 lors de l'extension des frontières. De plus, cette frontière est définie comme étant le rivage. Or, le rivage, ou plus précisément l'estran où s'exerce l'action des marées, n'est pas une limite territoriale fixe et arrêtée. Ce n'est qu'avec la Convention de la baie James et du Nord québécois et des lois qui en dérivent, notamment la Loi sur le régime des eaux de 1978, que cette frontière est définitivement fixée comme étant la ligne des basses eaux. Par ailleurs, des négociations étaient toujours en cours au sujet des droits d'exploitation de ces îles entre les divers niveaux de gouvernement, le Grand Conseil des Cris et la Société Makivik et un modèle de frontière partagée entre le Québec et le Nunavut ferait partie des discussions.

Frontière Québec-Labrador de 1927

En 1902, la Grand River Pulp and Lumber Company reçoit un permis de coupe de bois octroyé par Terre-Neuve qui lui permet d'étendre ses activités de part et d'autre de la rivière Hamilton à partir du lac Melville. Le Québec soutient alors que le territoire au sud du cours d'eau lui appartient et adresse une protestation au président de la compagnie. L'affaire se retrouve entre les mains du lieutenant-gouverneur du Québec qui transmet à Ottawa un mémoire le priant de prendre les mesures nécessaires pour que soit respectée l'intégrité territoriale du Québec. Après de nombreuses démarches, l'affaire est portée au Conseil privé de Londres qui entend la cause en 1926. L'année suivante, le rapport est approuvé et la dernière frontière externe du Québec est alors établie. Le Québec n'a jamais acquiescé à ce jugement ou statué sur la question de cette frontière interprovinciale. Cette fois, ce sont une partie des Innus du Labrador qui se retrouvent citoyens de la colonie britannique de Terre-Neuve[59], donc juridiquement séparée des bandes au Québec et automatiquement exclus de la Loi sur les Indiens de Canada.

Art chez les Autochtones

Les peuples autochtones au Québec ont exprimé leurs sentiments, leurs sensations et leurs aspirations à travers une multitude de formes d’art.

Ces traditions artistiques sont les plus diversifiées et anciennes retrouvées au Canada.

Cette grande variété comprend la sculpture sur bois, les ouvrages en piquant de porc-épic, les peintures sur peau et plusieurs autres.

L’art autochtone ne s’inspire pas seulement du monde tangible, mais aussi grandement du monde spirituel. Ces grands peuples avaient une conception particulière de l’harmonie qui régnait dans l’univers et à laquelle il fallait s’intégrer.

Les autochtones utilisent les éléments de la nature afin de concocter leurs couleurs qu’ils obtenaient à partir de plantes et de fleurs.

Lorsque l’art autochtone fut découvert par les Européens, il causa un véritable émoi. Ces chefs-d’œuvre furent très rapidement admirés pour leur audace, leur ingéniosité et l’habileté technique des artistes autochtones.

Les Européens qui furent de prime abord impressionnés par ces œuvres ne furent pas en mesure d’apprécier leur valeur, l’art autochtone étant trop différent du leur.

C’est vers les années 1920, que l'art autochtone s’est épanoui auprès des américains. Chaque peuple autochtone, de la période préhistorique, avait sa propre forme d’art.

Les Inuits étaient connus pour leurs sculptures, les Eeyou et Eenou célèbres pour leurs piquants de porc-épic ou encore les Anichinabés admirés pour leurs sculptures sur bois[60],[61].

Art chez les Eeyous et les Naskapis

Les Eeyous, situés au nord du Québec tout près de la baie James, ont exprimé leurs arts à travers une multitude d’objets pratiques et esthétiques.

Ils utilisaient les piquants de porc-épic peints de plusieurs couleurs afin de décorer leurs ceintures, leurs chemises, leurs robes et leurs mocassins.

Les Eeyou/Eenou et les Innus peignaient les peaux qu’ils utilisaient pour leurs couvertures, leurs sacs, leurs jambières, etc. Ils les ornaient très souvent de motifs géométriques en utilisant les couleurs qu’ils étaient capables de créer tel que le jaune, le rouge, le bleu-vert et parfois du noir.

L’esprit des animaux était au sein des valeurs spirituelles de ce peuple, les Eeyou et Eenou gravaient des images représentants des animaux sur leurs outils fabriqués à partir d’os d’animaux[62],[63].

Art chez les Anishinabeg

Les Anishinabeg (peuple algonquien vivant au sud du Québec) avaient des traditions artistiques différentes de celles de leurs compatriotes nordiques.

Les animaux étant d’une importance fondamentale, ils respectaient la loutre et le rat musqué qui étaient sacrés pour eux. À l’aide de la peau de ces derniers, les Anichinabés confectionnaient des sacs-médecine qui servaient à conserver le tabac. Ces Algonquiens ornaient leurs sacs de délicats motifs répétés, ayant chacun leur signification religieuse distincte.

Les Anichinabés sont notamment reconnus pour leurs immenses talents pour la sculpture sur bois, ils confectionnaient des poupées et d’autres petits objets nécessitant une minutie hors du commun. Ils adoptèrent par la suite la tradition de mâts totémiques, qu’ils sculptaient s’inspirant de leur propre mythologie[64],[65].

Art chez les Inuits

Les Inuits sont un peuple autochtone situé dans l’extrême nord du Québec. Ils sont notamment connus internationalement pour leurs sculptures. Ce peuple nordique a exprimé son art à travers les matériaux qu’ils trouvaient dans leurs régions comme l’ivoire, l’os, le cuir ou la pierre. Les Inuits sont de merveilleux sculpteurs capables de transformer n’importe quel objet utilitaire en une magnifique statuette représentant un animal ou un humain, cependant ces autochtones étaient plus soucieux de représenter des animaux dans leurs œuvres que des êtres humains. Dans les croyances inuites, l’animal est essentiel à la vie, ainsi de nombreuses œuvres représentent des animaux. Les Inuits utilisaient notamment comme modèle les animaux les plus importants pour leur survie, c’est-à-dire l’ours, le caribou, la baleine et le phoque. La forme d’art la plus connue chez les Inuits est la sculpture de la pierre, l’ingéniosité dont ils font preuve est parfois surprenante. Lors de rituels religieux, les Inuits confectionnaient des masques qu’ils agrémentaient de gravures représentant des séries d’animaux et de phénomènes naturels[66].

Habitudes alimentaires des Autochtones

Les Québécois d’aujourd’hui ont beaucoup d’habitudes alimentaires qui proviennent des autochtones. En effet, dans les années 1700, les autochtones et les Européens ont fait beaucoup d’échanges commerciaux et culturels.

Chasse et pêche pour les peuples algonquiens

Les Anishinabeg, les Atikamekw Nehirowisiwok, les Eeyou/Eenou, les Innus, les Mi'gmaq et les Wolastoqiyik, sont tous des peuples autochtones qui vivaient dans la forêt boréale et la forêt transitionnelle du Québec. Les chasseurs de ces peuples sont reconnus pour être habiles.

Ces hommes et femmes étaient à la fois chasseurs, trappeurs et pêcheurs. Pour s’assurer de faire leur travail efficacement, ceux-ci parcouraient les cours d’eau en canot pendant l’été et durant la saison froide, ils pêchent sous la glace. Ils chassaient plus précisément l’orignal, le caribou, le chevreuil, l’ours, l’oie et le canard.

Pour combler leurs besoins alimentaires, ils avaient également recours au trappage. Les animaux qui étaient le plus souvent trappés par ces peuples autochtones étaient le rat musqué, le castor et le lièvre[67].

Alimentation traditionnelle

Les peuples autochtones consommaient également des tisanes. Ces tisanes étaient faites de feuilles, d’écorce, de tiges et de fruits d’arbustes. Elles étaient même utilisées comme des traitements médicaux. De nos jours, nous consommons encore beaucoup de ces tisanes traditionnelles que les autochtones préparaient[style à revoir][67].

Les Iroquois, contrairement aux autres peuples, mangent beaucoup moins de viande que les autres peuples. La chair du poisson et du petit gibier était utilisée comme complément aux plats de maïs, de haricots, de courges, de graines de courges et de tournesols[67].

La graisse du castor ou de l’ours était parfois bouillie avec du bleuet (fruit), faisant de celle-ci un bon repas pour les enfants. Le pemmican était un mets qu’on l’on préparait en mélangeant de la viande séchée et broyée avec de la graisse d'ours. Les autochtones consommaient également des œufs de canards. Ils étaient également capable de faire bouillir de la sève de bouleau pour en faire du sirop. Dans les périodes plus difficiles, les autochtones avaient recours à certaines racines pour se nourrir, ceux-ci pouvaient également manger certaines parties de l’écorce des peupliers et des bouleaux[68].

Cuisson et conservation de la nourriture

Afin de préserver leur nourriture durant les longs hivers froids, les Béothuks, les Mi'gmaq, les Wolastoqiyik, les Innus et les Naskapis, les Saulteux, les Anishinabeg et les Eeyou et Eenou font sécher la viande, le poisson et les fruits. Les autochtones étaient reconnus pour faire fumer leurs viandes, en choisissant bien l’espèce de bois et le temps de cuisson afin que leur viande ait le meilleur goût possible. Les méthodes de cuisson des aliments varient beaucoup selon la région et les aliments disponibles. Faire cuire la nourriture sur des brochettes était très répandu. De plus, le peuple des Innus avait la particularité de faire cuire leur poisson en les recouvrant d’argile afin de pouvoir les faire cuire dans le sable. Il était très fréquent que les autochtones fassent baigner leurs morceaux de viande dans une soupe assaisonnée avec diverses épices afin de rehausser le goût de leur nourriture[67].

Échanges culturels entre autochtones et Européens

Vers le milieu des années 1700, les autochtones ont montré aux Européens comment faire pousser un peu plus de 29 espèces de légumes qui leur étaient inconnus. Ils leur ont montré entre autres la tomate, la pomme de terre, la courge, le concombre, et les haricots. Le maïs est un autre aliment qui était inconnu des Européens avant leur arrivée en Amérique, les autochtones avaient nommé ce plant ozisy. Les Européens ont également montré certains aliments aux Autochtones lors de leur arrivée au Canada. Ce sont les Européens qui ont montré le sucre, le lard salé, le thé, la farine de blé et d’avoine, le porc, le bœuf, le lait et le saindoux aux autochtones[67],[69],[70].

Pour conclure, les Québécois d’aujourd’hui et les Européens des années 1700 ont beaucoup appris des coutumes alimentaires des autochtones traditionnelles et vice-versa.

Personnalités

Notes et références

Droits acquis

Annexes

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