Banyuls (AOC)

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Un banyuls[note 2] est un vin doux naturel (VDN) d'appellation d'origine contrôlée produit sur quatre communes de l'extrémité sud de la France, dans le département des Pyrénées-Orientales en région Occitanie : Banyuls-sur-Mer, Collioure, Port-Vendres et Cerbère[3]. Il peut être produit en rouge (avec les mentions « rimage » ou « traditionnel », selon des critères du cahier des charges), en blanc ou en ambré et en rosé[3].

Appellation(s) principale(s)banyuls ;
banyuls grand cru
Type d'appellation(s)AOC / AOP
Reconnue depuis1909 (AO) et 1936 (AOC ; 1962 pour le banyuls grand cru)
PaysDrapeau de la France France
Faits en bref Appellation(s) principale(s), Type d'appellation(s) ...
Banyuls
Image illustrative de l’article Banyuls (AOC)
Vignoble du banyuls sur les coteaux de Collioure.

Appellation(s) principale(s) banyuls ;
banyuls grand cru
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1909 (AO) et 1936 (AOC ; 1962 pour le banyuls grand cru)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Languedoc-Roussillon
Sous-région(s) Roussillon
(Côte Vermeille)
Localisation Pyrénées-Orientales
Climat méditerranéen
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 488 heures (à Perpignan)[1]
Sol schisteux
Superficie totale 2 600 hectares
Superficie plantée 563 hectares (en 2023)[2]
Nombre de domaines viticoles 2 coopératives et plusieurs vignerons
Cépages dominants grenache N[note 1]
Vins produits VDN 78 % grenat, 17 % blanc/ambré et 5 % rosé
Production 6 706 hectolitres (en 2023)[2]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 12 hl/ha en VDN rouge/blanc/ambré et 17 en rosé (en 2023)[2]
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Une seconde appellation quasi homonyme existe aussi, uniquement en vin doux naturel rouge, « le banyuls grand cru », avec un cahier des charges spécifique[4], en particulier en matière d'encépagement.

Le banyuls rouge représente environ 80 % de la production, tandis que les vins non rouges (blancs, ambrés et rosés) constituent environ 20 % de l’ensemble (moyenne 2022‑2024)[2]. Le banyuls est issu de vieilles vignes cultivées en terrasses sur les coteaux pentus de la Côte Vermeille, où la partie française du massif des Albères (extrémité orientale des Pyrénées) rejoint la mer Méditerranée. Il partage son aire d'appellation avec le collioure, qui est un vin sec.

Histoire

Origine du vignoble

La cité de Banyuls est dénommée Bannils de Maritimo en 1074. Selon certains auteurs l'organisation du vignoble, réputé implanté par les Grecs et Phéniciens, aurait été radicalement modifiée, au cours du Moyen Âge, par les Templiers qui auraient mis en place un système de filtrage et d'écoulement des eaux pluviales (qui est d'ailleurs toujours utilisé actuellement[5]). Cette double affirmation est cependant discutée. Le territoire de Banyuls-sur-Mer commence à être habité dès le VIIIe siècle, sous l'impulsion du système de l'aprision mis en place par Charlemagne et l'abbaye Saint-Cyr de Colera (ses ruines sont visibles sur l'actuel municipi d'Espolla). Au XIe siècle est construite l'église paroissiale des Abeilles, preuve de l'existence d'une communauté villageoise constituée. Les paysans installés ont-ils attendu l'arrivée des Templiers au XIIe siècle (soit 200 ans plus tard) pour comprendre comment mettre en valeur leurs terres et nourrir leurs familles ?[réf. souhaitée] D'autant que si les Templiers possèdent bien des terres, celles-ci sont plutôt situées dans la vallée de Cosprons (qui appartient au village de Banyuls jusqu'en 1824) ; terres qu'ils afferment et dont ils exportent la production via leur maison installée dans la basse-cour du château royal de Collioure.

Chaque année, les fêtes de la Saint-Vincent se déroulent dans les rues de Collioure, du 14 au 18 août. Traditionnellement, la procession sur mer du 16 août constituait l’événement majeur des fêtes. La première eut lieu le , afin de célébrer l’arrivée dans la ville des reliques de Vincent de Collioure. Cette célébration eut alors lieu chaque année jusqu’à l’instauration de la loi de séparation de l’Église et de l’État en 1905. Depuis 2001 (à l’occasion du tricentenaire des fêtes), la procession sur mer a lieu à nouveau.

Alors que jusque dans les années 1850, l'économie rurale du canton repose sur le triptyque méditerranéen (vigne, olivier et céréales), le paysage et l'économie sont radicalement bouleversés par la conjugaison de deux phénomènes. D'une part, la fin des interdits royaux sur la vigne pousse les agriculteurs locaux à planter une plus grande superficie de vigne. D'autre part, l'ouverture conjuguée de la rade de Port-Vendres à la marine marchande (1851), de la route nationale no 114 (1870-1871) et de la gare internationale de Cerbère (1878-1888), permettent aux paysans d'exporter à haut coût leur vin et d'importer à bas coût leur céréales. La polyculture vivrière est alors rapidement remplacée par la monoculture de la vigne. Par exemple, en 1864, le territoire de la commune de Port-Vendres produit 18 000 hectolitres de vin ; 16 000 hectolitres (soit la quasi-totalité) sont exportés au Brésil et en Amérique via le port. La vigne, très rentable économiquement, part à l'assaut de la moindre parcelle de terre, alors que disparaissent les céréales peu adaptées au sous-sol schisteux et au climat méditerranéen. Avec les pandémies (phylloxéra et oïdium) et la crise de mévente en 1907, le phénomène d'expansion de la vigne décroît progressivement dès 1914, pour se stabiliser au début des années 1930.

Révolte de 1907

Les vendanges 1906 avaient été désastreuses dans tout le Roussillon, ce qui n'empêcha pas la chute des cours du vin. Des familles vigneronnes se heurtaient à des difficultés financières telles qu'elles ne pouvaient plus payer l'impôt. Informé, le gouvernement donna ordre de faire intervenir les huissiers. Le village de Baixas fut le premier à se révolter au début de l'année 1907[6]. Le 18 février, il reçut le soutien de Marcelin Albert, qui envoya un télégramme à Georges Clemenceau. Quant à Joseph Tarrius, viticulteur et pharmacien à Baixas, il fait parvenir au gouvernement une pétition signée des habitants du village. Il y est précisé que le seul impôt que les contribuables puissent encore payer est celui du sang. Alors que les défilés de protestations s'étaient multipliés dans les villes et villages, préfectures et sous-préfectures accueillirent les manifestations viticoles. Le 19 mai, à Perpignan 170 à 200 000 personnes défilent dans la ville. La manifestation se déroule sans incidents graves[7],[6].

Dans les départements du Gard, de l'Hérault, de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, les conseils municipaux démissionnent collectivement - il y en aura jusqu'à 600 - certains appellent à la grève de l'impôt. La situation devient de plus en plus tendue, les viticulteurs furieux attaquent perceptions, préfectures et sous-préfectures[8]. Le 20 juin, la tension monte encore. À Perpignan, la préfecture est pillée et incendiée. Le préfet David Dautresme doit se réfugier sur le toit[7].

Évolution de l'appellation

L'aire de production de l'appellation d'origine (AO) banyuls est délimitée par le décret du , concernant les communes de Banyuls, Cerbère, Port-Vendres et Collioure[9]. Puis, le banyuls est reconnu comme une appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret du pour des vins mutés (vin doux naturel ou vin de liqueur) rouges, rosés ou blancs produits à partir de muscat, grenache, macabeo, malvoisie, carignan ou blanquette (ces deux derniers cépages limités à 10 % de l'encépagement), avec autorisation de la mention rancio ; la chaptalisation est interdite et les rendements limités à 30 hl/ha[10]. En 1953, la durée d'élevage est réglementée (hors muscat et vin de liqueur, le déblocage se fait 30 % en mai de l'année suivante, 30 % en septembre suivant, 20 % en janvier de la 2e année et 20 % en septembre)[11].

Le , un décret modifie l'encépagement du banyuls (grenaches, maccabéo, malvoisie, muscat, carignan, cinsault et syrah, ces trois derniers limités à 10 %) ; s'y ajoute un second décret du même jour créant l'AOC « Banuyls grand cru », pour des vins doux naturels (VDN) ou des vins de liqueurs (VDL) produits avec les mêmes cépages, mais dans lequel les grenaches noir et rouge doivent composer au moins 75 % de l'encépagement, les mentions « dry » « sec » ou « brut » peuvent être rajoutés quand la teneur en sucre résiduel est de moins de 54 g par litre, le rendement est limité à 25 hl/ha[12]. En 1964, les rendements sont augmentés pour les banuyls VDN à 30 hl/ha et les VDL à 35 hl/ha, pour les banuyls grands crus respectivement 25 et 30[13]. En 1972, l'encépagement est précisé : grenache noir (désormais au moins 50 %), gris et blanc, maccabéo, tourbat (dit malvoisie du Roussillon), muscat blanc à petits grains, muscat d'Alexandrie (dit muscat romain), carignan noir, cinsault et syrah (ces trois derniers limités à 10 %) ; la présence dans les parcelles d'arbres fruitiers est interdite ; la vinification peut se faire en rouge, rosé ou blanc ; la mention « muscat » sur l'étiquette est interdite[14]. Les cahiers des charges des appellations sont publiés en octobre 2009[15], puis en novembre 2011[16] ; celui du banyuls est modifié en juillet 2024[3].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales des deux appellations
Orthophotos du parcellaire des deux appellations

L'aire de production est limitée aux quatre communes de la Côte Vermeille : Collioure, Port-Vendres, Banyuls-sur-Mer et Cerbère[3]. La superficie en production, qui a été de 1 850 hectares[Quand ?], s'est réduite à un total de 563 ha en 2023, dont 96 ha pour du VDN blanc/ambré et 18 pour du VDN rosé[2].

À l’est, la mer Méditerranée ; à l'ouest comme au sud, le massif des Albères, derniers soubresauts des Pyrénées dont les pentes abruptes plongent dans la mer créant un multitude de petites criques dont celles abritant les quatre petits ports[5].

Orographie et géologie

Les 1 750 hectares classés dans l'aire d'appellation sont structurés en terrasses soutenues par plus de 6 000 km de murettes de pierres sèches. Elles constituent, associées à des canaux obliques et verticaux, un réseau de filtrage et de canalisation des rares mais violentes eaux de pluie. Cet ouvrage gigantesque, qui façonne tout un paysage, a été construit il y a plus de sept siècles et entretenu par les vignerons pour préserver de l’érosion la fine couche de terre et de schiste en décomposition qui recouvre le sol[5].

Vignes de Banyuls sur un terroir de schiste.

Le sol y est presque exclusivement constitué de schiste en strates verticales dans les profondeurs desquelles la vigne plonge ses racines. Elle partage ce maigre et aride terroir avec les pins, les oliviers, les chênes-lièges et la garrigue aromatique et sauvage.

Climatologie

Le climat de la région de Banyuls est de type méditerranéen. Les hivers y sont doux avec quatre jours de gelées par an, les étés sont souvent chauds et secs. La tramontane (Tramuntana) souffle fréquemment (un jour sur quatre ; moins depuis quelques années) et amène une certaine fraîcheur en période estivale. La température des mois les plus chauds atteint régulièrement plus de 30 °C ; la plaine du Roussillon est en effet l'une des régions les plus chaudes de France. Avec plus de 300 jours d’ensoleillement par an (2 488 heures par an en moyenne 1991-2020 à Perpignan)[1], un vent fréquent, des pluies rares mais violentes qui permettent de ne réaliser que trois à quatre traitements par an, les producteurs se sont engagés dans une viticulture respectueuse de son environnement.

La station météorologique du cap Béar à Port-Vendres (sur le site du sémaphore de Béar, à 72 mètres d'altitude : 42° 30′ 58″ N, 3° 08′ 01″ E)[17] est représentative de l'aire d'appellation.

Davantage d’informations Mois, jan. ...
Relevés à Port-Vendres de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 12,3 12,5 14,9 17 20,4 24,4 27 27,1 23,7 20 15,8 13,1 19
Moyenne 9,7 9,8 12,1 14,1 17,4 21,3 23,8 23,9 20,7 17,4 13,2 10,6 16,2
Minimale moyenne 7,2 7,1 9,3 11,1 14,4 18,1 20,6 20,7 17,7 14,7 10,7 8,1 13,3
Nombre de jours avec gel 0,3 0,8 0,3 0 0 0 0 0 0 0 0 0,2 1,6
Précipitations
Hauteur (mm) 63,9 39,1 49,1 59,7 53,7 34,5 15,9 24,2 59,5 95,3 75,6 55,8 626
Fermer
Source : Infoclimat[18].
12,3
7,2
63,9
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
12,5
7,1
39,1
fév.
14,9
9,3
49,1
mars
17
11,1
59,7
avril
20,4
14,4
53,7
mai
24,4
18,1
34,5
juin
27
20,6
15,9
jui.
27,1
20,7
24,2
août
23,7
17,7
59,5
sep.
20
14,7
95,3
oct.
15,8
10,7
75,6
nov.
13,1
8,1
55,8
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Terrasses

Murets, vignes et palmier de Banyuls.

Ce terroir viticole est façonné par les murettes en schistes qui s'étalent sur plus de six kilomètres. Certaines de ces substructions datent du Ve siècle av. J.-C.. Leur aménagement fut perfectionné durant la période médiévale ; « De loin, on aperçoit sur les coteaux verdoyants les dessins des "peus de gall" (pieds de coq) - ingénieux système de canaux en pierre sèche, initié par les Templiers, permettant d'évacuer l'eau des orages, rares mais violents[19] ».

Cet étagement « écarte toute possibilité de mécanisation et d’automatisation dans la culture de la vigne, ce qui donne aux vins de Banyuls toute leur force, leur caractère, et leur préciosité. Ce travail laborieux que les vignerons perpétuent depuis des siècles est récompensé par des saveurs uniques, gorgées de soleil et d’intensité aromatique ». De plus ces coteaux ont forte déclivité, puisqu'ils vont des rives de la Méditerranée jusqu'à 500 mètres d'altitude. Ce qui nécessite pour les vignerons de travailler uniquement à la main, sans aucune mécanisation, « sur des sols pauvres, des ceps d'une moyenne de quarante ans d'âge leur offrant 20 à 30 hl à l'hectare, soit moins d'une bouteille par pied de vigne[19] ».

Encépagement

Les règles d'encépagement varient selon le type de vin produit.

Pour le banyuls blanc et le banyuls ambré, les cépages principaux sont le grenache blanc B[note 1], le grenache gris G, le macabeu B et le tourbat B (appelé malvoisie du Roussillon). Les cépages accessoires sont le muscat à petits grains B, le muscat d'Alexandrie B, qui ne doivent pas représenter ensemble plus de 20 % de l’encépagement, ainsi que la marsanne B, la roussanne B, le vermentino B et le carignan blanc B, ces quatre derniers étant limités ensemble à 10 % de l’encépagement.

Pour le banyuls rosé, les cépages principaux sont le grenache blanc B, le grenache gris G, le grenache N, le macabeu B et le tourbat B. Les cépages accessoires sont le muscat à petits grains B et le muscat d’Alexandrie B, leur proportion cumulée ne devant pas dépasser 20 % de l’encépagement.

Pour le banyuls rouge, les cahiers des charges distinguent les mentions rimage et traditionnel.

  • Dans le cas du banyuls rimage, le cépage principal est le grenache N ; les cépages accessoires, limités ensemble à 10 % de l’encépagement, sont le carignan N, le cinsault N, la counoise N, le grenache gris G, le mourvèdre N et la syrah N.
  • Les règles sont proches pour le banyuls traditionnel, également rouge, le grenache gris G pouvant alors être admis comme cépage principal, le grenache N ne devant dans ce cas pas dépasser 50 % de l’encépagement.

Le banyuls premier cru (exclusivement produit en rouge) a pour cépages principaux le grenache N (en proportion supérieure ou égale à 75 % de l'encépagement), le grenache blanc B, le grenache gris G, le macabeu B, le muscat à petits grains B et le muscat d'Alexandrie B, et pour cépages accessoires le carignan N, le cinsault N et la syrah N, dont la proportion ne peut être supérieure à 10 % de l'encépagement[3].

Méthodes culturales

Vignobles en terrasses au-dessus de Banyuls.
Vendanges à Banyuls en 1920.

La structure du vignoble en terrasses impose une viticulture traditionnelle sans recours à la mécanisation, avec des vendanges manuelles. Le rendement est limité à 40 hl par hectare. Les vins sont issus de moûts présentant une richesse naturelle minimale en sucres de 252 grammes par litre[5].

Vins

Le banyuls et le banyuls grand cru sont deux appellations d’origine contrôlée exclusivement réservées aux vin doux naturels, dont la fermentation est arrêtée par mutage, procédé consistant à ajouter de l’alcool vinique après le début de la fermentation afin de conserver une partie des sucres naturels du raisin. Ils se déclinent en rouge, rosé, blanc ou ambré.

Les styles des banyuls reposent principalement sur le mode d'élevage. Les banyuls rouges relèvent de deux mentions définies par le cahier des charges : « rimage », à élevage court et non oxydatif, donnant généralement des vins à robe rubis, et « traditionnel », qui autorise des élevages plus longs, souvent oxydatifs, pouvant conduire à des robes évoluant de l’acajou au moka.

Les banyuls blancs et ambrés sont élaborés à partir des mêmes cépages, mais se distinguent également par leur mode d’élevage, l’ambré résultant d’un vieillissement oxydatif contrôlé.

Sur la même aire de production, les vignerons peuvent également élaborer d’autres vins doux naturels, tels que le grand-roussillon et le muscat de Rivesaltes, ainsi que des vins secs sous l’appellation collioure. Ils peuvent en outre produire des vins relevant de l’appellation régionale aoc languedoc, de plusieurs indications géographiques protégées (pays-d'oc, terres-du-midi, pyrénées-orientales et côte-vermeille), ou encore des vins sans indication géographique (VSIG), ces derniers commercialisés sous la dénomination « vin de France ».

Volumes

Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[2] (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl) :

Davantage d’informations Année, rouge (rimage et traditionnel) ...
banyuls
Annéerouge (rimage et traditionnel) blanc et ambré rosé
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha) superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20224945 5731195,61 0851119,631016
20234495 2111296,21 1781218,231617
20244815 7811294,51 0501122,826612
Fermer

Pour l'appellation banyuls grand cru, la production est tellement faible que les douanes la déclarent certaines années comme « donnée confidentialisée »[note 3]. En 2022, la production concernait 56,7 ha, donnant 931 hl.

Élevage

Maturation du banyuls rimage en dame-jeanne.

L'élevage est d'une durée minimale de dix mois pour les banyuls et de 30 mois pour les banyuls grand cru. Il existe deux grandes méthodes d’élevage qui définissent les types de vin élaborés.

Pour les VDN banyuls et banyuls grand cru traditionnels : en milieu oxydant. Les vins sont élevés plus ou moins longtemps dans divers contenant de bois, foudres, cuves, barriques ou demi-muids. Ces pièces de bois sont généralement très anciennes. Le vin y est laissé au contact de l’oxygène. Cette oxydation en rancio est parfois accélérée par un élevage en plein air. Au fil du temps, les arômes de fruits murissent puis cèdent le pas à un complexe aromatique très riche de fruits secs, tabac, cuir, épices... C’est ainsi qu’apparait peu à peu l’arôme rancio caractéristique de cet élevage.

Pour les banyuls rimage et certains banyuls blanc : en milieu réducteur. Les vins sont élevés en les préservant de toute oxydation. On peut procéder à une mise en bouteille précoce après conservation en cuve parfaitement ouillée, ou bien on souligne la structure du vin par un élevage plus ou moins long en barriques et une mise en bouteilles plus tardive. L’objectif est ici de préserver la fraîcheur aromatique et les qualités vineuses du banyuls. Les spécificités de chaque millésime vont définir son évolution et son potentiel de garde.

Gastronomie

Les VDN banyuls sont d'abord des vins de dessert qui se marient bien avec le chocolat ou les fromages bleus. Ils sont aussi ingrédient du civet de langouste.

Liste de producteurs

  • Cave de l'Abbé Rous[20]
  • Cave L'Étoile[21]
  • Cave Tambour[22]
  • Cellier des Dominicains
  • Cellier des Templiers[23]
  • Domaine Abbaye Sainte Eugénie
  • Domaine Berta Maillol[24]
  • Domaine de la Casa Blanca
  • Domaine de la Rectorie[25]
  • Domaine du Mas Blanc
  • Domaine du Traginer
  • Domaine Hugi
  • Domaine Le Casot des Mailloles
  • Domaine Madeloc[26]
  • Domaine Manya-Puig
  • Domaine Pietri-Géraud[27]
  • Domaine Saint-Sébastien[28]
  • Domaine Vial Magneres
  • Le Clos de Paulilles[29]

Notes et références

Voir aussi

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