Charles-François-Adrien Macret

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Décès
(à 32 ans)
Paris
Nationalité
Française
Activité
Charles-François-Adrien Macret
Charles-François-Adrien Macret et Augustin de Saint-Aubin, La Fontaine enchantée de la vérité d'amour, d'après Charles-Nicolas Cochin, 1783
Naissance
Décès
(à 32 ans)
Paris
Nationalité
Française
Activité
Maître
Lieu de travail
Père
Jean-Baptiste Macret
Mère
Marie-Charlotte Miannay
Fratrie
Marie-Anne-Françoise-Charlotte Macret, Jean-César Macret
Conjoint
Marie-Julie Petit

Charles-François-Adrien Macret est un dessinateur et graveur d'interprétation au burin, français, né le à Abbeville. Il vécut à Paris successivement rue Galande (1771), rue Saint-Jacques (1775) puis rue du Petit-Bourbon (1780) et mourut le à Paris. Ses gravures sont signées Macret, Carolus Macret, C. Macret ou C.F. Macret.

Portrait d'Antoine Petit, 1775
Pierre-Adrien Choquet, Aux hommes dignes de mémoire nés à Abbeville et aux environs : assis à droite avec ses estampes, Charles-François-Adrien Macret

Selon Philippe Tillier, la branche abbevilloise de la famille Macret a pour aïeul le mégissier (blanchisseur de peaux de bêtes) Nicolas Macret, originaire du village d'Ancennes, près de Blangy-sur-Bresle, dont le petit-fils François († 1613) s'est installé à Abbeville[1]. Charles-François-Adrien Macret est, après sa sœur aînée Marie-Anne-Françoise-Charlotte (née en 1749, elle sera l'épouse du peintre Pierre-Adrien Choquet) le deuxième des sept enfants nés du mariage de Jean-Baptiste Macret, arrière-petit-fils de François, et de Marie-Charlotte Miannay, fille d'un brasseur et marchand tourbier de Long[2]. Le dernier des sept enfants, qui naît en 1768, est Jean-César, qui sera également graveur. Marchand savonnier de profession, Jean-Baptiste Macret mourra ébouillanté le des suites d'une chute accidentelle dans une cuve de sa savonnerie[2].

Les dispositions de Charles-François-Adrien Macret pour les arts le font entrer dès 1764 et pour une durée d'un an en apprentissage à Abbeville chez un graveur sur métaux du nom de Joseph Selik, originaire de Hanovre et spécialisé dans l'art héraldique[2]. C'est après cette première expérience, encore artisanale plutôt qu'artistique, qu'il trouve ses premiers vrais maîtres à Paris en Nicolas-Gabriel Dupuis et Claude-Antoine Littrey de Montigny, puis qu'il poursuit sa formation, après le décès de ceux-ci, auprès de Jacques-Philippe Le Bas, Jacques Aliamet et Augustin de Saint-Aubin[1]. Les estampes titrées La Madone aux enfants (conservée par l'Académie des Lyncéens de Rome)[3] et La fontaine enchantée de la vérité de l'amour (conservée par le British Museum de Londres)[4], en portant les mentions Gravée à l'eau-forte par A. de Saint-Aubin et Terminée au burin par C. Macret[3], insinuent qu'avec ce dernier maître une relation de collaboration et d'estime s'est nouée, ce que cautionnent les frères Goncourt en citant un document écrit de la main d'Augustin de Saint-Aubin évoquant en Charles-François-Adrien Macret l'un de ses meilleurs élèves, « faisant honneur à l'art français »[5]. Le Portrait d'Antoine Petit, « très célèbre médecin » que Charles-François-Adrien Macret grave en 1775 sera perçu comme l'aboutissement de sa pleine maturité[2].

Du mariage, en à Paris, de Charles-François-Adrien Macret avec Madeleine-Julie Petit († ) naîtront trois enfants, Jacques-Charles en , Pierre-Adrien en (Pierre-Adrien, Jacques-Alexandre en 1782[2],[1].

Si Pierre-François Basan choisit, parallèlement à des graveurs de sa propre génération (comme Jacques Firmin Beauvarlet, abbevillois à l'instar de notre artiste, ou Jean-Georges Wille), d'éditer de plus jeunes graveurs, Charles-François-Adrien Macret est de ces derniers, aux côtés de Pierre Maleuvre, Heinrich Guttenberg, Pietro Antonio Martini ou Charles Emmanuel Patas.

« Consumé par une fièvre lente que son ardeur pour le travail rendit peut-être incurable, évoque l'historien Charles François Louandre, Charles-François-Macret mourut le 24 décembre 1783, n'ayant pu terminer sa belle planche du Siège de Beauvais à laquelle il donnait tous ses soins et qui lui aurait infailliblement ouvert les portes de l'Académie royale de peinture et de sculpture »[6]. Plusieurs planches majeures restent de la sorte inachevées, parmi lesquelles le Couronnement de Jean de la Fontaine par Ésope aux Champs Élysées, reprise par Heinrich Guttenberg et terminée en 1785[7] ou Le Mouchoir, terminée par Charles-Eugène Duponchel et éditée en 1787 avec une dédicace touchante, Dédié à Monsieur de Monchanin, Écuyer, par ses trois petits serviteurs et amis les mineurs Macret, appelant à la compassion envers les orphelins[8]. « Le peu de morceaux qu'il a gravés fait regretter qu'il n'ait pas fourni une plus longue carrière », confirment Michael Huber et Carl Christian Heinrich Rost[9].

« Paraissant d'une constitution délicate, mince, de petite taille, chétif et souffreteux »[2] : c'est ainsi qu'avec semble-t-il plus de fidélité que de complaisance le peintre Pierre-Adrien Choquet (1743-1813) brossa les traits de son beau-frère Charles-François-Adrien Macret dans un important tableau intitulé Aux hommes dignes de mémoire nés à Abbeville et aux environs que conservait l'hôtel de ville d'Abbeville et qui fut détruit dans le bombardement du 20 mai 1940. Micheline Agache, conservatrice du musée Boucher-de-Perthes, sut établir cependant qu'un plus petit tableau de Choquet heureusement conservé par le musée n'était autre qu'une première version de l'œuvre disparue.

Vue de l'explosion du magasin à poudre d'Abbeville, 2 novembre 1773, d'après Pierre-Adrien Choquet
La fuite à dessein, d'après Jean-Honoré Fragonard
Le Père Silène, d'après Jacob Jordaens
Joseph Legros, d'après Sébastien Leclerc

Œuvre

Artistes interprétés (ordre alphabétique)

Émile ou De l'éducation, d'après Clément-Pierre Marillier

Graveurs interprétants (ordre alphabétique)

Contributions bibliophiliques (ordre chronologique)

  • Louis Drummond, comte de Melfort, Marches et évolution de cavalerie, représentées en XXXII estampes dessinées et gravées par les plus habiles maîtres, exécutées dans plusieurs campagnes, sous les maréchaux de Coigny, de Saxe, de Belle-Isle, de Soubise, de Contades, etc., développées dans le Traité sur la cavalerie de feu M. le Comte de Melfort[28], auxquelles on a ajouté XXII figures relatives à l'équitation, gravures notamment par Charles-François-Adrien Macret (Louis XVI passant en revue des troupes à cheval en page de titre), Charles-Eugène Duponchel et François Robert Ingouf d'après Louis-Nicolas van Blarenberghe, Guillaume-Nicolas Desprez, libraire éditeur à Paris, 1776[29].
  • Constance de Lowendal et Claude-Henri de Fusée de Voisenon, Journées de l'amour, ou heures de Cythère, gravures de Charles-François-Adrien-Macret d'après Nicolas Antoine Taunay, A. Gnide, Paris, 1776.
  • Jean-Baptiste-Pierre Lebrun, Galerie des peintres flamands, hollandais et allemands, ouvrage enrichi de 201 planches gravées d'après les meilleurs tableaux de ces maîtres par les plus habiles artistes de France, de Hollande et d'Allemagne, gravures de Charles-François-Adrien Macret d'après Nicolas Maes et Adriaen van der Werff (citées ci-dessus), 1776.
  • Jean de La Fontaine, Contes et nouvelles en vers, Charles Eisen illustrateur, Paris, 1777.
  • Alexander Pope, Œuvres complètes, 8 volumes, Éditions de l'abbé Joseph de La Porte, 1779.
  • François Basan, Collection de cent-vingt estampes gravée d'après les tableaux et dessins qui composent le cabinet de M. Poullain, receveur général des Domaines du Roi, décédé en 1780, précédée d'un abrégé historique des auteurs qui la composent - Cette suite a été exécutée sous la direction du Sieur François Basan par de jeunes artistes des deux sexes dont les talents se font connaître et accroissent de jour en jour, chez Basan et Poignant, marchands d'estampes à Paris, 1781 (consulter en ligne).
  • Jean-Claude Richard de Saint-Non, Voyage pittoresque, ou description du voyage de Naples et de Sicile, 5 volumes, chez Jean-Baptiste Delafosse, Paris, 1781-1786 ; on y trouve une double figure par Charles-François-Adrien Macret, La Sainte Famille d'après Nicolas Poussin et Sainte Irène couvrant le corps de Saint Sébastien, d'après Bartolomeo Schedoni[24].
  • Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'éducation, Clément-Pierre Marillier illustrateur, Cazin, Paris, vers 1783.
  • Prosper Jolyot de Crébillon, Œuvres complètes, trois volumes, figures de Charles-François-Adrien Macret, François Robert Ingouf, Jean Dambrun, Charles-Eugène Duponchel et Philippe Trière d'après Clément-Pierre Marillier, Les libraires associés, 1785[30].
  • Salomon Gessner Œuvres, Clément-Pierre Marillier et Charles Monnet illustrateurs, Dufart, Paris, 1790.

Élèves

  • Nicolas Schenker (1760-1848)[31].

Réception critique

  • « On a perdu depuis peu un artiste bien intéressant par son talent et par ses qualités personnelles. Avec des talents supérieurs, il n'est pas nécessaire d'avoir parcouru une longue carrière pour obtenir une réputation distinguée ; non seulement l'artiste dont nous déplorons la perte aurait pu égaler les plus grands maîtres, mais on remarquait dans ses ouvrages le sentiment, l'expression et le caractère des artistes qu'il traduisait, lorsqu'une mort prématurée est venue l'enlever aux arts... On remarque dans ses différents ouvrages une profonde connaissance du dessin, une touche moelleuse, suave, spirituelle. » - Mercure de France[32]
  • « Charles, s'il n'était mort à l'âge de 32 ans, aurait certainement figuré parmi les plus grands artistes dont Abbeville a le droit de s'enorgueillir. » - Henri Macqueron[2]
  • « Macrret fut aussi un charmant dessinateur ; ses paysages, notamment, sont pleins de charme et dénotent une consciencieuse étude de la nature. » - Dictionnaire Bénézit[33]

Collections publiques

France

Allemagne

Italie

Pays-Bas

Royaume-Uni

  • Fitzwilliam Museum, Cambridge, Galerie des peintres flamands, hollandais et allemands de Jean-Baptiste-Pierre Lebrun.
  • British Museum, Londres, Œuvres complètes de Crébillon, 1785[30] ; La fontaine enchantée de la vérité d'amour, d'après Charles-Nicolas Cochin[4] ; Les Prémices de l'amour-propre d'après Gonzales Coques[10] ; Réception de Voltaire par Henri IV aux Champs Élysées, d'après Louis-François-Sébastien Fauvel[37] ; L'Offrande faite à l'amour, d'après Jean-Baptiste Greuze[38] ; Les Trois Grâces, d'après Angelica Kauffmann[15] ; Couronnement de Jean de La Fontaine par Esope aux Champs Élysées, d'après Jean-Jacques Le Barbier[7] Jeune Enfant enlevant un cerf, d'après Nicolas Maes[17] ; Léonard de Vinci mourant dans les bras de François Ier, d'après François-Guillaume Ménageot[19] ; Arrivée de Jean-Jacques Rousseau aux Champs Élysées, d'après Jean-Michel Moreau[20] ; Samson et Dalila[25] et Le Sauveur et la Samaritaine auprès du puits[26], d'après Adriaen van der Werff.
  • Royal Collection, Londres, Léonard de Vinci mourant dans les bras de François Ier, d'après François-Guillaume Ménageot.
  • Kingston Lacy, Wimborne Minster, L'Offrande faite à l'amour, d'après Jean-Baptiste Greuze[14].

Suisse

  • Musée d'art et d'histoire de Genève, Couronnement de Jean de La Fontaine par Ésope aux Champs Élysées, d'après Jean-Jacques Le Barbier ; Arrivée de Jean-Jacques Rousseau aux Champs Élysées, d'après Jean-Michel Moreau ; Peintures antiques d'Herculanum, d'après Pierre-Adrien Pâris[23].

États-Unis

Collections privées

Références

Bibliographie

Liens externes

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