Charles Nungesser

From Wikipedia, the free encyclopedia

Naissance
à Paris
Décès (à 35 ans)
Disparu au-dessus de l'Atlantique
OrigineFrançais
AllégeanceDrapeau de la France France
Charles Nungesser
Charles Nungesser

Naissance
à Paris
Décès (à 35 ans)
Disparu au-dessus de l'Atlantique
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Aéronautique militaire
Grade Capitaine[1]
Années de service 19141918
Commandement Escadrilles N65, Spa65, V106, V116
Conflits Première Guerre mondiale
Faits d'armes 43 victoires homologuées
Distinctions Légion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918
Médaille militaire
Military Cross
Distinguished Service Cross
Hommages Rues, écoles, stade, timbres

Charles Nungesser est un aviateur français né à Paris le et disparu le dans un lieu inconnu de l'Atlantique Nord ou d'Amérique du Nord.

As de l'aviation française pendant la Première Guerre mondiale, il disparaît avec François Coli lors d'une tentative de traversée Paris-New York sans escale à bord de L'Oiseau blanc.

Avec 21 citations sur sa Croix de guerre, dont 19 palmes et 2 étoiles de vermeil, il est l'un des militaires les plus décorés de toute l'armée française au XXe siècle[2].

Enfance

Charles Eugène Jules Marie Nungesser est né rue Cail, dans le 10e arrondissement de Paris, de Eugène Nungesser et Laure Prignet[3]. Il passe une partie de son enfance à Saint-Mandé, où son père tient une boucherie[4], puis à Valenciennes, dont sa mère est originaire. Ses parents divorcent le , alors qu'il a sept ans. Il passe par le lycée Notre-Dame à Valenciennes avant d'être élève de l'école nationale professionnelle d'Armentières (Nord) de 1905 à 1907, il en sort diplômé en mécanique ; une plaque lui rend hommage dans le hall d'honneur de cette école, devenue le lycée Gustave-Eiffel[5].

En 1907, Nungesser envisage une affaire de construction d'aéroplanes, avec deux Allemands. Il se fait voler le capital qu'il avait apporté. Il a été prétendu que l'un des deux escrocs serait Hermann Göring, le futur chef de la Lufwaffe[6] ; l'hypothèse est très peu probable, voire fantaisiste[7].

Il part à l'âge de quinze ans pour l'Amérique du Sud, chez un oncle qu'il recherche longuement, au Brésil, puis en Argentine[8] où il exerce différents métiers : mécanicien, gaucho, boxeur, acteur, pilote de course automobile.

Il découvre également l'aviation naissante en volant comme passager dans un appareil du pionnier français Paul Castaibert.

As de la Première Guerre mondiale

Rentré en France en , pour y effectuer son service militaire au 2e régiment de hussards, Charles Nungesser s'y trouve toujours quand éclate la guerre[9]. Il y obtient la médaille militaire après un mois de combat. Après avoir passé les lignes ennemies, il parvient à capturer une automobile Mors et à en tuer ses quatre occupants, des officiers prussiens, puis à la ramener au quartier-général de sa division avec des plans trouvés sur les officiers tués. Son général, probablement Fernand de Langle de Cary, le surnomme « le hussard de la Mors » en référence à cet exploit et aux Hussards de la Mort, le promeut brigadier et l'autorise à passer dans l'aviation. Il est cité à l'ordre de l'armée :

« Le 3 septembre [1914], son officier ayant été blessé au cours d’une reconnaissance, le mit d’abord à l’abri ; puis, avec l’aide de quelques fantassins, après avoir mis les officiers qui l’occupaient hors de combat, s’empara d’une auto et rapporta les papiers qu’elle contenait en traversant une région battue par les feux de l’ennemi. »

Après sa rapide formation de pilote militaire, à compter du à l'école d'aviation d'Avord, il est breveté le . Il intègre à Dunkerque l'escadrille VB 106, avec son mécanicien, Roger Pochon (ou Pauchon), qui le suivra tout au long du conflit. Dans cette unité, il pilote un bombardier Voisin III et accomplit 53 missions de bombardement. Il s'en sert aussi à l'occasion pour faire la chasse des avions qu'il croise : le , il abat un Albatros allemand au cours d'un vol d'essai, ce qui lui vaut la Croix de guerre. Nommé adjudant, le voici muté dans l'escadrille de chasse N 65 (équipée de Nieuport « Bébé ») basée à Nancy. À plusieurs reprises, il termine des patrouilles de chasse par des acrobaties au-dessus du terrain, ce qui lui vaut huit jours d'arrêt. Sa punition est levée lorsqu'il abat un biplace Albatros le .

En , il est grièvement blessé en s'écrasant au décollage aux commandes d'un prototype d'avion de chasse de type Ponnier M.1. Le manche à balai lui traverse le palais et lui fracasse la mâchoire ; il se fracture les deux jambes. Le , il sort de l'hôpital avec des béquilles, refuse sa réforme et retourne à son escadrille. Il doit alors se faire porter pour entrer dans son avion et pour s'en extraire.

Charles Nungesser et son Nieuport 17.

Promu officier, il participe à la bataille de Verdun et y remporte dix victoires, jusqu'au , avant de survoler le front de la Somme. Le , il totalise cinq victoires aériennes et décroche le titre d'as de l'aviation. Il remporte neuf autres victoires homologuées au-dessus de la Somme avant la fin de l'année 1916, portant son score à 21, avec notamment un « triplé » le . Lors d'un vol, il tombe à court de munitions : il se place alors au milieu d’un groupe d'avions ennemis, qui ne peuvent lui tirer dessus sous peine de toucher l'un des leurs[10].

C'est vraisemblablement durant la bataille de Verdun qu'il fait peindre pour la première fois son insigne personnel sur son Nieuport 17 : une tête de mort aux tibias entrecroisés, surmontée par un cercueil entouré de deux chandeliers, le tout dessiné dans un cœur noir.

La précarité de son état de santé, depuis son accident de , s'ajoute aux diverses blessures en combat. Il doit repartir à l'hôpital et ne parvient à en sortir qu'après avoir négocié un accord avec ses médecins et l'état-major : il retourne à l'hôpital après chacun de ses vols pour y suivre son traitement. Il est affecté à l'instruction des pilotes, ainsi qu'à des missions spéciales de transport d'espions. Il est détaché à l'escadrille VB 116, une escadrille de bombardement qu'il rejoint avec son chasseur Nieuport à Dunkerque au mois de . Cette escadrille a la particularité d'être stationnée à côté d'un hôpital. Il remporte neuf autres victoires avant la fin de l'année 1917.

Son état de santé s'améliorant, il peut rejoindre son escadrille, la N 65. À peine est-il de retour qu'il est victime d'un grave accident de voiture, en , dans lequel périt son fidèle mécanicien Roger Pochon, qui était au volant. Nungesser retourne à l'hôpital. Jusqu'à la fin de la guerre, malgré ses lourds handicaps physiques, il continue d'accumuler les succès, dépassé par René Fonck ainsi que par Georges Guynemer en nombre de victoires.

En , il est nommé capitaine par Georges Clemenceau[11],[1],[12],[13].

Le , il abat plusieurs Drachens et remporte sa 43e victoire homologuée, qui est aussi la dernière. Il est démobilisé en 1919. Il est situé à la troisième place parmi les as français et jouit d'une très grande popularité[14].

Après-guerre et traversée de l'Atlantique

Charles Nungesser et sa fiancée devant un Morane-Saulnier AR.

En , alors qu'il effectue un trajet Cannes-Toulon en hydravion, Charles Nungesser est contraint d'amerrir dans la baie de Salins-d'Hyères où il est récupéré par un navire[15].

Sur proposition du sous-secrétaire d'État à l'Aéronautique, Nungesser lance à Orly une école de pilotage où l'aviatrice Hélène Boucher fait ses premiers vols. Cette école fait faillite.

Le , il se marie avec Consuelo Hatmaker (1902-1966), américaine fortunée, dont il se sépare en 1925. Il part alors en tournée de démonstrations aériennes (55 représentations aux États-Unis) où il reconstitue ses principaux combats. En 1924, il tient un rôle de premier plan dans un film américain, The Sky Raider Le Vainqueur du ciel »), aux côtés de Jacqueline Logan sortie au cinéma le [16].

En 1925, il conçoit un hydravion, le Cox-Klemin CK-18. Cette même année, il aurait rencontré un chef indien, White Bird, « Oiseau blanc »[17].

L'aviation connaît alors un développement important et les pilotes chevronnés mènent des raids pour battre tous les records, encouragés par des initiatives telles que le prix Orteig de 25 000 dollars offert au premier aviateur qui réussirait la traversée de l'Atlantique sans escale entre New York et Paris. En 1919, les Britanniques John Alcock et Arhtur W. Brown réalisent la première traversée par avion de l'Atlantique Nord entre Terre-Neuve et l'Irlande.

En 1927, en proie à de grandes difficultés financières, Nungesser forme avec François Coli le projet de rallier Paris à New York, sans même s'inscrire au prix Orteig. Depuis 1923, François Coli envisageait un vol transatlantique sans escale avec son camarade de guerre Paul Tarascon. Blessé durant un vol d'entraînement, ce dernier abandonne le projet, laissant la voie libre à Nungesser.

Nungesser, Coli et l'Oiseau blanc.

Le duo décolle de l'aéroport du Bourget le à 5 h 18 à bord de L'Oiseau blanc, un biplan Levasseur à moteur Lorraine de 450 cv frappé de l'insigne de guerre de Nungesser, à destination de New York où il prévoit d'amerrir devant la statue de la Liberté[18]. Le , des dizaines de milliers de personnes se pressent à Battery Park pour voir L'Oiseau blanc amerrir. L'avion, aperçu pour la dernière fois au large des côtes irlandaises à 11 h, n'atteint jamais New York.

Au cours des années, plusieurs enquêtes et investigations furent entreprises afin de percer à jour le mystère de la disparition de Nungesser et Coli. L'appareil n'ayant jamais été retrouvé, l'hypothèse communément acceptée voudrait que l'avion se soit abîmé en mer avant d'atteindre la côte américaine, du fait d'une violente tempête ou d'un manque de carburant.

Une autre hypothèse suppose l'avion arrivé en Amérique et accidenté. Depuis les années 1980, des recherches ont été menées dans l'État américain du Maine[19], à Terre-Neuve et chaque année depuis 2009 au large de l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon[20] où, selon le journaliste Bernard Decré, les aviateurs auraient pu être abattus par des trafiquants d'alcool ou même par des garde-côtes, Saint-Pierre étant alors un haut lieu de la contrebande vers les États-Unis soumis à la Prohibition[18]. Le climat de compétition entre Français et Américains n'était pas alors propice à la recherche d'indices[21].

Deux semaines après la disparition de L'Oiseau blanc, l'aviateur américain Charles Lindbergh réussit la première traversée transatlantique de New York à Paris. Le public français, encore en deuil de Nungesser et Coli, célèbre avec enthousiasme la performance de Lindbergh. Il faudra attendre 1930 pour que soit réalisée la première traversée dans le sens Paris-New York, plus difficile, par Dieudonné Costes et Maurice Bellonte.

Décorations

Nungesser portant ses décorations.

Charles Nungesser, qui a obtenu 19 citations à l’ordre de l’armée (palmes) et 2 citations à l’ordre de son groupe de bombardement (étoiles de vermeil) soit 21 citations au total, s’affiche pourtant à la fin de la guerre avec une croix de guerre de 28 palmes et 2 étoiles de vermeil, soit au total 30 citations. Il s’est en effet ajouté de lui-même une palme pour chacune des 9 décorations étrangères qu’il a reçues, alors qu’elles n’en donnent théoriquement pas le droit[22],[23].

Décorations françaises

Décorations étrangères

Hommages, postérité

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI