Communauté d'agglomération du Pays Basque

intercommunalité française des Pyrénées-Atlantiques From Wikipedia, the free encyclopedia

La communauté d'agglomération du Pays Basque, abrégé en communauté Pays Basque ou CAPB[1] (en basque : Euskal Hirigune Elkargoa, gascon : Comunautat d'Aglomeracion País Basco), est une communauté d'agglomération française située dans le département des Pyrénées-Atlantiques, en région Nouvelle-Aquitaine.

Faits en bref Administration, Pays ...
Communauté d'agglomération Pays Basque
Blason de Communauté d'agglomération Pays Basque
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Forme Communauté d'agglomération
Siège Bayonne
Communes 158
Président Alain Iriart (EHBAI)
Budget 689 000 000  (2022)
Date de création
No SIREN 200067106
Démographie
Population 325 721 hab. (2022)
Densité 110 hab./km2
Géographie
Superficie 2 968,0 km2
Localisation
Localisation de Communauté d'agglomération Pays Basque
La communauté d'agglomération Pays Basque dans les Pyrénées-Atlantiques.
Liens
Site web communaute-paysbasque.fr
Fiche Banatic Données en ligne
Données INSEE Dossier en ligne
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Elle est la cinquième communauté d'agglomération la plus peuplée de France et la première en superficie et en nombre de communes[2]. Elle est également plus peuplée que 25 départements. Cet établissement public de coopération intercommunale (EPCI) est le deuxième au regard de la population de la région Nouvelle-Aquitaine, après Bordeaux Métropole, ainsi que le premier du département des Pyrénées-Atlantiques. Au vu de sa population, cette communauté d'agglomération remplit les critères permettant sa transformation éventuelle en communauté urbaine.

Historique

Antécédents

Dans La France et ses populations, Jean-Pierre Moulin explique que depuis la Révolution française, « administrativement, le Pays basque n'est rien : ni une région, ni un département, tout au plus une série de cantons relevant des Pyrénées-Atlantiques. Pour ses habitants, au contraire, il est tout, c'est-à-dire une nation[3] ».

La création de cette communauté est donc à mettre en relation avec la vieille revendication[4] d'une institution propre au Pays basque. Sous l'Ancien Régime, cette revendication voit le jour au travers d'un projet des États généraux du royaume de Navarre pour le rétablissement de la chancellerie de Navarre dont le ressort serait étendu aux pays voisins du Labourd et de la Soule[5].

Cette revendication reste sans effets, et dans la nuit du 4 août 1789, pendant la révolution française, les coutumes et les fors des Basques sont même abolis (États généraux du royaume de Basse-Navarre, le Biltzar du Labourd et les États généraux de Soule).

À la fin du XXe siècle, cette revendication se trouve réactivée entre autres par l'émergence d'un mouvement nationaliste basque structuré, l'adoption de cette revendication par le parti socialiste à la suite de la bidépartementalisation de la Corse en 1976 :

Entre 1992 et 1994, la démarche Pays basque 2010 a consisté à effectuer un diagnostic, à analyser les besoins du territoire et à définir 6 schémas de développement possibles[6]. En 1994 est créé le Conseil de développement du Pays basque, puis en 1995 le Conseil des élus du Pays basque ; les deux structures fonctionnent ensuite en binôme de façon complémentaire[7],[8]. En 1996 est élaboré un schéma de développement comprenant 94 projets. Le Pays basque est reconnu comme Pays en 1997 à la suite de la loi Pasqua[6]. En la convention spécifique Pays basque, valable pour la période 2001 - 2006, associant l'État, la région, le département, l'agglomération Côte Basque-Adour et le conseil des élus prend en compte 70 opérations[6]. En le bilan de la convention spécifique fait apparaître un taux de réalisation de 88 % des opérations prévues.

En , la démarche Pays basque 2020 remplace la démarche Pays basque 2010[8].

Le , est créée la communauté d'agglomération du Pays Basque qui recouvre le même périmètre[9].

La création d'un département basque se faisant toujours attendre, le Pays basque va finir par s'unir officiellement au travers de l'intercommunalité et particulièrement grâce à la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (loi NOTRe) promulguée en 2015.

Création

La loi NOTRe fixant notamment un seuil minimum de 15 000 habitants par EPCI, 5 communautés du Pays basque intérieur ne remplissant pas cette condition sont contraintes d'envisager une fusion. Face à cette nécessité émerge bientôt l'idée d'une fusion générale permettant la création d'une seule communauté pour l'ensemble du Pays basque. L'association Batera adhère à cette idée et fait campagne en sa faveur.

Un premier arrêté préfectoral du [10] porte sur le projet de périmètre de la communauté d’agglomération Pays Basque. Les 158 communes du Pays basque sont alors invitées à se positionner, dans un délai de 75 jours à compter de la notification de l'arrêté, sur ce projet inscrit dans le schéma départemental.

Vote selon les communes.
70,25 %
29,75 %
Pour
Contre
Vote en proportion de la population.
65,96 %
34,04 %
Pour
Contre

Ainsi, du au , les conseils municipaux vont se prononcer. Le , Hendaye est la première commune à voter et à dire oui au projet[11]. Les résultats sont sans appel et vont au-delà des critères exigés par la préfecture. Le , le vote favorable de la commune d'Aïcirits-Camou-Suhast permet d'atteindre la majorité au regard de la population[12]. Le succès définitif du projet est acquis dès le avec le 80e vote favorable du conseil municipal de Bardos[13].

Davantage d’informations Votes, Communes ...
Votes Communes Population
(équivalence)
Pour 111 (= 70,25 %) 197 014 hab. (= 65,96 %)
Contre 47 (= 29,75 %) 101 650 hab. (= 34,04 %)
Total 158 (= 100 %) 298 664 hab. (= 100 %)
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Par un nouvel arrêté préfectoral du [14], la communauté est alors créée à la date du [9]. Outre les compétences des intercommunalités qu'elle remplace, la communauté d'agglomération remplace également le syndicat mixte Bizi Garbia, dissous par arrêté préfectoral du [15], avec effet au .

Territoire communautaire

Géographie

Carte de la communauté d'agglomération du Pays Basque au .

La communauté d'agglomération recouvre l'ensemble du Pays basque français à l'exception de la commune navarraise exclavée d'Escos et de deux communes souletines, l'une, Gestas, exclavée et l'autre, Esquiule, bascophone, béarnaise et autrefois annexe de Barcus[16],[17], mais intègre la commune béarnaise de Lichos qui était autrefois une annexe de Charritte-de-Bas[18]. Gestas a adhéré à la CC de Sauveterre-de-Béarn le , Escos à la CC du Béarn des Gaves, Esquiule à la CC du Piémont Oloronais le et Lichos à la CC de Soule le . Elle comprend 158 communes pour une superficie de 2 968 km2 et regroupe les dix intercommunalités préexistantes suivantes :

Conséquences

La communauté d'agglomération du Pays Basque avec les limites du Pays basque français.
Pyrénées-Atlantiques : intercommunalités avant 2017.
Pyrénées-Atlantiques : intercommunalités depuis 2018.

La taille de la communauté provoque quelques incohérences administratives. Les 158 communes sont en effet réparties entre l'arrondissement de Bayonne (122 communes) et celui d'Oloron-Sainte-Marie (36 communes)[19],[20]. La même structure dépend donc à la fois de deux sous-préfets et du préfet. Ces 158 communes correspondent aussi au territoire de 12 cantons (tous « basques ») et de 3 circonscriptions législatives: la 4e en partie car « basco-béarnaise », et les 5e et 6e, « basques »).

La constitution de la communauté basque à aussi pour effet d'entraîner, dès 2018, la création d'un pôle métropolitain « Pays de Béarn » dont la territorialité est complétée en 2020, ceci achevant le processus de séparation des Basques et Béarnais au sein du département des Pyrénées-Atlantiques.

L'unité urbaine de Bayonne (27 communes dont 3 dans les Landes) ainsi que l'aire urbaine de Bayonne (42 communes dont 10 dans les Landes) se retrouvent également largement dépassées par les dimensions de la Communauté du Pays Basque.

Enfin, la communauté affecte l'Eurocité basque Bayonne - San Sebastián, en tant qu'héritière de l'agglomération Côte Basque-Adour, fondatrice de cette institution. Stratégiquement située dans l'eurorégion, elle confine avec la communauté forale de Navarre et la communauté autonome du Pays basque.


Carte des densités de population (millésimée 2016) des communes de la communauté d'agglomération du Pays Basque. Composition en communes au [21].


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Composition

Démographie

Évolution démographique du territoire
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2022
218 085227 855236 541249 725262 370279 563291 765306 306325 721
Les données proposées sont établies à périmètre géographique identique, dans la géographie en vigueur au .
(Sources : Insee[22])

Administration

Siège

Le siège de la communauté d'agglomération du Pays Basque est situé au 15, avenue Foch, à Bayonne (64100)[14], siège avant la fusion de l'agglomération Côte Basque-Adour.

Les premières réunions du conseil communautaire (composé de 233 membres) ont été célébrées dans l'« amphi 400 » du campus de la Nive à Bayonne.

Fonctionnement

La communauté d'agglomération est gérée par un conseil communautaire ou conseil de communauté, composé de conseillers municipaux des communes membres.

Lors de la constitution de la communauté en 2017, les conseillers communautaires étaient des conseillers municipaux élus par chaque conseil municipal des communes membres de la communauté.

À compter des élections municipales de 2020, chaque commune est représentée au conseil communautaire par un nombre de représentants tenant compte de sa population définie aux articles L. 5211-6-1 et L. 5211-6-2 du code général des collectivités territoriales[23] :

  • commune de moins de 1 000 habitants : les représentants de la commune au conseil communautaire sont les membres du conseil municipal désignés dans l'ordre du tableau[24]. Il n'y a donc pas d'élection directe de leurs représentants au conseil de l'intercommunalité dont elles sont membres, mais, en fonction du nombre de représentants attribués à la commune, le maire, des maires-adjoints et éventuellement des conseillers municipaux sont de droit membres du conseil communautaire ;
  • commune de plus de 1 000 habitants : les conseillers communautaires sont élus lors des élections municipales, en même temps et sur la même liste de candidats que les conseillers municipaux. Les bulletins de vote de ces communes comprennent, dans leur partie gauche, la liste des candidats au conseil municipal, et, dans la partie droite, la liste des candidats au conseil communautaire[25].

L'assemblée, constituée en 2017, a été renouvelée en 2020 et 2026.

Conseil exécutif

Le conseil exécutif de la communauté d'agglomération du Pays Basque est composé de trente-cinq membres : un président, quinze vice-présidents, neuf conseillers délégués thématiques et dix conseillers délégués territoriaux.

Président

Le président de la communauté d'agglomération du Pays Basque est élu par le conseil communautaire.

Davantage d’informations Nom, Dates du mandat ...
Nom Dates du mandat Qualité Parti
1 Jean-René Etchegaray Jean-René Etchegaray
(réélu)
Maire de Bayonne RE[26],[27]
2 Alain Iriart[28] Alain Iriart En cours Maire de Saint-Pierre-d'Irube EHBAI
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Vice-présidents

Les quinze vice-présidents sont élus par le conseil communautaire[29].

Conseillers délégués

Les neuf conseillers délégués complétant le conseil exécutif sont choisis par le président parmi les membres du conseil permanent[29].

Conseil permanent

Le Conseil permanent est composé de 53 membres, élus lors du conseil communautaire du [29]. Parmi eux 9 sont désignés comme conseillers délégués du conseil exécutif (liste par ordre d'importance des communes):

Conseil communautaire

Le conseil communautaire de la communauté d'agglomération du Pays Basque est composé de 232 sièges municipaux[30] :

Ils sont répartis comme suit[30] :

Davantage d’informations Nombre de conseillers, Communes ...
Nombre de conseillersCommunes
22Bayonne
17Anglet
11Biarritz
7Hendaye
6Saint-Jean-de-Luz
4Urrugne
3Boucau, Hasparren, Saint-Pée-sur-Nivelle, Ustaritz
2Bidart, Cambo-les-Bains, Ciboure, Mouguerre, Saint-Pierre-d'Irube
1 (+1 suppléant)les 143 autres communes
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Direction générale des services

Directeur général des services

Le directeur général des services (DGS) est le plus haut fonctionnaire au sein de l'agglomération. Il a la charge d'environ 1 150 agents. La communauté d'agglomération du Pays Basque compte un seul directeur général des services depuis sa création. À sa création en 2017, Xavier Aspord, DGS sortant de l'agglomération Sud Pays Basque a occupé le poste de DGS. Lui ont succédé Jean-Marie Martino (2018-2019) puis Damien Duhamel (2019-2020). Depuis le , le poste est occupé par Rémi Bochard, ancien élève de l'ENA (promotion George Orwell), auparavant sous-préfet en Guyane.

Directeurs généraux adjoints

Sept directeurs généraux adjoints sont nommés par le président de la Communauté d'agglomération du Pays Basque le [31]:

Autres directions

Un directeur de cabinet et un directeur de la communication sont nommés par le président de la Communauté d'agglomération du Pays Basque le .

Compétences

L'agglo a hérité des anciennes compétences de syndicat mixte et des anciennes communautés de communes et d'agglomérations, parmi lesquels :

  • distribution de l'eau potable ;
  • collecte et traitement des eaux usées ;
  • collecte des déchets ménagers (plusieurs syndicats mixtes ont été dissous et intégrés à l'agglomération au , notamment le syndicat mixte Bizi Garbia et le SIED Côte Basque Sud, la collecte des déchets revenant à la nouvelle agglomération, le traitement étant affecté au syndicat unique Bil ta Garbi) ;
  • transports en commun (réseau Txik Txak) ;
  • transports scolaire.
  • gestion d’équipements bâtis intercommunaux abritant des activités éducatives, culturelles et de loisirs, et notamment les Centres Culturels et de Loisirs Educatifs de Cambo-les-Bains et d’Itxassou, et le Centre Louis Dassance à Ustaritz hérités de la communauté de communes Errobi.

Régime fiscal et budget

Le régime fiscal de la communauté d'agglomération est la fiscalité professionnelle unique (FPU)[32].

Projets et réalisations

Officialisation des langues basque et gasconne

Les élus de la communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB) ont voté la reconnaissance officielle des langues basque et gasconne[33],[34], au côté de la langue française, sur tout le territoire de la communauté CAPB. « Cette offre plurilingue pourra être utilisée par les services à la population et la communication de la collectivité. »[33]. Le but affiché est la co-oficialité du basque et du gascon sur le territoire de la CAPB[35].

La définition du caractère officiel d'une langue ne relevant pas de la compétence d'une communauté d'agglomération, mais de l'État[36], ce vote n'a aucune valeur juridique. La seule langue officielle en France reste donc le français.

Identité visuelle

Notes et références

Voir aussi

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