Didier Reynders

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CommissionVon der Leyen I
PrédécesseurVěra Jourová
SuccesseurMichael McGrath
Didier Reynders
Illustration.
Didier Reynders en 2021.
Fonctions
Commissaire européen à la Justice

(4 ans, 11 mois et 29 jours)
Président Ursula von der Leyen
Commission Von der Leyen I
Prédécesseur Věra Jourová
Successeur Michael McGrath
Ministre fédéral belge de la Défense

(11 mois et 21 jours)
Premier ministre Charles Michel
Sophie Wilmès
Gouvernement Michel II
Wilmès I
Prédécesseur Sander Loones
Successeur Philippe Goffin
Ministre fédéral des Affaires étrangères et européennes

(7 ans, 11 mois et 24 jours)
Premier ministre Elio Di Rupo
Charles Michel
Sophie Wilmès
Gouvernement Di Rupo
Michel I et II
Wilmès I
Prédécesseur Steven Vanackere
Successeur Philippe Goffin
Vice-Premier ministre de Belgique

(15 ans, 4 mois et 12 jours)
Premier ministre Guy Verhofstadt
Yves Leterme
Herman Van Rompuy
Elio Di Rupo
Charles Michel
Gouvernement Verhofstadt II et III
Leterme I
Van Rompuy
Leterme II
Di Rupo
Michel I et II
Wilmès I
Prédécesseur Louis Michel
Successeur David Clarinval
Président du Mouvement réformateur

(6 ans, 4 mois et 3 jours)
Prédécesseur Antoine Duquesne
Successeur Charles Michel
Ministre fédéral des Finances

(12 ans, 4 mois et 24 jours)
Premier ministre Guy Verhofstadt
Yves Leterme
Herman Van Rompuy
Gouvernement Verhofstadt I, II et III
Leterme I
Van Rompuy
Leterme II
Prédécesseur Jean-Jacques Viseur
Successeur Steven Vanackere
Biographie
Date de naissance (67 ans)
Lieu de naissance Liège (Belgique)
Nationalité Belge
Parti politique Mouvement réformateur (jusqu’en 2025)
Diplômé de Université de Liège
Profession Avocat

Image illustrative de l’article Didier Reynders
Vice-Premiers ministres belges

Didier Reynders (/di.dje ʁɛn.dɛʁs/), né le à Liège, est un homme politique belge. Membre du Parti réformateur libéral (PRL), il est président du Mouvement réformateur (MR) de 2004 à 2011, un parti politique formé par plusieurs partis belges francophones de droite et centre droit.

Il exerce diverses fonctions dans des institutions publiques avant d'entrer à la Chambre des représentants en 1992. Il a été ministre fédéral des Finances de 1999 à 2011 dans six gouvernements différents  du premier gouvernement de Guy Verhofstadt au second gouvernement d'Yves Leterme  et ministre fédéral des Affaires étrangères et européennes depuis 2011, dans le gouvernement d'Elio Di Rupo et les gouvernements de Charles Michel. À la suite de la crise gouvernementale de , il hérite en plus du poste de ministre de la Défense.

Après les élections législatives fédérales de 2019, il est désigné informateur par le roi Philippe le , un rôle qu'il assure conjointement avec Johan Vande Lanotte.

Il est désigné au poste de Commissaire européen chargé de la Justice dans la Commission Von der Leyen le , poste qu'il occupe jusqu'en .

En , Didier Reynders est suspecté de blanchiment d'argent, notamment suite à des dépôts d'argent liquide et via l'achat de jeux de hasard pour un montant d'environ 1 million d'euros.

En , Didier Reynders est officiellement inculpé de blanchiment d'argent et d'un ou plusieurs autre(s) délit(s) potentiel(s) non encore connu des médias[1].

Jeunesse et études

Didier Reynders fait ses études classiques à l'Institut Saint-Jean Berchmans de Liège et est licencié en droit de l'université de Liège (1981)[2].

Premiers engagements politiques

Il entre en politique à la suite de sa rencontre avec Jean Gol. Directeur général au département des pouvoirs locaux du ministère de la Région wallonne de 1985 à 1988, il devient président de la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB) en 1986, puis président de la Société nationale des voies aériennes (1991-1993). Dans le même temps, il est élu conseiller communal à Liège. En 1992, il est élu à la Chambre des représentants et devient président du groupe PRL-FDF à la Chambre en 1995.

Didier Reynders en 2002.

Parallèlement à sa carrière politique, il exerce plusieurs mandats dans le monde des affaires. De 1992 à 1999, il préside le conseil d'administration de la banque SEFB (Record Bank aujourd'hui). Il est aussi administrateur du centre de coordination du groupe Carmeuse et de la Compagnie des wagons-lits.

Fonctions ministérielles

À la suite des élections fédérales de 1999, il entre au gouvernement fédéral comme ministre des Finances, poste qu'il occupe sans discontinuer jusqu'en 2011. Il a en plus été chargé de la Régie des Bâtiments dans le gouvernement Verhofstadt II, puis, considéré comme le lieutenant en politique de Louis Michel, il succède à celui-ci comme vice-Premier ministre le , ensuite comme président du MR à compter du . Il a également été le ministre francophone chargé des Réformes institutionnelles dans le Gouvernement Leterme II, ce qui fait de lui l'une des principales personnalités politiques de Belgique.

En tant que ministre des Finances, il a conçu un dispositif accordant d'importants allégements fiscaux aux multinationales[3]. Favorable aux recommandations du Fonds monétaire international (FMI), il plaide pour la suppression de l’indexation des salaires et des allocations sociales à l’évolution du coût de la vie[4].

Pour le scrutin législatif du , Didier Reynders était en tête de la liste du MR pour la Chambre des représentants à Liège.

À la suite des élections législatives du 10 juin 2007, la famille libérale belge (MR + Open VLD) devient la première famille politique de Belgique, grâce essentiellement au succès du MR qui, avec 12,52 % des suffrages et 23 sièges sur 150 à la Chambre des représentants (soit 1,12 point de mieux mais tout de même 1 siège de moins qu'en 2003), ainsi que 12,31 % des voix aux élections sénatoriales et 6 sièges, représente désormais la deuxième force politique de Belgique derrière le CD&V et le premier parti francophone.

Fort de ce succès, Didier Reynders a été désigné par le roi Albert II comme informateur[5]. Il démissionne le , Yves Leterme étant nommé une première fois par le roi formateur du gouvernement.

Après plusieurs échecs, un gouvernement intérimaire est formé le sous la direction du Premier ministre sortant Guy Verhofstadt, et dans lequel il reste vice-Premier ministre toujours chargé des Finances et des Réformes institutionnelles (conjointement pour ce dossier avec Yves Leterme) ainsi que des Réformes socioéconomiques. Il est reconduit dans les gouvernements Leterme à partir du et Van Rompuy à partir du , où il est, selon l'ordre protocolaire, le numéro 2 du gouvernement.

Aux élections législatives fédérales belges de 2010, les libéraux subissent un double revers face aux socialistes en Wallonie et face aux nationalistes de la N-VA en Flandre. Durant la longue crise politique qui s'ensuit, Didier Reynders finit cependant par se voir confier une brève mission d'informateur qui dure un mois, en . C'est à cette même époque que Charles Michel lui succède à la présidence du MR, à la suite des élections internes qui ont été la conséquence de la contestation qui a agité le MR[6].

Le , il devient ministre fédéral des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes dans le gouvernement Di Rupo, poste qu'il s'est à nouveau vu attribuer en 2014 dans le gouvernement de Charles Michel[7]. Il est critiqué en pour avoir rencontré, dans le cadre de son voyage en Arabie saoudite, un prince condamné par un tribunal français pour trafic de drogue et recherché par Interpol[8].

À la suite des élections législatives fédérales de 2019, Didier Reynders est nommé par le Roi pour mener une mission d'information avec Johan Vande Lanotte en vue de former un nouveau gouvernement[9]. Prolongée à plusieurs reprises au point de devenir la plus longue mission d'information de l'histoire du pays (plus de 100 jours), la nature de la mission évolue cependant au cours de l'été et tend à devenir une mission de préformation dans laquelle les deux hommes essaient de poser les bases d'une coalition qui rassemblerait la N-VA et le PS[10].

Commissaire européen

Le , le gouvernement Michel II propose le nom de Didier Reynders comme candidat à un poste de commissaire au sein de la nouvelle commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen. Si l'opposition conteste la légitimité d'un gouvernement minoritaire à prendre une telle décision[11], le candidat en lui-même fait cependant consensus, à l'exception du PTB[12]. Le , il est annoncé que Didier Reynders sera Commissaire à la Justice et veillera notamment au respect de l'état de droit au sein de l'Union[13].

Le , Didier Reynders, dont le nom a été cité parmi les trois candidats au poste de secrétaire général du Conseil de l'Europe, demande un congé sans solde à la présidente de la Commission Ursula von der Leyen[14],[15].

Le , Georges-Louis Bouchez choisit Hadja Lahbib comme candidate belge à la nouvelle Commission européenne, au détriment de Didier Reynders. En effet, le commissaire sortant et ex-vice-Premier ministre s'était porté candidat à sa succession au sein de l'exécutif européen. Le mois précédent, il échouait pour la seconde fois à obtenir le poste de secrétaire général du Conseil de l'Europe[16].

Controverses

En fin de mandat comme ministre des finances, en 2011, il a contribué à mettre sur place une loi élargissant le recours à la transaction pénale qui soulageait trois hommes d'affaires kazakhs soupçonnés de corruption et un groupe de diamantaires anversois cités au sujet de plusieurs fraudes[17].

En 2012, Didier Reynders a rendu visite au prince saoudien Nayef Al Shaalan, condamné depuis 2007 par la France à dix années de prison par contumace pour trafic de cocaïne, et suspecté de liens avec des organisations terroristes en Syrie. Didier Reynders a refusé de répondre aux questions des journalistes de la RTBF concernant cette affaire[18].

En , la Belgique vote en faveur de l’entrée de l’Arabie saoudite, pourtant considéré comme l'un des pays les plus rétrogrades sur la question des droits des femmes, dans la Commission du droit des femmes de l’ONU. Cette décision soulève une polémique et des questionnements quant au rôle de Didier Reynders[19].

En 2015, Reynders a été critiqué pour s'être fait peindre le visage en noir lors d'un festival traditionnel à Bruxelles[20],[21].

En , Nicolas Ullens de Schooten, ex-agent de la Sûreté de l’État — le service de renseignement belge — accuse Didier Reynders d’avoir touché des pots de vin dans des affaires de marchés publics[22]. Avec l'aide de son bras droit, il aurait blanchi l’argent reçu en vendant à un prix surcoté des œuvres d’art ou en effectuant des transactions immobilières, mais aussi en utilisant des sociétés écrans[23], Il cite également des corrupteurs, comme des marchands d'armes, et un candidat à l'élection présidentielle congolaise[24]. L'enquête est classée sans suite quelques jours plus tard[25].

En , deux syndicats de magistrats français, l’Union syndicale des magistrats et le Syndicat de la magistrature, saisissent la commission européenne des « faiblesses structurelles des garanties d’indépendance de la justice en France », mettant en doute l’impartialité objective du commissaire européen à la justice Didier Reynders, jugé trop proche de l'ancien président Nicolas Sarkozy et du garde des sceaux Éric Dupond-Moretti[26].

En , Didier Reynders est suspecté de blanchiment d'argent via l'achat de jeux de hasard[27]. Une enquête est ouverte depuis 2023 et les autorités suspectent ces agissements depuis plusieurs années, alors qu'il était encore ministre fédéral, mais plus ministre de tutelle de la Loterie nationale[27]. Didier Reynders jouit dès lors d'une immunité parlementaire[27]. Des poursuites judiciaires sont possibles mais demanderaient la levée de cette immunité à Chambre des représentants[27]. Les enquêteurs ont attendu la fin de son mandat de commissaire européen à la Justice et l’État de droit pour éviter qu'il ne soit prévenu de l'investigation en tant que membre du Collège des commissaires, comme la procédure le prévoit[27]. En , il est officiellement inculpé de blanchiment d'argent et d'un ou plusieurs autre(s) délit(s) potentiel(s) non encore connu des médias[1].

Carrière politique

Activités

  • Président du MR du au
  • Vice-président du MR de 1992 à 2004
  • Président de la Fédération provinciale du MR depuis 1995
  • Chef du groupe MR au conseil communal d'Uccle depuis les élections d'
  • Chef du groupe MR au Conseil communal de la Ville de Liège de 1995 à 2012
  • Président d'Arrondissement de Liège du MR (de 1995 à 2004)
  • Président du groupe PRL-FDF à la Chambre (1995-1999)
  • Député fédéral (depuis le jusqu’en 2019)
  • Conseiller communal à Liège ( à 2012)
  • Commissaire européen à la Justice à la Commission européenne ()

Mandats au gouvernement

  •  : ministre fédéral des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes dans le gouvernement Di Rupo
  •  : vice-Premier ministre, ministre des Finances et des Réformes institutionnelles au sein du gouvernement Leterme II.
  •  : vice-Premier ministre, ministre des Finances et des Réformes institutionnelles au sein du gouvernement Van Rompuy.
  •  : vice-Premier ministre, ministre des Finances et des Réformes institutionnelles au sein du gouvernement Leterme I.
  •  : vice-Premier ministre et ministre des Finances et de la Réforme socio-économique au sein du gouvernement Verhofstadt III.
  • Vice-Premier ministre (depuis le ) et ministre des Réformes institutionnelles.
  • Ministre des Finances chargé de la Régie des Bâtiments (depuis le ).
  • Ministre des Finances à partir de 1999[28].
  • Président de l'Eurogroupe (réunion des Ministres des Finances de la zone euro) du au et de l'Ecofin (réunion des ministres des Finances de l'Union européenne) du au .
  • Membre du G7 durant l'année 2001.
  • Président du G10 réunissant les principaux États créanciers (Allemagne, Belgique, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Pays-Bas, Suède et Suisse) durant l'année 2002.
  • Chef de Cabinet du vice-Premier ministre, ministre de la Justice et des Réformes institutionnelles (Jean Gol) (1987-1988)
  • Didier Reynders est consul honoraire de Tunisie (remplacé pendant la durée de son mandat ministériel par un consul honoraire faisant fonction : M. Laurent Burton).

Vie privée

Il est marié avec Bernadette Prignon, présidente de chambre à la Cour d'appel de Liège[29]. Il a quatre enfants et une sœur, Danièle (ancienne procureure du roi de Liège).

Sa fille cadette, Clara Reynders, se lance en politique à l'age de 29 ans en se présentant sur la liste MR à Liège-Ville pour les élections communales de 2024[30].

Distinctions

Publications

Biographies

Notes et références

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