Douvrin

commune française du département du Pas-de-Calais From Wikipedia, the free encyclopedia

Douvrin est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Douvrinois. La commune est membre de la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane.

Faits en bref Administration, Pays ...
Douvrin
Douvrin
L'hôtel de ville.
Blason de Douvrin
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Béthune
Intercommunalité CA de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane
Maire
Mandat
Jean-Michel Dupont
2020-2026
Code postal 62138
Code commune 62276
Démographie
Gentilé Douvrinois
Population
municipale
5 867 hab. (2023 en évolution de +8,51 % par rapport à 2017)
Densité 612 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 30′ 38″ nord, 2° 49′ 56″ est
Altitude Min. 19 m
Max. 32 m
Superficie 9,58 km2
Type Centre urbain intermédiaire
Unité urbaine Béthune
(banlieue)
Aire d'attraction Lille (partie française)
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Douvrin
(bureau centralisateur)
Législatives 12e circonscription du Pas-de-Calais
Localisation
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Douvrin
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Douvrin
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Douvrin
Liens
Site web douvrin.fr
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    La commune de Douvrin (nom officiel depuis 1801), située dans l'est du département du Pas-de-Calais et traversée par le canal d'Aire à la Bassée, à 14 km, à vol d'oiseau, à l'est de la commune de Béthune, est une commune du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. C'est une commune de type centre urbain intermédiaire, appartenant à l'unité urbaine de Béthune, avec une population de 5 867 habitants au dernier recensement de 2023.

    À la suite de la Première Guerre mondiale, la commune est décorée de la croix de guerre 1914-1918.

    Géographie

    Localisation

    Localisée dans l'est du département du Pas-de-Calais et limitrophe du département du Nord, Douvrin est une commune du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais traversée par le canal d'Aire à la Bassée et située, à vol d'oiseau, à 14 km à l'est de la commune de Béthune (chef-lieu d'arrondissement)[1].

    Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de six communes, dont deux, La Bassée et Salomé, sont situées dans le département du Nord. Les communes limitrophes sont La Bassée, Billy-Berclau, Haisnes, Hulluch, Salomé et Wingles.

    Géologie et relief

    La superficie de la commune est de 9,58 km2 ; son altitude varie de 19 à 32 m[2].

    Hydrographie

    Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie[3].

    Il est traversé par cinq cours d'eau :

    • le canal d'Aire à la Bassée, canal navigable d'une longueur de 39 km, qui prend sa source dans la commune de Bauvin et se jette dans La Lys au niveau de la commune d'Aire-sur-la-Lys[4] ;
    • le flot de Wingles amont, un cours d'eau naturel non navigable d'une longueur de 6,75 km, qui prend sa source dans la commune de Hulluch et se jette dans le canal de la Deûle au niveau de la commune de Meurchin[5] ;
    • l'ancien Canal d'Aire à la Bassée, canal, chenal navigable d'une longueur de 2,69 km, qui prend sa source dans la commune et se jette dans Le canal d'Aire à la Bassée au niveau de la commune de Violaines[6] ;
    • le Fossé Ouest Zone Industrielle de Douvrin, d'une longueur de 1,48 km, qui prend sa source dans la commune et se jette dans Le canal d'Aire à la Bassée au niveau de la commune[7] ;
    • le Fossé Est Zone Industrielle de Douvrin, d'une longueur de 1,37 km, qui prend sa source dans la commune de Billy-Berclau et se jette dans Le canal d'Aire à la Bassée au niveau de la commune[8].
    Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
    Réseau hydrographique de Douvrin[Note 1].

    Climat

    Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[9]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[10]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[11] et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (3 °C)[12]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[13],[14].

    Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 709 mm, avec 11,9 jours de précipitations en janvier et 9,1 jours en juillet[9]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lesquin à 22 km à vol d'oiseau[15], est de 11,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 740,0 mm[16],[17]. La température maximale relevée sur cette station est de 41,5 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −19,5 °C, atteinte le [Note 2].

    Paysages

    La commune s'inscrit dans les « paysages miniers » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)[Note 3],[18]. Ces paysages, qui concernent 205 communes réparties sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais, sont constitués de 47,8 % de cultures, de 30,7 % d'espaces artificialisés, de 5,90 % de forêts et de milieux semi-naturels, de 5,20 % de prairies naturelles, permanentes, de 4 % d’espaces industriels, 3 % de friches industrielles, de 1,7 % de cours d'eau et plan d'eau et 1,6 % de terrils. À titre de comparaison, les cultures, qui ici, arrivent en tête avec 47,8 %, représentent 80 % des « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes », ce qui montre l'importance des espaces artificialisés, industriels et de friches industrielles avec 37,7 % de ces paysages miniers[19].

    Ces paysages miniers, terre de charbonnages, avec ses terrils, sont une des formes paysagères qui confère une identité forte à la région Nord-Pas-de-Calais et depuis 2012, la valeur universelle et historique du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est reconnue et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il y a eu jusqu’à 350 terrils et on en dénombrait encore 200 dans les années 2000. Aujourd'hui reconvertis en sites naturels, certains de ces terrils connaissent une nouvelle vie originale comme celui de Nœux-les-Mines transformé en domaine skiable[19].

    Ces paysages s'articulent, d'ouest en est, autour de quatre grands pôles : le bruaysis et béthunois ; le lensois ; le douaisis et le valenciennois. Les principaux éléments qui structurent ces paysages de 80 kilomètres de long sur 15 kilomètres, dans sa plus grande largeur, sont, d’ouest en est, les cinq principaux centres urbains que sont Bruay-la-Buissière, Béthune, Lens, Douai et Valenciennes, les autoroutes A1 et A21 et la ligne LGV Nord et les canaux, fleuve et rivières comme le canal de la Bassée, la Deûle, l’Escaut et la Scarpe[19].

    Milieux naturels et biodiversité

    Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique

    L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire.

    Le territoire communal comprend une ZNIEFF de type 1[Note 4] : le terril et le marais de Wingles. Ce site se localise dans la dépression alluviale du Flot de Wingles, au nord de la ville de Lens, ancienne friche industrielle réaménagée en espace de loisirs, celui-ci est traversé par la RD 165 E et une voie ferrée[20].

    et une ZNIEFF de type 2[Note 5] : la basse vallée de la Deûle entre Wingles et Emmerin. La basse vallée est très morcelée et présentes des végétations hygrophiles eutrophes mais présentant encore un grand intérêt écologique, notamment avifaunistique en raison du contexte géographique[Note 6],[21].

    Espèces faunistiques et floristiques

    L’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) recense plusieurs espèces faunistiques et floristiques sur le territoire de la commune dont certaines sont protégées et d’autres menacées et quasi-menacées[22].

    Urbanisme

    L'entrée de Douvrin en venant de Billy-Berclau.

    Typologie

    Au , Douvrin est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[Insee 1]. Elle appartient à l'unité urbaine de Béthune[Note 7], une agglomération inter-départementale regroupant 94 communes, dont elle est une commune de la banlieue[Note 8],[Insee 2],[Insee 3]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lille (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 9],[Insee 3]. Cette aire, qui regroupe 201 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[Insee 4],[Insee 5].

    Occupation des sols

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (45,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (55,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (45,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (21,4 %), zones urbanisées (20,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (9,4 %), forêts (3 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,1 %)[23]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

    Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
    vue panoramique d'un quartier de Douvrin

    Lieux-dits, hameaux et écarts

    Le territoire est divisé en 4 parties :

    • Le Marais où se trouvaient les blanchisseries. C’est la partie la plus récente de la ville, la première maison date de 1761 ;
    • Le village ;
    • Le Quévalon où était construite la maladrerie (la maison des lépreux) ;
    • Mongobert se situe dans la partie occidentale de Douvrin, appartenant au comte de Carency en 1741.

    Le territoire de Douvrin a peu évolué depuis 1708. Il s’est agrandi avec la construction de nouvelles cités. La Française de Mécanique et la zone industrielle Artois Flandres occupent des terres autrefois agricoles.

    Logement

    En 2021[Note 10], le nombre total de logements dans la commune était de 2 511, alors qu'il était de 2 167 en 2015 et de 2 007 en 2010[Insee 6] , soit une progression du nombre total de logements de 25,1 % depuis 2010.

    Parmi ces 2 511 logements, 94,7 % étaient des résidences principales, (soit 2 377 logements), 0,2 % des résidences secondaires et 5,1 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 90,0 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 9,7 % des appartements[Insee 7].

    Sur les 2 377 résidences principales, 70,6 % sont occupées par des propriétaires, 28,2 % par des locataires et 1,3 % par des personnes logées gratuitement[Insee 8].

    Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Douvrin en 2021 en comparaison avec celle du Pas-de-Calais et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi la faible proportion des résidences secondaires et logements occasionnels (0,2 %) par rapport au département (6,5 %) et à la France entière (9,7 %) ainsi que d'une proportion de logements vacants (5,1 %) inférieure à celle du département (7,3 %) et de la France entière (8,1 %).

    Davantage d’informations Typologie, Pas-de-Calais ...
    Le logement à Douvrin en 2021
    Typologie Douvrin[Insee 7] Pas-de-Calais[Insee 9] France entière[Insee 10]
    Résidences principales (en %) 94,7 86,1 82,2
    Résidences secondaires et logements occasionnels (en %) 0,2 6,5 9,7
    Logements vacants (en %) 5,1 7,3 8,1
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    Voies de communication et transports

    Voies de communication

    La commune est desservie par les routes départementales D 163, D 163 E5 et D 941 et la route nationale 47 reliant Lens à Illies[24].

    Transport ferroviaire

    La commune est limitrophe, au nord, de la gare de La Bassée - Violaines, située sur la ligne de Fives à Abbeville, desservie par des trains régionaux du réseau TER Hauts-de-France.

    Toponymie

    D'après l'historien Auguste de Loisne, le nom de la localité est attesté sous les formes Doverin en 1094 ; Dovrinium en 1096 ; Dovering en 1129 ; Dovrin en 1154 ; Drovin en 1165 ; Duvrinium en 1168 ; Dovrign en 1218 ; Douvring en 1275 ; Douverin en 1281 ; Douvrin en 1462 ; Douvrin-emprès-la-Bassée en 1463 ; Ouvrin en 1567 ; Douvrain-lès-la-Bassée au XVIIIe siècle[25] ; Douvrin en 1793 ; Douvrain et Douvrin depuis 1801[2].

    Le lieu est également mentionné sous diverses formes dans la documentation ancienne : Dovrin en 1149[26], Dourim vers 1150, Duurim 1164, Dourin 1178[27]. La graphie avec uu représente vraisemblablement un w. Les formes transitoires en -ing sont liées à l'influence de ce suffixe germanique, tout comme dans Douvrend (Seine-Maritime, Dowrenc 1034, Douvrenc vers 1060) qui est peut-être le même mot. La graphie Douvrin semble se stabiliser à partir du XVe siècle, un document de 1652 notant néanmoins Douvrain.

    L’étymologie de Douvrin se rattacherait au gaulois dubro qui signifie « eau »[28],[29],[30]. Xavier Delamarre[31] considère que les formes exactes sont *dubron « eau », pluriel dubra « eaux », sans pourtant mentionner le toponyme Douvrin. L'identification du suffixe -in / -im fait difficulté.

    Ernest Nègre[32] pense qu'il s'agit d'un nom de personne germanique pris absolument : Theogrimus, en supposant que le groupe consonantique /gr/ ait pu donner /ir/ et l'initiale /t/ > /d/.

    La forme flamande est Doverin[33].

    Histoire

    Le lieu est habité depuis le XIe siècle. Les premiers documents en faisant mention datent de 1098. Les chemins menant à la ville sont anciens, celui entre Douvrin et Haisnes remonte à l’Empire romain (Agrippa, gendre d’Auguste).

    L’existence de la mairie de Douvrin remonte à 1229. Il s’agissait d’une juridiction seigneuriale.

    En 1687, Philippe-François de Gherbode, écuyer, est seigneur de Douvrin. Fils de Pierre-Horace, écuyer, seigneur de la Hoie et de Marguerite de Douai, il bénéficie d'une sentence de noblesse rendue le [34].

    Vers 1750, Louis Renard, écuyer, est seigneur de Douvrin. Fils de Louis-Joseph Renard, seigneur d'Hamel, bourgeois de Lille, trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Lille, conseiller secrétaire du roi et de Marie-Agnès Boivin d'Hardancourt, fille du gouverneur de Pondichéry, il est baptisé à Lille le . Il devient bourgeois de Lille le , capitaine au régiment de Guyenne infanterie, convoqué aux assemblées des nobles de Flandre après sa requête du . il prend pour femme à Lille le Albertine-Pélagie-Romaine Ringuier, baptisée à Lille le , fille de Pierre-Ignace, conseiller pensionnaire (conseiller juridique) de Lille, et de Marie-Anne-Monique Dumont. Le couple n'a pas d'enfants[35].

    Au XVIIIe siècle, Douvrin est une partie de terroir imprégnée ou couverte d’eau parce qu’elle n’avait pas d’écoulement. La population — essentiellement agricole — s’élève à 12 ménages. Le premier maire est Joseph Lirdeman, dont le nom est porté par la salle des fêtes de la ville. Les contours de certains bâtiments de cette période peuvent être retrouvés : le manoir seigneurial (le siège du fief seigneurial) et la première église.

    Théâtre d'affrontements entre Français et Espagnols, Douvrin rejoint définitivement le royaume de France en 1689, par le traité des Pyrénées, qui rattache l'ensemble de l'Artois à la France.

    Durant la Révolution française, Joseph Lirdeman devient le premier maire. Cultivateur de 70 ans, il est élu maire le 5 février 1790, par une assemblée qu'il préside, réunie dans l'église. La commune ne comptait alors que 779 habitants. Une salle des fêtes, construite en 1990, porte aujourd'hui son nom.

    Première Guerre mondiale

    Douvrin a beaucoup souffert de la Première Guerre mondiale, et la ville, décorée de la croix de guerre 1914-1918 par décret du [36], est reconstruite presque en totalité.

    Seconde Guerre mondiale

    C'est dans la commune proche de Montigny-en-Gohelle, dans le Pas-de-Calais, à la fosse 7 de la Compagnie des mines de Dourges, que la grève patriotique des cent mille mineurs du Nord-Pas-de-Calais en mai-juin 1941 a démarré, avec Émilienne Mopty et Michel Brulé (1912-1942), privant les Allemands de 93 000 tonnes de charbon pendant près de deux semaines[37]. C'est l'un des premiers actes de résistance collective à l'occupation nazie en France et le plus important en nombre, qui se solda par 414 arrestations en trois vagues, la déportation de 270 personnes[38], 130 mineurs étant par ailleurs fusillés à la citadelle d'Arras. Après-guerre, la commune est aussi au cœur de trois grands événements nationaux, la bataille du charbon (1945-1947), suivie des grève des mineurs de 1947 et de celles de 1948.

    Industrie

    La commune est traversée par le canal d'Aire qui fut un axe important du développement industriel régional.

    Elle a abrité une activité de production d'engrais ammoniaqués (1930-1969 produit par l'entreprise Finalens, la Société Industrielle et Financière de Lens), suivie en 1970 d'une production d'acide phosphorique[39]. Ces deux activités ont laissé d'importantes séquelles industrielles environnementales, avec l'un des deux plus importants crassiers de phosphogypse radioactif de l'ancienne région Nord-Pas-de-Calais (l'autre étant celui de Wattrelos, près de la frontière belge)[39]. La friche industrielle polluée de Douvrin s'étend sur 80 ha au Nord-Ouest de la commune. L'entreprise a utilisé un terrain adjacent de 20 ha pour y épandre son déchet industriel (le phosphogypse ; on parlait à l'époque de « champ de gypse ») et ses résidus d'acide sulfurique et de boues de fluorure de calcium[39]. En 1976, un procédé de transformation des phosphogypses en plâtre a été mis en place, jusqu'à la fermeture de l'usine en 1983. Environ deux millions de tonnes de phosphogypse ont été stockés là, sans étanchéification préalable[39]. Un lapin capturé sur ce site (alors chassé et agrainé) présentait un taux de radium 226 se traduisant par une radioactivité de 0,5 Bq/kg[39].

    Politique et administration

    Découpage territorial

    La commune se trouve dans l'arrondissement de Béthune du département du Pas-de-Calais, depuis 1801[2],[Insee 11].

    Commune et intercommunalités

    La commune est membre de la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane qui regroupe 100 communes et totalise 275 736 habitants en 2022[Insee 11].

    Circonscriptions administratives

    La commune est rattachée au canton de Douvrin depuis 1991. auparavant, elle était, depuis 1801, rattachée au canton de Cambrin[2],[Insee 11].

    Circonscriptions électorales

    Pour l'élection des députés, la commune fait partie de la douzième circonscription du Pas-de-Calais[40].

    Élections municipales et communautaires

    Élections municipales 2020

    • Maire sortant : Jean-Michel Dupont (LDIV)
    • 29 sièges à pourvoir au conseil municipal (population légale 2017 : 5 407 habitants)
    • 2 sièges à pourvoir au conseil communautaire (CA de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane)
    Davantage d’informations Tête de liste, Liste ...
    Résultats des municipales de 2020 à Douvrin
    Tête de liste Liste Premier tour Second tour Sièges
    Voix % Voix % CM CC
    Jean-Michel Dupont[Note 11],[41] LDIV 904 49,92 1 057 59,72 23 2
    Corinne Harel SE 594 32,80 713 40,28 6 0
    Alain Blondiau ECO 313 17,28 Retrait 0 0
    Votes valides 1 811 96,33 1 770 95,36
    Votes blancs 31 1,65 51 2,75
    Votes nuls 38 2,02 35 1,89
    Total 1 880 100 1 856 100 29 2
    Abstention 2 360 55,66 2 385 56,24
    Inscrits / participation 4 240 44,34 4 241 43,76
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    Liste des maires

    Davantage d’informations Période, Identité ...
    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    mai 1931 mai 1935 Julien Courcel[42] SFIO Délégué mineur
    mai 1935 1939 Charles Briquet    
    1939 1945 Henri Thobois    
    1945 1947 François Lelong SFIO  
    1947 1958 Léopold Gleizes SFIO Agent des contributions indirectes
    1958 1981 Georges Gleizes[43]
    Fils du précédent
    SFIO puis PS Agent technique aux HBNPC
    1981 août 1982 Joseph Jacques[44] PS Décédé en fonction
    septembre 1982 mars 1983 Jean-Mary Valambois PS Délégué départemental de l'Éducation nationale
    mars 1983 mars 1989 Abel Brulé DVG  
    mars 1989 juin 1995 Jean-Mary Valambois PS Délégué départemental de l'Éducation nationale
    juin 1995 mars 2001 Joseph Pasquier[45] DVG Directeur d'école retraité
    mars 2001 mars 2008 Vincent Pasquier
    Fils du précédent
    MRC[46] Responsable d'établissement
    Vice-président d'Artois Comm. Béthune-Bruay
    mars 2008 24 mars 2009 Serge Gorillot
    (1946-2009)
    SE Retraité des mines
    Décédé en fonction
    3 avril 2009[47] 10 mai 2010[48] Claudia Guilbert SE Ancienne première adjointe
    Démissionnaire
    mai 2010 en cours
    (au 17 avril 2024)
    Jean-Michel Dupont SE-DVG Comptable
    Réélu pour le mandat 2014-2020[49],[50],[51],[52]
    Réélu pour le mandat 2020-2026[53]
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    Instances de démocratie participative

    La commune est dotée d'un conseil municipal des jeunes depuis 2005[54].

    Jumelages

    Depuis le , la commune de Douvrin et celle de Gombe, en république démocratique du Congo, sont réunies au sein d'une association de coopération[55].

    Jumelages et partenariats de Douvrin.Voir et modifier les données sur Wikidata
    Davantage d’informations Ville, Pays ...
    Jumelages et partenariats de Douvrin.Voir et modifier les données sur Wikidata
    VillePays
    Gombe[56]République démocratique du Congo
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    Équipements et services publics

    Enseignement

    La commune est située dans l'académie de Lille et dépend, pour les vacances scolaires, de la zone B.

    La commune administre deux écoles maternelles, Les Capucines et Les Glycines, et deux écoles élémentaires, Marie Curie et François Villon et le département gère le collège Antoine de Saint-Exupéry[57].

    L'organisme de gestion de l'enseignement catholique (OGEC) gère l'école primaire Sainte Florine[57].

    Justice, sécurité, secours et défense

    La commune dépend du tribunal judiciaire de Béthune, du conseil de prud'hommes de Béthune, de la cour d'appel de Douai, du tribunal de commerce d'Arras, du tribunal administratif de Lille, de la cour administrative d'appel de Douai, du pôle nationalité du tribunal judiciaire de Béthune et du tribunal pour enfants de Béthune[58].

    Population et société

    Démographie

    Les habitants sont appelés les Douvrinois[59].

    Évolution démographique

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[60]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[61].

    En 2023, la commune comptait 5 867 habitants[Note 12], en évolution de +8,51 % par rapport à 2017 (Pas-de-Calais : −0,69 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    7799091 1061 0661 1761 2381 2551 2821 217
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    1 2961 4641 4511 4371 6612 0822 2042 4012 730
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    2 8013 0983 1101 8753 0553 2313 3763 7074 061
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
    4 3504 6594 7364 4155 4425 4315 2295 1605 013
    Davantage d’informations - ...
    2014 2019 2023 - - - - - -
    5 0385 6805 867------
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    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2006[62].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Pyramide des âges

    En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 38,6 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (36,7 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 21,1 % la même année, alors qu'il est de 24,9 % au niveau départemental.

    En 2018, la commune comptait 2 752 hommes pour 2 792 femmes, soit un taux de 50,36 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (51,5 %).

    Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

    Davantage d’informations Hommes, Classe d’âge ...
    Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[Insee 12]
    HommesClasse d’âgeFemmes
    0,2 
    90 ou +
    1,1 
    4,0 
    75-89 ans
    6,7 
    14,5 
    60-74 ans
    15,7 
    18,2 
    45-59 ans
    18,0 
    22,9 
    30-44 ans
    21,6 
    16,9 
    15-29 ans
    16,0 
    23,4 
    0-14 ans
    20,9 
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    Davantage d’informations Hommes, Classe d’âge ...
    Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2022 en pourcentage[63]
    HommesClasse d’âgeFemmes
    0,5 
    90 ou +
    1,6 
    5,9 
    75-89 ans
    9,1 
    17 
    60-74 ans
    18,4 
    20 
    45-59 ans
    19,1 
    18,9 
    30-44 ans
    18 
    18,2 
    15-29 ans
    16,2 
    19,5 
    0-14 ans
    17,5 
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    Médias

    La ville est couverte par les programmes de France 3 Nord-Pas-de-Calais et les chaînes nationales de la télévision numérique terrestre française (TNT). Elle reçoit également la chaîne régionale Wéo Nord-Pas-de-Calais.

    Depuis le , la radio associative du bassin minier et de l'Artois Radio Plus émet depuis son site qui se trouve à Douvrin sur la fréquence 104,3 FM Radio Plus (Pas-de-Calais) et également en dab+ (Radio numérique terrestre) depuis septembre 2018[64].

    Économie

    Revenus de la population et fiscalité

    En 2021[Note 10], la commune compte 2 412 ménages fiscaux[Note 13], regroupant 5 904 personnes[Insee 13].

    Le revenu fiscal médian par ménage, le taux de pauvreté des ménages et la part des ménages fiscaux imposés de la commune, du département du Pas-de-Calais et de la métropole sont les suivants :

    • le revenu fiscal médian par ménage de la commune est de 21 320 , supérieur à celui du département du Pas-de-Calais (20 720 ) et inférieur à celui de la France métropolitaine (23 080 )[Insee 13],[Insee 14],[Insee 15] ;
    • le taux de pauvreté des ménages de la commune est de 14 %, de 18,4 % au niveau du département et de 14,9 % au niveau de la métropole[Insee 16],[Insee 17],[Insee 18] ;
    • la part des ménages fiscaux imposés dans la commune est de 46 %, de 44,1 % au niveau du département et de 53,4 % au niveau de la métropole[Insee 13],[Insee 14],[Insee 15].

    Entreprises et commerces

    La ville abrite l'usine de fabrication de moteurs automobiles de la société Française de mécanique (filiale de Stellantis), et le parc des industries Artois-Flandres. Le site de Douvrin accueille une nouvelle usine de production de batteries de voitures électriques qui est inaugurée le 30 mai 2023[65]

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    • L’église du Sacré-Cœur ou Saint-Denis date du XVe siècle. Elle est détruite à deux reprises, en 1878 et durant la Première Guerre mondiale et reconstruite en 1920.
    Certains éléments patrimoniaux de l'église sont classés ou inscrits au titre d'objet aux monuments historiques :
      • le tableau (triptyque) classé depuis le [66] ;
      • les verrières du mur sud de la nef inscrites depuis le [67] ;
      • l'ensemble de dix-huit verrières inscrit depuis le [68] ;
      • les verrières de l'avant-chœur inscrites depuis le [69] ;
      • la chaire à prêcher inscrite depuis le [70] ;
      • le calice inscrit depuis le [71] ;
      • les verrières du mur nord de la nef inscrites depuis le [72].
    • Le monument aux morts, érigé en 1927, commémore les victimes des guerres de 1870-1871, 1914-1918 et 1940-1945. Un premier monument de 1907 est détruit durant la Première Guerre mondiale[73].
    • Le jardin de la Paix.
    • L'ancienne gare de Douvrin sur la ligne Lens Sainte-Élisabeth - Violaines, desservi jusqu'en 1959 par le petit train Lens - Violaines[74].

    Personnalités liées à la commune

    Héraldique

    Davantage d’informations Blason, Détails ...
    Blason de Douvrin Blason
    D'or au chef de gueules chargé d'un lion léopardé d'argent[75].
    Ornements extérieurs
    Croix de guerre 1914-1918
    Détails
    Armes de la famille De Douvrin-Canteleu.

    Adopté par la municipalité en mai 1960.
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    Pour approfondir

    Sur les autres projets Wikimedia :

    Bibliographie

    Ouvrage consultable aux archives départementales du Pas-de-Calais[76] :

    • H. Fanien, Histoire de Douvrin d'après les recherches historiques sur Douvrin, Paris, Le livre d'histoire,

    Articles connexes

    Liens externes

    Bases de données, dictionnaires et encyclopédies

    Notes et références

    Related Articles

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