Flèche empoisonnée

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Les flèches empoisonnées sont utilisées pour la chasse par les populations de chasseurs-cueilleurs du monde entier et sont encore en usage en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie.

Parmi les exemples connus de poisons utilisés pour les flèches on trouve les substances sécrétées par la peau des Dendrobatidae et le curare (ou « AMPI »), un terme générique pour une gamme de poisons dérivés de substances végétales et utilisés pour leurs flèches par les indiens d’Amérique du Sud[1].

Les archéologues soupçonnent depuis longtemps l’usage de poisons durant la préhistoire car de nombreuses pointes de pierre étaient trop petites pour être rapidement mortelles sans adjonction de toxines[2].

En 2025, la plus ancienne preuve archéologique et chimique que des chasseurs du Paléolithique utilisaient déjà des flèches empoisonnées est fournie par des résidus végétaux toxiques retrouvés sur dix microlithes du site d'Umhlatuzana en Afrique du Sud, des pointes de flèche datés de 60 000 ans. Cette découverte renforce l’idée que ces groupes du sud de l'Afrique maîtrisaient déjà des techniques complexes, et notamment des « recettes » nécessitant précision, anticipation et gestion du risque (des aptitudes rarement démontrables pour des populations aussi anciennes). Dans ces cas la toxine est la buphandrine, un composé extrait de Boophone disticha, dont les sécrétions peuvent provoquer une paralysie respiratoire puis un coma. Ce même poison avait déjà été retrouvé sur des flèches collectées au XVIIIe siècle, et il est encore utilisé par des chasseurs autochtones pour cibler des springboks, koudous et girafes. Rien n’indique que les chasseurs d’Umhlatuzana procédaient autrement 60 000 ans plus tôt[2],[3].

En Europe, les flèches empoisonnées étaient mentionnées dans la mythologie, notamment la mythologie grecque avec l’histoire d’Héraclès tuant le centaure Nessus en utilisant les flèches empoisonnées avec le sang de l’hydre de Lerne. Dans l’Odyssée d’Homère, le héros grec Ulysse empoisonne ses flèches avec l’hellébore. Les flèches empoisonnées figurent également dans l’épopée d’Homère sur la Guerre de Troie, l’Iliade, dans laquelle les deux belligérants, les Achéens et les troyens utilisent des flèches et des lances empoisonnées[4].

Les flèches empoisonnées ont été réellement utilisées par des peuples du monde antique, notamment les Gaulois, les Romains et les nomades Scythes et Soanes. Les historiens de l’Antiquité grecque et romaine décrivent des recettes pour empoisonner les projectiles et mentionnent des batailles historiques où les flèches empoisonnées ont été utilisées. Alexandre le Grand a rencontré les flèches empoisonnés au cours de sa conquête de l'Inde (probablement trempé dans le venin de vipère de Russell) et l'armée du général romain Lucullus a subi des blessures graves infligées par des flèches empoisonnés tirées par des nomades au cours de la troisième guerre de Mithridate (Ier siècle av. J.-C.)[4]. L'utilisation de flèches empoisonnées pour la chasse et de guerre, par les Amérindiens a également été documentée aux États-Unis[5].

Au cours de différentes époques, les Chinois ont utilisé pour la guerre des projectiles empoisonnés avec diverses substances néfastes[6].

La mort de Baldr dans les mythes Scandinaves est due à une flèche empoisonnée.

Différents poisons

Voir aussi

Notes et références

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