Guillermo Fernández Vara

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Élection17 août 2023
PrésidentPedro Rollán
LégislatureXVe
PrédécesseurPío García-Escudero
Guillermo Fernández Vara
Illustration.
Guillermo Fernández Vara en 2022.
Fonctions
Second vice-président du Sénat espagnol

(2 ans, 1 mois et 18 jours)
Élection 17 août 2023
Président Pedro Rollán
Législature XVe
Prédécesseur Pío García-Escudero
Successeur Concha Andreu
Sénateur aux Cortes Generales

(2 ans, 1 mois et 18 jours)
Élection 20 juillet 2023
Circonscription Estrémadure
Législature XVe
Groupe politique Socialiste
Successeur Jorge Amado Borrella
Président d'Estrémadure[a]

(8 ans et 12 jours)
Élection
Réélection
Gouvernement Fernández Vara II et III
Législature IXe et Xe
Coalition PSOE
Prédécesseur José Antonio Monago
Successeur María Guardiola

(4 ans et 9 jours)
Élection
Gouvernement Fernández Vara I
Législature VIIe
Coalition PSOE
Prédécesseur Juan Carlos Rodríguez Ibarra
Successeur José Antonio Monago
Secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol d'Estrémadure

(15 ans, 8 mois et 5 jours)
Président Carmen Heras (es)
Alejo Salas
Blanca Martín Delgado
Prédécesseur Juan Carlos Rodríguez Ibarra
Successeur Miguel Ángel Gallardo (es)
Député à l'Assemblée d'Estrémadure

(21 ans et 1 jour)
Élection
Réélection



Circonscription Badajoz
Législature VIe, VIIe, VIIIe, IXe, Xe et XIe
Groupe politique Socialiste
Successeur Fátima Torrado Viera
Conseiller à la Santé et à la Consommation de la Junte d'Estrémadure[b]

(11 ans, 5 mois et 21 jours)
Président Juan Carlos Rodríguez Ibarra
Gouvernement Rodríguez Ibarra IV, V et VI
Prédécesseur María Emilia Manzano
Successeur María Jesús Mejuto (es)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Olivence (Espagne)
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Badajoz (Espagne)
Nature du décès Cancer de l'estomac
Nationalité Espagnole
Parti politique PSOE
Diplômé de Université de Cordoue
Profession Médecin légiste

Image illustrative de l’article Guillermo Fernández Vara
Présidents d'Estrémadure

Guillermo Fernández Vara, né le à Olivence et mort le à Badajoz, est un homme politique espagnol, membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Il est président d'Estrémadure entre 2007 et 2011, puis de 2015 à 2023.

Après une carrière de médecin légiste, il devient haut fonctionnaire de la Junte d'Estrémadure en puis membre du gouvernement de la communauté autonome en . Il assume pendant 11 ans le portefeuille de la Santé, assurant avec succès les négociations pour le transfert des compétences de l'État dans ce domaine.

Il accède en à la présidence de l'Estrémadure et succède à Juan Carlos Rodríguez Ibarra, qui en avait fait son dauphin après 24 ans au pouvoir. Il est renvoyé dans l'opposition en par José Antonio Monago après avoir perdu sa majorité absolue à l'Assemblée et échoué à rallier le soutien d'Izquierda Unida (IU). Il retrouve la direction de l'exécutif autonomique en avec une majorité relative, puis reconquiert la majorité absolue en . Il échoue à la conserver en et cède la présidence à María Guardiola. Sa manière d'exercer le pouvoir est marquée par le dialogue, la modération, la recherche du consensus et le rejet de la polarisation.

Il remplace Juan Carlos Rodríguez Ibarra en comme secrétaire général du PSOE d'Estrémadure. Soutien d'Alfredo Pérez Rubalcaba au début des années 2010, il appuie Eduardo Madina au congrès extraordinaire de 2014 puis Susana Díaz pour le congrès de 2017. Initialement, il est éloigné de Pedro Sánchez, qu'il contribue à faire chuter en , mais les deux se rapprochent après le conclave de .

En , à la suite de son échec électoral, il se retire de la scène politique régionale en intégrant le Sénat puis en renonçant à la direction autonomique du PSOE.

Il meurt en d'un cancer de l'estomac dont il souffrait depuis deux ans et reçoit un large hommage de la classe politique.

Guillermo Fernández Vara naît le à Olivence. Il est marié et père de deux enfants[1].

Il est le fils de Julio Fernández Santamaría et de María Lourdes Vara Mira. Son père, magistrat du Tribunal suprême, meurt en dans un accident de la route entre Olivence et Madrid. Sa mère, poète, décède en à Madrid[2]. Sa sœur Lourdes meurt en et son frère Julio en [3].

Formation et carrière

Parcours académique

C'est à l'université de Cordoue que Guillermo Fernández Vara obtient, en , un diplôme (licenciatura) en médecine et chirurgie. Trois ans plus tard, il passe avec succès le concours du corps national des médecins légistes : il se classe premier de la Xe promotion des médecins légistes du Centre des études judiciaires[1].

Il soutient en son mémoire (tesina de licenciatura) à l'université d'Estrémadure et reçoit une mention très bien[1].

Vie professionnelle

Guillermo Fernández Vara occupe entre et un poste de chargé d'enseignement en médecine légale à l'université de Valence. Il intègre l'année suivante l'université d'Estrémadure en qualité de maître de conférences associé au département de Toxicologie et de Législation sanitaire, chargé de l'unité d'enseignement de la médecine légale[4].

Président de l'Association nationale des médecins légistes entre et , il prend en la direction de l'Institut médico-légal de Badajoz[4]. À ce titre, il fait partie de l'équipe de médecine légale déployée après le massacre de Puerto Hurraco et se charge de l'évaluation psychiatrique des frères Antonio et Emilio Izquierdo, auteurs de neuf assassinats dans les rues du village[5].

Parcours politique

Haut fonctionnaire et conseiller de la Junte d'Estrémadure

Guillermo Fernández Vara vote pour l'Union du centre démocratique (UCD) aux élections générales de 1977 et de 1979. Ami d'Antonio Hernández Mancha, il est convaincu par ce dernier d'adhérer à son parti, l'Alliance populaire (AP). Il n'y milite qu'un an et commence, en , à travailler avec le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à Olivence[6].

En , il fait la connaissance du président de la Junte d'Estrémadure Juan Carlos Rodríguez Ibarra, qui se trouve être son voisin à Santo Domingo de Olivenza, un hameau situé sur le territoire d'Olivence[6]. Il est nommé, le , directeur général de la Santé publique et de la Consommation du département[c] du Bien-être social de la Junte d'Estrémadure. Il entre au gouvernement de la communauté autonome en , comme conseiller[d] au Bien-être social. Il adhère au Parti socialiste en , à la suite de la défaite de Felipe González aux élections générales et après que Juan Carlos Rodríguez Ibarra lui a appris, selon lui, « ce qu'était le socialisme dans la pratique »[7].

En , il est nommé conseiller à la Santé et à la Consommation[1]. Il négocie avec le gouvernement espagnol de José María Aznar le transfert des compétences en matière de santé, qui se concrétise en [8].

Il est investi en 5e position sur la liste du PSOE dans la circonscription de Badajoz pour les élections autonomiques du 25 mai 2003[9] puis reconduit au gouvernement à l'issue du scrutin[10].

En , alors qu'il est au téléphone avec Juan Carlos Rodríguez Ibarra, il comprend que celui-ci est victime d'un infarctus du myocarde et avertit les secours, ce qui lui sauve la vie[11].

Président de l'Estrémadure

Premier mandat

Deux hommes en costume cravate debout côte à côte.
Juan Carlos Rodríguez Ibarra choisit Guillermo Fernández Vara comme dauphin en 2006.

Guillermo Fernández Vara est pressenti en pour intégrer le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero comme ministre de la Santé, sur recommandation de Juan Carlos Rodríguez Ibarra[7], mais le poste échoit finalement à Elena Salgado[12],[13].

Le , Juan Carlos Rodríguez Ibarra annonce qu'il ne sera pas candidat pour un septième mandat de chef de l'exécutif régional lors des élections autonomiques du 27 mai 2007[14]. La commission exécutive du Parti socialiste ouvrier espagnol d'Estrémadure (PSOE-Ex) approuve le lendemain, à l'unanimité, la désignation de Guillermo Fernández Vara comme chef de file électoral[15]. Il était largement perçu comme le principal candidat pour la succession du président sortant[13],[16], car bien qu'il ne fasse pas partie des hommes forts du Parti socialiste, Guillermo Fernández Vara avait été choisi par Juan Carlos Rodríguez Ibarra comme son dauphin[11],[17]. La désignation est ratifiée le par acclamation par le comité régional, en présence du secrétaire fédéral à l'Organisation José Blanco[18].

Le PSOE-Ex remporte une solide majorité absolue de 38 députés sur 65 à l'Assemblée d'Estrémadure, soit deux de plus qu'en et son meilleur résultat depuis [19]. Guillermo Fernández Vara est ensuite investi, le , président de la Junte d'Estrémadure par 37 voix pour et 27 voix contre[20].

Passage dans l'opposition

Trois hommes assis dans une foule.
Guillermo Fernández Vara perd sa majorité et bascule dans l'opposition aux élections autonomiques de 2011.

Les élections autonomiques du voient le Parti populaire (PP-E) de José Antonio Monago virer en tête avec 32 députés sur 65, tandis que la gauche, divisée entre le Parti socialiste et Izquierda Unida (IU), en remporte 33. Le maintien au pouvoir de Guillermo Fernández Vara est donc envisageable dans le cas d'une entente entre le PSOE-Ex et IU, qu'il appelle de ses vœux[21]. Il envisage un temps de mettre un terme à sa carrière politique mais n'en fait rien[22]. Ce résultat l'éloigne de Juan Carlos Rodríguez Ibarra, qui critique fortement la campagne menée par son successeur[23] et affirme qu'en cas de défaite, lui se serait retiré[24].

En dépit de la position de la majorité de ses députés, de sa direction régionale et de sa direction nationale, le conseil politique régional d'IU vote le en faveur d'une abstention lors du débat d'investiture, ce qui garantit de facto l'accession au pouvoir de José Antonio Monago[25]. Le suivant, José Antonio Monago est effectivement investi président d'Estrémadure par l'Assemblée, à la majorité relative au deuxième tour de scrutin[26]. En , les régionalistes de CREx-PREx, qui formaient des listes de candidats communes avec le PSOE-Ex aux élections autonomiques, annoncent leur rupture avec les socialistes et leur départ du groupe parlementaire[27].

Le , Guillermo Fernández Vara annonce le dépôt d'une motion de censure, qui a besoin de 33 voix pour être adoptée alors que le Parti socialiste ne dispose que de 28 députés du fait de sa rupture avec les régionalistes[28]. L'idée d'une telle motion, qui marque la fin de la législature, est soufflée par Juan Carlos Rodríguez Ibarra, ce qui génère un rapprochement entre les deux hommes[24]. C'est alors la deuxième fois qu'une motion de censure est déposée en Estrémadure, après celle de [29]. La motion est rejetée le suivant par l'Assemblée, recueillant seulement les 30 votes du PSOE-Ex et de CREx-PREx en raison du vote contre des 32 députés du PP-E et de l'abstention des 3 députés d'IU[30].

Retour au pouvoir

À nouveau candidat à la présidence de la Junte d'Estrémadure à l'occasion des élections autonomiques du 24 mai 2015, Guillermo Fernández Vara remporte une victoire qualifiée de « nette » et d'inattendue par El Mundo. Il obtient en effet 30 députés, contre 28 pour José Antonio Monago, qui ne peut espérer compter sur le nouveau parti centriste Ciudadanos (Cs) pour se maintenir au pouvoir puisqu'il ne remporte qu'un seul parlementaire. IU est de son côté exclue de l'Assemblée tandis que le nouveau parti de gauche radicale Podemos fait élire 6 députés[31]. Un référendum interne à Podemos décide le suivant que le groupe parlementaire votera en faveur de l'investiture du candidat socialiste[32]. Ainsi, le , Guillermo Fernández Vara est élu président d'Estrémadure par 36 voix pour et 29 abstentions[33].

Trois hommes debout enlacés, dont deux qui lèvent les bras.
Guillermo Fernández Vara remporte un troisième mandat aux élections de 2019.

Les résultats des élections autonomiques du 26 mai 2019 lui offrent une solide majorité absolue de 34 députés sur 65, soit 4 sièges de plus qu'en 2015 et 14 sièges d'avance sur le Parti populaire[34]. Il est ainsi investi pour la troisième fois à la présidence de la communauté autonome le suivant par 34 voix pour, 20 voix contre et 11 abstentions[35]. Le groupe parlementaire socialiste dépose le suivant une proposition de loi qui supprime la limitation à deux mandats consécutifs à la présidence de la Junte, instaurée en [36]. Le texte est adopté trois semaines plus tard avec les voix des seuls députés socialistes, Guillermo Fernández Vara ne prenant pas part au vote[37].

Échec de 2023 et retrait

Alors que Guillermo Fernández Vara envisageait que son troisième mandat soit le dernier et qu'il puisse tranquillement organiser sa succession au sein du Parti socialiste ouvrier espagnol d'Estrémadure d'après ElDiario.es, la gestion de la pandémie de Covid-19 le contraint à changer de plan et à se présenter à sa succession lors des élections autonomiques du 28 mai 2023[17]. À deux jours de la tenue des élections, il annonce publiquement qu'il s'agit de sa dernière candidature comme chef de file électoral du PSOE en Estrémadure[38].

S'il remporte de nouveau le scrutin, il se contente de la majorité relative avec 28 députés sur 65, soit autant de sièges et 6 000 voix d'avance sur le Parti populaire d'Estrémadure de María Guardiola, qui peut accéder au pouvoir si elle obtient le soutien des 5 députés de Vox[39]. Au lendemain du scrutin, il demande à réintégrer l'Institut médico-légal de Badajoz[40].

Il annonce finalement le qu'il tentera de former un gouvernement minoritaire[41]. Formellement désigné candidat à l'investiture par la présidente de l'Assemblée Blanca Martín Delgado le suivant[42], il renonce deux jours plus tard après que le PP-E et Vox ont conclu un accord de coalition garantissant la majorité absolue à María Guardiola[43]. Ayant obtenu l'investiture des députés, María Guardiola lui succède le [44].

Il démissionne le de son mandat de député à l'Assemblée d'Estrémadure, dont il était membre depuis 2003[45].

Exercice du pouvoir

Alors que son prédécesseur et mentor Juan Carlos Rodríguez Ibarra était un populiste démagogue[46],[47],[48], Guillermo Fernández Vara est présenté comme un « baron[e] tranquille » par El País, adepte de la modération, du dialogue et du consensus, rejetant la polarisation et la crispation politiques, ce qui lui a valu des critiques au sein du PSOE, où les plus radicaux le percevaient comme un « mou », même si selon El Mundo, il était impossible de se brouiller avec lui[49],[50],[51].

Sa disposition au dialogue s'est vérifiée aussi bien au pouvoir en majorité absolue ou relative que dans l'opposition[52] : il fait adopter sous son premier mandat avec les voix du PSOE et du PP la réforme du statut d'autonomie[53], le « pacte social et politique pour les réformes » pour faire face à la crise économique[54] et la première loi relative à l'éducation[55], il lance conjointement avec José Antonio Monago fin un appel au gouvernement espagnol à solder le sous-financement des services publics (deuda histórica) dont souffre l'Estrémadure, il obtient sous son deuxième mandat le vote du projet de loi de finances pour 2016 grâce à l'abstention du Parti populaire et de Ciudadanos et du projet de loi de finances pour 2018 avec l'abstention de Podemos et Ciudadanos[56].

S'il est initialement critique de l'entente entre Pedro Sánchez et les partis indépendantistes catalans, il modère son opposition au fil du temps et affiche sa bonne entente avec le secrétaire général du PSOE, ce qui explique son échec de pour El Periódico Extremadura (es)[57].

Cadre du PSOE

Secrétaire général en Estrémadure

Un homme debout derrière un pupitre avec un groupe de personnes derrière lui.
Guillermo Fernández Vara est secrétaire général du PSOE-Ex entre 2008 et 2024.

Le , Guillermo Fernández Vara est élu secrétaire général du PSOE-Ex lors du Xe congrès autonomique réuni à Badajoz : il obtient 372 voix pour et 1 bulletin blanc, soit un résultat favorable de 99,7 %[58], deux semaines après avoir exercé la présidence du bureau du XXXVIIe congrès fédéral du PSOE[59]. Seul candidat en lice, il est réélu secrétaire général du PSOE-Ex le suivant au cours du XIe congrès autonomique par 426 voix sur 445, soit un résultat de 95,73 % des suffrages[60]. Le , il s'entretient avec la présidente de la commission exécutive Carmen Heras (es), condamnée à huit ans d'interdiction d'exercer une fonction élective, exécutive ou administrative et qui lui remet alors sa démission[61].

À l'occasion du XIIe congrès du PSOE-Ex, il se représente au secrétariat général et remporte l'élection primaire du avec 65,2 % des suffrages exprimés face à deux autres candidats[62]. Sa liste pour la commission exécutive est ratifiée le suivant par 77,6 % des délégués[63]. Proclamé à nouveau secrétaire général du PSOE-Ex, sans opposant, le [64], il obtient le suivant la ratification de sa commission exécutive par 99 % des délégués au XIIIe congrès[65].

À la suite de sa défaite aux élections autonomiques, il annonce le son intention de convoquer un congrès régional extraordinaire du PSOE à l'automne afin de céder la direction du parti en Estrémadure[66]. La primaire pour ce congrès est remportée le par Miguel Ángel Gallardo (es), président de la députation provinciale de Badajoz et perçu comme une figure critique de Vara, car il avait dénoncé sa décision de se représenter aux élections de 2023[67].

Dirigeant national

Un homme qui parle devant des micros à côté d'un homme qui le regarde.
Guillermo Fernández Vara soutient Eduardo Madina à la primaire de 2014.

Lors du débat sur les modalités de désignation du successeur de José Luis Rodríguez Zapatero en , Guillermo Fernández Vara, partisan depuis plusieurs mois de la candidature du ministre de l'Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba[68], se range derrière l'appel du président du gouvernement et secrétaire général du PSOE du Pays basque, Patxi López, à convoquer un congrès extraordinaire plutôt qu'une élection primaire, ce qui constitue un défi direct à l'autorité du secrétaire général[69]. Si le scrutin interne est formellement convoqué, Rubalcaba est le seul à s'y présenter et obtient ainsi l'investiture du PSOE[70].

Pour le XXXVIIIe congrès fédéral du PSOE, en , Guillermo Fernández Vara reste officiellement neutre pour l'élection du secrétaire général, afin de préserver la « liberté de choix » des délégués issus d'Estrémadure. Il est en réalité un soutien de la candidature victorieuse d'Alfredo Pérez Rubalcaba, dont il dit qu'il a bénéficié d'une majorité des suffrages parmi les délégués de sa fédération[71].

Pour l'élection primaire du congrès extraordinaire du PSOE, il apporte son soutien au député Eduardo Madina, défait au cours du vote des militants le par le député Pedro Sánchez[72].

À la suite de la déroute socialiste aux élections générales du 20 décembre 2015, plusieurs dirigeants territoriaux cherchent à limiter le rôle de Sánchez, voire envisagent de convoquer un congrès pour l'écarter. Selon El Confidencial, Guillermo Fernández Vara prononce le une intervention devant le comité fédéral du PSOE qui assure la survie politique du chef du parti : s'il s'aligne sur la majorité des membres en refusant toute alliance avec les indépendantistes catalans, il appelle également à mettre un terme à la guerre fratricide entre socialistes[73].

Deux hommes debout côte à côte qui saluent en levant le poing et la main.
Après avoir œuvré pour renverser Pedro Sánchez, Guillermo Fernández Vara se réconcilie avec lui.

Le , il participe à une rencontre secrète avec Susana Díaz, Javier Fernández et Emiliano García-Page afin d'envisager les différentes stratégies pour faire face à la volonté de Pedro Sánchez de former un gouvernement à la suite des élections générales du 26 juin, quitte à dépendre de Podemos[74]. Eux quatre ainsi que Javier Lambán et Ximo Puig se conjurent et parviennent à faire chuter le secrétaire général à l'occasion de la réunion du comité fédéral du , rassemblée officiellement pour convoquer le prochain congrès du parti[75]. Il révèle en qu'après la conclusion de ce comité fédéral, il a quitté le siège du parti, rue Ferraz, caché dans le coffre d'une voiture après avoir été insulté et vilipendé par les militants et sympathisants présents dans la rue[76]. Au cours du comité fédéral suivant, le , il fait partie de ceux qui défendent l'abstention du groupe parlementaire lors du vote d'investiture de Mariano Rajoy et intervient en ce sens, une position ensuite ratifiée par 139 voix pour et 96 contre[77].

Il apporte en son soutien à la candidature de Susana Díaz pour l'élection primaire du XXXIXe congrès du PSOE[78]. Bien que le scrutin ait finalement été remporté par Pedro Sánchez, ce dernier fait appel à Guillermo Fernández Vara pour présider le conseil de politique fédérale, l'instance qui réunit les secrétaires généraux des fédérations autonomiques, un poste précédemment occupé par Susana Díaz[79]. Selon El Confidencial, aussi bien Sánchez que Vara s'engagent rapidement dans une logique de réconciliation[80].

À l'occasion de la formation de son premier gouvernement en , Pedro Sánchez propose à Guillermo Fernández Vara de rejoindre le Conseil des ministres mais ce dernier décline l'invitation[81].

Le , il intègre la commission exécutive fédérale du PSOE dans le cadre du XLe congrès fédéral comme secrétaire aux Autonomies, sous l'autorité de Pedro Sánchez[82]. Il est reconduit le au poste de secrétaire à la Politique autonomique à l'occasion du XLIe congrès[83].

Sénateur

Le , le PSOE d'Estrémadure investit Guillermo Fernández Vara, récemment débarqué de la présidence de la communauté autonome par María Guardiola du Parti populaire, candidat à l'un des deux postes à pourvoir de sénateur désigné par l'Assemblée d'Estrémadure[84]. Il est effectivement élu à la chambre haute des Cortes Generales le avec le soutien des groupes parlementaires du PSOE-Ex, du PP-E et de Vox[85]. À l'ouverture de la XVe législature le , il est élu second vice-président du bureau du Sénat, dominé par le Parti populaire[86].

Il révèle le souffrir d'une tumeur à l'estomac et qu'il devra être opéré le mois suivant[87]. Il réapparaît publiquement le , lors de l'ouverture du congrès régional du PSOE qui consacre Miguel Ángel Gallardo (es) comme son successeur au secrétariat général du parti dans la communauté autonome[88].

Mort et hommages

Guillermo Fernández Vara meurt le , la veille de son 67e anniversaire, à Badajoz, d'un cancer de l'estomac dont il souffrait depuis deux ans[89].

Sa mémoire est saluée notamment par le roi Felipe VI et la reine Letizia, le président du gouvernement et secrétaire général du PSOE Pedro Sánchez, le chef de l'opposition et président du PP Alberto Núñez Feijóo, la présidente d'Estrémadure María Guardiola, les présidents des Asturies Adrián Barbón, de Castille-La Manche Emiliano García-Page et de la communauté de Madrid Isabel Díaz Ayuso, les ministres Pilar Alegría et Elma Saiz[90]. Le soir même, 300 personnes se réunissent au siège du PSOE de la province de Badajoz[91]. La présidente du gouvernement autonomique proclame trois jours de deuil officiel peu après l'annonce de son décès[92].

Ses obsèques sont célébrées dès le lendemain de sa mort, le , dans sa ville natale d'Olivence, en présence notamment de Pedro Sánchez, de María Guardiola, des ministres María Jesús Montero et Félix Bolaños, de la présidente du Congrès des députés Francina Armengol et du président du Sénat Pedro Rollán[93].

Le Conseil des ministres du gouvernement Sánchez III lui décerne le l'ordre de Charles III à titre posthume[94]. Quelques heures plus tard, la séance plénière du Sénat observe trois minutes de silence en sa mémoire, un bouquet de roses rouges est déposé sur son pupitre et le président du Sénat ainsi que plusieurs ministres et sénateurs lui rendent hommage[95]. Le , l'Assemblée d'Estrémadure marque une minute de silence en sa mémoire[96].

Synthèse des résultats électoraux

  • Ne sont mentionnés ici que les résultats des élections pour lesquelles Guillermo Fernández Vara était tête de liste.
Élections autonomiques
Année Parti Circonscription Résultats
Voix % Sièges
2007[97] PSOE Estrémadure 352 342 53,00
38  /  65
Badajoz 216 952 53,80
21  /  35
2011[98] PSOE Estrémadure 290 045 43,45
30  /  65
Badajoz 183 384 44,73
17  /  36
2015[99] PSOE Estrémadure 265 015 41,50
30  /  65
Badajoz 171 203 43,68
18  /  36
2019[100] PSOE Estrémadure 287 619 46,77
34  /  65
Badajoz 183 249 48,54
20  /  36
2023[101] PSOE Estrémadure 244 227 39,90
28  /  65
Badajoz 157 071 41,24
16  /  36

Décorations

Notes et références

Voir aussi

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