Julie K. Brown
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| Distinctions | Liste détaillée Prix George-Polk ( et ) The Sidney Award (en) () Neil and Susan Sheehan award (d) () The Hillman Prize for Newspaper Journalism (d) () Anthony Shadid Award for Journalism Ethics (en) () |
Julie Knipe Brown, née en 1961, est une journaliste d'investigation américaine travaillant pour le Miami Herald, surtout connue pour son enquête sur le trafic sexuel impliquant Jeffrey Epstein, qui a plaidé coupable en 2008 pour deux infractions liées à la prostitution au niveau de l'État[1],[2]. Elle a reçu plusieurs prix, dont deux prix George Polk pour son journalisme d'investigation judiciaire[3].
Brown a été nommée dans les 100 personnes les plus influentes de 2020 selon le magazine Time[4].
Brown est élevée près de Philadelphie, en Pennsylvanie, par une mère célibataire, en proie à des difficultés financières[5]. Elle quitte le domicile familial à 16 ans et occupe divers emplois serveuses, ouvrière dans une usine d'abat-jours et livreuse de fleurs) pour réunir les fonds afin de se payer des études. Elle obtient son diplôme de journalisme avec mention très bien de l'Université Temple en 1987[1].
Carrière
Après ses études, Brown travaille pour le Philadelphia Daily News avant de rejoindre le Miami Herald, un quotidien appartenant à la McClatchy Company, vers 2000[1],[6],[7].
Pendant qu'elle travaille au Miami Herald, Brown enquête durant quatre ans sur les pratiques abusives au sein du système pénitentiaire floridien[8]. Son travail journalistique conduit à une enquête fédérale en 2018 sur les violations des droits civiques commises à établissement correctionnel de Lowell (en), en Floride centrale[9].
Enquête sur Jeffrey Epstein
Lors de ses enquêtes sur les prisons de femmes, elle est confrontée au sujet du traffic d'êtres humains et des agissements de Jeffrey Epstein, dont le nom revient souvent[5].
On attribue à Brown le mérite d'avoir relancé l'affaire des agressions sexuelles de Jeffrey Epstein grâce à une série de rapports publiés en [10],[11],[12]. Elle commence son enquête sur Epstein début 2017 et persévère pour révéler des faits concernant le grand nombre d'accusatrices et la campagne de pression exercée pour les réduire au silence[13],[14]. La méthode qu'elle emploie est de rechercher d'abord les anciennes victimes mineures pour faire entendre leur voix. Les anciens articles publiés dans les médias dans les années 2005 à 2006 avaient en effet utilisé les rapports de police et ne mentionnaient que quatre cas[5]. Brown retrouve les dossiers des plaintes ouvertes après la clôture de la première enquête du FBI. Elle utilise les archives du FBI, du bureau du procureur de Palm Beach et du ministère de la Justice. Elle interroge aussi les personnes qui ont été au cœur des enquêtes dans les années 2000. Deux policiers de Palm Beach en charge des enquêtes Michael Reiter et Joe Recarey lui font part du manque de couverture par la presse de l'affaire Epstein : les journalistes commençaient à enquêter et se retrouvaient mutés au département de l'immobilier[15]. Elle remarque que les victimes viennent de milieu défavorisés, souvent de familles monoparentales, fragilisées économiquement, tout comme elle[15].
Elle identifie 80 victimes potentielles (certaines âgées de seulement 13 ou 14 ans au moment des faits) et documente les témoignages de huit personnes qui acceptent de raconter leur histoire[14]. Brown fait deux révélations majeures dans ses articles publiés en 2018 : premièrement le nombre de victimes et le mode opératoire d'Epstein et deuxièmement le « deal secret » dont a bénéficié Epstein[5].
En 2008, Epstein est autorisé à plaider coupable de seulement deux infractions de prostitution au niveau de l'État, alors même que les relations sexuelles avec des mineures constituent légalement un viol. L'accord secret conclu par le procureur fédéral de l'époque, Alex Acosta, avec Epstein fait disparaître les accusations fédérales de trafic sexuel, met fin à une enquête du FBI qui aurait pu révéler l'existence de dizaines de victimes et accorde l'immunité légale (en) à d'éventuels complices, clause protégeant ainsi les hommes puissants impliqués dans l'affaire[2]. Le reportage de Brown en 2018 sur cet accord suscite des critiques à l'encontre d'Acosta, devenu entre-temps secrétaire au Travail des États-Unis, et des pressions sont exercées pour qu'il démissionne. Il démissionne finalement après l'arrestation et la mise en examen d'Epstein en [16].
Après une nouvelle arrestation d'Epstein, le travail de Brown et du Herald est salué : « Voilà ce qui arrive quand un journaliste refuse d'abandonner une affaire » écrit la Columbia Journalism Review sur Twitter suite à l'arrestation d'Epstein. Geoffrey Berman (en) procureur fédéral du district sud de New York (en), déclare lors d'une conférence de presse que son équipe a bénéficié d'un « excellent travail de journalisme d'investigation »[1]. Mais Brown répond sur Twitter : « Les vraies héroïnes, ce sont les victimes courageuses qui ont affronté leurs peurs et raconté leur histoire »[17].
En , le livre de Brown, Perversion of Justice, basé sur son enquête sur l'affaire Epstein, est publié par William Morrow and Company (en)[18]. Le livre est dédié à toutes les victimes d'Epstein, notamment Virginia Giuffre, Jena-Lisa Jones, Michelle Licata et Courtney Wild[15].
Ce livre sert de base à une mini-série pour HBO, produite par Brown, Kevin Messick et Adam McKay[13]. En 2026, il est révélé que Laura Dern incarnerait Brown dans une mini-série écrite par Sharon Hoffman aux côtés Eileen Myers (en). La production est assurée par Sony Pictures TV[19],[20].
Prix et distinctions
Brown remporte le prix George Polk 2014 en journalisme judiciaire de l'Université de Long Island pour « Cruel and Unusual », sa série d'articles sur « les mauvais traitements brutaux, parfois mortels, infligés aux détenus des prisons de Floride atteints de maladies mentales »[21].
Brown reçoit un deuxième prix George Polk dans la catégorie « Journalisme judiciaire » en 2018 pour son enquête journalistique intitulée « Perversion de la justice »[3]. Sa série d’articles porte sur le grand nombre d’accusatrices dans l’affaire Epstein et sur le rôle du procureur fédéral Alex Acosta, qui a autorisé un accord de non-poursuite protégeant quatre conspirateurs nommés et « accordant l’immunité à tout co-conspirateur potentiel, une clause qui semblait protéger les hommes puissants avec lesquels Epstein faisait la fête »[1],[2].
En , Alan Dershowitz (un proche d'Epstein et l'un de ses avocats lors de l'enquête criminelle le concernant entre 2006 et 2008) tente de faire pression sur le comité du prix Pulitzer pour que Brown et le Miami Herald soient exclus du prix en raison de son enquête qui avait rouvert l'affaire Epstein[22],[15]. Dans une lettre ouverte, Dershowitz écrit que Brown ne devait pas être récompensée pour son travail. Ce qui fut le cas[23],[24]. Au début de son enquête sur Epstein, Brown a été avertie par l'ancien chef de la police, Michael Reiter (en) qu'elle s'exposait à des représailles, car d'autres journalistes ayant tenté de couvrir l'affaire Epstein ont été mutés après un coup de téléphone à leur éditeur[14]. Reiter a déclaré : « Quelqu'un va appeler votre éditeur et, du jour au lendemain, vous vous retrouverez au service des nécrologies »[14].
Brown reçoit le prix Neil et Susan Sheehan 2019 du National Press Club Journalism Institute pour le journalisme d'investigation en [25],[26].
En , Brown et sa collègue du Miami Herald, Emily Michot, sont récompensées pour leur série en cinq parties « Perversion de la justice », avec un prix Sidney (en), le prix Hillman pour le journalisme au service du bien commun, de la Fondation Sidney Hillman (en)[2].