Relation entre Donald Trump et Jeffrey Epstein
relation sociale
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Le 45e et 47e président des États-Unis Donald Trump et le criminel sexuel et financier Jeffrey Epstein se sont liés d'amitié dans les cercles mondains de Palm Beach et New York de la fin des années 1980 jusqu'au milieu des années 2000.

Voisins en Floride, ils fréquentent les mêmes réceptions et Trump voyage plusieurs fois à bord des jets privés d'Epstein entre 1993 et 1997. Leur amitié se détériore lors d'une vente aux enchères immobilière en 2004, et Epstein est banni de Mar-a-Lago en 2007 après avoir harcelé sexuellement la fille d'un membre du club.
Pendant la campagne présidentielle de 2016, Trump fait l'objet d'une plainte qui l'accuse d'agressions sexuelles avec Epstein, plainte finalement retirée. Après l'arrestation d'Epstein en 2019, Trump prend ses distances et nie toute proximité récente.
Durant sa seconde présidence, malgré ses promesses de campagne, Trump refuse initialement de déclassifier les dossiers Epstein, ce qui provoque des tensions au sein de sa base électorale. La publication progressive de documents révèle des échanges critiques d'Epstein sur Trump. L'affaire culmine avec l'adoption de l'Epstein Files Transparency Act en , qui contraint finalement l'administration à publier l'intégralité des dossiers.
Chronologie
Amitié
Donald Trump et Jeffrey Epstein se rencontrent dans les cercles mondains de Palm Beach et New York vers la fin des années 1980. Trump acquiert Mar-a-Lago en 1985[1], tandis qu'Epstein achète également une propriété à Palm Beach vers 1990[2]. Voisins, ils fréquentent les mêmes cercles sociaux et apparaissent ensemble lors de nombreuses réceptions, notamment à Mar-a-Lago[3],[2].

L'organisateur d'événements George Houraney témoigne avoir organisé en 1992 une fête privée à Mar-a-Lago comprenant 28 femmes, où seuls Trump et Epstein étaient présents comme invités masculins[4],[5]. Epstein assiste au mariage de Trump avec Marla Maples en 1993[6].
D'après les registres de vol présentés lors du procès de Ghislaine Maxwell, Trump voyage sept fois à bord des jets privés d'Epstein entre 1993 et 1997 : quatre vols en 1993, puis un vol en 1994, 1995 et 1997 respectivement. Tous ces trajets relient Palm Beach à New York, avec un arrêt à Washington[2],[7].
En 2000, Virginia Giuffre, alors mineure, est employée au spa de Mar-a-Lago. Après seulement deux à trois semaines d'emploi au sein du club, elle est recrutée par Ghislaine Maxwell pour être exploitée sexuellement par Jeffrey Epstein[8]. Giuffre a constamment réfuté toute implication de Trump dans les crimes d'Epstein[9].
En 2002, Trump déclare au magazine New York : « Je connais Jeff depuis 15 ans. C'est un type formidable [...] Il aime les belles femmes autant que moi, et beaucoup d'entre elles sont plutôt jeunes »[4],[10]. Epstein, quant à lui, dit à propos de Trump en 2003 que leurs conversations « sont si captivantes que même servir les mets les plus exquis semble parfois déplacé »[1]. Le frère de Jeffrey Epstein, Mark, assure au Washington Post en 2019 que Trump et son frère étaient alors « bons amis », et même que Trump offrait occasionnellement des séjours gratuits à leur mère et à leur tante dans l'un de ses hôtels d'Atlantic City[1].
Rupture

Leur amitié se détériore ensuite, plusieurs sources documentant une brouille survenue lors d'une vente aux enchères immobilière en . Les deux hommes convoitent le même domaine de Palm Beach, la Maison de l'Amitié (en), une propriété de six acres ayant appartenu à Les Wexner[2],[7],[10]. Trump remporte l'enchère avec une offre de 41,35 millions de dollars[11].
En 2007, Epstein est banni de Mar-a-Lago par Trump après avoir harcelé sexuellement la jeune fille d'un autre membre du club[3],[5]. Aucune interaction publique entre eux n'est documentée par la suite[2]. Trump affirme en que la raison de sa rupture avec Epstein est qu'il « volait des employées » qui travaillaient au spa de Mar-a-Lago, parmi lesquelles il cite Virginia Giuffre[2],[8].
En 2010, Jeffrey Epstein refuse de répondre lorsqu'un avocat lui demande s'ils ont « déjà socialisé en présence de femmes de moins de 18 ans », en invoquant le cinquième amendement[12].
En , lors de la Conférence d'action politique conservatrice, avant que les crimes d'Epstein ne soient connus du grand public, Donald Trump qualifie publiquement l'île de Jeffrey Epstein de « cloaque » et suggère que Bill Clinton pourrait avoir des problèmes liés à ses visites sur cette île. Trump fait également référence au prince Andrew, qui fait depuis l'objet d'allégations d'abus sexuels liées au réseau d'Epstein[13].
Période de la campagne présidentielle de 2016
Lorsque Trump décide de se présenter à l'élection présidentielle de 2016, ses conseillers et alliés cherchent avant même le lancement officiel de la campagne à minimiser toute connexion avec Epstein, la relation d'Epstein avec Bill Clinton risquant de faire l'objet d'enquêtes alors que Hillary Clinton est pressentie comme adversaire probable[4].
En 2016, une plaignante anonyme dépose une plainte civile accusant Trump et Epstein d'agressions sexuelles et de viols répétés en 1994 dans la résidence new-yorkaise d'Epstein, alors qu'elle était âgée de 13 ans. Cette plainte est rejetée trois fois, d'abord en Californie pour défaut de fondement juridique fédéral, puis retirée à New York en , avant un désistement volontaire en , quelques jours avant l'élection présidentielle, après que l'avocate de la plaignante Lisa Bloom (en) déclare que la plaignante a reçu des menaces et annule une conférence de presse initialement prévue[14].
Arrestation de Jeffrey Epstein et première présidence de Donald Trump
Lors de l'arrestation d'Epstein en juillet 2019, Trump, alors président des États-Unis en fonction, prend ses distances en affirmant ne plus avoir eu de contact avec lui depuis quinze ans[2],[7]. Il dit n'avoir « jamais été un grand fan de Jeffrey Epstein »[15]. Après le suicide d'Epstein en prison le mois suivant, Trump réclame une enquête sur les circonstances de sa mort et relaie des théories du complot infondées suggérant l'implication de Bill Clinton, émettant des doutes sur la thèse du suicide[3],[15].

En 2017, Trump nomme Alexander Acosta secrétaire au Travail, malgré le rôle de ce dernier dans l'accord controversé de 2008 ayant permis Epstein d'éviter des poursuites fédérales en plaidant coupable à des accusations mineures de prostitution au niveau fédéral. Acosta démissionne en 2019 après la relance de l'affaire Epstein[6].
En 2020, après l'inculpation de Ghislaine Maxwell pour trafic sexuel, Trump suscite la controverse en déclarant lui souhaiter bonne chance[3].
Période de la campagne présidentielle de 2024
Lors de sa campagne pour l'élection présidentielle de 2024, en répondant à une journaliste de Fox News lui demandant s'il s'engagerait à déclassifier les dossiers gouvernementaux sur Jeffrey Epstein, il déclare « Ouais, je pense que je le ferais. Je suppose que je le ferais. Mais avec plus de réticence [que d'autres dossiers] parce que vous ne voulez pas affecter la vie des gens s'il y a des informations fallacieuses là-dedans, car il y a beaucoup d'informations fallacieuses dans tout ce monde »[15]. En , des documents judiciaires liés à l'affaire Epstein sont publiés. Trump y est cité, sans qu'aucune accusation n'y soit portée contre lui[7].
En , l'ancienne mannequin Stacey Williams accuse publiquement Trump de l'avoir agressée sexuellement en 1993 lors d'une visite à la Trump Tower orchestrée par Epstein, décrivant l'incident comme faisant partie d'un « jeu tordu » entre les deux hommes. L'équipe de campagne de Trump dément cette allégation[3].
Seconde présidence de Donald Trump
Les relations entre Trump et Epstein font l'objet d'une attention médiatique considérable en 2025 en raison du refus de l'administration Trump de divulguer les dossiers relatifs à Epstein, malgré les promesses faites par Trump lors de sa campagne électorale. Trump essuie de vives critiques de la part des médias, du public et même de nombre de ses partisans pour cette décision. Alors que Trump tente de prendre ses distances avec Epstein et de minimiser leur association, certains des partisans les plus fervents du mouvement MAGA se font de plus en plus entendre pour exiger la divulgation des dossiers liés à Epstein, ce qui entraîne des fractures visibles au sein de sa base électorale[16],[17],[18].
En , la procureure générale Pam Bondi invite des influenceurs de droite à la Maison-Blanche et leur remet des classeurs étiquetés « Les dossiers Epstein : Phase 1 ». Il s'avère rapidement que ces documents ne contiennent que des informations déjà publiques, notamment le carnet d'adresses d'Epstein publié dès 2015, ce qui suscite la colère des conspirationnistes qui s'attendaient à des révélations inédites[3].
En , le directeur du FBI Kash Patel et son directeur adjoint Dan Bongino, tous deux anciens propagateurs de théories conspirationnistes sur Epstein, affirment que les images de surveillance de la prison confirment que sa mort était un suicide. Une semaine plus tard, Elon Musk, récemment écarté de ses fonctions de conseiller de Trump, révèle sur son réseau social X que Trump est nommé dans les dossiers Epstein, et ajoute que ce serait la raison pour lesquelles ils n'ont pas été rendus publics, avant de supprimer ces commentaires[3].
En , le département de la Justice tente de clore définitivement l'affaire Epstein par un mémorandum confirmant son suicide, l'absence de preuves de l'existence d'une liste de clients et la fermeture effective de l'enquête, accompagné d'images de vidéosurveillance de la prison. Cette annonce provoque un schisme au sein de l'administration Trump, le président s'en prenant à ses partisans pour leur intérêt pour les dossiers Epstein et tentant de présenter l'affaire comme un canular orchestré par les démocrates[3].
Parallèlement, le Wall Street Journal révèle une lettre d'anniversaire de Trump à Epstein datant de 2003, que le président qualifie de fausse. Il porte plainte contre le journal pour diffamation[7],[6]. Il est également révélé que la procureure générale Pam Bondi l'avait informé en mai de la mention de son nom dans les dossiers, en contradiction avec ses dénégations publiques[3].
En , Ghislaine Maxwell est transférée dans une prison plus confortable après que Trump évoque publiquement la possibilité de la gracier, et elle accorde un entretien élogieux sur le président au procureur général adjoint Todd Blanche, ancien avocat personnel de Trump. Elle affirme n'avoir jamais vu Trump dans un cadre inapproprié[3].
En , le président de la Chambre Mike Johnson suscite la controverse en affirmant que Trump était un informateur du FBI contre Epstein avant de se rétracter, puis en bloquant l'assermentation d'une représentante démocrate pour empêcher un vote sur la publication des dossiers Epstein[3].
En , le Congrès publie plus de 20 000 courriels d'Epstein, dont certains dans lesquels il évoque Trump de manière critique. Dans un message de 2011 à Maxwell, Epstein écrit que Trump « a passé des heures chez moi » avec l'une de ses victimes, que la Maison-Blanche identifie auprès de la presse comme étant Virginia Giuffre, en précisant qu'elle avait « de nombreuses fois affirmé que le président Trump n'était impliqué dans aucun acte répréhensible et qu'il n'aurait pas pu être plus aimable avec elle lors de leurs rares interactions »[10].
Durant la campagne pour l'élection présidentielle de 2016, Epstein échange régulièrement avec le journaliste Michael Wolff sur une stratégie médiatique concernant Trump, Wolff suggérant de « le laisser se pendre tout seul » ou de « l'achever » après l'affaire de l'enregistrement d'Access Hollywood (en). Epstein affirme détenir des photos compromettantes de lui et propose à un journaliste du New York Times des clichés de « Donald et des filles en bikini dans ma cuisine »[3].
Dans un courriel daté de 2018, il écrit : « tu vois, je sais à quel point Donald est sale ». Il qualifie également Trump de « limite fou » et de « dangereux », déclarant à l'économiste Larry Summers avoir « rencontré de très mauvaises personnes [...] mais aucune aussi mauvaise que Trump. Il n'y a pas une seule cellule décente dans son corps »[3]. Dans un courriel de 2019, il écrit que Trump « était au courant pour les filles »[10].
Face à ces révélations, Trump et son administration dénoncent une « distraction » démocrate, le président qualifiant à nouveau l'affaire de canular sur son réseau social Truth Social. Il contacte les élues républicaines Lauren Boebert et Nancy Mace pour les dissuader de réclamer la publication complète des dossiers Epstein[3].

En , le Congrès américain adopte à une écrasante majorité bipartisane l'Epstein Files Transparency Act, une loi contraignant le département de la Justice à publier l'intégralité de ses dossiers relatifs à Jeffrey Epstein[19]. Après avoir longtemps résisté à leur divulgation, Trump signe finalement la loi sous la pression du Congrès et de l'opinion publique[20].
Articles connexes
- Image publique de Donald Trump (en)
- Dossiers Epstein
- Epstein Files Transparency Act