La Madone anarchiste
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La Madone anarchiste, est une photographie d'Antoni Campañà, prise au début de la guerre d'Espagne. Elle représente Anita Garbín sur La Rambla, à Barcelone, en 1936.
C'est par hasard qu'Anita Garbin pose pour le photographe Antoni Campañà. Alors qu'il arpente La Rambla le pour réaliser des prises de vues de Barcelone durant l'été 1936, il aperçoit une barricade au niveau du croisement de La Rambla et du carrer de l'Hospital, en face de la Casa Bruno Cuadros, surnommée Maison des Parapluies, bâtiment moderniste de l'architecte Josep Vilaseca i Casanovas. C'est là que se trouve Anita Garbín[1].
Il réalise d'abord une première photographie d'Anita Garbín alors que celle ci se tient debout sur une barricade, le point levé derrière un drapeau rouge et noir symbolique de la mouvance anarchiste. Âgée de vingt et un ans sur la photographie, elle est également enceinte de quatre mois de sa deuxième fille, Hamonia, née d'une liaison avec un soldat espagnol de l'armée républicaine et qu'elle perdra avant la fin de la guerre. Elle donnera par la suite naissance à une troisième fille avant la fin de la guerre, Floréal[2].
La première photographie est d'abord prise spontanément. Antoni Campañà attire aussitôt la méfiance des miliciens libertaires sur place qu'ils prennent pour un potentiel espion franquiste ou communiste[3],. A cette époque, la Catalogne, et plus particulièrement la ville de Barcelone, est en proie à des conflits internes aux différents mouvements de gauche, socialistes, anarcho-syndicalistes et communistes qui viennent s'ajouter au conflit plus général contre les troupes de Francisco Franco qui progressent alors sur le front d'Aragon.
Les photographes non affiliés clairement à un parti politique ou un syndicat sont donc observés avec méfiance compte tenu du contexte politique. Néanmoins conscients de la force symbolique que représente une jeune femme point levé sur une barricade pour la propagande du syndicat les miliciens laissent Antoni Campañà réaliser une autre série de photographie, à quoi s'ajoute cette fois une mise en scène représentant d'autres miliciens, armés de fusils, aux côtés d'Anita Garbín.
Développée et exploitée par la CNT, cette photographie va connaitre un retentissement international[4]. Son image est imprimée sur des cartes postales, des posters, des livres ou encore peint sur des murs[3]. Néanmoins, lors des tirages et de la diffusion de la photographie, le nom d'Anita Garbín[5] n'est pas retenu. L'icône demeure anonyme et passe rapidement à la postérité sous le surnom de la « Madone anarchiste » ou plus simplement « la milicienne ». Elle devient, en Espagne et dans le reste du monde, un symbole de la lutte contre le totalitarisme et le franquisme[4].
Notes et références
- ↑ Arnau Gonzàlez i Vilalta, Toni Monné Campañà et Plàcid Garcia-Planas Marcet, Antoni Campañà. Icônes cachées : Les images méconnues de la guerre d'Espagne (1936-1939), Paris, Hazan, , 144 p., p. 62
- ↑ « "Elle a jeté son arme dans la mer en passant à Cerbère", raconte le neveu d'Anita, la Madone anarchiste de Barcelone », sur midilibre.fr (consulté le )
- 1 2 (en-US) Marc Bassets, « Ana Garbín Alonso: Identity of ‘anarchist Madonna’ revealed 87 years after iconic Spanish Civil War photo », sur EL PAÍS English, (consulté le )
- 1 2 (es) Marc Bassets, « La protagonista de una fotografía icónica de la Guerra Civil ya tiene nombre: Anita Garbín Alonso, costurera, exiliada y anarquista », sur El País, (consulté le )
- ↑ « Anita, la madone anarchiste de Barcelone en 1936, dont le sourire a continué à briller à Béziers malgré l'exil », sur midilibre.fr (consulté le )
Annexes
Articles connexes
- Anita Garbín
- Antoni Campañà
- Histoire de la photographie
- Guerre d'Espagne
- Condition des femmes en Espagne
- La Rambla