Le Monde du silence (film)
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Louis Malle
| Réalisation |
Jacques-Yves Cousteau Louis Malle |
|---|---|
| Scénario | Jacques-Yves Cousteau |
| Pays de production |
|
| Genre | Documentaire |
| Durée | 86 minutes |
| Sortie | 1956 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le Monde du silence est un film documentaire français réalisé par Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle entre 1954 et 1955 et sorti pour la première fois en salles en France en 1956, en même temps que sa participation au Festival de Cannes, où il remporte la Palme d'or. En 1957, aux États-Unis, il remporte l'Oscar du meilleur film documentaire.
D'une durée d'une heure et vingt-six minutes ce film est le deuxième film de l'histoire des prises de vue sous-marines en couleur, le premier film sous-marin en couleur étant Sesto continente (Le Sixième Continent, 1954), de l'Italien Folco Quilici. Le Monde du silence ne reprend pas les contenus du livre de 1953 de même titre, mais uniquement les explorations sous-marines réalisées à bord de la Calypso en 1954 et 1955.
Le film commence avec une voix off récitant le texte suivant : « À cinquante mètres de la surface, des hommes tournent un film. Munis de scaphandres autonomes à air comprimé, ils sont délivrés de la pesanteur. Ils évoluent librement. »
Se déplaçant à bord de la Calypso, l'équipe de plongeurs tourne pendant des centaines d'heures dans la mer Méditerranée, le golfe Persique, la mer Rouge et l'océan Indien. Ils visitent notamment l'épave du SS Thistlegorm[1]. Les 25 kilomètres de pellicule sont réduits à 2 500 mètres au montage final du film. Les acteurs et figurants du film sont les mêmes marins qui constituent l'équipage de la Calypso : Jacques-Yves Cousteau (commandant de bord, plongeur, réalisateur, prises de vue), Louis Malle (assistant de direction, prises de vue), François Saout (Second capitaine)[2], Frédéric Dumas (plongeur, prises de vue), Albert Falco (plongeur, prises de vue), André Laban (plongeur, ingénieur chimiste), Denis Martin-Laval (médecin de bord) et Henri Plé (chef de quart). Les autres membres de l'équipage sont Étienne Puig, Albert Raud, Emile Robert, René Robino, André Bourne-Chastel, Marcel Colomb, Simone Cousteau, Jean Delmas, Jacques Ertaud, Norbert Goldblech, Fernand Hanae, Maurice Leandri, Paul Martin et Jean-Louis Teicher. Un autre héros du film, qui persiste encore dans les mémoires, est Jojo le mérou.
Fiche technique
- Titre : Le Monde du silence
- Réalisateurs : Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle
- Scénario : Jacques-Yves Cousteau
- Photographie : Edmond Séchan et Philippe Agostini
- Prises de vue sous-marine : Louis Malle, Jacques-Yves Cousteau, Albert Falco, Philippe Agostini et Edmond Séchan
- Musique : Yves Baudrier
- Montage : Georges Alépée
- Production : Filmad/Rank.
- Format : 35 mm - couleur
- Genre : documentaire
- Durée : 86 minutes
- Dates de sortie :
- France :
- Japon :
- États-Unis :
Production
Initiation du projet
La rencontre du commandant Cousteau, en 1944, avec James Thomas Dugan est ce qui décide ce dernier à se lancer dans la vulgarisation océanographique. Il aide le commandant à éditer non seulement les livres intitulés Le Monde du silence (deux livres différents qui n'ont de commun que le titre, l'un de 1953 et l'autre de 1957) mais aussi Le Monde sans soleil (1964), livre et film documentaire (tous les deux de Cousteau) qui retracent les expériences scientifiques Précontinent I et Précontinent II.
Jacques-Yves Cousteau entreprend le projet de mener un périple d'exploration marine et de tournage d'un film en , en s'adressant d'abord à l'IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques), à la recherche d'un étudiant qui l'assisterait dans la réalisation du tournage. La direction de l'école lui propose Louis Malle, âgé alors de 21 ans, qui a de bonnes aptitudes à la nage et peut être plus facilement formé à la plongée en scaphandre autonome. Ainsi, pendant tout l'été 1953, Malle se soumet, avec les plongeurs de la Calypso, à un stage de plongée au Grand Congloué (Île de Riou)[3]. Le navire appareille finalement en 1954[4] et parcourt jusqu'en 1955 la mer Méditerranée, la mer Rouge, l'océan Indien et le golfe Persique.
Tournage
Les scènes sous-marines sont entièrement tournées grâce à deux équipements : les détendeurs CG45 brevetés par Cousteau et Gagnan dix ans auparavant et les caméras sous-marines conçues par André Laban. Grâce aux caméras de Laban, Le Monde du silence est le deuxième film à montrer des images en couleurs du monde sous-marin[5] et le premier à montrer des images tournées à 75 mètres de profondeur.
Le Monde du silence est pour Louis Malle sa première expérience de réalisation cinématographique (en tant qu'assistant de Cousteau), et il aura par la suite une longue et prolifique carrière en tant que réalisateur de films. Mais il s’est blessé les tympans lors de l'une des plongées du tournage et ne replongera plus jamais.
Post-production
L'enregistrement de la musique et le montage final du film sont achevés entre la fin de 1955 et le début de 1956 et la première projection en avant-première a lieu à Paris le au théâtre des Champs-Élysées, devant un parterre d'officiers de marine[6]. La sortie en salles a lieu pour la première fois en France le , simultanément avec le Festival de Cannes. Deux autres pays voient le film sortir dans leurs salles l'année même : le Japon, dès le , et les États-Unis, dès le [7].
Pour sa version en anglais la narration du film est adaptée du français vers l'anglais par James Thomas Dugan[8].
Récompenses et nominations
En 1956 Le Monde du silence obtient la Palme d'or à la 9e édition du Festival de Cannes. Il est, avec Fahrenheit 9/11, le seul documentaire à avoir reçu une Palme d'or au Festival de Cannes. Il est également nommé dans la catégorie Prix de la mise en scène et pour le Prix spécial du jury de ce même festival[9]. Il reçoit aussi le Prix Méliès (prix de la critique pour le meilleur film français) et le prix du National Board of Review pour le meilleur film étranger (Best Foreign Film) en 1956.
En 1957, aux États-Unis, Le Monde du silence remporte l'Oscar du meilleur film documentaire (Best Documentary Feature). Aujourd'hui encore, ce film est le premier au box office des films documentaires en salles avec 4 600 000 entrées[10].
