Mathilde Panot

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Mathilde Panot, née le à Tours (Indre-et-Loire), est une femme politique française.

Élection
Réélection
Vice-présidentClémence Guetté (2022-2024)
Alexis Corbière (2022-2023)
Faits en bref Fonctions, Présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale ...
Mathilde Panot
Illustration.
Mathilde Panot en 2021.
Fonctions
Présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale
En fonction depuis le
(4 ans, 6 mois et 11 jours)
Élection
Réélection
Vice-président Clémence Guetté (2022-2024)
Alexis Corbière (2022-2023)
Législature XVe, XVIe et XVIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Jean-Luc Mélenchon
Députée française
En fonction depuis le
(8 ans, 10 mois et 2 jours)
Élection 18 juin 2017
Réélection 19 juin 2022
30 juin 2024
Circonscription 10e du Val-de-Marne
Législature XVe, XVIe et XVIIe (Cinquième République)
Groupe politique NFP-LFI
Prédécesseur Jean-Luc Laurent
Vice-présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale

(2 ans, 3 mois et 24 jours)
Élection
Président Jean-Luc Mélenchon
Législature XVe (Cinquième République)
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Alexis Corbière et Clémence Guetté (indirectement)
Biographie
Nom de naissance Mathilde Françoise Panot
Date de naissance (37 ans)
Lieu de naissance Tours (France)
Nationalité Française
Parti politique PG (depuis 2012)
LFI (depuis 2016)
Diplômée de IEP de Paris
Profession Coordinatrice de projets associatifs

Signature de Mathilde Panot
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Membre de La France insoumise (LFI) depuis 2016, elle est élue députée de la dixième circonscription du Val-de-Marne lors des élections législatives de 2017, réélue en 2022 et 2024. Depuis 2021, elle est présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale.

Biographie

Origines et formation

Mathilde Françoise Panot[1] est née le à Tours (Indre-et-Loire) d'un père formateur en agronomie[2] et d'une mère professeure de mathématiques[3]. Elle passe son enfance et son adolescence à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin[4] dans la banlieue d'Orléans.

Après une année en classe préparatoire de lettres et sciences sociales à Orléans, Mathilde Panot passe le concours d'entrée dans un institut d'études politiques (IEP) et intègre le campus franco-allemand de Nancy[2]. Au cours de sa troisième année d’études, elle séjourne en Allemagne et commence à assister à des réunions du Parti de gauche, à Berlin[2]. En 2013, elle obtient un master en relations internationales de Sciences Po Paris (promotion 2013)[5],[6].

Durant ses études, elle commence à militer à l'Union nationale des étudiants de France (UNEF)[7].

Parcours associatif et professionnel

À 18 ans, elle est bénévole au sein de l’ATD Quart monde dans le cadre d’un projet étudiant[8]. Elle décrit cet engagement comme « une manière d’éprouver [sa] colère de façon construite »[2].

Jusqu'en 2016, Mathilde Panot est salariée de l'association VoisinMalin, où elle occupe un poste de responsable d'équipe[9]. En 2015, l'association emploie onze intervenants rémunérés douze heures par mois au smic[10] et met en œuvre des méthodes de « community organizing », une approche de mobilisation conçue aux États-Unis[11]. Elle y exerce diverses missions notamment l'information sur le dépistage du cancer du sein, l'accompagnement bancaire à La Poste, la lutte contre les punaises de lit, etc.[10] L'association est notamment active dans le « quartier sensible » de La Grande Borne, à Grigny[12],[13].

Parcours politique

Le militantisme associatif conduit Mathilde Panot vers le milieu politique. L'un de ses premiers actes militants est sa participation au mouvement contre le contrat première embauche (CPE), en 2005[12],[11].

En 2012, à l’approche de la campagne présidentielle, il lui est proposé d'intégrer le bureau du Front de gauche à Sciences Po[2]. Après une période d’hésitation, elle accepte cette proposition bien qu’elle ressente au début un manque de légitimité[2].

Après l’obtention de son diplôme, Mathilde Panot cherche un emploi, ce qui s’avère difficile car elle est militante au Parti de gauche. Cela dure huit mois, jusqu’à ce que, lors de la campagne municipale de 2014, la candidate du Front de gauche à Paris, Danielle Simonnet, lui propose de rejoindre son équipe[2].

En , elle participe à la création de l’association L’Ère du peuple aux côtés de Laurent Mafféïs et Bastien Lachaud. L'association a pour objectif de « servir de support technique et logistique à toutes les initiatives prises au service des idées développées par Jean-Luc Mélenchon pour réaliser la révolution citoyenne ». Mathilde Panot en est la secrétaire et Bastien Lachaud le trésorier.

Depuis , elle est secrétaire de l’association La France insoumise, dont Manuel Bompard est le président et Maxime Charpentier, un membre de LFI, le trésorier[14],[15].

Députée depuis 2017

Lors des élections législatives de 2017, Mathilde Panot est élue députée de la dixième circonscription du Val-de-Marne[16] avec 52,2 % des suffrages exprimés, en battant la candidate de La République en Marche, Sheerazed Boulkroun. À l'Assemblée nationale, elle est membre de la Commission du Développement durable et de l'Aménagement du territoire[17]. Le , après la nomination de François de Rugy au gouvernement, elle se présente[18] à l'élection pour la présidence de l’Assemblée nationale, face notamment à Richard Ferrand, qui est élu[19].

Le , lors d'une visite en Algérie pour rencontrer des personnalités politiques et des militants participant au Hirak[20], Mathilde Panot est interpellée par la police à Béjaïa, un foyer de la contestation. Elle est reconduite à Alger[21].

Le , alors qu'elle est sur le point de prendre la parole à l'Assemblée nationale, le député Pierre Henriet (Renaissance) la qualifie de « poissonnière », une invective qu'elle qualifie d'« injure sexiste »[22],[23],[24]. Pierre Henriet est sanctionné une semaine plus tard par un rappel à l'ordre avec inscription au procès-verbal, entraînant la privation d'un quart de son indemnité parlementaire pendant un mois[25].

En 2021, elle préside une commission d’enquête « relative à la mainmise sur la ressource en eau par des intérêts privés et ses conséquences » en Guadeloupe, alors qu'un quart des habitants ne disposent plus d’un accès quotidien à l’eau potable[26]. Le , elle présente le rapport final de la commission d'enquête adopté à l'unanimité de ses membres[27].

Le média en ligne Blast relève que la commission « a abattu un travail considérable » mais « n’est pas parvenue véritablement à répondre à la question, chacun [des acteurs de la distribution de l'eau] rejetant les responsabilités sur les autres… »[28]. Le principal responsable de l’effondrement du système guadeloupéen est la gestion « abracadabrantesque », selon la chambre régionale des comptes, du SIAEAG, le syndicat intercommunal de l’eau et de l’assainissement, sur la période 2005 - 2011[29]. En , elle saisit avec deux autres députés, la défenseure des droits pour « violation du droit à l'eau » des Guadeloupéens, ce qui impliquerait l'État français si la violation était avérée[30],[31].

Lors des législatives 2022, elle figure dans les quinze candidats à avoir dépassé 50 % au premier tour, dont onze de LFI, et a obtenu un des meilleurs scores nationaux de son parti[32].

Lors des élections législatives anticipées de 2024 consécutive à la dissolution de l'Assemblée Nationale par Emmanuel Macron, elle est réélue députée dès le premier tour avec 59,27 % des voix[33].

Présidente de groupe parlementaire

Le , elle est élue à l'unanimité vice-présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale, une fonction qui n'existait pas jusque-là[34].

Le , elle succède à Jean-Luc Mélenchon au poste de présidente du groupe parlementaire La France insoumise, et devient ainsi la plus jeune députée à présider un groupe parlementaire dans l'histoire de l'Assemblée nationale[35].

Le , Mathilde Panot est réélue à l’unanimité à la présidence du groupe La France insoumise-NUPES (LFI-NUPES) à l’Assemblée nationale[36].

À la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron en et des élections législatives qui s'ensuivent elle est réélue le à la présidence du groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire (LFI-NFP)[37].

Prises de position

Mathilde Panot (deuxième en partant de la gauche) à la marche des fiertés de Paris en 2017. À sa droite : Éric Coquerel, à sa gauche : Danièle Obono.

En , elle demande la création d’une commission d’enquête sur l'action des pouvoirs publics vis-à-vis de l'ouragan Irma[38], puis une seconde sur les circonstances de l’assassinat du président du Conseil national révolutionnaire du Burkina Faso, Thomas Sankara[39].

Engagée sur le thème de l'« écologie populaire »[40],[41], elle est chargée en 2018 par La France insoumise de la campagne « Sortir du nucléaire pour le 100% renouvelable »[42],[43] pour laquelle elle organise une votation citoyenne sur le thème du nucléaire en France. 314 530 personnes votent entre le 11 et le , en ligne ou dans l'un des 2 000 points de votation. La sortie du nucléaire obtient 93 % des suffrages[42]. À la suite des résultats de cette votation, elle présente une proposition de loi coécrite avec les citoyens pour la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables[44][source secondaire souhaitée].

Le , elle se bâillonne avec un foulard à la tribune de l'Assemblée nationale pour dénoncer la réforme du règlement de l'Assemblée nationale, qui réduit le temps de parole et le droit d'amendement des groupes politiques minoritaires[45].

En , elle lance avec Gaspard D'Allens[46], journaliste chez Reporterre, une « commission d'enquête citoyenne pour une gestion alternative des forêts », associant parlementaires, syndicalistes forestiers et membres d'associations de protection des forêts[47]. Le , une proposition de loi interdisant les coupes rases de plus de 2 hectares est déposée, cosignée par des députés des groupes Écologie démocratie solidarité, Communiste, Agir ensemble et Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (LIOT)[48].

En 2021, elle met en place avec plusieurs organisations politiques, associatives et syndicales, une votation citoyenne sur l'eau[49]. 294 912 personnes votent entre le et , en ligne ou dans l'un des 20 132 points de votation. L'inscription du droit à l'eau et à l'assainissement dans la Constitution, ainsi que la protection de l'eau et l'interdiction de son accaparement par les multinationales obtiennent 99,61 % des suffrages[50],[51].

Selon une étude de l'association Agir pour l'environnement, reprise par plusieurs médias[52],[53],[54] mais critiquée par L'Express[55], elle est de par ses votes  avec Delphine Batho  la députée la plus impliquée[56] dans la préservation de la planète et la lutte contre le dérèglement climatique de la XVe législature[57],[58].

En , elle dépose une proposition de loi visant à inscrire l'accès à l'IVG dans la Constitution[59],[60]. En , son initiative aboutit lorsque le Congrès inscrit dans la Constitution « la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse » (Article 34) après le travail qu'elle a mené avec la députée Aurore Bergé et les sénatrices Mélanie Vogel et Laurence Rossignol[61],[62].

Controverses

Lorsqu'elle est salariée de l'association L'Ère du Peuple, celle-ci la rétribue selon France Info 11 040 euros bruts pour 1 725 heures de travail (soit 2 208  brut/mois)[63] et selon LFI « près de 40 000 euros tous frais compris sur 9 mois »[64], travail facturé 87 150  au candidat Jean-Luc Mélenchon.

Le , elle déclenche une vive polémique en publiant, à l'occasion de la célébration du 80e anniversaire de la rafle du Vélodrome d'Hiver, un tweet dans lequel elle affirme qu'Emmanuel Macron « rend honneur » à Philippe Pétain[65]. Elle fait là référence à une polémique de , lorsque le président de la République avait, avant d'y renoncer, décidé d'inclure Philippe Pétain, en tant que général victorieux de la Première Guerre mondiale, dans l'hommage rendu par l'État aux chefs militaires de la Grande Guerre[66]. Malgré la réprobation d'une grande partie de la classe politique, y compris au sein de la NUPES à laquelle elle appartient, elle maintient ses propos[67].

Le , après l'attaque du Hamas contre Israël, Mathilde Panot désigne le Hamas comme étant « la branche armée qui est aujourd’hui responsable de crimes de guerre ». Cette déclaration suscite des critiques d'opposants politiques envers Panot et LFI, notamment des socialistes au sein de la NUPES[68],[69]. Le député Jérôme Guedj déplore ses propos en affirmant que « depuis samedi, en ne nommant pas le Hamas comme groupe terroriste, mais comme force armée qui commet des crimes de guerre, LFI légitime le Hamas et ses modes d’action. Et décide délibérément de s’isoler »[70].

Le , elle est convoquée par la police dans le cadre d'une enquête pour « apologie du terrorisme » à la suite d'un communiqué du groupe LFI à l'Assemblée nationale publié le , jour de l'attaque du Hamas contre Israël[71],[72]. Le , elle annonce que la plainte est classée sans suite[73].

Résultats aux élections législatives

Davantage d’informations Année, Parti ...
Année Parti Circonscription 1er tour 2d tour Issue
Voix % Rang Voix % Rang
2017[74] LFI 10e du Val-de-Marne 4 687 16,05 2e 12 547 52,22 1re Élue
2022[75] LFI (NUPES) 16 122 54,84 1re 18 739 67,63 1re Élue
2024[76] LFI (NFP) 25 536 59,27 1re Élue
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Notes et références

Voir aussi

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