Jérôme Guedj
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Jérôme Guedj | |
Jérôme Guedj à Paris, en 2010. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| En fonction depuis le (3 ans, 9 mois et 26 jours) |
|
| Élection | 19 juin 2022 |
| Réélection | 7 juillet 2024 |
| Circonscription | 6e de l'Essonne |
| Législature | XVIe et XVIIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | SOC |
| Prédécesseur | Stéphanie Atger |
| – (1 an, 9 mois et 10 jours) |
|
| Élection | 17 juin 2012 (suppléant) |
| Circonscription | 6e de l'Essonne |
| Législature | XIVe (Cinquième République) |
| Groupe politique | SRC |
| Prédécesseur | François Lamy |
| Successeur | François Lamy |
| – (2 jours) |
|
| Élection | 17 juin 2007 (suppléant) |
| Circonscription | 6e de l'Essonne |
| Législature | XIIIe (Cinquième République) |
| Groupe politique | NI |
| Prédécesseur | François Lamy |
| Successeur | François Lamy |
| Conseiller régional d'Île-de-France | |
| En fonction depuis le (4 ans, 9 mois et 15 jours) |
|
| Élection | 27 juin 2021 |
| Circonscription | Essonne |
| Président | Valérie Pécresse |
| Conseiller départemental de l'Essonne | |
| – (6 ans, 2 mois et 29 jours) |
|
| Élection | 29 mars 2015 |
| Circonscription | Canton de Massy |
| Prédécesseur | Canton recréé |
| Successeur | Nicolas Samsoen |
| Président du conseil général de l'Essonne | |
| – (4 ans et 2 jours) |
|
| Élection | 27 mars 2011 |
| Prédécesseur | Michel Berson |
| Successeur | François Durovray |
| Premier vice-président du conseil général de l'Essonne[Note 1] | |
| – (3 ans et 1 mois) |
|
| Président | Michel Berson |
| Prédécesseur | Thierry Mandon |
| Successeur | Francis Chouat |
| Conseiller général de l'Essonne | |
| – (17 ans et 5 jours) |
|
| Élection | 22 mars 1998 |
| Réélection | 28 mars 2004 27 mars 2011 |
| Circonscription | Canton de Massy-Est |
| Prédécesseur | Odile Moirin |
| Successeur | Canton supprimé |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Pantin (France) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | PS (depuis 1993) |
| Conjoint | Émilie Frèche |
| Diplômé de | IEP de Paris ENA |
| Profession | Inspecteur des affaires sociales |
| modifier |
|
Jérôme Guedj [ ʒeʁom ɡɛdʒ][1], né le à Pantin (Seine-Saint-Denis), est un homme politique et haut fonctionnaire français.
Membre du Parti socialiste au sein de l'aile gauche, il commence son parcours politique en tant qu'assistant parlementaire de Jean-Luc Mélenchon puis accède à son premier mandat électif en tant que conseiller général de l'Essonne dans le canton de Massy-Est en 1998. Il devient président du conseil général de ce même département en 2011 jusqu'à la victoire de la droite aux élections départementales de 2015, où il devient conseiller d'opposition.
Au niveau national, il est le suppléant de François Lamy de 1997 à 2002, et entre à l'Assemblée nationale durant la présence de ce dernier dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Alors que François Lamy est investi dans le Nord en 2017, il est investi sur son propre nom dans la circonscription dont il avait la suppléance depuis vingt ans mais échoue à se faire élire. Il est ensuite élu conseiller régional d'Île-de-France en 2021.
Favorable à la Nouvelle Union populaire écologiste et sociale, il est investi par le mouvement de l'union de la gauche et retrouve son siège de député à partir de 2022. Alors qu'il est l'un des socialistes les plus unionistes, les prises de positions des insoumis et les attaques qu'il subit de la part de son ancien mentor Jean-Luc Mélenchon après les attentats du 7 octobre le poussent à se rapprocher de l'aile droite du Parti socialiste et à refuser l'étiquette du Nouveau Front populaire, désormais farouchement hostile à toute alliance avec La France insoumise.
Le , il annonce sa candidature pour l'élection présidentielle de 2027.
Études et formation
Jérôme Guedj est issu d'une famille séfarade algérienne[2],[3]. Son père Jean-Pierre Guedj est un kinésithérapeute de l'Essonne, adjoint au maire de Massy[3]. Il a été à la tête de la communauté juive de la ville[4].
Jérôme Guedj est titulaire d'un baccalauréat C, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1992)[5] et élève de l'École nationale d'administration (promotion Victor Schœlcher, 1996)[6].
Carrière professionnelle
En 1996, à sa sortie de l'ENA, il entre à l'Inspection générale des affaires sociales[6].
Dans les années 2000, Jérôme Guedj codirige, avec Maryvonne Lyazid, un executive master de l'Institut d'études politiques de Paris, centré sur les politiques du handicap[7].
Jérôme Guedj exerce la fonction de gérant de la société J G Conseils, créée le . Cette société, domiciliée à Massy dans l'Essonne, a pour activité le « conseil aux collectivités locales, administrations publiques, associations, entreprises »[8]
Il est membre de la promotion 2013 du programme « Young Leaders » de la France China Foundation où il côtoie Emmanuel Macron, Chantal Jouanno, Édouard Philippe et Matthias Fekl[9].
Il crée en 2018 une entreprise de conseil qui compte parmi ses clients le groupe Korian[10], domiciliée dans le 6e puis dans le 14e arrondissement de Paris[11].
Parcours politique
Débuts aux côtés de Jean-Luc Mélenchon (1993-1997)
Jérôme Guedj adhère au Parti socialiste en 1993, où il est proche du courant de la Gauche socialiste fondé par Jean-Luc Mélenchon, dont il deviendra l'assistant parlementaire[12] et Julien Dray. Cette adhésion est la continuation de ses premières années d'engagement politique (1986-1988) au sein de SOS Racisme et d'opposition au projet de loi Devaquet à l'automne 1986.
Premiers mandats dans l'Essonne (1997-2011)
Lors des élections législatives françaises de 1997, il est désigné suppléant du candidat socialiste dans la sixième circonscription de l'Essonne, François Lamy, élu avec 53,12 % des suffrages[13]. Lors des élections cantonales de 1998, il est candidat dans le canton de Massy-Est et remporte le siège avec 55,89 % des suffrages[14]. Il devient vice-président du conseil général de l'Essonne, passé à gauche, chargé des affaires sociales[6].
Lors des élections municipales de , il conduit la liste d'Union de la gauche à Massy mais ne récolte que 40,67 % des suffrages[15]. Lors des élections cantonales de mars 2004 il est réélu conseiller général dans le canton de Massy-Est avec 56,96 % des suffrages[16].
En 2008, il se présente aux suffrages de la fédération départementale du Parti socialiste pour en briguer la présidence mais est battu par le président sortant Michel Berson[6]. Il est désigné le par les socialistes essonniens comme candidat à la présidence du conseil général[17].
Président du conseil général de l'Essonne (2011-2015)
Lors des élections cantonales de mars 2011, il est réélu dans le canton de Massy-Est avec 54,44 % des voix[18]. Le , il est élu président du conseil général de l'Essonne (succédant à Michel Berson, devenu sénateur). Engagé en faveur du droit à l’adoption par des couples de même sexe, il fait adopter une motion en faveur du mariage gay et accorde l'agrément pour l’adoption à un couple lesbien et un congé parental à la footballeuse Marinette Pichon et sa compagne, avant la légalisation de ces droits[19]. Il lance également le débat sur les aidants sexuels pour les personnes en situation de handicap[19].
Désigné suppléant de François Lamy réélu avec 57,77 % des suffrages lors des élections législatives de 2012 dans la sixième circonscription de l'Essonne[20], il devient député à la suite de la nomination du titulaire dans le second gouvernement de Jean-Marc Ayrault. En vue du congrès de Toulouse 2012, il est signataire de la motion « Maintenant la gauche »[21] et de la contribution « Le Temps de la Gauche » avec l’ancienne députée de l’Essonne Marie-Noëlle Lienemann[22]. En tant que député, il s'oppose à la réforme des retraites proposée par Jean-Marc Ayrault en raison de l'allongement de la durée de cotisation[23].
Les élections municipales de mars 2014 ayant pour conséquence un large remaniement gouvernemental, François Lamy n'est pas reconduit dans ses fonctions ministérielles. Alors que, selon un article du journal Le Parisien, son nom a circulé dans l'optique d'une éventuelle entrée au gouvernement, contre toute attente, le , Jérôme Guedj refuse d'accorder sa confiance au gouvernement Valls et s'abstient comme dix de ses camarades socialistes. La liste des secrétaires d'État, annoncée le , met fin à tout espoir d'entrée de ce dernier au gouvernement. Jérôme Guedj redevient donc simple suppléant de François Lamy. Il mène la liste de gauche aux élections départementales de 2015 mais perd la présidence du département au profil de François Durovray mais reste conseiller départemntal dans l'opposition.
Cadre du Parti socialiste (2015-2022)
Il est membre du conseil d'administration de la Fondation Marc-Bloch[24]. Il a également été membre du bureau national de l'association Pour la République sociale avant la dissolution de celle-ci dans le PG[réf. nécessaire]. Il est membre du Bureau national du Parti socialiste[25].
Il est membre de l'équipe de campagne d'Arnaud Montebourg pour la primaire citoyenne de 2017 ; il est l'un de ses porte-parole[26]. Après la victoire de Benoît Hamon, il devient l'un de ses porte-parole pour la campagne présidentielle[27]. Candidat socialiste titulaire aux élections législatives de 2017, il est éliminé dès le premier tour[28].
Fin , dans le cadre de la pandémie de Covid-19, il est chargé par le ministre de la Santé Olivier Véran d'une mission sur l'isolement des personnes âgées confinées[29].
Député de l'Essonne (depuis 2022)
Soutien puis opposant de l'union de la gauche (2022-2024)
Lors des élections législatives françaises de 2022, candidat de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale dans son ancienne circonscription, il retrouve son siège de député face à la députée sortante Amélie de Montchalin[30]. Au cours des mois suivants, il fait partie des députés socialistes les plus favorables à l'union de la gauche, y compris avec les insoumis[31], regrettant notamment l'absence de liste commune aux élections européennes de 2024[32]. À l'Assemblée, il travaille sur les dossiers liés aux affaires sociales[33] et notamment sur les questions liées au grand âge[34],[35].
Sa position vis-à-vis des insoumis change après les attentats du 7 octobre en Israël : après les avoir qualifiés d'« idiots utiles du Hamas » face à leur refus de désigner le mouvement islamiste comme terroriste, il subit de nombreuses attaques de leur part[36]. Jean-Luc Mélenchon lui-même le prend pour cible lors de la campagne des européennes, en l'accusant de soutenir le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou, ce que Jérôme Guedj perçoit comme une dénonciation de sa judéité[37].
Lors de législatives de juin 2024, il annonce se représenter dans sa circonscription de l’Essonne sous les couleurs du Parti socialiste, conformément à l'accord du Nouveau Front populaire, mais refuse de porter les couleurs de la coalition alors qu'il s'estime l'objet d'attaques antisémites de LFI[38]. Ce choix lui vaut d'être confronté à une candidature dissidente de son ancienne suppléante Hella Kribi-Romdhane, soutenue par la France insoumise [39],[36]. Il est finalement réélu au second tour face à la candidate du Rassemblement national[40]. Lors du renouvellement des trois présidences des commissions laissées vacantes après la nomination du gouvernement Barnier, il est désigné par les socialistes comme candidat du Nouveau Front populaire pour reprendre celle des affaires sociales, tandis que les affaires économiques et les affaires étrangères sont laissées respectivement aux Insoumis et aux écologistes. Les Insoumis et une partie des écologistes refusent de voter en sa faveur, arguant qu'il n'est pas membre du Nouveau Front populaire en raison de son refus de porter son étiquette lors des législatives et préférant le choix initial des socialistes Arthur Delaporte, pourtant non candidat à la présidence, avant de voter blanc lors du dernier tour de scrutin[Note 2],[41],[42].
Ralliement à l'aile droite du Parti socialiste (2025-2026)
Soutien d'Olivier Faure lors du congrès de Marseille du Parti socialiste en 2023, il signe en 2025 le texte d'orientation de Nicolas Mayer-Rossignol au congrès de Nancy de 2025[43],[44] qui refuse toute union avec La France insoumise[45]. En raison de ses prises de positions sur l'attaque du Hamas contre Israël d'octobre 2023 et la guerre à Gaza, il est personnellement pris pour cible et agressé verbalement lorsqu'il se rend au rassemblement place de la République à la suite du meurtre d'Aboubakar Cissé[46] puis à nouveau quelques jours plus tard lorsque les élus composant le cortège socialiste du sont agressés par des black blocks[47],[48]. Son intervention à la tribune du congrès de Nancy, où il accuse Jean-Luc Mélenchon, qu'il a « aimé profondément », est devenu un « salopard antisémite », suscite de vives réactions[49],[50]. Quelques jours plus tard, il affirme regretter l'insulte mais maintient la qualification d'antisémite porté à l'encontre de son ancien mentor[51].
Face au refus d'Olivier Faure d'acter un refus de tout accord électoral ou programmatique avec La France insoumise dans le texte de synthèse du congrès, le texte d'orientation porté par Nicolas Mayer-Rossignol refuse d'intégrer le secrétariat national, actant de facto pour Jérôme Guedj la fin de sa fonction de porte-parole du PS[45]. Il signe également une tribune appelant à rejeter le terme « islamophobie » en réaction à la création d'un secrétariat voué « à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie » au Parti socialiste[52],[53].
Candidature à l'élection présidentielle de 2027
Il annonce le sur France Inter sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 « pour porter la voix d'une gauche républicaine » et annonce ne pas vouloir participer à la primaire de la gauche unitaire souhaitée par Olivier Faure[54],[55]. Il fustige les accords locaux entre avec les candidats de la France insoumise lors des élections municipales de 2026[56],[57].
Positions politiques
Laïcité
Jérôme Guedj est secrétaire national à la laïcité du PS de 2020[58] à 2025[59]. Il défend une conception de la laïcité qu'il souhaite « non adjectivée » et « unificatrice », articulée autour de ce qu'il nomme la « République sociale » : lutter contre l'islamisme tout en combattant les discriminations. Signataire du manifeste fondateur du Printemps républicain, dont il n'est pas membre, il entretient des liens avec cette organisation, qui salue sa nomination, tout en affirmant s'en distinguer sur le fond[58]. Il cosigne lors du congrès du PS de 2025 une contribution intitulée « Laïcité : un principe d'émancipation au cœur du socialisme républicain », qui appelle à la neutralité religieuse des élus dans l'exercice de leur mandat[59].
Création d'un « Défenseur de la laïcité »
Guedj défend depuis 2022 la création d'un « Défenseur de la laïcité », autorité constitutionnelle indépendante calquée sur le modèle du Défenseur des droits. Dans une tribune publiée en dans Le Monde, cosignée avec Olivier Faure et Corinne Narassiguin, il estime que la laïcité aurait été transformée en « dogme abstrait brandi à tout-va » et plaide pour un principe « universel et intemporel » garantissant un cadre juridique protecteur des libertés de conscience et de culte[60]. En , il soumet une proposition constitutionnelle en ce sens. Selon le texte déposé, ce Défenseur, nommé pour six ans par le président de la République, veillerait au respect du principe de laïcité et pourrait être saisi par toute personne estimant qu'un service public a manqué à ce principe, se saisir d'office et proposer des modifications législatives ou réglementaires[60],[61].
Port de signes religieux
Guedj prend position en faveur de l'interdiction du port de l'abaya à l'école au nom de la laïcité. Il estime que l'abaya ou le qamis doivent être interdits lorsqu'ils sont portés de manière ostentatoire, selon lui conformément à la loi de 2004, et que les proviseurs ont besoin d'une doctrine claire pour traiter chaque situation avec discernement[62],[63]. En 2020, il critique l'UNEF en raison du port du voile d'une de ses porte-parole locales [58]. En 2025, lors des universités d'été du PS, il interpelle publiquement ses camarades sur la question d'éventuelles futures candidates voilées dans les alliances électorales aux municipales de 2026, estimant qu'il appartient aux socialistes de se « singulariser » des autres forces de gauche sur ce point[59]. Il s'exprime cependant contre une proposition de Gabriel Attal d'interdire le voile aux moins de 15 ans[64].
Critique de la conception de la laïcité d'autres formations politiques
Il accuse le Rassemblement national d'utiliser la laïcité afin de stigmatiser les musulmans, La France insoumise d'instiller l'idée que la laïcité serait par nature islamophobe[65], et les macronistes de « courir après la droite et l'extrême droite » sur ce sujet[64].
Conflit israélo-palestinien
Jérôme Guedj se définit à la fois comme « sioniste » et « propalestinien ». Il refuse d'employer les termes d'« État colonial », d'« apartheid » ou de « génocide » pour qualifier la situation en Israël et dans les territoires palestiniens, estimant que leur usage remet en cause la légitimité même de l'État d'Israël. Néanmoins, il s'oppose au gouvernement de Benyamin Netanyahou, se rend à Gaza en 2009 pour soutenir la cause palestinienne[43], et participe à des déplacements en Israël et en Cisjordanie organisés par des collectifs œuvrant pour la paix au Proche-Orient[44]. Il affirme également vouloir renouer le dialogue entre la gauche française et la gauche israélienne, alors que les liens entre les deux seraient selon lui devenus « moribonds »[66].
Il est l'un des premiers élus de gauche à rompre publiquement avec La France insoumise au lendemain du 7 octobre 2023, reprochant au mouvement de ne pas qualifier l'attaque du Hamas d'acte terroriste[44]. En , Guedj s'oppose publiquement au premier secrétaire du PS Olivier Faure au sujet de la proposition de ce dernier de pavoiser le drapeau palestinien sur les frontons des mairies lors la date de reconnaissance de l'État de Palestine par la France[67].
Son positionnement sur le sujet lui vaut des critiques à la fois d'une partie de la gauche radicale, notamment au sein de La France insoumise, qui lui reproche de partager une tribune avec des soutiens inconditionnels d'Israël, et de certains pro-israéliens lui reprochant d'être solidaire des Palestiniens[68],[69].
Santé
En 2018, Guedj cosigne une contribution santé favorable à l'accès aux soins pour tous, au tiers payant généralisé et à l'encadrement du secteur 2, tout en maintenant la liberté d'installation des médecins libéraux[70].
Il est particulièrement engagé sur la question du vieillissement démographique et de ses conséquences depuis la fin des années 1990, lorsqu'il occupe la vice-présidence du conseil départemental de l'Essonne chargé des affaires sociales[71]. Il consacre plusieurs rapports à cette question[72]. Président du département de l'Essonne à partir de 2015, il crée un service public des maisons de retraite. En 2020, Guedj accepte une mission confiée par le gouvernement Philippe sur l'isolement des personnes âgées pendant les confinements liés à la pandémie de Covid-19[71]. Il organise à la rentrée 2023 un « Tour de France » destiné à mobiliser élus et société civile en faveur d'une loi de programmation sur le « bien vieillir »[73].
Il préconise la création de ratios opposables personnels/pensionnaires dans les EHPAD, l'allongement des interventions à domicile et le renforcement de la lutte contre l'isolement[74]. Pour financer ces mesures, il s'appuie sur un constat de la Cour des comptes selon lequel le secteur du grand âge est le seul où les pouvoirs publics ne dépensent pas suffisamment[72].
Retraites
En 2013, il s'oppose à l'allongement de la durée de cotisation proposé par la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine[75]. En 2023, il est un opposant important à la réforme Borne[75]: fin février, il obtient que le ministre du Travail Olivier Dussopt rectifie le nombre de futurs retraités pouvant bénéficier d'une garantie de revenus d'au moins 85 % du Smic, le ramenant à 10000 à 20000 après avoir déjà mi-février reconnu que ce serait seulement 40000[76] face à des opposants dénonçant les critères oubliés dans la communication gouvernementale [77], Médiapart ayant révélé dès la mi-janvier que cette garantie "ne devrait s’appliquer intégralement que pour très peu de personnes"[78], au maximum 5% des retraités selon l'économiste Michaël Zemmour [77].
En 2024, s'il soutient initialement l'annulation du recul de l'âge de départ à la retraite à 64 ans lors des législatives, il préconise, à l'issue des élections, une suspension ou un gel de la réforme plutôt qu'une abrogation pure et simple, estimant que « la gauche n'a pas gagné » et qu'il convient de « rediscuter avec les partenaires sociaux ». Il appelle par ailleurs les forces politiques à des compromis, jugeant que le programme du NFP ne saurait constituer à lui seul la base d'une action gouvernementale[79].
Lutte contre le racisme
Il refuse l'utilisation du terme « islamophobie », qu'il accuse d'être instrumentalisé pour étouffer toute critique légitime de la religion[43],[60], avant d'assouplir sa position à la suite de l'assassinat d'Aboubakar Cissé, jugeant ces débats « inaudibles dans une période où il ne faut pas qu'une partie de la communauté nationale ne se sente pas soutenue »[80]. Hué par des militants La France insoumise et traité de « sale sioniste » lors de la marche contre l'islamophobie organisée à la suite de l'assassinat, il dénonce « la fin de l'antiracisme unitaire, de l'universalisme » et un « séparatisme » au sein de la gauche antiraciste[80]. Il déplore par ailleurs en 2023 que le combat antiraciste soit devenu, selon lui, « une concurrence victimaire »[81].
Synthèse des fonctions politiques
Mandats nationaux
Député de la sixième circonscription de l'Essonne
À la suite de la nomination de François Lamy dans le second gouvernement de Jean-Marc Ayrault, Jérôme Guedj devient député de la sixième circonscription de l'Essonne. Il est membre de la commission des Affaires sociales[82]. Il redevient simple suppléant en 2014.
En préparation des élections législatives françaises de 2017, les militants socialistes de la 6e circonscription de l’Essonne ont adopté, à une large majorité, la candidature de Jérôme Guedj, mais ne totalisant que 13,1 % des voix, celui-ci n'accède pas au second tour, battu par les candidats de la République en Marche et de l'UDI/LR dès le premier tour[83].
Il fait l'objet d'une campagne d'attaques qu'il juge antisémites en 2023-2024 dans un contexte de guerre à Gaza. Il est notamment pris pour cible publiquement par Jean-Luc Mélenchon et sur les réseaux sociaux[84],[85],[86]. Cette campagne d'attaques se poursuit lors de la campagne électorale des européennes au printemps 2024 lorsqu'il est de nouveau pris pour cible à plusieurs reprises par Jean-Luc Mélenchon qui met en avant sa judéité[37]. La raison de cet affrontement repose dans leurs vues divergentes de la guerre à Gaza, Jérôme Guedj qualifiant les Insoumis d'« idiots utiles » du Hamas face à leur refus de désigner le mouvement islamiste comme « terroriste »[36]. Guedj déclare au Monde y voir en réalité une intention de Jean-Luc Mélenchon de s'en prendre à la tête de liste PS Raphaël Glucksmann, lui aussi juif[37]. Il dit voir dans les discours de Mélenchon « une sémantique aux relents nauséabonds et qui a souvent été antisémite »[87]. Lorsqu'il est investi candidat PS en vue des législatives de juin 2024, il indique refuser de porter les couleurs du Nouveau Front populaire en raison des attaques subies lors des mois précédents et venant du parti de Jean-Luc Mélenchon[88].
Mandats locaux
Il est conseiller municipal d'opposition de Massy du jusqu'à sa démission en , une fois élu député.
Jérôme Guedj est élu conseiller général du canton de Massy-Est le . Il est président du conseil général de l'Essonne de 2011[19] à 2015. À ce titre, il est membre de droit du conseil du syndicat des transports d'Île-de-France où il préside la commission de la qualité de service[89]. Il perd son siège de président du conseil général à la suite de la défaite de la gauche dans ce département qui ne conserve que 6 cantons sur 21 lors des départementales de 2015[90]. Jérôme Guedj est toutefois élu dans le canton de Massy, mais ne se représente pas en 2021 pour être la tête de liste dans l'Essonne de la liste socialiste pour les élections régionales de 2021[19],[91]. La droite remportant l'élection, Jérôme Guedj devient conseiller régional d'opposition[92].
Résultats électoraux
Élections législatives
| Année | Parti | Circonscription | 1er tour | 2d tour | Issue | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | Voix | % | Rang | |||||
| 2017 | PS | 6e de l'Essonne | 5 385 | 13,06 | 3e | Éliminé | ||||
| 2022[93] | 15 730 | 38,31 | 1er | 21 213 | 53,36 | 1er | Élu | |||
| 2024[94] | 19 280 | 34,44 | 1er | 38 991 | 74,26 | 1er | Élu | |||
Élections cantonales puis départementales
| Année | Parti | Canton | Binôme | 1er tour | 2d tour | Issue | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Rang | Voix | % | Rang | ||||||
| 1998 | PS | Massy-Est | 2 078 | 35,49 | 1er | 2 935 | 55,89 | 1er | Élu | ||
| 2004 | 2 492 | 40,51 | 1er | 3 713 | 56,96 | 1er | Élu | ||||
| 2011 | 1 514 | 34,61 | 1er | 2 483 | 54,44 | 1er | Élu | ||||
| 2015 | Massy | Rafika Rezgui | 6 717 | 40,01 | 1er | 8 399 | 51,54 | 1er | Élu | ||