NameExoWorlds
From Wikipedia, the free encyclopedia
NameExoWorlds (nom anglais signifiant littéralement « Nommez des exo-mondes ») est une campagne de l'Union astronomique internationale (UAI) dont le but est d'attribuer un nom à des exoplanètes ainsi qu'à leurs étoiles hôtes. Ces noms peuvent être utilisés officiellement pour désigner les objets concernés en alternative aux désignations (catalogue) mais ne les remplacent pas : les deux systèmes sont tous les deux officiels et ont même valeur légitime.
La campagne en cours de 2022 est la troisième après celles de 2015 et de 2019.
Les noms proposés doivent respecter les conventions et restrictions (Naming Rules and Restrictions) adoptées, pour les objets du Système solaire, par l'Union astronomique internationale (UAI) et le Centre des planètes mineures (MPC). En particulier, les noms proposés doivent :
- être longs, au plus, de seize caractères ;
- être formés, de préférence, d'un mot unique ;
- être prononçables, dans autant de langues que possible ;
- n'être offensants dans aucune langue ou culture ;
- ne pas être trop proches du nom existant d'un autre objet astronomique.
De plus :
- les noms d'animaux de compagnie sont à bannir ;
- les noms de nature purement ou principalement commerciale ne sont pas autorisés ;
- les noms de personnes, lieux ou événements principalement connus pour leur activité politique, militaire ou religieuse ne sont pas acceptés ;
- les noms de personnes vivantes ne sont pas permis.
1re édition (2015)
Procédure
NameExoWorlds est une consultation publique initiée par l'Union astronomique internationale (UAI) et organisée conjointement par celle-ci et le projet de science citoyenne Zooniverse. Cette procédure débuta en , s'acheva en par l'annonce des noms choisis lors d'une cérémonie publique qui eut lieu dans le cadre de la 29e assemblée générale de l'Union astronomique internationale tenue à Honolulu (Hawaï, États-Unis).
Choix des systèmes
Les 305 exoplanètes[1] ont été sélectionnées par le groupe de travail « Exoplanètes pour le public », présidé par Alain Lecavelier des Étangs et composé de cinq autres membres : Andrew Collier Cameron, Christopher John Lintott (en), Eric E. Mamajek, Geoffrey W. Marcy et Didier Queloz.
Il s'agit d'exoplanètes découvertes avant le et dont l'existence est quasi-certaine. Le choix de cette date est d'avoir eu suffisamment de temps pour collecter des données permettant de confirmer ou non leur existence. Ces planètes se trouvent dans 260 systèmes planétaires hébergeant d'une à cinq planètes.
Liste des objets concernés et résultat de la procédure
Cette liste regroupe les 260 systèmes dont au moins une planète a été découverte avant le . Une période de cinq ans depuis la découvertes a été considéré comme un critère satisfaisant pour considérer une planète comme confirmée. Ces planètes ont été découvertes par différentes méthodes, parmi lesquelles les vitesses radiales, les transits, les microlentilles et l'imagerie directe. Ces 260 systèmes rassemblent 305 planètes.
Parmi les étoiles des systèmes à baptiser, cinq ont déjà un nom traditionnel : Fomalhaut (α Piscis Austrini), Pollux (β Geminorum), Errai (γ Cephei), Edasich (ι Draconis) et Ain (ε Tauri). Elles ne font donc pas partie des objets à baptiser.
Première série d'objets à nommer : le « Top 20 »

Ce « top 20 » est constitué de vingt systèmes dont la procédure de nommage des membres est en cours. Cinq des étoiles ayant déjà un nom vulgaire, seules quinze étoiles sont à nommer. Les 32 planètes qui accompagnent ces vingt étoiles sont pour leur part toutes à baptiser. La répartition en est la suivantes :
- 5 systèmes avec une planète à nommer
- 10 systèmes avec une étoile et une planète à nommer
- 1 système avec une étoile et deux planètes à nommer
- 2 systèmes avec une étoile et trois planètes à nommer
- 1 système avec une étoile et quatre planètes à nommer
- 1 système avec une étoile et cinq planètes à nommer.
La liste des noms proposés sont annoncés le mardi lors d'une session spéciale de la 29e assemblée générale de l'Union astronomique internationale. Le public est alors invité à voter pour choisir les noms. Les résultats finaux sont annoncés en .
| Désignation de l'étoile[2] |
Nom de l'étoile[2] | Citation de nommage[2] | Commentaires | Désignation de la planète[2] | Nom de la planète[2] | Citation de nommage[2] | Commentaires | Origine de la proposition[2] |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Iota Draconis | Edasich | Déjà nommée | L'étoile ayant déjà un nom « populaire » ne fait pas partie des objets à baptiser. | Iota Draconis b | Hypatie (Hypatia) | Hypatie astronome, mathématicienne et philosophe grecque. Elle dirigea l'école néoplatonicienne d'Alexandrie au début du Ve siècle. Elle s'est fait tuer par une foule chrétienne en 415. |
— | Hypatia, association d'étudiants, faculté de physique de l'université Complutense de Madrid (Espagne) |
| Gamma Cephei A | Errai | Déjà nommée | L'étoile ayant déjà un nom « populaire » ne fait pas partie des objets à baptiser. | Gamma Cephei Ab | Tadmor | Ancien nom sémitique et nom arabe moderne de la ville de Palmyre, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. | — | Association syrienne d'astronomie (Syrie) |
| Alpha Piscis Austrini | Fomalhaut | Déjà nommée | L'étoile ayant déjà un nom « populaire » ne fait pas partie des objets à baptiser. | Alpha Piscis Austrini b | Dagon | Dagon est une divinité sémitique, souvent représentée mi-homme, mi-poisson. |
— | St. Cloud State University Planetarium (États-Unis) |
| Beta Geminorum | Pollux | Déjà nommée | L'étoile ayant déjà un nom « populaire » ne fait pas partie des objets à baptiser. | Beta Geminorum b | Thestias | Thestias est le patronyme de Léda et de sa sœur Althée, les filles de Thestios. Léda est une déesse grecque, mère des jumeaux Castor et Pollux, d'Hélène et de Clytemnestre. |
Le nom proposé à l'origine, « Léda », est déjà attribué à un astéroïde et à un satellite de Jupiter. Le nom « Althée » est aussi donné à un astéroïde. | TheSkyNet (Australie) |
| HD 104985 | Tonatiuh | Tonatiuh est le dieu aztèque du Soleil. | — | HD 104985 b | Meztli | Metztli est la déesse aztèque de la Lune. | — | Sociedad Astronomica Urania (Mexique) |
| Epsilon Eridani | Ran | Ran est la déesse nordique des mers, qui soulève les vagues et capture les marins dans ses filets. | — | Epsilon Eridani b | AEgir | Ægir est l'époux de Ran, personnification divine de l'océan. Ils font partie des « jötnar », qui règnent dans l'Univers extérieur. Ils ont ensemble neuf filles. | Noter la différence typographique entre « AEgir » et « Ægir », la translittération du norvégien. Le même nom, écrit « Ægir », est déjà attribué à un satellite de Saturne, découvert en 2004. | Élèves de 8th grade du collège de Mountainside (États-Unis) |
| 14 Andromedae | Veritate | Du latin veritas, « vérité » dont la forme ablative signifie « là où se trouve la vérité ». | Le nom d'abord proposé, « Veritas », est déjà porté par un astéroïde du système solaire. | 14 Andromedae b | Spe | Du latin spes, « espoir » dont la forme ablative signifie « là où se trouve l'espoir ». | — | Société royale d'astronomie du Canada, Thunder Bay Centre (Canada) |
| 42 Draconis | Fafnir | Fáfnir est un nain de la mythologie nordique qui devient un dragon. | — | 42 Draconis b | Orbitar | « Orbitar » est un néologisme qui rend hommage aux lancements spatiaux et aux opérations orbitales de la NASA. | — | Brevard Astronomical Society (États-Unis) |
| 51 Pegasi | Helvetios | Helvetios est le nom latin pour Helvètes, la tribu celte qui vivait sur une partie du territoire actuel de la Suisse dans l'Antiquité. | — | 51 Pegasi b | Dimidium | Dimidium signifie « demi » en latin, faisant référence à la masse de la planète, au moins égale à la moitié de celle de Jupiter. | Planète surnommée Bellérophon. 1re planète découverte par la méthode des vitesses radiales. 1re planète découverte grâce à ÉLODIE. |
Astronomische Gesellschaft Luzern (Suisse) |
| 18 Delphini | Musica | Musica est le mot latin pour « musique ». | — | 18 Delphini b | Arion | Arion est un génie de la poésie et de la musique de la Grèce antique. Selon la légende, sa vie fut sauvée en mer par des dauphins après qu'ils les eut attirés en jouant de sa cithare. | — | Tokushima Prefectural Jonan High School Science Club (Japon) |
| Epsilon Tauri | Ain | Déjà nommée | L'étoile ayant déjà un nom « populaire » ne fait pas partie des objets à baptiser. | Epsilon Tauri b | Amateru | « Amateru » est une appellation courante au Japon pour les sanctuaires consacrés à Amaterasu, la déesse shinto du Soleil, née de l’œil gauche du dieu Izanagi. | Le nom proposé à l'origine, Amaterasu, est déjà utilisé pour un astéroïde. | Kamagari Astronomical Observatory (Japon) |
| HD 149026 | Ogme (Ogma) |
Ogme est une divinité de l'éloquence et de l'écriture, dotée d'une grande force physique dans les mythologies celtiques de l'Irlande et de l'Écosse. Elle peut être reliée à la divinité gallo-romaine Ogmios. | Le nom « Ogmios » est déjà attribué à un astéroïde. | HD 149026 b | Smertrios | Smertrios est une divinité celtique de la guerre. | — | Club d'Astronomie de Toussaint (France) |
| HD 81688 | Intercrus | Intercrus signifie « entre les jambes » en latin, et fait référence à la position de l'étoile dans la Grande Ourse. |
— | HD 81688 b | Arcas (Arkas) |
Arcas est le fils de Zeus et de Callisto (la Grande Ourse) dans la mythologie grecque. |
— | Okayama Astro Club (Japon) |
| Xi Aquilae | Libertas | Libertas est le mot latin pour « liberté », en référence aux libertés civiles. C'est pour rappeler qu'il y a toujours des gens privés de liberté dans le monde. La constellation de l'Aigle représente un aigle, symbole populaire de la liberté. | — | XI Aquilae b | Fortitudo | Fortitudo est le mot latin pour « fortitude », qui désigne la force morale face à l'adversité, comme incarnée par l'aigle éponyme de la constellation de l'Aigle. | — | Libertyer, association d'étudiants à l'université Hōsei (Japon) |
| Mu Arae | Cervantes (Cervantès) |
Miguel de Cervantes Saavedra (1547-1616) : écrivain espagnol auteur de Don Quichotte. | — | Mu Arae b | Quichotte (Quijote) | Personnage principal de Don Quichotte. | — | Planétarium de Pampelune (Espagne) |
| — | Mu Arae c | Dulcinée (Dulcinea) |
Personnage dont Don Quichotte est amoureux. | — | ||||
| — | Mu Arae d | Rossinante (Rocinante) |
Cheval de Don Quichotte dans Don Quichotte. | — | ||||
| — | Mu Arae e | Sancho | Écuyer de Don Quichotte dans Don Quichotte. | — | ||||
| Tau Bootis | Aucun nom approuvé | — | Étoile retirée | Tau Bootis b | Aucun nom approuvé | — | Planète retirée | — |
| PSR B1257+12 | Liche (Lich) |
La liche est une créature morte-vivante de la mythologie nordique, connue pour contrôler les autres morts-vivants par la magie. | — | PSR B1257+12 b | Draugr | Un draugr est une créature morte-vivante de la mythologie nordique. | — | Planetarium Südtirol Alto Adige (Italie) |
| — | PSR B1257+12 c | Poltergeist | Un poltergeist est un être surnaturel qui provoque des anomalies physiques (d'un mot allemand pour « esprit bruyant »). | — | ||||
| PSR B1257+12 d | Phobétor (Phobetor) | Phobétor est une divinité mythologique grecque des cauchemars, fils de Nyx, déesse de la Nuit. | — | |||||
| Upsilon Andromedae | Titawin | Titawin (aussi connue comme la médina de Tétouan) est une ville du nord du Maroc et un site du patrimoine mondial de l'UNESCO. Il s'agit historiquement d'un important lieu de rencontre entre deux civilisations (espagnole et arabe) et deux continents (Europe et Afrique). | — | Upsilon Andromedae b | Saffar | Saffar : Ibn al-Saffar enseignait l'arithmétique, la géométrie et l'astronomie au XIe siècle à Cordoue en Andalousie (Espagne moderne), il est l'auteur d'un traité sur l'utilisation de l'astrolabe. | — | Club d'astronomie Véga (Maroc) |
| — | Upsilon Andromedae d | Majriti | Majriti : Maslama al-Mayriti, mathématicien, astronome et enseignant de l'Andalousie des Xe siècle et XIe siècle. | — | ||||
| — | Upsilon Andromedae c | Samh | Samh : Ibn al-Samh, astronome et mathématicien de l'école de Majriti à Cordoue (Andalousie) au XIe siècle. | — | ||||
| 55 Cancri | Copernic (Copernicus) | Nicolas Copernic (Mikolaj Kopernik ou Nicolaus Copernicus, 1473-1543), astronome polonais : il proposa le modèle héliocentrique du système solaire dans son livre De revolutionibus orbium . |
— | 55 Cancri c | Brahe | Tycho Brahe (1546-1601) noble danois et astronome : il fit des observations astronomiques précises des étoiles et des planètes. Ses notes furent décisives pour la formulation des trois lois du mouvement planétaire par Kepler. |
|
Association royale néerlandaise de météorologie et d'astronomie (Pays-Bas) |
| — | 55 Cancri d | Lipperhey | Hans Lippershey (1570-1619) lunetier et "lens grinder" germano-néerlandais : on lui attribue l'invention du télescope réfracteur (lunette astronomique)* en 1608. | |||||
| — | 55 Cancri e | Janssen | Jacharias Janssen (années 1580-années 1630) lunetier néerlandais : il lui est attribuée l'invention du microscope et, de façon plus controversée, l'invention du télescope*. | |||||
| — | 55 Cancri f | Harriot | Thomas Harriot (v. 1560-1621) astronome, mathématicien, ethnographe et traducteur anglais : il lui est attribué le premier dessin de la Lune d'après des observations au télescope*. | |||||
| — | 55 Cancri b | Galilée (Galileo) | Galilée (Galileo Galilei, 1564-1642) astronome et physicien italien : souvent nommé le « père de l'astronomie d'observation » et le « père de la physique moderne ». Avec un télescope*, il découvrit les quatre plus grands satellites de Jupiter et fit la première observation des phases de Vénus. | |||||
| 47 Ursae Majoris | Chalawan | Chalawan est un roi crocodile mythologique d'un conte thaïlandais. | — | 47 Ursae Majoris b | Taphao Thong | Taphao Thong est l'une des deux sœurs dans le conte thaïlandais de Chalawan. | — | The Thai Astronomical Society (Thaïlande) |
| — | 47 Ursae Majoris c | Taphao Kaew | Taphao Kaew est l'une des deux sœurs dans le conte thaïlandais de Chalawan. | — |
Liste des noms attribués dans la campagne
Ce sont 260 systèmes qui ont été sélectionnées pour la campagne de nommage.
2e édition (2019)
La deuxième édition de NameExoWorlds se tient dans le cadre de la célébration du centenaire de l'Union astronomique internationale. Pour cette édition, un système constitué d'une étoile et d'une planète est attribué à chaque pays participant. Le système attribué à chaque pays est tel qu'il est observable avec un petit télescope (magnitude entre 6 et 12) à la latitude de la capitale du pays considéré. Par ailleurs, chaque système a un lien (auteurs de la découverte, observatoire de découverte...) avec le pays auquel il a été attribué.
Liste des systèmes
N.-B. : Les noms de pays utilisés sont ceux utilisés par l'Union astronomique internationale.
Les liens sur les désignations pointent vers l'article sur le corps céleste (étoile ou planète). Les liens sur les noms propres pointent vers l'éponyme correspondant.