Orthros (liturgie)
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Les psaumes cités dans le texte sont numérotés selon la tradition grecque byzantine de la Septante[1].
L'Orthros (du grec ancien : ὄρθρος, orthros, « aube ») est, dans les Églises d'Orient — Églises orthodoxes et Églises catholiques de rite byzantin — la dernière des quatre Heures canoniales du service de nuit, avec les Vêpres, l'Apodeipnon (complies) et l'office de minuit. On l'appelle en slavon d'église Оўтреня (Oútrenya). Dans les monastères traditionalistes, il est célébré quotidiennement de façon à se terminer avec le lever du soleil. Dans les paroisses, il n'est normalement servi que les dimanches et jours de fête. On l'appelle parfois matines, par analogie avec le service qui lui correspond le mieux dans la liturgie de l'Église latine ; même si, du point de vue de sa temporalité, il correspondrait plutôt aux laudes.
L'Orthros est le plus long et le plus complexe des offices quotidiens. Il est normalement célébré à l'aube, parfois — en particulier dans les monastères — précédé de l'Office de minuit ; il est habituellement suivi du service de prime. Lors des grandes fêtes, il fait partie des Vigiles nocturnes, en conjugaison avec les Vêpres et l'office de Prime. Dans la tradition slave, les vigiles sont célébrées lors de chaque nuit de samedi à dimanche. Dans la tradition grecque, l'Orthros est célébré juste avant la Divine Liturgie du dimanche matin.
La partie fixe de l'Orthros, ou akolouthia, est composée essentiellement de psaumes et d'ecténies (ou litanies). La partie variable, ou séquence, est composée d'hymnes et de canons de l'Octoechos et du Menaion. Lors du grand carême, certaines portions de l'Octoechos et du Menaion sont remplacés par des hymnes du Triodion et, lors du temps pascal, par des extraits du Pentecostarion. Les dimanches, on procède également à des lectures de l'Évangile et on chante des hymnes sur la Résurrection.
- L'Orthros s'ouvre par ce qu'il est convenu d'appeler l'Entrée royale : les psaumes 19 et 20, parce que ces psaumes sont attribués au Roi David et qu'ils évoquent le Messie, le “Roi des rois”. Autrefois, une ecténie mentionnait aussi l'Empereur en titre par son nom. (L'Entrée royale est omise lors des Vigiles nocturnes ainsi que lors du temps pascal : elle est alors remplacée par le tropaire pascal chanté trois fois) :
- Bénédiction d'entrée du prêtre : Béni est notre Dieu… ; lecteur : Amen. Roi céleste…, suivi de la prière du Trisagion. (La lecture O Roi des Cieux… est omise entre Pâques et la Pentecôte) ;
- Psaumes 19 et 20 au cours desquels le prêtre encense l'église et les fidèles ;
- À lui soit la gloire… (II Pierre, 3:18), suivi des prières du Trisagion ;
- Les tropaires royaux :
- Tropaire de la Croix : O Seigneur, bénit ton peuple et sa descendance, donne aux croyants (autrefois : à l'Empereur) la victoire sur les ennemis ; et par le pouvoir de Ta croix, préserve Ton Église ;
- Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit ;
- Kontakion de la Croix : Toi qui a souffert sur la Croix, accorde Ta miséricorde à Tes fidèles, O Jésus-Christ notre seigneur ; réjouis-nous de ta puissance, nous accordant la victoire sur nos ennemis ; que nous ayons, par Ta grâce, l'arme de la Paix, trophée invincible ;
- Aujourd'hui, à jamais et dans les siècles des siècles ;
- Theotokion : O intercession miraculeuse, ô Bonne Mère, ne dédaigne pas notre prière ; O Theotokos célébrée, établit le règne de l'Église, sauve les chrétiens et accorde la victoire aux puissances célestes, car Dieu t'entend, ô Toi la Bienheureuse.
- Le prêtre dit une brève litanie.
- Ecphonèse du prêtre : Gloire à la Sainte Trinité, consubstantielle, indivisible et source de vie, toujours, aujourd'hui, à jamais et dans les siècles des siècles ;
- L'Hexapsalme : les six psaumes 3, 37, 62, 87, 102 et 142[2] au cours desquels le prêtre dit douze prières silencieuses, six face à l'autel et six face aux Saintes Portes ;
- Litanie de la Paix, appelées aussi Grande Litanie[3] ;
- Theos Kyrios (Dieu est le Seigneur…) et l'apolytikon (tropaire du jour) ;
- Psautier (dont deux ou trois sections sont utilisées, selon la saison liturgique). Pour chaque section, on suit l'ordre suivant :
- Kathisma (section du psautier) ;
- Petite Litanie ;
- Hymnes de conclusion (Grec: kathismata, Slavon d'Église: sedálen) ;
- Les dimanches et jours de fête :
- L'Hypakoë est chanté en prélude à la lecture évangélique ;
- L'Anabathmoi, fondés sur les quinze psaumes 119 à 133, (appelé aussi Cantique des degrés) ;
- Le Prokeimenon
- L'ordre des lectures évangéliques est le suivant :
- Diacre : Prions le Seigneur ; Chœur : Seigneur, aie pitié ; le prêtre répond avec une ecphonèse ;
- Diacre : Que toutes les créatures vivantes prient le Seigneur ;
- Le prêtre lit l'Évangile ;
- Psaume 50 (Miserere en latin) ;
- Canon ;
- Laudes ou chants de louange (Grec: Ainoi) : Psaumes 148, 149, 150 ; les dimanches ou jours de fête, des stichères sont insérés entre les versets finals ;
- Fin de l'office :
- Le Doxastikon (hymne de Gloire) est l'hymne plus long et le plus riche du service ;
- Dimanches et jours de fête : Grande Doxologie, suivie de l'apolytikon, de deux litanies et du Renvoi des fidèles ;
- Jours de semaine : Petite Doxologie suivie d'une première litanie, de l'apostiche, de la séquence du Trisagion, de l'apolytikon et de la seconde litanie (il n'y a pas de renvoi).
- Office de Prime