Première présidence de Jacques Chirac

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Première présidence de Jacques Chirac

Président de la République française

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Type
Type Président de la République française
Résidence officielle Palais de l'Élysée, Paris
Élection
Mode de scrutin Scrutin uninominal majoritaire à deux tours
Élection 1995 (septennat)
Début du mandat
Fin du mandat
Durée 6 ans, 11 mois et 29 jours
Présidence
Nom Jacques Chirac
Date de naissance
Date de décès (à 86 ans)
Appartenance politique Rassemblement pour la République
Représentation
1re législature Xe
492  /  577
Membres 577 députés
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Composition de la législature depuis le .
Groupes politiques
2de législature XIe
319  /  577
Membres 577 députés
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Composition de la législature depuis le .
Groupes politiques
Gouvernements
Juppé I Juppé II
Jospin I
Divers
Voir aussi Politique de la France

La première présidence de Jacques Chirac est une période de l'histoire de France qui s'étend du au .

L'investiture de Jacques Chirac de 1995 désigne l'ensemble des évènements relatifs à la passation des pouvoirs entre François Mitterrand et Jacques Chirac à l'issue de l'élection présidentielle française de 1995. Elle marque le début de la présidence de Jacques Chirac (1995-2002).

Gouvernement d'Alain Juppé (1995-1997)

Jacques Chirac est élu le et prend ses fonctions le 17 mai, succédant à François Mitterrand. À son arrivée à l'Élysée, il nomme Alain Juppé Premier ministre. Ce dernier met l'accent sur la lutte contre le déficit budgétaire et la dette de l'État afin de respecter le pacte de stabilité de l'Union européenne et d'assurer l'arrivée de l'euro.

Le à l'occasion du 53e anniversaire de la rafle du vélodrome d'hiver, Jacques Chirac reconnait « la faute collective » de la France et déclare : « ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français[1]. »

Dès , une de ses toutes premières décisions est d'effectuer une ultime campagne d'essais nucléaires français avant la signature du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE) en 1996, afin de permettre au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de développer son programme Simulation. Cette décision, prise au moment du cinquantenaire des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, provoque un tollé, en particulier en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Japon, aux États-Unis et dans les milieux écologistes, sans qu'il cède : la campagne d'essais a lieu.

Jacques Chirac et Bill Clinton, le

La politique internationale de la France change subitement en Yougoslavie, où le président décide, à la suite du meurtre de soldats français pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine, une participation à l'intervention armée conduite par l'OTAN en soutien de l'offensive de l'armée croate contre les milices serbes, ce qui met fin à la guerre civile. Il mène parallèlement une politique qui le rapproche des pays arabes tout en travaillant au processus de paix dans le conflit israélo-palestinien. La France rejoint le comité militaire de l'OTAN, après avoir tenté d'obtenir pour un militaire européen (en fait, français), le commandement sud de l'OTAN, basé à Naples.

Le , le président annonce sa décision de professionnaliser les armées et de suspendre le service national. Ce choix de suspension, et non d'abolition, doit permettre de le rétablir en cas de conflit armé.

Le , il se rend en Israël et se met en colère contre le chef de la sécurité israélienne en l'accusant de provocation à l'égard des commerçants palestiniens.

De plus en plus impopulaire, le gouvernement d'Alain Juppé doit affronter des grèves massives durant l'hiver 1995-1996, dues à la réforme des retraites du public et au gel du salaire des fonctionnaires. Devant l'essoufflement de sa majorité, il risque une dissolution, attendue par beaucoup et probablement conseillée par Dominique de Villepin, de l'Assemblée nationale le , soit onze mois avant la date prévue. Pris de court, ni son parti ni son électorat ne comprennent son geste tandis que l'opposition crie à la manœuvre. Les élections qui suivent voient la victoire de la « gauche plurielle », menée par Lionel Jospin. Jacques Chirac nomme ce dernier Premier ministre.

Cohabitation sous le gouvernement Lionel Jospin (1997-2002)

La Troisième cohabitation est bien plus longue que les précédentes, puisqu'elle dure cinq ans. Le président et le Premier ministre tentent de parler d'une seule voix dans le cadre de l'Union européenne ou de la politique étrangère, se rendant ensemble aux sommets européens (comme lors des deux autres cohabitations), même si on y assiste parfois à des passes d'armes verbales entre les deux hommes.

C'est à cette époque qu'éclatent les affaires politico-financières au sujet du RPR et de la mairie de Paris (voir ci-dessous). À l'initiative d'un député socialiste, Arnaud Montebourg, trente députés (dix-neuf PS, quatre « verts », quatre radicaux, deux PCF et un MDC) déposent une motion demandant la traduction de Jacques Chirac devant la Haute cour. La motion est rejetée. Dans une décision du [2], le Conseil constitutionnel, présidé alors par Roland Dumas, confirme au président son immunité telle qu'elle est définie dans la constitution.

Le gouvernement Jospin connaît une popularité importante, marquée par la loi des 35 heures, la baisse du chômage et la reprise économique mondiale de la fin du siècle. Partant favori, le Premier ministre décide de rétablir le calendrier initial des élections (la présidentielle avant les législatives) et surtout obtient du président (et pressé également par l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing) d'abord très réticent, qu'il propose la modification de la Constitution pour transformer le septennat en quinquennat. Le la réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans est adoptée par un référendum marqué par une abstention record. (30,19 % de participation, 73,21 % de oui 26,79 % de non).

Face à la pression de ses soutiens, les sondages lui étant peu favorables, Jacques Chirac décide d'annoncer plus tôt que prévu sa candidature pour l'élection présidentielle, le lors d'un meeting à Avignon, devançant ainsi Lionel Jospin (ce dernier annonce sa propre candidature le 20 février).

S'appuyant sur la jeune garde des députés RPR, il favorise la formation progressive d'un nouveau parti qui doit voir la fusion du RPR, de l'UDF et de DL : l'Union pour la majorité présidentielle. Les futurs éléments de ce nouveau parti (que l'UDF, dirigée par François Bayrou, refuse de rejoindre) développent les thèmes de la sécurité et de la baisse des impôts.

Après un début de campagne moyen, Jacques Chirac prend du poil de la bête à la suite des erreurs de Lionel Jospin (la phrase « Un président vieilli et usé » choque). Fort de sa grande expérience des campagnes présidentielles, Jacques Chirac mène alors une campagne dynamique, notamment sur les thèmes de la baisse des impôts (promesse de baisse de 33 % de l'impôt sur le revenu) et de l'insécurité, très largement relayé et diffusé par les médias (les Guignols de l'info de Canal+ accusent TF1 et son journal de 13 h d'amplifier le mouvement ; la gauche parle de « sentiment d'insécurité ») qui multiplient le temps d'audience sur le sujet et celui de la violence urbaine. Lionel Jospin voit dans le même temps sa campagne s'essouffler. Le 21 avril, c'est la surprise, « comme un coup de tonnerre » : Lionel Jospin est battu dès le premier tour. Jacques Chirac, arrivé en tête avec 19,88 % (le plus faible score pour un président sortant) se voit opposé à Jean-Marie Le Pen. Souvent décrit comme un antiraciste viscéral, assuré de l'emporter, il décide de refuser de débattre avec son adversaire, déclarant que « face à l'intolérance et à la haine, il n'y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible ». Il laisse alors la gauche et la jeunesse manifester en appelant à voter pour lui (le slogan de ses opposants les plus farouches est « Votez escroc, pas facho ») et est élu avec un score sans commune mesure : 82,21 %.

Gouvernement et représentation parlementaire

Notes et références

Voir aussi

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