Satamon

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TranscriptionSȝ.t-mw.t
PériodeNouvel Empire
Fonction principalegrande épouse royale
Satamon
Image illustrative de l’article Satamon
Relief représentant Satamon provenant du temple funéraire d'Amenhotep IIIMusée Petrie à Londres.
Nom en hiéroglyphe
imn
n
G39t
Transcription Sȝ.t-mw.t
Période Nouvel Empire
Dynastie XVIIIe dynastie
Fonction principale grande épouse royale
Famille
Grand-père paternel Thoutmôsis IV
Grand-mère paternelle Moutemouia
Grand-père maternel Youya
Grand-mère maternelle Touya
Père Amenhotep III
Mère Tiyi
Conjoint Amenhotep III
Fratrie
Sépulture
Nom WV22 ?
Type Hypogée
Emplacement Vallée de l'Ouest
Date de découverte 1799
Découvreur Jean-Baptiste Prosper Jollois
Édouard de Villiers du Terrage

Satamon (La Fille d'Amon) est l'ainée des princesses issues du mariage du pharaon Amenhotep III et de la grande épouse royale Tiyi. Elle devint elle-même reine consort dans la dernière partie du règne de son père.

Les attestations de la princesse sont les suivantes[1] :

  • une scène du temple de Soleb (avec ses parents et ses sœurs Iset et Henouttaneb), du côté nord du porche occidental de la première cour ; elle y est nommée en tant que « fille du roi »,
  • une inscription découverte dans le temple des millions d'années d'Amenhotep III à Thèbes-Ouest, avec ses sœurs Iset et Henouttaneb ; elle y est nommée en tant que « fille du roi »,
  • une stèle en calcaire de l'un de ses subordonnées, conservée au musée du Château de Varaždin (AO 5279),
  • une statue d'Amenhotep fils de Hapou, découverte à Karnak et conservée au Musée égyptien du Caire (CG 42127) ; le haut fonctionnaire, le plus important du règne d'Amenhotep III, était le grand intendant du domaine de la « fille du roi et grande épouse royale Satamon » ; il s'agit de la seule attestation qu'il porta cette charge (il a porté au cours de sa vie de nombreux titres),
  • une boîte fragmentaire en bois conservée au British Museum (EA 5899)[2] au nom de la « grande épouse royale » Tiyi et la « fille du roi et épouse du roi » Satmout,
  • une boîte rectangulaire fragmentaire à pieds et corniche, conservée au Musée du Louvre (N 559)[3] ; cette boîte est au nom de la « grande épouse royale »,
  • le bouton de coffre conservé au Musée égyptien du Caire (JE 67962)[4] ; la princesse y est cité en tant qu'« épouse du roi »,
  • un vase en calcite conservé au Musée égyptien du Caire (CG 18459) ; la princesse y est cité en tant que « fille du roi et épouse du roi » ; son nom a été arasé pour être remplacé par celui de son père,
  • un étui à khôl en faïence conservé au Metropolitan Museum of Art (26.7.910)[5], elle y est nommée en tant que « fille du roi et grande épouse royale »,
  • deux chaises découvertes dans la tombe KV46 de ses grands-parents Youya et Touya et conservées au Musée égyptien du Caire (CG 51112 et 51113) ; elle est citée en tant que « fille du roi Satmout, née de la grande épouse royale Tiyi » sur la chaise CG 51112 et « grande épouse royale Satmout » sur la chaise CG 51113,
  • un bijoux de l'ancienne collection Michaelides ; la princesse y est cité en tant que « fille du roi »,
  • près de quatorze étiquettes de jarre découvertes à Malqata ; elle porte le titre de « fille du roi » sur la plupart d'entre elle, et le titre de « grande épouse royale » sur l'une d'elles,
  • peut-être une estampille de jarre, découverte à Deir el-Médineh, qui cite le domaine d'une Satamon,
  • un fragment de vase en pâte bleue découvert à Amarna ; elle y est nommée en tant que « fille du roi ».

Une stèle de Nébetkaneby, nourrice d'une fille royale Satamon, découverte à Abydos et conservée au Musée égyptien du Caire (CG 34117), a parfois été considérée comme faisant partie des attestations de la fille d'Amenhotep III. En effet, seule deux princesses Satamon sont connues avec certitude, l'autre étant la fille d'Ahmôsis Ier. Or, les membres de la famille de Nébetkaneby ont eu des charges dans le temple des millions d'années de Thoutmôsis III, la fille d'Ahmôsis Ier est donc exclue. En conséquence, par défaut, Nébetkaneby a été considéré comme la nourrice de la fille d'Amenhotep III. Toutefois, l'étude stylistique de la stèle ne cadre pas du tout avec la datation de la fille d'Amenhotep III, mais plutôt avec une datation correspondant aux règnes de Thoutmôsis III et Amenhotep II. Ainsi, il est possible que cette stèle soit la seule attestation d'une princesse nommée Satamon et fille de l'un de ces deux rois[6].

Généalogie

Satamon est la fille aînée du roi Amenhotep III et de la grande épouse royale Tiyi[7]. Elle devient plus tard une grande épouse royale de son père, vers l'an 30 du règne de son père lors de sa première fête-Sed ; elle devait avoir entre vingt et trente ans[8]. Elle sera suivie par sa cadette Iset et peut-être par Henouttaneb[9]. Satmout et sa ou ses sœurs étaient donc grandes épouses royales en même temps que leur propre mère Tiyi, qui ne mourra en effet que sous le règne de son fils Akhenaton.

Des chercheurs ont voulu faire de Satamon, en tant que grande épouse royale d'Amenhotep III, la mère de Toutânkhamon. Ce dernier parlait en effet d'Amenhotep III comme s'il s'agissait de son père. Cependant, que ce soit la chronologie ou les études historiques et ADN, tout converge pour faire de Toutânkhamon le petit-fils d'Amenhotep III. Parler d'Amenhotep III en tant que père n'est donc pas à prendre au pied de la lettre mais faisait partie de l'idéologie royale de l'époque, surtout que le roi Akhenaton, fils d'Amenhotep III et très probable père de Toutânkhamon, a lui subi une damnatio memoriae[10]. Smenkhkarê a également été proposée, sans plus d'argument que l'absence totale de données sur ce roi[11].

Biographie

La princesse devait avoir une relation particulière avec ses grands-parents maternaux, Youya et Touya, comme l'attestent les deux chaises découvertes dans la tombe de ces derniers[7].

La princesse, ainsi que ses sœurs Iset et Henouttaneb, ont probablement eu à jouer des rôles rituels, comme l'attesteraient les scènes du temple de Soleb et du temple des millions d'années d'Amenhotep III à Thèbes-Ouest. Malheureusement, l'état très lacunaires de ces deux temples ne permet pas aujourd'hui d'être certain du rôle de ces princesses dans ces scènes[12].

La princesse est surtout connue pour son rôle de grande épouse royale, titre qu'elle reçut à la fin du règne. En tant que telle, elle possédait son propre domaine, comme l'attestent les nombreuses étiquettes de jarres découvertes à Malqata[note 1]. Certaines jarres contenaient des préparations à base de dattes, et d'autres de la graisse animale fraiche. Les propriétés de la reine étaient donc constituées de palmeraies et de troupeaux. Ces produits ont été utilisés lors des fêtes-Sed de l'an 34 et de l'an 36. Le village de Deir el-Médineh a peut-être également bénéficié des produits du domaine de la reine, comme l'attesterait une estampille de jarre découverte au village[8]. Le grand intendant du domaine était Amenhotep fils de Hapou, l'un des fonctionnaires favoris du souverain. D'autres fonctionnaires attachés au domaine sont connus, notamment un scribe nommé Houy et un portier, dont le nom ne nous est pas parvenu[8].

Selon certains chercheurs, la princesse aurait subi une damnatio memoriae, comme l'attesteraient la destruction spécifique de la figure de princesse entre les jambes du colosse d'Amenhotep III situé le Xe pylône du temple d'Amon-Rê à Karnak, une représentation similaire sur les colosses de Memnon, et enfin une figure humaine arasée derrière Amenhotep III dans une scène sur la face nord du IIIe pylône du temple d'Amon-Rê à Karnak. L'hypothèse était que la fille aînée aurait été nommée comme héritière de son père, et que, lors de l'avènement de son frère Amenhotep IV, ce dernier aurait tenté de se venger. Ceci est cependant loin d'être assuré, car certaines figures de la princesse-reine sont restées intactes et il n'y a aucune preuve que celles détruites étaient les siennes ; de plus, un fragment de vase en pâte bleue a été découvert à Amarna, ville fondée par son frère Amenhotep IV quelques années après sa montée sur le trône[10].

Sépulture

Notes et références

Bibliographie

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