Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines
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| Temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines | |
| Présentation | |
|---|---|
| Début de la construction | 3 juillet 1634 |
| Fin des travaux | 30 septembre 1634 |
| Protection | |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Alsace |
| Département | Haut-Rhin |
| Commune | Sainte-Marie-aux-Mines |
| Coordonnées | 48° 14′ 45″ nord, 7° 11′ 05″ est |
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Le temple réformé de Sainte-Marie-aux-Mines est un édifice religieux monument historique situé 23 rue du Temple à Sainte-Marie-aux-Mines, dans le Haut-Rhin. Inauguré le premier , il est l'un des plus anciens temples protestants de France et un témoignage rare de l'architecture de ces bâtiments au XVIe siècle et au XVIIe siècle. La paroisse est membre de l'Union des Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine.
La difficile implantation du culte réformé à Sainte-Marie-aux-Mines
Le premier prédicateur de la Réforme calviniste à Sainte-Marie est "Maître Élie", un ancien abbé venu du Hainaut et installé à Strasbourg, évangélisateur de Sainte-Marie en 1550. Dès l'automne 1554, le pasteur François Morel de Collonges est installé à Sainte-Marie[1]. La bienveillance d'Egenolphe de Ribeaupierre ne suffit pas car ce dernier est vassal de suzerains catholiques, d'une part l'abbaye de Murbach, d'autre part l'empereur d'Autriche, représenté en Alsace par la régence d'Ensisheim. En 1555 par deux fois, puis à nouveau début 1556, la régence rappelle à l'ordre Egenolphe et lui enjoint d'imposer le culte catholique ; en 1556 toujours, c'est l'empereur lui-même qui écrit à Egenolphe pour lui donner l'ordre de combattre l'hérésie sur ses terres. Mi-1556, le pasteur Morel, qui s'était d'abord retiré à Aubure sur les terres plus sûres des ducs de Wurtemberg, est rappelé à Paris par Calvin (il présidera le premier synode réformé en 1559). Dès son départ pour Aubure, les mineurs qui ont formé les premières paroisses réformées de la région et célèbrent le culte dans des maisons d'une part à Échéry, et d'autre part à Fertrupt, demandent à Egenolphe un nouveau pasteur. Ce sera le pasteur Marboeuf, lui aussi passé par Aubure. En 1558, il dote la communauté d'une confession de foi, d'une discipline et d'une organisation diaconale (=d'entraide), et obtient deux lieux de culte dans les deux principales implantations réformées : ce seront l'église de Saint-Pierre-sur-l'Hate et la chapelle de Fertrupt.
Cependant les persécutions contre les protestants en France amènent de plus en plus de réformés à s'installer dans le bourg même de Sainte-Marie Alsace et les modestes lieux de culte d'Échéry et de Fertrupt sont devenus insuffisants. Se pose donc la question de la construction d'un temple dans le bourg. Cependant la foi réformée n'est pas reconnue légalement, même par les seigneurs de Ribeaupierre qui sont luthériens. La difficulté sera résolue à la faveur des désordres de la guerre de Trente Ans : on bâtit en toute hâte un "bâtiment devant l'école française" (l'on s'abstient soigneusement de toute terminologie religieuse). En outre dépourvu de clocher, il n'est donc pas facilement repérable comme lieu de culte[1].
La construction du temple
Les travaux sont financés par les dons des fidèles et par deux emprunts auprès de riches marchands. Les travaux commencent début et sont achevés fin septembre. Le nombre des ouvriers présents sur le chantier a varié entre 6 et 21, ce qui a permis de faire aussi vite. Il est vrai qu'il s'agit d'un bâtiment au plan rectangulaire, de 22,7 par 17,3 mètres. Le temple est meublé de bancs avec agenouilloirs (stalles) , table de communion et surtout d'une chaire centrale pour la prédication[1].
Un temple, deux communautés
L'immigration suisse, moyen privilégié de relever rapidement l'économie de la région après les ravages abominables de la guerre de Trente Ans, amène à Sainte-Marie une population calviniste germanophone. Ceux-ci participent au culte français mais, n'y comprennent pas grand chose et demandent un pasteur allemand. Devant les conflits qui opposent les "français" et les "allemands", le comte de Birkenfeld (qui a succédé aux Ribeaupierre à l'extinction de leur lignée) arbitre en 1698 : chaque communauté sera constituée autour d'un pasteur parlant sa langue, mais il faudra partager les lieux de culte, donc en particulier le temple de Sainte-Marie-aux-Mines. Cette situation durera jusqu'en 1827 où le pasteur Michel Paira parviendra à réunifier les deux communautés[1].
L'ajout du clocher
Le clocher ne verra le jour qu'en 1807. Il est convenu qu'il fasse 27 pieds de haut (soit 23,33 mètres) et 15 pieds de diamètre (soit 4 mètres) sur un plan octogonal. Il est muni dès le début de deux cloches fondues par La fonderie Grass de Ribeauvillé, l'une de 12 quintaux, l'autre de 6[1]. En 1861, après de nombreux déboires et de coûteuses réparations au clocher, on constate qu'une des cloches est fêlée. Les deux sont remplacées par le fondeur Gousset[1].