Victor Giesi
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Bruchsal (- |
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Victor Giesi, né le à Illkirch-Graffenstaden et mort le à Hochfelden, est un instituteur et résistant français. Durant la Seconde Guerre mondiale, il organise un réseau de renseignement en Alsace annexée de fait et participe à l'évasion de prisonniers de guerre français. Arrêté en 1942, il poursuit ses activités clandestines en détention en éditant un journal secret pour les détenus.
Première Guerre mondiale
Victor Giesi naît en Alsace allemande, annexée à l'Empire allemand depuis la guerre de 1870. Il est le fils du mécanicien Eugène Giesi et de Caroline Senn. Il suit sa scolarité pendant huit années aux écoles communales de Graffenstaden et Strasbourg. Il intègre ensuite l'École Normale de Strasbourg où il effectue une formation de trois années pour devenir instituteur. Après avoir exercé sa profession durant une année, il obtient le son affectation à Obersteigen[1],[2],[3].
En 1914, Victor Giesi est mobilisé dans l'armée allemande. Il combat sur le front de l'Est où il est blessé. Démobilisé à Białystok le , il regagne l'Alsace redevenue française. Il exerce successivement dans plusieurs établissements scolaires à travers toute la région, notamment à Steinseltz près de Wissembourg. En 1939, il enseigne à Walbourg-Hinterfeld dans l'arrondissement de Wissembourg. Il est père de deux enfants et ne s'engage dans aucune formation politique[1],[2],[3].
Seconde Guerre mondiale
Évacuation et retour
En , Victor Giesi est évacué avec la population civile vers Oradour-Saint-Genet. Après l'armistice du 22 juin 1940 et l'annexion de fait de l'Alsace par le Troisième Reich, il accepte de revenir enseigner à Hochfelden[3].
Activités de résistance
Entre mai et août 1941, le vétérinaire Charles Bareiss, envoyé à Wissembourg par le service du travail, établit les premiers contacts pour constituer un réseau de résistance. Bien que Victor Giesi n'ait pas participé à la réunion fondatrice, il devient rapidement membre de l'organisation « Bareiss ». Charles Bareiss recrute également Louis Schumacher et Joseph Bossenmeyer qu'il nomme chefs de secteur respectivement pour Wissembourg et Haguenau. Victor Giesi assiste à plusieurs réunions importantes et connaît l'orientation francophile du groupe, au sein duquel il a plus spécialement été chargé d'organiser efficacement le secteur de Wissembourg. L'organisation vise à rassembler des patriotes déterminés, collecter des renseignements militaires et économiques notamment sur le secteur de Pechelbronn-Reichshoffen destinés au gouvernement français en exil à Londres, et préparer la transition administrative après la défaite allemande[1],[2],[3].
Victor Giesi réunit secrètement plusieurs responsables locaux du secteur de Wissembourg dont il confie la coordination au pharmacien Guillaume Voelckel. Il structure son groupe avec l'éclusier Charles Bosch et le curé de Gunstett, Léon Mann. Le réseau organise également l'évasion de prisonniers de guerre français malgré les réticences de certains membres craignant de compromettre l'ensemble de l'organisation. Victor Giesi met en relation Joseph Bossenmeyer avec Claude Fiefel, technicien à l'usine Zinser de Reichshoffen, permettant ainsi d'obtenir des informations sur la production d'armement[2],[3].
Le , environ 200 jeunes habitants de Hochfelden organisent une manifestation patriotique vers le monument aux morts en chantant La Marseillaise et déposent une gerbe tricolore. Les autorités nazies réagissent immédiatement par une répression sévère et placent la commune en état de siège. Victor Giesi demande alors sa mutation à Hinterfeld près de Walbourg pour continuer ses activités d'espionnage à distance[3].
Arrestation et déportation
Le vendredi , la Gestapo procède à l'arrestation de Victor Giesi à Hochfelden. Plusieurs membres du réseau sont également arrêtés, dont Charles Bareiss, Joseph Rey, futur maire de Colmar, et Alfred Weninger. Camille Ruff, refusant de parler sous la torture, décède le lendemain de son arrestation. Victor Giesi est transféré à Offenbourg puis à Kehl[1],[2],[3].
Bien que le Volksgerichtshof (« Tribunal du peuple ») devait initialement examiner le cas, l'Oberreichsanwalt (« Procureur principal du Reich ») transfère fin novembre le dossier au Reichskriegsgericht (« cour martiale du Reich »). De nouveaux interrogatoires sont menés, dirigés cette fois par des juges militaires[1].
L'instruction terminée, le procès a lieu du 4 au pour Victor Giesi et 17 autres membres du groupe. Pour cette importante session, le 4e Sénat du Reichskriegsgericht, présidé par le juge Biron, se déplace spécialement à Strasbourg. « Accusé d'avoir eu connaissance des actions projetées contre l'Allemagne et d'avoir apporté une aide à l'ennemi », Victor Giesi est jugé pour espionnage et intelligence avec l'ennemi. Grâce au silence maintenu par ses camarades sur ses véritables activités, Victor Giesi n'est condamné qu'à trois années de pénitencier pour non-dénonciation de projets criminels, malgré l'accusation qui réclamait la peine capitale. Le jugement est confirmé par l'amiral Max Bastian le [1],[2],[3].
Victor Giesi est déporté le au camp de sûreté militaire de Bruchsal où il retrouve Charles Bareiss, dont la condamnation capitale a été transformée en peine de travaux forcés[1],[2],[3].
Activités clandestines en détention
Affecté à la bibliothèque du camp située en haut d'une tour, Victor Giesi entreprend avec un autre détenu, Émile Schmitt qui travaille au bureau administratif, d'éditer clandestinement une publication intitulée « le Phare ». À partir de , ils glissent ces feuillets dans les ouvrages prêtés aux prisonniers, leur fournissant ainsi des conseils pratiques et des informations sur l'évolution du conflit. Bien que cette entreprise cesse après quelques mois, les responsables ne sont pas identifiés. Victor Giesi est alors retiré de son emploi à la bibliothèque et assigné aux travaux agricoles[3].
Libération et après-guerre
Victor Giesi est libéré le par les forces françaises et rapatrié le . Il retrouve son poste d'instituteur à Hochfelden[1],[2],[3].
En 1952, Victor Giesi prend sa retraite. La même année, il perd son épouse Louise, née Schwartz, mère de ses deux enfants Marlyse et Alfred. Il se remarie avec Ernestine Ott[3].