Marguerite Fuhrmann

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Décès
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Fribourg (Suisse)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Marguerite Fuhrmann
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Biographie
Naissance
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Nationalité
Activité
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Membre de
Conflit
Lieux de détention
Maison d'arrêt de Strasbourg, Rheda-Wiedenbrück, Prison d’Anrath (d), Vechta concentration camp (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Archives conservées par
Service historique de la défense - site de Caen (d) (AC 21 P 662140)
Service historique de la Défense - site de Vincennes (d) (GR 16 P 236800)Voir et modifier les données sur Wikidata

Marguerite Fuhrmann, épouse Plancherel, née le à Marmoutier et morte le à Fribourg, est une résistante française. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle participe aux activités du réseau de renseignement Kléber en Alsace annexée de fait. Arrêtée en , elle est jugée et condamnée à la peine capitale par la justice militaire du Reich pour espionnage. Classée détenue Nacht und Nebel (« Nuit et brouillard »), elle échappe finalement à l'exécution et subit près de trois années d'emprisonnement avant sa libération en .

Engagement dans la Résistance

Marguerite Fuhrmann est l'enfant unique d'Émile Fuhrmann, qui exerce la profession de contrôleur des postes, et de Joséphine, née Bosser. Après sa scolarité à l'école primaire de sa localité natale, elle poursuit ses études en 1933 dans un pensionnat pour jeunes filles à Strasbourg[1],[2],[3],[4].

Le décès de sa mère en 1940 la conduit à assumer la gestion du domicile familial et à seconder ses grands-parents dans les travaux de leur exploitation agricole[1],[3].

Dès les premiers temps de la Seconde Guerre mondiale, Marguerite Fuhrmann prend part aux opérations clandestines menées par Théodore Gerhards, un habitant de Saverne qui organise l'exfiltration de prisonniers de guerre. Durant le printemps 1942, elle accompagne à plusieurs occasions des évadés sur le trajet reliant Haguenau à Saverne[1],[3],[4].

En , Théodore Gerhards la met en relation avec Marcel Kopp, un habitant de Marmoutier qu'elle connaît. Celui-ci travaille en qualité de dessinateur dans les ateliers Junkers de Strasbourg-Meinau spécialisés dans l'entretien de moteurs aéronautiques. Elle consent à faire le lien entre ces deux hommes et achemine vers le réseau Kléber des schémas techniques du site industriel accompagnés de données relatives à la production[1],[3],[4].

Arrestation et jugement

Le réseau fait l'objet d'une infiltration par Anne Zehnacker, femme de ménage de Théodore Gerhards, qui collecte durant plusieurs mois documents et listes de noms pour les transmettre à son fils Eugène Rosin, lequel les remet à la Gestapo[3].

Théodore Gerhards est arrêté le , suivi de Marguerite Fuhrmann le à son domicile de Marmoutier, puis de Marcel Kopp le . Elle connaît d'abord la détention dans les établissements pénitentiaires de Strasbourg et de Kehl, puis est acheminée vers Berlin avec les deux autres membres du groupe pour y être placée dans la prison de Berlin-Charlottenbourg[1],[2],[3],[4],[5].

Après instruction par le Volksgerichtshof (« Tribunal du peuple »), l'affaire est renvoyée devant la juridiction militaire. Le , Marguerite Fuhrmann comparaît face au 3e Sénat du Reichskriegsgericht (« tribunal de guerre du Reich ») sous la présidence du juge Reuter. Elle se voit infliger la condamnation capitale pour activités d'espionnage et contribution à des évasions de prisonniers de guerre. Le , l'amiral Max Bastian valide le verdict[1],[2],[3],[4].

Théodore Gerhards subit l'exécution le . Le , la grâce est accordée à Marguerite Fuhrmann et Marcel Kopp, leur sentence capitale étant transformée en emprisonnement perpétuel en forteresse. Elle ne reçoit notification de cette commutation que le suivant. C'est à ce moment qu'elle apprend également la disparition de son père, dont les courriers représentaient un soutien moral depuis Marmoutier[1],[2],[3].

Les deux dénonciateurs, Anne Zehnacker et Eugène Rosin, sont jugés après la guerre pour intelligence avec l'ennemi. Condamnés à mort, ils bénéficient d'une commutation de peine en travaux forcés à perpétuité. Eugène Rosin décède en 1966 et Anne Zehnacker en 1948[3].

Détention sous le régime Nuit et Brouillard

Classée au rang des prisonniers Nacht und Nebel (« Nuit et brouillard »), Marguerite Fuhrmann connaît une série de transferts entre différents lieux de détention : les forteresses de Lübeck-Lauerhof[5], de Dortmund et d'Anrath[5], puis les camps de Wiedenbrück[5] et, au début d', de Vechta[6]. Au cours de cette période de captivité, elle fait la connaissance de Geneviève de Gaulle, parente du général de Gaulle[1],[2],[3],[4].

Fin , Marcel Kopp trouve la mort sous les balles des SS au pénitencier de Sonnenburg situé dans la Pologne actuelle. Dans un état de grande faiblesse physique et souffrant de maladie, Marguerite Fuhrmann retrouve la liberté le grâce à l'intervention des forces armées britanniques. Son retour sur le sol français s'effectue le [3],[4].

Reconstruction et vie en Suisse

Au cours de l'été 1945, Marguerite Fuhrmann entreprend sa convalescence au Hohwald pour se rétablir des trente mois passés en détention[3].

En , Geneviève de Gaulle la convie à son union avec Bernard Anthonioz en sa qualité d'« Alsacienne », circonstance qui lui permet de faire la rencontre du général de Gaulle[1],[3].

En 1946, elle part également pour la Suisse. Elle séjourne initialement dans la structure d'accueil de Crans-Montana créée par Geneviève de Gaulle à l'intention des anciennes déportées, avant de gagner le centre de repos de Leysin en Valais. Durant cette période de rétablissement, elle consigne dans un cahier à couverture noire le témoignage de sa captivité sur une centaine de pages environ, évoquant son arrestation, les interrogatoires subis, le procès, le verdict capital et l'attente de son application. Elle formule le souhait que ce document demeure scellé jusqu'après sa mort. Elle y suit parallèlement une formation qui lui permet d'exercer comme infirmière et laborantine[3],[2].

Le , elle épouse Bernard Plancherel à Fribourg, médecin exerçant les fonctions de chef de service à l'hôpital des Bourgeois dans cette même ville. Le couple fixe sa résidence à Fribourg où naissent deux enfants, un garçon et une fille. Marguerite Fuhrmann effectue des séjours occasionnels à Marmoutier[2],[3].

En 2002, elle fonde à Bulle, la Fondation Marguerite-Plancherel, qui décerne annuellement une récompense à un candidat au baccalauréat pour un travail de réflexion portant sur la Résistance[3].

Diffusion posthume du témoignage

Respectant la volonté exprimée par Marguerite Fuhrmann, sa famille attend deux années après son décès pour permettre l'exploitation du carnet. Sa petite-fille Céline s'en sert alors comme fondement d'un travail de maturité qu'elle met à disposition sur internet[3],[7].

Reconnaissance

Depuis , une allée porte son nom à Strasbourg dans le quartier de la Robertsau.

Distinctions

Notes et références

Voir aussi

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