Emile Fritsch

résistant communiste français From Wikipedia, the free encyclopedia

Émile Fritsch, né le à Colmar et mort le à Strasbourg, est un ouvrier serrurier-ajusteur, syndicaliste, militant communiste, dirigeant sportif et résistant alsacien durant la Seconde Guerre mondiale. Il occupe également des fonctions électives comme conseiller d'arrondissement puis conseiller municipal de Strasbourg.

Biographie

Émile Fritsch naît en 1896 à Colmar, dans l'Alsace alors annexée à l'Empire allemand, dans une famille ouvrière engagée politiquement. Son père, Jacob Fritsch, exerce la profession de couvreur-ardoisier et préside le syndicat des couvreurs tout en militant au Parti social-démocrate[1],[2].

Entre 1912 et 1915, Émile Fritsch effectue un apprentissage de serrurier-ajusteur à Strasbourg-Neudorf. Il est ensuite embauché au parc d'artillerie de Strasbourg de 1915 à 1916, avant d'être mobilisé dans l'armée allemande en 1916. Selon certaines sources, il aurait déserté l'armée à Berlin en 1917[1],[2].

Lorsque l'Alsace redevient française, Émile Fritsch est embauché en aux ateliers des Chemins de fer d'Alsace et de Lorraine à Bischheim. Il poursuit sa carrière dans cette entreprise jusqu'à sa retraite en 1954, occupant alors le poste de chef de brigade SNCF[1],[2],[3].

Dès 1912, il adhère au syndicat des métallurgistes et aux Jeunesses social-démocrates. Sur le plan sportif, il commence la pratique de la gymnastique en 1910 au sein de la société ouvrière « Vorwärts », qui prend le nom d'« Avenir » en 1919. La réunification du mouvement sportif travailliste en 1935 le conduit aux postes de secrétaire régional et de moniteur général de la Fédération sportive et gymnique du travail[1],[2].

Émile Fritsch entre au Parti communiste en 1925. Il demeure fidèle à la SFIC lors de la scission régionale de 1929 et dirige la section communiste de Strasbourg-Ville pendant les années 1930, section qui rassemble 338 adhérents en 1939. En , lors de la conférence de Bischheim, il se voit confier la mission délicate de faire accepter aux militants alsaciens et mosellans les décisions transmises par Jacques Duclos concernant Émile Béron et Dublé[1].

Après s'être présenté à diverses élections municipales et cantonales, il obtient un siège de conseiller d'arrondissement pour le canton de Strasbourg-Sud en octobre 1937[1],[2].

Seconde Guerre mondiale

En , Émile Fritsch est évacué avec les ateliers SNCF de Bischheim à Périgueux. Suite à la dissolution du Parti communiste, il est interné au Château du Sablou[1],[2].

Durant l'été 1940, il rentre en Alsace annexée de fait et s'engage dans l'action clandestine au sein du Parti communiste. Il intègre le réseau clandestin de Georges Wodli[1],[2],[3].

Arrêté le , il est d'abord détenu au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck avant d'être transféré à Mannheim le . Traduit devant le Sondergericht le , il est reconnu coupable de préparation à la haute trahison et le tribunal lui inflige vingt-sept mois de travaux forcés. Il purge sa peine à la prison de Bruchsal à partir du . Libéré le , il se cache ensuite dans les environs de Colmar[1],[2],[3].

Après-guerre

En 1945, Émile Fritsch occupe le poste de secrétaire de l'Union des syndicats de cheminots d'Alsace et de Lorraine. Dès , il participe au comité provisoire d'une Association des internés et déportés politiques d'Alsace. En avril, il est nommé conseiller municipal de Strasbourg[1].

En , il préside le Comité d'action électoral communiste. Élu conseiller municipal de Strasbourg en 1947, il n'est pas reconduit sur la liste communiste en 1953, le parti ayant choisi de rajeunir ses candidats[1].

Après sa retraite professionnelle en 1954, Émile Fritsch préside la section strasbourgeoise de l'Association France-Pologne[1],[2].

Note

Il ne doit pas être confondu avec un autre Émile Fritsch (1894-?), originaire de Bischheim, qui exerça les fonctions de maire à Basse-Yutz entre 1925 et 1934. Ce dernier dirigea également L'Humanité de Metz de 1927 à 1935 avant de devenir secrétaire régional de la CGTU à Strasbourg en 1935[1],[2].

Distinctions

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI