Violette and Co

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Violette and Co
Anciennes et nouvelles gérantes à l'intérieur du nouveau local en 2023
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Siège
Pays
Coordonnées
Organisation
Site web

Violette and Co est une librairie lesbienne, féministe et LGBTQIA+ parisienne, fondée en 2004. Fermée en 2022 par ses deux cofondatrices, elle est rouverte fin 2023 par une équipe soutenue par une campagne de financement participatif. La nouvelle équipe ajoute un espace café et enrichit le catalogue de références jeunesse, BD et antiracistes.

Outre la vente de livres, Violette and Co est un espace communautaire, proposant des rencontres avec des autrices ainsi qu'un espace associatif. Son public, majoritairement féminin est composé à la fois de personnes du 11ᵉ arrondissement de Paris, mais aussi de personnes venues de toute la France.

Elle est particulièrement médiatisée en 2025 pour la présence, parmi ses articles, d'un ouvrage controversé sur la question palestinienne, dans le contexte du génocide à Gaza.

102 rue de Charonne

Intérieur des locaux du 102, rue de Charonne.

Fondée par Catherine Florian et Christine Lemoine en février 2004, la librairie Violette and Co est spécialisée dans les écrits lesbiens, féministes et LGBTQIA+. Elle est située 102 rue de Charonne[1],[2],[3]. Christine Lemoine avait déjà de l'expérience dans le domaine littéraire, puisqu'elle travaillait auparavant aux Éditions gaies et lesbiennes[3]. Elle est la seule librairie de France avec ce positionnement, les autres librairies étant soit féministes, soit LGBTIA+, mais pas avec la double approche[4]. Cette fondation se fait dans le cadre du mouvement plus général de massification de l'édition LGBTIA+ en France au début du XXIe siècle, qui cesse de se limiter à des événements saisonniers comme la Marche des fiertés pour occuper les rayons tout au long de l'année[5].

Le nom est un quadruple hommage : à Violette Leduc, écrivaine lesbienne française ; au violet comme symbole du féminisme et notamment des suffragettes anglaises ; aux violettes, symbole lesbien ; et enfin à la librairie parisienne Shakespeare and Company fondée par une lesbienne[1],[3].

Le financement permettant l'ouverture est compliqué, les banques parisiennes ne comprenant pas leur projet, pensant qu'il s'agira d'une librairie pornographique, et font preuve de lesbophobie lors des discussions[4].

De nombreuses personnalités lesbiennes et féministes, de France ou de l'international, présentent leurs pensées à la librairie, notamment : Alison Bechdel, Judith Butler, Natacha Chetcuti-Osorovitz, Alice Coffin, Chloé Delaume, Wendy Delorme, Virginie Despentes, Elsa Dorlin, Gisèle Halimi, Léonora Miano, Michelle Perrot, Paul B. Preciado, Sarah Schulman ou Pinar Selek[6].

À l'automne 2019, les gérantes annoncent leur futur départ à la retraite et leur intention de revendre la marque et le fonds de commerce de la librairie[7],[8]. Elles reçoivent plus de 50 demandes d'informations dont 25 se transforment en propositions. En février 2020, elles décident de renoncer à la vente à la suite de la mise en vente de l'immeuble par le propriétaire qui les met dans une position incertaine. Au printemps 2021, à la suite de la crise du Covid-19, elles reviennent sur leur décision et cherchent de nouveau une relève[3]. Elles souhaitent trouver preneuses avant le renouvellement du bail prévu à la fin de mars 2022. En janvier, elles vendent à un collectif répondant à leurs critères de connaissances de la communauté LGBTQIA+ et du savoir-faire de libraire[7],[3].

52 rue Jean-Pierre-Timbaud

Réouverture

Nouvelle devanture de Violette and Co photographiée juste avant l'ouverture le 13 octobre 2023.

La reprise de la librairie se fait par le collectif Violette and Coop constitué de 6 personnes, qui organise un financement participatif afin de réunir les fonds nécessaires à la reprise de la librairie en mars 2022[7],[9]. Celui-ci mobilise les communautés lesbienne, LGBTIA+ et féministe, avec soirées de soutien, dons de contreparties, et communication de noms de la communauté, telles que Fatima Daas ou Fania Noël. Pendant cette période sans local, les libraires tiennent des stands dans les festivals lesbiens, LGBTQIA+ et féministes[6]. Dans le cadre de leurs travaux et équipement, elles sollicitent des associations et personnes de la communauté[10].

Elles y apportent un enrichissement du catalogue pour les ouvrages jeunesse, la bande dessinée, les mangas, les sciences humaines et les publications anti-racistes. Le collectif ouvre un coin café destiné à proposer un lieu de sociabilité LGBTIA+ calme et sans-alcool et ainsi adapté à un public qui ne fréquente pas les bars, notamment les personnes neuroatypiques. Elle propose également un sous-sol destiné à accueillir les événements associatifs de la communauté LGBTQIA+[9]. Il s'agit de créer un tiers-lieu safe, de « convivialité et de flânerie »[7],[11].

Les repreneuses rencontrent de nombreuses difficultés dans l'année 2022-2023, liées à des changements administratifs peu adaptés au statut SCOP mais aussi au peu de locaux de la Semaest, acteur mandaté par la ville de Paris pour le maintien d'activités commerciales diversifiées, adaptés aux besoins de la librairie et aux prix excessifs du marché privé[6]. Si les repreneuses choisissent un local situé au 52 rue Jean-Pierre Timbaud dans le 11ᵉ arrondissement dès octobre 2022, elles ne l'obtiennent qu'en juillet 2023[6]. Cette rue avait hébergé la librairie féministe Carabosses de 1978 à 1985, qui avait été un lieu de fréquentation lesbien (à défaut d'avoir été créé à leur intention).

En octobre 2023, l'équipe ayant repris la marque et le fonds de commerce annonce la réouverture le vendredi 13 octobre[10],[12].

Polémique et harcèlement autour d'un livre pro-Palestinien

À l'été 2025, la vitrine de la librairie est vandalisée avec les termes « Hamas violeur » et « islamo-complices » inscrit à l'acide sur la devanture, en lien avec la vente du livre de coloriage From the river to the sea, renvoyant au slogan éponyme[13]. Les libraires sont harcelées et menacées de mort[14]. Deux élus de la ville de Paris, Nelly Garnier et Aurélien Véron, alimentent une campagne de fausses informations, prétendant notamment que la librairie reçoit des subventions de la ville de Paris. Les libraires portent plainte[15].

En décembre 2025, la région Île-de-France lui refuse une subvention visant à assurer l'accessibilité des locaux, à nouveau à cause de ce livre, l'accusant de « relayer des publications antisémites »[16].

Le 7 janvier 2026, la librairie fait l'objet d'une perquisition réalisée par cinq policiers et un substitut du procureur, qui recherchent des objets interdits à la vente, dont le livre ayant reçu le lendemain un avis défavorable d'importation de la part de la Commission de surveillance et de contrôle des publications pour la jeunesse[17],[18]. La librairie n'a pas été informée de cet avis[17]. Les policiers ne trouvent rien[19], mais convoquent les gérantes pour une audition libre dans le cadre d’une enquête préliminaire. Celles-ci dénoncent « une dérive autoritaire inédite et préoccupante » et les « irrégularités » dans la procédure[20]. Le , l'enquête est classée sans suite[21],[22].

Fonctionnement

Références

Voir aussi

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